00:00J'ai suivi, donc oui.
00:01Non.
00:02Non.
00:03Non.
00:04Oui.
00:05Oui.
00:06Oui.
00:07Oui.
00:08Non.
00:09Je suis Eugénie Bastier, je suis journaliste au page Débat et Opinion du Figaro et également
00:13chroniqueuse à CNews et Europe 1.
00:16Oui.
00:17Non.
00:18Oui.
00:19Ça m'arrive.
00:21Dans les salles d'attente du dentiste.
00:24Bonjour, je m'appelle Charles Merlin, j'anime les comptes Vivre moins con sur Instagram
00:29et TikTok et je fais de la vulgarisation engagée de l'actualité et je mets en avant
00:34des causes d'intérêt général.
00:36Pas souvent.
00:37Ça m'arrive aussi.
00:38Les mots croisés pour ma mère.
00:40Non, jamais.
00:41Oui.
00:42Oui.
00:43Oui, pour avoir l'air moins vieux.
00:46Oui.
00:47Non.
00:48Non.
00:49Non.
00:50Non.
00:51Non.
00:52Non.
00:53Non.
00:54Non plus.
00:56Non.
00:57Non plus.
00:58Je m'appelle Célia Kabouri, j'ai 24 ans, je suis journaliste assez polyvalente, je
01:03fais des podcasts, je travaille pour la télévision, je suis également rédactrice en chef pour
01:06un site internet pour un média hybride qui s'appelle Serfia.
01:09Un très grand oui.
01:10Non plus.
01:13Oui.
01:14Non.
01:15Surtout pas.
01:16Je connais pas.
01:19Non.
01:20Oui.
01:21Bah oui.
01:22J'aime.
01:24J'aime.
01:25Bonjour, moi je m'appelle Thomas Huchon, je suis journaliste d'investigation, réalisateur
01:28de documentaires.
01:29Je suis un journaliste un peu bizarre qui s'intéresse principalement aux fausses informations
01:34et aux faux complots.
01:35Fake news, théorie du complot, c'est un peu devenu mon dada.
01:38Oui, pour me faire du mal de temps en temps.
01:41Oui.
01:42Oui.
01:43Oui.
01:44Oui.
01:45Oui.
01:46Oui.
01:47Oui.
01:48Oui.
01:49Non, parce que j'ai pas la télé.
01:51Non.
01:52Non.
01:53Non.
01:54Un peu oui.
01:55Non.
01:56Oui.
01:57Ah bah oui.
01:58Oui, bah sur Twitter ou autre.
01:59Non.
02:00Oui.
02:01Non.
02:02Par curiosité parfois, parce que j'ai l'esprit très large.
02:06Oui, tous les jours.
02:09Non.
02:10Oui, bah j'ai même écrit pour Mediapart, donc oui.
02:13Non.
02:14Pour le coup.
02:15Non.
02:16Non.
02:17Bon, ça m'est arrivé.
02:18Évidemment.
02:19Non.
02:20De temps en temps.
02:21Ouais, les pages internationales, les pages saumons.
02:24Non.
02:25Non.
02:26Non plus.
02:27Bah j'y suis allé, donc ça m'est arrivé de le regarder, mais c'est quand même assez
02:34rare.
02:35Non.
02:36Oui.
02:37Non.
02:38Oui.
02:39Relayer du contenu sur les réseaux sociaux, c'est être journaliste.
02:43Bah alors, c'est un débat très controversé, les réseaux sociaux et les journalistes,
02:45surtout avec les comptes Twitter qui prennent en volume, en abonnés, en contenu.
02:51Pour moi, publier sur les réseaux sociaux, oui, c'est être journaliste quand on le
02:55fait bien, quand on sait ce qu'on veut faire, quand on s'est ciblé.
02:58Le principe même du journaliste, c'est quoi ? C'est vouloir quoi ? Informer.
03:01Et si on le fait bien et qu'on le fait correctement, qu'on multiplie ses sources et qu'on va
03:05pas dans la gueule du loup pour faire du sensationnel tous les jours.
03:09On va pas dans la gueule du loup pour faire du sensationnel tout le temps.
03:14Je pense qu'on peut bien informer et être un bon journaliste grâce aux réseaux sociaux
03:18aujourd'hui.
03:19Je suis pas exactement d'accord, moi.
03:21En fait, c'est justement le paradoxe.
03:23Le journaliste, c'est un métier.
03:25C'est un métier avec des pratiques, des vraies pratiques, avec des règles éthiques,
03:29avec de la déontologie, avec des méthodes de travail.
03:32Et ça s'apprend.
03:33Si ça ne s'apprenait pas, il n'y aurait pas d'école de journalisme et on ne ferait
03:36pas tout ça.
03:37Je crois que le vrai problème aujourd'hui, c'est que n'importe quel citoyen peut
03:43devenir une forme de journaliste en diffusant ce qu'il veut sur les réseaux sociaux.
03:47Mais c'est pas possible de faire ça sans s'imposer un tout petit peu, un minimum
03:53de cette rigueur journalistique et de ce travail-là.
03:56Et je crois pas beaucoup à l'idée que n'importe qui peut devenir journaliste
04:00comme ça en le décidant.
04:01Il y a un travail à faire.
04:03C'est beaucoup de travail.
04:04Et quelque part, l'idée qu'on pourrait devenir journaliste en faisant un share sur
04:08Twitter, c'est terrifiant pour tous les gens, potentiellement d'ailleurs qui ont
04:12été même assassinés pour avoir fait ce métier.
04:15Je veux dire, journaliste, c'est un métier qui est hyper important et qui n'est pas
04:17du tout un espèce de truc de clic et de machin comme ça.
04:20Je suis toujours un peu perturbé par cette idée que finalement, les réseaux sociaux
04:24qui sont une agora du débat public seraient devenus l'alpha et l'oméga de la diffusion
04:29d'informations.
04:30Il y a deux sujets à la fois.
04:31C'est la question de la fin des gatekeepers dans le journalisme, c'est-à-dire le fait
04:37qu'avant, c'était une institution, un métier qui était exercé par une corporation
04:42et qu'aujourd'hui, parce que tout le monde a un smartphone, tout le monde peut potentiellement
04:45partager une information.
04:46Évidemment, il y a des gens qui sont à Gaza aujourd'hui qui ont un smartphone,
04:49qui filment, qui l'envoient sur les réseaux sociaux et c'est une information.
04:52Après, il faut la recouper, évidemment.
04:54C'est le travail des journalistes de voir si elle est vraie, etc.
04:56Mais ils donnent une information.
04:57Donc effectivement, ils participent de ce qu'était auparavant le journaliste.
05:01Parce que nous sommes passés de la graphosphère à la vidéosphère, nous sommes passés
05:07de l'écrit à l'image et aujourd'hui, la force de l'image et la multiplication
05:12et la possibilité de le répandre sur les réseaux sociaux changent effectivement la donne.
05:18Je crois que le métier de journaliste doit s'adapter à cette nouvelle donne.
05:22Je pense qu'il doit se remettre en question, peut-être avoir davantage de modestie.
05:26Il peut y avoir aussi, je pense, un retour de bâton, c'est-à-dire qu'à force d'être saturé
05:32justement d'immédiateté, d'image, peut-être qu'on va retrouver aussi le goût de l'écrit,
05:36le goût du reportage de long cours, du récit.
05:38Et ça, je pense que c'est très important également.
05:40Mais moi, ce qui m'inquiète véritablement, c'est la disparition de l'écrit.
05:43Je travaille dans un média avant tout de presse écrite, le Figaro.
05:47Et je pense que l'écrit permet une forme de nuance, une forme de...
05:51Le livre, par exemple, est une manière de délucider les désaccords, d'aller dans le fond d'un sujet
05:55que ne permettra jamais une vidéo, une image, un tweet.
05:59C'est évident. Le livre est quelque chose de fondamentalement précieux
06:03dans l'histoire du débat et de la pensée humaine.
06:05Et donc, je m'inquiète en fait de la disparition de l'écrit,
06:07parce qu'avec l'écrit, il disparaît tout un monde.
06:09C'est une manière de voir le monde, une manière de raconter les faits.
06:13Justement, on pourrait se dire, avec l'image, avec la caméra, l'objectivité est parfaite,
06:18puisqu'on voit juste des images.
06:20L'objectivité, ça n'existe pas.
06:22Je pense que ça n'existe pas.
06:23Mais on pourrait se dire, l'image, elle parle d'elle-même.
06:26Et l'écrit, au contraire, c'est un regard...
06:29On lit Proust, et c'est toute l'histoire de la recherche des temps perdus.
06:33C'est un personnage qui est vu de plein de façons différentes,
06:36et on voit qu'en fait, les faits n'existent pas.
06:38C'est tout Proust.
06:39Et en fait, on voit que c'est l'inverse qui se produit,
06:41c'est-à-dire que l'image est partout, et en réalité, il n'y a plus de faits.
06:44Il n'y a plus d'objectivité nulle part.
06:46Le simple fait de partager une news sur les réseaux, sur Internet,
06:50ça ne fait pas de la personne, de l'internaute, un journaliste.
06:52Puisqu'effectivement, les journalistes sont formés,
06:55ça dure longtemps, hein, c'est 5 ans d'études,
06:57donc en fait, ils ont une espèce d'éthique,
07:00et ils sont formés à reconnaître des informations qui sont fiables,
07:05à les digérer, à les retranscrire,
07:07et ça, effectivement, c'est quelque chose qui demande des compétences
07:10qu'en fait, on est plein à ne pas avoir, et il faut le reconnaître.
07:13Maintenant, je pense que les transformations
07:18que subit le journalisme depuis une vingtaine d'années
07:21avec l'avènement d'Internet et des réseaux sociaux
07:24est plutôt positive, parce qu'on sort justement
07:27de cette corporation dont vous parliez,
07:30et donc l'information n'est plus possédée
07:35par un certain type de personnes et par une corporation,
07:39et aujourd'hui, elle est démocratisée d'une certaine manière,
07:43ce qui soulève plein de questions, plein de risques, je suis bien d'accord,
07:46plein d'intérêts qui viennent s'insérer là-dedans,
07:49étrangers, privés, économiques, etc.
07:53Néanmoins, les réseaux sociaux, si j'élargis un petit peu la question,
07:57en fait, permettent d'avoir accès à des informations
08:01auxquelles on n'aurait jamais eu accès sans Internet et les réseaux sociaux,
08:05et ça, il faut quand même le reconnaître,
08:07donc effectivement, comme tout nouveau paradigme,
08:09ça apporte du bon et du moins bon,
08:13pour le journalisme, effectivement, c'est une mutation qui est subie,
08:17et malheureusement, il y a encore beaucoup de médias et de journalistes
08:21qui n'ont pas saisi l'ampleur de cette transformation
08:24et qui essayent de courir un peu après le train qui est déjà parti,
08:28mais qu'il faudra bien attraper à un moment ou à un autre.
08:32C'est bien nouveau, historiquement, les grands médias professionnels
08:35ont refusé d'aller sur Internet, et n'ont pas du tout investi ce champ-là,
08:40d'ailleurs, de la même manière, les grands partis politiques traditionnels
08:43n'ont pas non plus été, ne se sont pas jetés sur Internet.
08:46Quel est le premier parti politique français à créer un site Web ?
08:49C'est le Front National en 1994, plusieurs années avant les autres partis,
08:53donc il y a aussi un truc, c'est que la nature horreur du vide,
08:57et sur Internet, ce vide a été comblé par tout un tas de gens
09:01qui n'étaient pas des journalistes professionnels.
09:04Tout ça, ça participe d'une forme d'horizontalité de la diffusion d'informations
09:07qui est liée au mode de fonctionnement d'Internet,
09:10et qui, finalement, a un peu bouleversé la société, qu'on le veuille ou non.
09:14Je crois qu'on ne reviendra pas au temps d'avant, ce n'est pas possible.
09:17Ça, c'est sûr, on n'y reviendra pas.
09:20Mais, effectivement, je crois que là où je vous rejoins,
09:24j'en suis particulièrement surpris.
09:26Tu n'as pas besoin de le dire, c'est normal.
09:28Non, mais je suis surpris déjà de vous entendre citer un journaliste de vrai.
09:31Ah ben oui, ça m'a encore plus étonné.
09:35Mais surtout, là où je vous rejoins complètement,
09:38c'est que, finalement, l'un des vrais problèmes de la diffusion d'informations,
09:41aujourd'hui, c'est l'immédiateté.
09:43Et que, quelque part, le temps long est le seul qui nous permet
09:47d'avoir le recul, la réflexion nécessaire pour, à la fois,
09:51comprendre les choses, pour essayer de les expliquer,
09:54et de les expliquer de manière cohérente,
09:57et surtout pas objective, mais au moins honnête.
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