00:00 Je suis actuellement près de l'Assemblée nationale,
00:02 où demain sera discutée la proposition de loi portée par les écologistes
00:06 qui vise à interdire les PIFAS, autrement dit les polluants éternels.
00:10 Le groupe SEB, propriétaire de Tefal et dont les ustensiles de cuisine
00:14 ne sont pas accusés de contenir ces polluants,
00:16 a décidé de faire venir ses salariés d'un peu partout en France.
00:19 Entre préservation des emplois, écologie et lobbying industriel,
00:24 les enjeux sont délicats.
00:25 Aujourd'hui, le PIFAS qui est utilisé dans les gamelles
00:28 a une inocuité qui est reconnue par les chimistes et les scientifiques.
00:32 Moi je suis syndicaliste, je rapporte ce qu'on me dit.
00:36 Je n'ai pas vu d'intoxication à grande échelle mondiale au niveau du PTFE,
00:41 donc aujourd'hui il est quand même avéré.
00:44 Sur la réglementation, le PIFAS dangereux a été arrêté en 2012 au niveau de Tefal
00:49 et la réglementation donnait jusqu'à 2020.
00:52 Quand j'entends certaines choses,
00:53 les syndicats sont instrumentalisés, infantilisés, c'est faux.
00:57 On a mené des combats, on a fait une grève en 2021
00:59 qui a mobilisé l'ensemble du site de Tefal, 1500 salariés.
01:02 Il y a eu d'autres combats.
01:03 Ce combat-là est convergent parce que les arguments donnés
01:08 par la loi de M. Nicolas Thiry sont véridiques.
01:11 Sauf que ce qu'il décrit, c'est des émissions qui sortent d'entreprises
01:15 qui ne sont pas celles du culinaire, mais plus sur de l'usine chimique.
01:19 Et en fait aujourd'hui, on met une cible sur le dos
01:21 par rapport à une loi qui ne décrit pas l'activité.
01:24 Je ne sais pas si on pourra arriver à zéro PIFAS maintenant,
01:26 mais de la responsabilité de l'entreprise en tant que syndicat,
01:28 je vais vous dire oui.
01:29 Parce que déjà, il y a quand même la santé du salarié qui travaille dedans,
01:33 qui est accompagné par le syndicat.
01:35 Et ce que j'aime à dire aussi, c'est quand on s'est battu,
01:37 nous syndicats, où on a fait 14 jours de grève sur les ordonnances Macron
01:40 pour garder nos CHSCT, qui sont en lien direct
01:43 avec l'hygiène et la sécurité au travail,
01:45 on n'a pas vu beaucoup de partis politiques derrière nous.
01:48 Je pense qu'il faut vraiment être capable de dissocier les types de molécules.
01:54 On est sur une famille de plus d'entre 20 000 et 40 000 molécules chimiques.
01:59 Tous n'ont pas la même toxicité.
02:00 Et c'est bien de prendre un peu de recul.
02:03 Il y a beaucoup d'études qui sont en cours au niveau de l'Union européenne.
02:06 Ces textes-là se font un peu rapidement
02:08 et n'ont pas le recul nécessaire par rapport à futures réglementations
02:12 qui ne seraient applicables en plus qu'en France.
02:14 Le rôle des élus, c'est de provoquer le changement,
02:20 mais également de l'accompagner en tenant absolument compte.
02:23 du contexte social qu'il y a derrière.
02:25 Nous, on n'est pas pour la pollution.
02:28 Là, on n'est que pour la protection de nos emplois.
02:31 Parce que l'enjeu, il est aussi là.
02:34 Parce que si on devait s'attaquer à toutes les entreprises
02:37 qui, elles, ne respectent pas les normes,
02:40 alors que le groupe CET respecte les normes européennes et françaises,
02:44 il ne restera plus beaucoup d'entreprises en France et en Europe.
02:47 L'industrie, elle, doit être écologiste.
02:50 Et l'écologie doit aussi tenir compte du contexte industriel.
02:53 Là, on ne va pas sans l'autre.
02:54 [Musique]
Commentaires