- il y a 2 ans
Catégorie
📚
ÉducationTranscription
00:00 Également, Monsieur Corbière, rapidement.
00:03 Collègues, nous parlons d'un territoire
00:12 marqué par des faits politiques, je pense évidemment, cela a été évoqué
00:17 par l'événement à la Grotte d'Ouvéa le 5 mai 1988
00:22 où un moment de tension politique
00:24 a entraîné la mort
00:27 de 21 personnes
00:29 dont deux gendarmes et 19 militants.
00:33 Tout le monde s'accorde aujourd'hui, y compris des hauts responsables du GIGN
00:36 que ce drame aurait pu être évité s'il y avait eu un dialogue politique qui était possible.
00:40 Nous le savons,
00:42 c'est le cas de notre histoire nationale, mais dans ce territoire particulier
00:45 qu'il y a des moments de tension
00:47 qu'il faut saisir et bien comprendre
00:49 et où la politique doit reprendre
00:51 et la brutalité peut avoir des conséquences terribles.
00:54 L'analyse que nous faisons, Monsieur le Ministre de l'Intérieur, sur la base des éléments que nous avons,
00:58 c'est que l'île en est là à l'heure où nous parlons.
01:01 La situation peut s'enflammer.
01:05 Si vous voulez faire adopter ce texte rapidement,
01:08 vous assumerez la responsabilité, Monsieur le Ministre de l'Intérieur,
01:12 si cela se produit,
01:14 que c'est à cause de cette mauvaise analyse politique.
01:17 Nous pensons qu'il y a une gravité.
01:19 Écoutez, c'est bon, c'est bon, j'ai compris,
01:22 mais je m'exprime.
01:23 Et je vous dis une chose simple, les yeux dans les yeux.
01:26 S'il y a des morts demain ou après-demain,
01:28 vous aurez beau hurler,
01:30 mais nous comme parlementaires,
01:32 oui,
01:34 c'est de cela dont on parle.
01:36 Le sang a coulé, vous le savez,
01:38 et nous ne voulons pas que cela se reproduise.
01:40 Nous vous disons, c'est une question de temps.
01:43 Nous pensons que nous étions proches d'un accord politique.
01:45 Nous allons peut-être perdre 15 jours,
01:47 eh bien perdons-les.
01:49 Un mois, perdons-les.
01:50 Trois mois, perdons-les.
01:52 Mais qu'importe votre temps, notre temps.
01:55 Avec la situation de territoire marqué par,
01:58 ça vient d'être dit, une histoire particulière.
02:01 Voilà où nous en sommes.
02:03 Et monsieur le ministre, pardon, mais vous ne répondez pas
02:05 à cette exigence de rapidité.
02:07 Alors que, et le débat, donc,
02:10 c'est vous qui faites de l'obstruction.
02:11 Merci beaucoup, monsieur le député.
02:13 Votre temps est écoulé.
02:15 Je vous indique qu'on est sur ce texte, dans cet hémicycle,
02:18 depuis hier, qu'on aborde tous ces sujets.
02:20 Et franchement, vos interventions, je trouve,
02:23 sont quelque peu déplacées dans le ton
02:26 que vous avez aujourd'hui, dans cet hémicycle.
02:28 Si, je le dis comme je le pense.
02:31 Comme je le pense.
02:33 Monsieur Corbière, pour un rappel au règlement.
02:52 L'article 73.
02:54 Attendez, madame la présidente.
02:56 Si vous me permettez cette familiarité.
02:58 Les yeux dans les yeux.
03:00 Votre rôle.
03:02 Je ne vous permets pas, monsieur le député.
03:04 Je ne vous permets pas.
03:06 Allez, on avance maintenant.
03:08 Donc, l'amendement 126.
03:10 Avis défavorable, avis défavorable.
03:13 Je le mets au voix.
03:15 Qui est pour ? Qui est pour ?
03:17 Qui est contre ? L'amendement est rejeté.
03:19 L'amendement 127, monsieur Léaument.
03:22 Merci, madame la présidente.
03:25 Nous avons depuis hier soir
03:29 des débats qui parfois sont tendus.
03:31 Et parfois, se sont un peu calmés.
03:34 J'ai dit tout à l'heure,
03:36 d'où venait à mon avis la tension première.
03:38 Mais, à l'heure où nous débattons,
03:40 il y a une situation d'extrême tension en Nouvelle-Calédonie.
03:44 Et nous débattons avec le coeur lourd.
03:47 Tous ici, nous débattons avec le coeur lourd.
03:50 En tout cas, pour ceux qui débattent,
03:52 car certains ne débattent pas beaucoup, je trouve.
03:54 Mais nous débattons tous en ayant à la tête
03:59 ce qui se passe là-bas.
04:01 Et nous essayons, je crois tous, pour ceux qui débattent,
04:04 de trouver la meilleure voie pour venir à la paix civile.
04:07 Monsieur du Rassemblement National,
04:12 je n'ai pas entendu ce que vous avez dit.
04:14 Je n'ai pas entendu ce que...
04:16 S'il vous plaît, s'il vous plaît.
04:18 Je n'ai pas entendu ce que vous avez dit.
04:20 Allez, on reprend un peu de silence, s'il vous plaît.
04:23 Un peu de calme.
04:25 Monsieur Léaumont, merci.
04:27 Merci, Madame la Présidente.
04:29 Je pense que vous feriez mieux de jouer calme sur ce sujet-là,
04:33 quand le Président, qui a été le Président avant,
04:37 Madame Braune-Pivet, à l'Assemblée Nationale,
04:39 a défendu la colonisation de l'Algérie.
04:41 Donc, vous feriez mieux de calmer un petit peu le jeu,
04:44 plutôt que de vous embarquer dans ce genre de débat.
04:46 D'accord ?
04:47 Ici, on est en train de parler de principes.
04:49 Et on est en train de parler de principes qui parlent,
04:51 non seulement pour la Nouvelle-Calédonie,
04:53 mais aussi pour d'autres territoires actuels de la République française,
04:57 et pour des histoires coloniales passées de la République française.
05:01 Quand, dans la salle qui jouxte notre hémicycle,
05:05 il y a encore, à l'heure actuelle,
05:07 une représentation de la colonisation de l'Algérie,
05:09 je crois que nous devrions tous réfléchir
05:12 lorsque nous évoquons le sujet de la colonisation.
05:15 J'essaye de calmer le jeu, Madame la Présidente, moi aussi.
05:19 J'essaye de calmer le jeu, Madame la Présidente, moi aussi.
05:23 Mais sur ces principes-là, nous essayons de donner des arguments.
05:28 Quand la situation est tendue comme celle-là,
05:31 les symboles sont capitaux,
05:33 et la manière dont se comporte notre Assemblée Nationale,
05:36 aussi est entendue en ce moment en Calédonie.
05:39 Je vous remercie, Monsieur le député.
05:41 - Laëtitia Saint-Paul: Merci. Monsieur le rapporteur,
05:43 quel est votre avis sur cet amendement?
05:46 - Jean Castex: Merci, Madame la Présidente.
05:55 Je voudrais appeler chacun ici, dans cet hémicycle.
05:59 On n'a aucun problème à entendre les arguments des uns et des autres.
06:03 On a débattu depuis deux jours maintenant sur le sujet.
06:07 Je voudrais qu'on se calme un peu,
06:09 juste par respect pour ce qui se passe en Nouvelle-Calédonie.
06:13 On a des collèges qui brûlent, des églises qui brûlent,
06:17 des écoles qui brûlent.
06:19 Je ne dis pas que vous n'avez pas le droit de ne pas argumenter
06:22 sur le fait que vous êtes contre.
06:24 Je dis juste qu'à un moment donné,
06:27 je voudrais que le débat de l'Assemblée Nationale
06:30 soit à la hauteur de ce qui se passe là-bas.
06:32 Déjà par respect pour les gens qui nous regardent énormément
06:35 depuis la Nouvelle-Calédonie. Je vous remercie.
06:37 - Laëtitia Saint-Paul: Merci, monsieur le rapporteur.
06:39 Monsieur le ministre.
06:41 - Jean Castex: Comme le dit le film, la confusion peut encore s'expliquer.
06:46 Mais les termes sont inadéquats.
06:48 Votre amendement ne correspond pas à votre sortie lyrique.
06:52 Je rappelle que l'amendement de la France Insoumise,
06:55 c'est de remplacer l'expression "les conditions prévues à l'article 45"
06:59 par "les conditions qui sont prévues à l'article 45".
07:03 - Laëtitia Saint-Paul: Merci.
07:07 - Jean Castex: Je crois qu'on a le droit de beaucoup de choses
07:13 quand on parle de la Nouvelle-Calédonie,
07:15 mais pas un manque de sérieux.
07:17 - Laëtitia Saint-Paul: Merci.
07:19 Monsieur Nylor.
07:22 - Monsieur le ministre, un petit peu de respect.
07:29 Je le dis très calmement.
07:34 Un petit peu de respect pour nous, parlementaires,
07:37 pour le travail que nous effectuons tous dans une certaine animosité.
07:43 Mais vous n'êtes pas allés aussi loin dans la pensée unique
07:50 que vous êtes en train de mettre en place dans la France entière
07:53 pour nous empêcher de nous exprimer comme nous l'entendons ici.
07:57 Vous voulez quoi en Nouvelle-Calédonie?
08:03 Vous voulez la paix ou vous voulez la guerre?
08:07 Et si je pose la question, c'est parce que la question se pose.
08:11 Lorsqu'on entend vos arguties, oui, cette question se pose.
08:17 Vous prétendez depuis le début de l'examen de ce texte
08:22 que l'accord entre les parties sera plus favorisé, plus facile
08:28 à partir du moment où on vote ce projet de loi.
08:33 Mais c'est l'inverse.
08:35 Vous démontrez ce faisant une certaine méconnaissance
08:38 de la mentalité canaque.
08:41 Vous démontrez que finalement, vous ne connaissez pas vos concitoyens.
08:45 Ce n'est pas le couteau sous la gorge que les canaques vont accepter.
08:50 Mais si jamais au lendemain de ce vote que nous nous apprêtons à faire,
08:56 et si jamais les choses explosent, si jamais la mèche que vous allumez explose,
09:02 est-ce que vous allez continuer à dire que le vote de ce projet de loi
09:07 est un vote d'apaisement?
09:10 Quand allez-vous enfin reconnaître vos erreurs?
09:13 Vous êtes arc-bouté dans votre posture coloniale.
09:18 Ce n'est pas comme ça.
09:20 Ceux qui vous ont précédé, les précédents gouvernements,
09:25 ont choisi la voie de l'intelligence.
09:29 Et vous, vous êtes en train de revenir en arrière, en permanence,
09:32 allié à l'extrême droite.
09:35 Je vous remercie, monsieur le ministre.
09:38 (Applaudissements)
09:49 Monsieur le député, si je peux me permettre,
09:52 la posture coloniale que vous évoquez, vous ne pouvez pas me la dire à moi,
09:56 dont je suis petit-fils de colonisé.
09:59 (Hurlements)
10:01 Et vous n'avez pas à distribuer les bons et les mauvais points
10:05 entre ceux qui seraient dominateurs et ceux qui sont dominés.
10:09 Et vous n'avez pas, me semble-t-il, à considérer qu'il y a celui qui méprise
10:15 la représentation parlementaire et qui serait un ministre lointain.
10:19 Je suis député comme vous, élu par une partie de la souveraineté
10:23 populaire et nationale, et je n'ai aucune leçon de démocratie
10:26 ni d'histoire coloniale à recevoir, monsieur le député.
10:29 (Applaudissements)
10:32 C'est vous qui êtes manichéen, monsieur le député, d'abord,
10:35 comme l'a fait monsieur Corbière de façon assez irresponsable,
10:38 en imaginant qu'il y aurait un camp qui voudrait la guerre, la mort,
10:40 les atrocités. C'est ce que, quasiment, monsieur le député,
10:44 ce que vous exprimez depuis le début de ces discussions.
10:48 On a le droit de ne pas être d'accord avec vous,
10:51 et pour autant, de ne pas vouloir la mort.
10:53 Il faut que vous acceptiez que vous n'êtes pas le camp du bien.
10:55 Vous n'êtes qu'un camp dans le champ des opinions politiques.
10:58 Vous n'êtes pas le camp du bien, et c'est fort heureux
11:01 que vous ne le soyez pas quand j'entends les expressions collectives
11:04 empreintes de violence, de non-respect pour les forces de l'ordre,
11:07 et du respect que vous a demandé monsieur Dudoyer et de monsieur Mesdorff,
11:11 qui jouent plus que le combat d'un des quelques minutes de discussion sur Internet,
11:16 ils jouent l'avenir de leur archipel, de leur famille,
11:19 au moment où ils sont menacés de mort dans leur propre île.
11:22 Et vous n'avez pas un mot pour le condamner.
11:24 (Applaudissements)
11:26 Pas un mot. Pas un mot pour les forces de l'ordre.
11:29 Pas un mot pour les parlementaires qui sont menacés dans leur vie.
11:32 (Applaudissements)
11:36 Et monsieur le député, une bonne fois pour toutes,
11:40 cessez de dire qu'il y a d'un côté les canards et les européens.
11:44 La République ce n'est pas la couleur de peau.
11:47 Fort heureusement il y a des européens qui sont pour la dépendance,
11:50 et des canards qui sont pour la France, et c'est la grandeur de notre pays.
11:53 Arrêtez les caricatures, vous n'êtes pas dans un meeting de Mélenchon.
11:57 (Applaudissements)
11:59 Merci beaucoup monsieur le ministre.
12:01 (Applaudissements)
12:05 Monsieur Maillot.
12:07 (Bruit de la foule)
12:09 Allez, s'il vous plaît.
12:11 Monsieur Maillot.
12:13 (Bruit de la foule)
12:15 Je suis réunionnais.
12:17 Je suis ici de la Réunion, qui est une ancienne colonie,
12:24 vous pouvez le mettre entre guillemets "colonie française".
12:28 J'ai vu ma langue disparaître au profit d'une seule langue,
12:34 celui de la République française.
12:36 J'ai vu mon histoire être dissimulée,
12:39 être bafouée au profit d'une seule histoire,
12:43 l'histoire coloniale française.
12:45 J'ai vu mon peuple être obligé de prendre l'avion
12:49 pour trouver du boulot au profit des métros qui viennent chez nous
12:56 pour occuper des postes à responsabilité.
12:59 Il convient d'être avec le peuple qui meurt,
13:03 qui est gazé au nom de la liberté,
13:06 plutôt qu'avec une fausse démocratie qui bafoue la liberté.
13:10 Parce que quand on veut écrire l'histoire,
13:13 on ne prend pas de raccourcis.
13:15 Quand on veut écrire l'histoire, on respecte les peuples,
13:18 les autochtones, l'homme avec un grand H.
13:22 Ce soir, vous allez écrire l'histoire.
13:24 Ce vote va écrire l'histoire.
13:26 Mais comme par le passé,
13:28 ce sera toujours et encore à l'encre coloniale.
Commentaires