00:00 Sur cette route départementale, les automobilistes ne peuvent pas le rater.
00:04 Ce dodan incite les conducteurs à lever le pied, mais ces ralentisseurs ne font pas l'unanimité.
00:10 -C'est souvent celui-là par exemple ou il y en a d'autres ailleurs qui sont trop haut, qui dépassent les 10 cm.
00:15 -Moi je mets au défi tous les gens à passer à 30 km/h sur le dodan là, avec leur voiture.
00:20 -Je pense qu'au bout de 15 jours, ils vont avoir beaucoup de problèmes sur les cardans et les amortisseurs.
00:24 Les ralentisseurs, une spécialité française, dans l'Hexagone, on en compte plus de 450 000.
00:30 Ils doivent être installés sur des routes limitées à 30 km/h, sont interdits sur des voiries empruntées par des transports publics
00:37 et ne doivent pas dépasser les 10 cm de hauteur.
00:40 Mais selon certaines associations, 75% de ces 450 000 ralentisseurs en France ne seraient pas au Nord.
00:47 -Il y a incontestablement du ménage à faire.
00:48 Je pense qu'il y a d'autres façons, si vous voulez, d'aménager la voirie pour faire en sorte que les automobilistes ralentissent.
00:59 Un nouvel arrêté a été pris par la Cour administrative d'appel de Marseille.
01:03 Créant une jurisprudence, dorénavant, les nouveaux ralentisseurs installés en France devront respecter à la lettre la réglementation.
01:11 -Alors justement, c'est quoi la réglementation ?
01:13 -Quelle est la réglementation ?
01:14 -La réglementation est prévue par un décret. Elle prévoit notamment que ces ralentisseurs, comme ça a été dit dans le reportage,
01:20 ne doivent pas dépasser 10 cm de hauteur, 4 mètres de longueur.
01:25 Et c'est après tout l'ensemble de la réglementation sur l'implantation même du ralentisseur,
01:31 notamment dans des zones 30 obligatoirement, pas de passage piéton sur le ralentisseur,
01:36 pas de transport collectif qui traverse le ralentisseur.
01:40 Il ne doit pas être un élément d'insécurité routière, donc pas de support glissant notamment, etc.
01:47 Et cette jurisprudence donc impose désormais aux maires de respecter ce décret
01:52 et de mettre fin à cette folie de tous les ralentisseurs que l'on voit malheureusement partout.
01:57 -Parce qu'ils ont été construits dans une relative anarchie, c'est ce que vous voulez dire ?
02:00 -Oui, complètement. En fait, les maires souvent ont été amenés à construire des éléments qui, au départ,
02:07 effectivement sont là pour protéger les piétons, les usagers vulnérables, pour faire ralentir les véhicules.
02:13 Mais ces ouvrages se transforment en éléments d'insécurité. Il y a des nuisances multiples.
02:18 On l'a vu, casse matérielle, préjudice corporel pour parfois, vous avez des cyclistes, des motards qui chutent
02:25 quand ils traversent ces ouvrages, des fissures sur les maisons, des problèmes de pollution et des problèmes de nuisance.
02:31 Lorsqu'ils sont mal construits, vous avez les maisons, les ouvrages qui sont à l'aplomb de ces ralentisseurs
02:38 qui vont présenter un certain nombre de fissures sur les murs, sur les façades, en raison notamment des vibrations.
02:44 -Mais pardon, c'est quand même bon pour la sécurité routière ou vous dites que c'est pas bon pour la sécurité routière ?
02:48 -C'est bon pour la sécurité routière lorsqu'ils sont aux normes. Lorsqu'ils ne le sont plus, ils deviennent des ouvrages d'insécurité routière.
02:55 -Donc la jurisprudence va obliger les maires à les détruire, ceux qui ne sont pas aux normes ?
02:59 -Alors cette jurisprudence, je suis l'un des avocats de cette association, elle n'est pas définitive au sens où on va porter devant le Conseil d'Etat
03:07 la problématique de tous les ralentisseurs qui sont aujourd'hui installés. Pour l'instant, la Cour administrative n'impose pas la destruction
03:16 de ces ralentisseurs pour des raisons certainement liées au coût, à l'intérêt que représentent ces ralentisseurs,
03:23 mais en tout état de cause, cela veut dire que dorénavant, un maire ne peut plus installer un ralentisseur hors normes.
03:30 A défaut, ce ralentisseur serait détruit par une décision judiciaire à venir.
03:36 -Parce que si il faut détruire ceux qui sont illégaux, c'est-à-dire les trois quarts, ça va coûter un bras ? 7 milliards ?
03:42 -Alors ça coûte aussi cher de le détruire que de le construire. Un ralentisseur, ça coûte entre 7 500 euros pour les plus simples,
03:48 jusqu'à 150 000 euros, parce qu'il y a des ouvrages, il y a des études d'impact, il y a un certain nombre de prestations avec des entreprises de BTP
03:58 qui interviennent, donc ça coûte très cher à construire et ça coûte très cher à détruire.
04:02 -Mais en respectant les règles que vous avez rappelées au début, on peut dire que ces ralentisseurs sont quand même efficaces pour la sécurité routière ?
04:10 -Sans aucun doute, évidemment. C'est une alternative à d'autres signalisations comme le feu stop, le feu rouge.
04:16 Mais la problématique, et on l'a démontré avec des études précises, notamment par exemple en termes de pollution, un ralentisseur,
04:23 ça a un impact en termes de pollution, c'est plus 25% de pollution. Parce que quand le véhicule freine, ralentit et réaccélère,
04:30 il pollue davantage que s'il ne s'arrêtait pas. Tout ça c'est documenté. Nous ne sommes pas totalement opposés à ces ouvrages,
04:38 mais nous luttons contre ces dispositifs qui sont illégaux. Lorsqu'ils respectent les règles, il n'y a pas de problème, bien évidemment,
04:47 mais les règles doivent être respectées, y compris par les collectivités territoriales.
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