00:00 On est payé, il faut le savoir, 2,75€.
00:03 On a eu 10% d'augmentation pour le déplacement.
00:06 Donc ils disent que c'est énorme, mais en fait on avait 2,50€.
00:09 Donc ça fait 25 centimes.
00:11 Merci beaucoup pour ces 25 centimes.
00:13 On s'en fout, nous on ira jusqu'au bout !
00:24 On était payé 18,40€ la toilette.
00:26 Et si on repassait 3 fois par jour, on avait 3 fois 18,40€.
00:30 Et maintenant, quand on passe 3 fois par jour chez les gens
00:33 pour les laver ou leur faire des soins, des personnes gravataires par exemple,
00:36 on n'a plus que 2,75€ à chaque passage.
00:39 Et maintenant les jeunes vont partir à l'étranger,
00:41 en Suisse, au Luxembourg, et il n'y aura pas de relève.
00:44 Parce qu'ils ne sont pas fous comme nous à travailler comme ça pour rien.
00:51 On veut continuer à assurer une offre de soins infirmiers à domicile
00:56 parce que sans cela, ce sont autant de patients qui,
00:59 non seulement ne seront pas sortis de l'hôpital,
01:02 mais en plus ne seront plus soignés.
01:04 Et de ne pas entendre nos revendications,
01:07 ne serait-ce qu'en termes de revalorisation de nos actes,
01:09 c'est autant de cabinets qui vont fermer.
01:11 On est sur 58% de cabinets qui prévoient de fermer.
01:16 Donc c'est un vrai problème de santé publique.
01:19 On ne bougera pas, partout, on est là et on ne bougera pas.
01:27 J'exerce un désert médical, donc nous les infirmières à domicile,
01:31 on assume beaucoup de coordination pour essayer de faire le lien
01:35 entre les médecins de ville et les médecins hospitaliers.
01:38 Ce qui est très compliqué, notamment chez nous,
01:41 dans certains coins de l'Aveyron,
01:43 on a des infirmières qui n'ont plus du tout de médecin
01:46 pour les aider à assumer les soins à domicile
01:50 et donc non plus de prescriptions pour assurer la continuité des soins.
01:53 La dernière fois, j'ai été faire des courses pour une patiente
01:58 parce qu'elle n'avait pas ses repas, parce qu'elle était malade
02:00 et que du coup la DMR, par exemple, ne passait pas.
02:02 Si je ne lui avais pas amené ses repas, elle n'aurait pas mangé.
02:04 On est aussi ça.
02:05 Le danger, c'est qu'on veut supprimer au fur et à mesure
02:08 le soin de premier recours, donc les infirmières libérales.
02:11 On veut aussi mettre à mal les médecins généralistes.
02:13 Tout ce maillage territorial qui aujourd'hui fait
02:16 qu'on prend soin des patients, on prône une politique
02:18 où aujourd'hui on veut laisser les gens à domicile
02:21 et à côté de ça, parallèlement à ça,
02:23 on veut supprimer le soin de premier recours.
02:25 Et le soin de premier recours, c'est nous.
02:26 Et le plus grave danger pour moi, c'est ça.
02:28 Parce que du coup, on ne pourra plus prendre soin de ces patients-là.
02:31 Nous, on s'en fout, nous on ira jusqu'au bout !
02:34 Nous, on s'en fout, nous on ira jusqu'au bout !
02:38 Nous, on s'en fout, nous on ira jusqu'au bout !
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