00:00 RTL bonsoir jusqu'à 20h !
00:02 Et on accueille maintenant notre invité pour tout comprendre à 18h45 dans RTL Bonsoir.
00:08 Et ce soir on vous propose un document exceptionnel et effarant.
00:12 Vous allez comprendre le grand bug de la justice des mineurs ou comment 3 300 enfants en danger,
00:17 car maltraités par leurs parents par exemple, attendent d'être placés faute de moyens.
00:21 Alors en ce moment même, 200 anciens enfants de la DAS manifestent d'ailleurs près de l'Assemblée Nationale à Paris
00:27 pour demander davantage de structures pour accueillir ces mineurs en danger.
00:32 Bonsoir Cindy Hubert. Bonsoir Cyprien, bonsoir à tous.
00:34 Fait exceptionnel, vous avez pu passer une journée dans le bureau d'une juge pour enfants, c'était à Nantes.
00:38 Vous avez assisté à ce qu'on appelle des audiences d'assistance éducative.
00:42 En fait ce sont les enfants à protéger.
00:44 La juge Marie Le Vert me prévient avant même qu'on ne s'assoie, j'espère que vous avez le coeur bien accroché.
00:49 Le premier cas sur notre bureau c'est celui de Ryan.
00:52 Ryan se tapait la tête contre le sol, il mangeait ses excréments.
00:55 Le papa n'a jamais trop été là, la maman est dépassée.
00:58 Ryan a été placé en foyer.
01:00 Mais là-bas, le petit garçon de 4 ans a de nouveau subi des violences.
01:04 Mordu, enfermé dans le noir, brûlé sur un radiateur.
01:07 Tout le monde est là en face de moi.
01:09 La maman en colère, les représentants de l'aide sociale à l'enfance qui présentent leurs excuses.
01:13 Une enquête est en cours.
01:15 Mais le plus important c'est qu'il faut une place quelque part pour Ryan.
01:18 Il faut qu'on arrête de le trimballer partout, plaide son avocat.
01:20 Mais pour le moment, il n'y a pas de solution pérenne.
01:23 Un peu plus loin, au bout du couloir, un mail urgent vient d'arriver à la permanence du pôle famille du parquet.
01:28 Il faut prendre une décision pour un bébé qui vient tout juste de naître.
01:31 Sa mère s'apprête à sortir de la maternité. Il faut faire vite.
01:35 On a de l'agitation, une difficulté aussi psychiatrique au niveau de la maman qui a l'air assez instable.
01:41 Ce qui forcément alerte dans la prise en charge de son enfant et encore plus dans les nouveaux-nés.
01:47 Alors on a parlé d'un enfant de 4 ans, là d'un nouveau-né.
01:51 Là encore, Cindy, et ça peut paraître dingue, en France en 2024,
01:55 mais les places ne sont pas suffisantes pour accueillir des bébés.
01:58 Oui, il y a des bébés qui attendent pendant des semaines à l'hôpital
02:01 qu'une place se libère en pouponnière ou ailleurs.
02:04 Concrètement, ils sont seuls dans une chambre d'hôpital quand leur état de santé ne le justifie plus.
02:09 Ce qui peut aussi entraîner des conséquences délétères sur leur développement
02:15 avec un syndrome qu'on appelle l'hospitalisme.
02:18 C'est un enfant qui n'arrive plus à être dans l'interaction avec les autres
02:22 puisqu'ils sont comme oubliés dans leur lit d'hôpital.
02:25 Les services essayent de mettre en place des choses,
02:28 font venir des travailleuses familiales quelques heures par semaine
02:31 pour venir ne serait-ce que prendre dans les bras cet enfant.
02:35 Mais pour l'essentiel, il souffre d'un manque de relation et de portage.
02:40 Mais ça c'est commun, ce que je l'ai vu aujourd'hui.
02:42 Mais est-ce que ça arrive souvent ?
02:44 Oui, ça arrive de plus en plus souvent.
02:46 Dans mon cabinet, je crois compter trois bébés
02:49 qui sont maintenus à l'hôpital depuis plusieurs mois.
02:53 Alors là, on parle des plus petits, Cindy, mais pour les plus grands, comment ça marche ?
02:57 Quand la juge prononce une ordonnance de placement,
02:59 c'est le conseil départemental qui doit la mettre en œuvre.
03:02 C'est ce qui s'est passé pour Charlotte, la petite fille adéquate sur la tête.
03:05 Elle sourit à la juge en demandant "je peux passer Noël chez maman ?"
03:08 En attendant, elle est en famille d'accueil depuis sept ans maintenant.
03:11 Mais tout le monde n'a pas cette chance.
03:13 Pas assez de familles d'accueil, pas assez de travailleurs sociaux.
03:16 Aujourd'hui, en Loire-Atlantique, il y a donc 300 décisions non exécutées.
03:21 Des décisions de placement sur le papier,
03:23 mais qui ne sont parfois pas mises en œuvre pendant plusieurs mois,
03:26 voire même l'année suivante.
03:27 On se rend compte que les enfants sont toujours à domicile
03:30 auprès de ceux dont on a considéré qu'ils étaient un danger tel,
03:34 qu'il fallait une séparation immédiate.
03:35 Il y a des enfants, vous avez décidé de les placer,
03:37 et puis en fait, ce n'est pas fait.
03:39 C'est ça. Ils sont chez eux,
03:41 dans des lieux qui ne relèvent pas de la protection de l'enfance.
03:44 Des gîtes qui sont habilités jeunesse et sport,
03:46 mais qui ne sont pas des lieux de protection de l'enfance.
03:48 C'est décourageant et surtout extrêmement inquiétant pour tous ces enfants
03:51 que parfois on a l'impression d'abandonner,
03:53 puisque on nomme des choses en audience,
03:56 on écrit dans nos jugements tout ce à quoi ils sont exposés.
03:59 De constater qu'en réalité, on les maintient dans ces situations-là,
04:02 oui, c'est décourageant.
04:04 Des enfants qui restent en danger,
04:06 c'est accablant ce qu'on est en train d'entendre, Cindy.
04:08 Là, vous étiez dans le bureau de ce juge à Nantes,
04:11 est-ce que c'est comme ça partout en France ?
04:14 Oui, le syndicat de la magistrature a fait un sondage auprès des juges,
04:17 des enfants dans tout le pays,
04:19 et d'après ces réponses, plus de 3 350 mesures de placement
04:22 n'étaient pas exécutées en novembre dernier,
04:25 et plus de 7 juges sur 10 admettent avoir renoncé à placer des enfants en danger.
04:29 Faute de place.
04:31 Mais le placement, normalement, c'est la dernière solution,
04:33 c'est quand on ne peut plus faire autrement.
04:35 Le juge tente de mettre en place un accompagnement des familles à domicile,
04:38 des travailleurs sociaux peuvent venir sur place,
04:40 donner des conseils très concrets d'éducation,
04:42 pour être à l'heure à l'école, pour faire des repas,
04:45 mais pour que cet accompagnement soit mis en place,
04:48 les délais sont trop longs, 6 mois, 1 an parfois,
04:51 et pendant ce temps-là, à la maison, la situation peut se dégrader.
04:54 Merci beaucoup, Cindy Hubert, pour votre éclairage ce soir,
04:57 pour ce document aussi assez exceptionnel et effarant,
05:00 on vous avait prévenu,
05:02 vous avez poussé pour nous, pour RTL,
05:05 la porte d'une juge pour enfants à Nantes.
05:07 Merci beaucoup, Cindy. Dans un instant, RTL, bonsoir, continue.
05:10 L'émission se poursuit. Alors, toute autre chose,
05:13 dans un instant, le grand match des infos pour briller au dîner arrive,
05:16 vous le savez, c'est le duel entre Isabelle et Cyprien,
05:19 qui détient ce soir la meilleure anecdote ?
05:21 On va voter en studio, vous allez voter de l'autre côté du poste,
05:24 vous restez avec nous, on s'occupe de vous jusqu'à 20h,
05:27 et on va évidemment parler foot dans la deuxième heure de l'émission.
05:30 A l'instant, on vous parle de la fin de la semaine,
05:33 on vous parle de la fin de la semaine,
05:36 on vous parle de la fin de la semaine,
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