00:00C'est ce jour-là.
00:05Emmanuel Macron qui arrive en fait avec 5,6 millions de voix.
00:18Les gens qui réussissent, c'est les gens qui ne sont rien.
00:21Attention !
00:22Attention !
00:29Je vous protégerai !
00:43Le 16 janvier dernier, Emmanuel Macron organise cette conférence de presse à l'Elysée.
00:48Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs, bienvenue.
00:53On sent un Emmanuel Macron survolant un peu ses sujets,
00:58donnant presque le sentiment de se plier à un exercice convenu.
01:03Et puis vient la question de Benjamin Duhamel.
01:07Bonsoir Monsieur le Président.
01:09Elle vient jeter un pavé dans la marre, tout le monde l'avait en tête.
01:12La liste menée par Jordan Bardella est en tête de tous les sondages pour les élections européennes.
01:15Marine Le Pen et Jordan Bardella s'imaginent carrément déjà se partageant les rôles.
01:20L'une à votre place à l'Elysée, l'autre à Matignon.
01:25Quelle part de responsabilité prenez-vous dans cette progression ?
01:28N'est-ce pas un aveu d'échec ?
01:30Il m'a semblé que lors des deux dernières campagnes présidentielles,
01:33l'intéressé se voyait au même endroit.
01:35Je le félicite d'avoir pu empêcher cette opération et je ferai tout pour le continuer.
01:39Dès le début de son élection, il met en scène cet affrontement.
01:42Son obsession, et je pense qu'il est sincère,
01:45c'est que la personne qui va leur accompagner sur le perron de l'Elysée
01:49quelque part autour du mois d'avril ou de mai 2027,
01:52ne soit pas Marine Le Pen.
01:54Si c'est Marine Le Pen, ce sera pour lui un véritable échec.
01:57Il y a une expression qui revient en permanence dans les discours d'Emmanuel Macron,
02:01en particulier ceux sur l'histoire, la mémoire, c'est l'expression « vent mauvais ».
02:06Il n'est pas vrai qu'on répond « vent mauvais » en ayant de la complaisance.
02:09Construit face au vent mauvais de l'histoire, le CD n'a aucun vent mauvais.
02:15Un vent mauvais.
02:17Et ces vents mauvais nous ramènent aux heures les plus sombres de l'histoire,
02:20la collaboration, l'antisémitisme, l'Holocauste,
02:24et c'est une façon pour lui d'associer l'histoire au présent
02:29et de dire aux Français finalement « méfiez-vous de ce qui pourrait revenir ».
02:34Et donc cet esprit du temps et ce vent mauvais sont toujours là à travers Laurent.
02:37Et existent toujours encore dans notre pays.
02:42Au fond, on a longtemps utilisé contre le RN, sous les septennats et les quinquennats précédents,
02:49un argument historique et moral.
02:52Il est clair qu'il ne marche plus.
02:54C'est le parti qui continue de vous expliquer des choses impossibles
02:58sur le plan économique et social pour affaiblir.
03:01Donc il faut aller au réel sur ce qu'il propose.
03:02L'hypothèse maintenant, c'est de dire qu'on doit les attaquer pour leur incapacité
03:09et pour la catastrophe que constituerait leur arrivée au pouvoir.
03:12Ça n'est pas plus aimable, mais c'est complètement différent.
03:27C'est en 2022 que se fait la bascule.
03:29Les législatives sont un échec pour le camp d'Emmanuel Macron.
03:33La composition de l'Assemblée fait qu'il n'a pas de majorité absolue.
03:39Quand vous avez un parti qui réunit près d'un tiers des Français,
03:43c'est quand même difficile de dire qu'il n'a pas voix au chapitre.
03:46Ils sont élus, ils jouent le jeu républicain.
03:49L'entourage d'Emmanuel Macron parle d'une initiative politique d'ampleur.
03:53C'est censé révolutionner la façon dont il s'adresse à ses opposants.
03:57Il déroule en quelque sorte le tapis-roule à Jordan Bardella.
04:00Moi, je suis à ma place, à la tête d'un parti
04:03qui a le premier groupe d'opposition à l'Assemblée nationale.
04:06Et à chaque fois que la République nous convoque, nous répondons présents.
04:08Il espérait qu'en soulignant les qualités de Jordan Bardella,
04:12il révélerait en contraste ou il mettrait en lumière
04:16la faiblesse d'une Marine Le Pen.
04:19Donc, on voit bien qu'il y a une tentation de jouer aux apprentis sorciers
04:23avec le Rassemblement national.
04:25Et c'est ce qu'on voit dans les médias.
04:28C'est ce qu'on voit dans les médias.
04:30C'est ce qu'on voit dans les médias.
04:32C'est ce qu'on voit dans les médias.
04:34C'est ce qu'on voit dans les médias.
04:35C'est une tentation de jouer aux apprentis sorciers
04:37avec le Rassemblement national,
04:39d'espérer réussir à manipuler son principal adversaire politique.
04:44Ce faisant, ça renforce le Rassemblement national,
04:48ça renforce Jordan Bardella,
04:50mais ça renforce aussi Marine Le Pen.
04:52Il légitime encore un peu plus Jordan Bardella,
04:5528 ans, président du Rassemblement national,
04:57qui n'a jamais rien géré de sa vie,
04:59qui doit faire preuve de compétence,
05:01alors que là, finalement, il l'installe comme un interlocuteur quasi numéro 1.
05:05Entre le président de la République et le Rassemblement national,
05:08il n'y a sûrement que lui qui le comprend,
05:10parce que même dans son entourage, même ses plus proches,
05:12ont parfois du mal à décrypter.
05:18Par la suite, on découvre à l'Assemblée
05:20que les ministres négocient par moments sur certains textes
05:23des amendements avec le Rassemblement national,
05:25ce qui d'ailleurs ne manque pas de déclencher à chaque fois une bronca
05:28entre des députés qui considèrent qu'il faut absolument s'opposer
05:32aux idées du Rassemblement national.
05:34Je vous confirme la démission du ministre chargé de la Santé et de la Prévention,
05:38Aurélien Rousseau.
05:40Pour la loi immigration, c'est encore une fois avec la droite
05:44que le texte va être négocié, qu'il va être voté avec les voix DLR,
05:49mais aussi avec celles du Rassemblement national.
05:56Pour 349, contre 186, l'Assemblée nationale a adopté.
06:01Un jour tu as été de gauche et tu votes avec les voix du Rassemblement national,
06:05tu fais passer ce texte avec eux, j'ai honte pour vous.
06:07Sur le principe, je crois que c'est une grande victoire idéologique de notre mouvement.
06:12C'est une victoire tactique de Marine Le Pen,
06:14c'est-à-dire que dans un premier temps,
06:16Marine Le Pen n'a pas du tout adhéré aux dispositions de cette loi.
06:19Elle s'est ralliée tactiquement à la fin
06:22pour donner un peu le baiser de la mort à Emmanuel Macron
06:25et pouvoir effectivement revendiquer une victoire idéologique.
06:27Comme un boxeur qui n'arrive plus à trouver la bonne allonge,
06:31trouver le moyen de toucher l'adversaire du Rassemblement national.
06:37Pendant ce temps-là, le Rassemblement national n'a cessé d'augmenter,
06:42d'enfler et de devenir un vainqueur,
06:46d'abord imaginable, puis vraiment possible,
06:49puis tout à fait probable, et pour certains aujourd'hui, quasi certains.
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