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  • il y a 2 ans
Cela fait maintenant une semaine qu'on éclaté les émeutes en Nouvelle Calédonie. La situation est encore loin d'être apaisée. Les calédoniens vivant en métropole restent très inquiets pour leurs proches.

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Transcription
00:00 Est-ce qu'il faut accorder l'indépendance à la Nouvelle-Calédonie ?
00:02 C'est la question du jour, vous allez pouvoir bien sûr prendre la parole.
00:05 On va regarder ce que ça a donné déjà sur les réseaux,
00:08 parce qu'on a posé la question depuis hier, Guillaume,
00:09 ça donne quoi au niveau des résultats ?
00:11 Alors les résultats sont à peu près inchangés.
00:13 Vous êtes 255 à avoir voté depuis hier,
00:16 et la proportion de oui et de non est toujours la même.
00:18 Vous répondez oui à 54%, il faut accorder son indépendance,
00:23 on parle pas d'autonomie, attention, c'est encore autre chose,
00:25 indépendance à la Nouvelle-Calédonie.
00:27 Oui à 54% et 46% de non.
00:30 04, 67, 58, 6000, bien sûr que vous pouvez nous appeler,
00:34 même vous devez nous appeler, appelez-nous tout de suite.
00:36 Dites-nous ce que vous en pensez, nous sommes ce matin avec Lydia Galiola,
00:39 c'est la présidente de la Casse calédonienne de Montpellier.
00:41 Bonjour Lydia Galiola.
00:43 Bonjour tout le monde, merci pour l'invitation.
00:45 Merci d'être venue nous rejoindre en studio.
00:47 En deux mots, vous nous expliquez la Casse calédonienne de Montpellier,
00:51 c'est quoi ? C'est une association de Calédoniens qui vivent ici.
00:54 Oui effectivement la Casse calédonienne de Montpellier existe depuis 1984,
00:59 donc fait de ses 40 ans cette année.
01:01 Oui, 84 on se souvient que c'est à peu près à l'époque à laquelle
01:04 il y avait eu notamment les accords de Matignon sous Michel Rocard,
01:09 historiquement ça correspond, il y a un peu une relation entre les deux ou pas ?
01:14 On peut recueillir des témoignages de nos anciens,
01:18 présents également ici sur Montpellier,
01:20 en parallèle on peut faire le lien aussi avec les événements.
01:24 On peut faire le lien avec la création de votre association sur Montpellier.
01:26 Vous êtes combien aujourd'hui à peu près ?
01:28 On peut compter environ 400 Calédoniens sur la ville de Montpellier.
01:34 Canac et Caldoche ?
01:35 Canac, Caldoche et les autres communautés confondues.
01:39 Les autres communautés de Calédonie, de Nouvelle-Calédonie.
01:44 Je voudrais vous faire commenter d'abord pour commencer le résultat de notre sondage.
01:48 On a posé cette question un peu cage, peut-être un peu binaire aussi,
01:52 parce qu'évidemment l'indépendance de Nouvelle-Calédonie n'est pas dans l'actualité aujourd'hui.
01:57 On veut savoir comment les gens ressentaient un petit peu ce qui se passait là-bas.
02:00 54% de gens qui répondent oui.
02:03 Vous en pensez quoi ?
02:05 Franchement pour moi, avoir entendu ça ce matin, ça me surprend.
02:13 De ce sondage effectué ici en France, ou dans Montpellier,
02:18 dans la métropole ou dans les Rosnes.
02:20 Tout en sachant que ce qu'on constate depuis pratiquement le début des événements,
02:27 de cela déjà une semaine,
02:30 on peut constater une certaine méconnaissance.
02:34 Déjà de la Nouvelle-Calédonie, certains nous demandent où est-ce que ça se situe,
02:40 d'autres ne connaissent pas la situation en Nouvelle-Calédonie.
02:49 On se retrouve depuis une semaine,
02:52 que ce soit dans notre quotidien ou dans le cadre de rassemblements particuliers,
02:58 on est face à des Français qui pour la majeure partie ne sont pas informés.
03:06 Ou ne savent pas où est la Nouvelle-Calédonie,
03:09 ou alors ne connaissent pas les raisons pour lesquelles ces émeutes ont été incités il y a une semaine.
03:13 Vous êtes obligé de faire beaucoup de pédagogie ?
03:16 Oui, de pédagogie, tout en sachant que de ce qu'on peut voir aussi sur certains plateaux, télé ou radio,
03:25 des informations sont communiquées qui ne reflètent pas la réalité.
03:29 C'est-à-dire ?
03:30 C'est-à-dire que par rapport à ce qui peut se passer,
03:34 parce que nous on est en contact avec nos familles jusqu'à 3h du matin,
03:38 pour tout le monde, ce qui fait qu'on est...
03:40 Avec ce décalage horaire qui joue aussi.
03:43 On est à l'affût de toute information, on est au crochet de nos téléphones.
03:48 Avec la censure qui s'est installée de cela déjà 3 jours.
03:52 Avec l'interdiction du réseau TikTok notamment ?
03:54 Oui, TikTok et à partir de 22h, même sur d'autres moyens de communication, ça a du mal à passer.
04:02 Vous parlez de censure, je remarque que vous parlez de censure, le mot est fort.
04:06 C'est une décision de l'état français dans le cadre de l'état d'urgence.
04:10 Un certain nombre de chefs de ces émeutiers communiquaient beaucoup sur TikTok.
04:14 C'est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé de suspendre le réseau social.
04:18 C'est une erreur selon vous ?
04:20 C'est une attente aux libertés ?
04:22 Une attente aux libertés, mais aussi une manière je pense de pouvoir maîtriser la situation.
04:27 Parce que c'était le seul de ce qu'on a pu recevoir aussi comme information de nos proches.
04:32 Pour certains de nos frères ou de nos cousins qui sont sur les barrages.
04:37 C'était aussi un moyen de communication pour certains d'entre eux.
04:42 Alors est-ce que la situation justement sur place vous préoccupe, vous inquiète ? J'imagine que oui ?
04:47 Oui, on préoccupe beaucoup.
04:49 Pour certains, ça fait une semaine même, au-delà de ça, depuis la proposition du projet de loi constitutionnelle.
05:00 On est tous à l'affût, on est tous là à veiller sur l'évolution de la situation.
05:06 Sur le point de vue politique, mais aussi social.
05:09 En sachant que certaines manifestations ont commencé déjà depuis plus de 6 mois.
05:15 Et nous ici en métropole, on le suit d'assez près.
05:18 Alors on ne va pas rentrer dans les détails du projet de réforme constitutionnelle.
05:22 Mais on va juste quand même expliquer, parce que j'imagine que vous le faites beaucoup depuis une semaine auprès des gens qui vous interpellent.
05:27 Lydia Galliola, l'idée c'est quand même de dégeler une partie du corps électoral.
05:31 En fonction de critères bien précis, tant de présence en Nouvelle-Calédonie, etc.
05:36 Mais décision qui au bout du compte serait défavorable pour la communauté canaque.
05:41 En fait c'est ça les raisons de la colère.
05:43 C'est tout à fait ça.
05:45 Tout à fait en lien avec cette histoire qui est viscéralement liée à la Nouvelle-Calédonie.
05:54 C'est par rapport à cette colonisation qu'il y a eu il y a 170 ans.
05:59 Il y a cette volonté depuis les accords.
06:04 Et aussi cette colonisation de peuplement qui a fait que la population canaque s'est retrouvée minoritaire sur ces terres.
06:13 Et après le droit de vote en 1950, je ne suis pas trop précise au niveau des dates.
06:20 Mais comme vous disiez, je ne maîtrise pas trop mais j'essaye quand même d'avoir des repères pour pouvoir apporter des informations assez justes pour ceux qui ne connaissent pas.
06:31 On est dans une situation où quand même cet état, cette situation par rapport à ce projet de loi vient réouvrir des cicatrices
06:42 qui ont tenté d'être pensées suite aux accords de Matignon et de Nouméa.
06:47 Où ce gel du corps électoral était quand même un filtre de sécurité pour la population canaque, peuple premier.
06:54 Pour pouvoir avoir cette possibilité d'être majoritaire quand même ou dépasser les 50% lors des élections.
07:02 - Lydia Galiola est notre invitée ce matin, présidente de la case calédonienne de Montpellier.
07:06 Une question qu'on vous pose, faut-il accorder son indépendance à la Nouvelle-Calédonie ?
07:10 C'est maintenant que vous prenez votre numéro de téléphone et vous faites le numéro 0467 58 6000
07:16 pour poser des questions, pour réagir sans aucun problème, on vous attend.
07:19 - Vous nous le disiez Lydia Galiola, au sein de la case calédonienne de Montpellier, association que vous présidez, il y a des canaques, il y a des caldoches.
07:26 Vous parlez j'imagine, forcément, vous échangez entre vous, à la fois de la situation sur place
07:31 et peut-être aussi de ce projet de réforme constitutionnelle qui a mis le feu aux poudres.
07:34 Ils en pensent quoi les caldoches métropolitains, ceux qui sont à Montpellier ? Qu'est-ce qu'ils en disent ?
07:40 - Après il faut savoir que quand on vient en métropole, sur l'hexagone pour nos études ou pour autres projets de vie,
07:47 il y a une certaine prise de distance avec certains sujets qui peuvent être frictionnants.
07:55 - Pour certains vous n'en parlez pas ? Vous évitez d'en parler ?
07:58 - Pour certains on n'en parle pas, parce que quand on vient, c'est ça qui est merveilleux quand on vient en métropole,
08:03 il y a cette envie ou cette volonté de faire un, de faire commun, de faire grande famille.
08:14 C'est ce que tous les expatriés océaniens vivent quand on vient en métropole, c'est qu'on se rassemble,
08:22 toujours sur des sujets qui rassemblent.
08:25 - Et vous avez peur que ce qui se passe depuis une semaine vous divise de nouveau ?
08:31 - Nous divise, mais j'essaye au sein de l'association, déjà, c'est pas j'essaye,
08:37 c'est que j'ai mis un point d'honneur à ce qu'on ne fasse pas de politique.
08:40 Pourquoi ? Parce que ce que j'ai pu constater, comme vous l'aviez souligné tout à l'heure,
08:44 l'association a été créée en 1984. Certains anciens nous disent que c'était en parallèle d'eux.
08:49 Donc on a pour l'association de Montpellier quand même des impacts de ce qui peut se faire,
08:54 ou des effets souvent négatifs de ce qui peut se faire ou se jouer en Nouvelle-Calédonie.
09:00 Donc ce que nous on essaye de faire au sein de l'association,
09:03 c'est de toujours trouver un équilibre et un espace, un lieu impartial,
09:07 où tout le monde puisse avoir sa place.
09:10 On ne parle pas de politique, on ne parle pas d'autre chose,
09:13 on essaye de trouver des sujets comme promouvoir la culture calédonienne
09:16 au travers d'interventions culturelles qui nous rassemblent,
09:19 et aussi être dans cette démarche, dans la mission première,
09:23 c'est pouvoir être cette association qui accompagne, qui accueille,
09:26 qui oriente les étudiants calédoniens, mais pas seulement d'autres.
09:30 - Ça vous parvenez à le faire ici localement à Montpellier ?
09:32 - Oui.
09:33 - C'est plus compliqué là-bas ? Alors évidemment on n'est pas dans le monde des Bisounours,
09:36 mais pourquoi ce qu'on arrive à faire en métropole, on n'arrive pas à le faire là-bas ?
09:40 - Je pense que l'isolement joue beaucoup.
09:43 Donc je vous ai dit tout à l'heure, on est 400 calédoniens sur Montpellier,
09:48 sur ces 400, il y a à peu près 200 étudiants.
09:51 Donc souvent ces étudiants-là, quand ils arrivent, il y a cet éloignement,
09:55 cette séparation avec la famille, et cette situation d'isolement.
09:59 Donc pour lutter contre ça, qu'est-ce qu'on fait ?
10:02 On cherche à retrouver quelqu'un du pays,
10:05 et c'est ce qu'on essaie toujours de promouvoir,
10:07 c'est de rassembler la communauté calédonienne.
10:09 - Vous arrivez à avoir vos amis, votre famille, régulièrement,
10:12 en téléphone pour savoir un peu où on en est ?
10:15 - Oui, moi ainsi que tous les autres membres de la communauté.
10:19 - Qu'est-ce qu'ils vous disent ? Ils sont évidemment inquiets ?
10:22 - Oui, pour la plupart, inquiets.
10:25 - La situation est loin d'être apaisée, c'est ce que veut bien dire Emmanuel Macron,
10:28 qui dit que de gros progrès ont été faits ces dernières heures.
10:31 Ça reste quand même très tendu, vous le sentez ?
10:33 - Ça reste tendu sur certains quartiers,
10:36 mais il faut souligner aussi le fait que même si les forces de l'ordre
10:39 ont du mal à apaiser les choses, la situation sur place,
10:44 il y a aussi beaucoup de mobilisation venant des grands frères des quartiers,
10:48 ou appel aussi du Sénat coutumier et des coutumiers du pays
10:54 pour faire en sorte que la parole aussi puisse être entendue
10:58 et écoutée par nos petits frères qui sont sur les barrages.
11:02 - Merci Lydia Galiola, présidente de la case calédonienne de Montpellier 400,
11:07 d'Azéron environ, aujourd'hui sur Montpellier.
11:09 Merci d'être venue nous parler et nous éclairer un peu sur ce qui se passe là-bas.
11:13 Bonne journée à vous.
11:14 - Merci.
11:15 - Vous pouvez retrouver cette interview sur notre site internet francebleu.fr.
11:19 Dans un instant les infos de 8h.
11:21 Juste après, on va accueillir celui que vous avez peut-être revu à Montpellier.
11:25 Il était avec Artus puisqu'il portait la flamme lundi dernier à Montpellier.
11:28 Vous l'avez peut-être vu aussi dans le film Un Petit Truc en Plus
11:30 qui cartonne en ce moment au cinéma.
11:32 Soso, Sofiane Ribes est notre invitée avec sa maman.
11:35 Juste après les infos de 8h, on les accueille.

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