00:00 Marie Portolano, ancienne journaliste sportive sur Canal+, évoque quelques moments difficiles
00:05 de sa carrière dans son livre « Je suis la femme du plateau ».
00:08 Trois ans après la diffusion de son documentaire-choc « Je ne suis pas une salope, je suis une
00:14 journaliste », Marie Portolano revient sur le devant de la scène, cette fois avec le
00:18 livre « Je suis la femme du plateau », sorti le 13 mars.
00:21 L'occasion pour l'ancienne journaliste de Canal+ qui présente désormais Télématins
00:27 avec Thomas Soto sur France 2, de préciser le message qu'elle voulait faire passer,
00:32 parasité par ce qui est rapidement devenu l'affaire Pierre Ménès.
00:36 « Quand le documentaire est sorti, il a provoqué une vague médiatique folle », explique-t-elle
00:41 dans un entretien accordé aux médias Simone.
00:43 « Finalement, tout le monde s'est caché derrière un seul exemple et le système a
00:48 refusé de se remettre en question.
00:50 Donc je me suis dit, non, ce n'est pas ce que je voulais dire.
00:54 Le système doit se déconstruire en intégralité.
00:58 Une fois que le système sera déconstruit, les individualités pourront se remettre en
01:03 question.
01:04 T'as un cul, on serait bien dedans.
01:06 » Si elle précise ne pas être « en combat
01:09 contre les hommes », ce sont tout de même certains d'entre eux qui lui ont fait vivre
01:13 des moments difficiles, voire traumatisants.
01:15 L'animatrice, qui révélait récemment avoir été agressée sexuellement à l'âge
01:20 de 17 ans, revient notamment sur plusieurs épisodes marquants de sa carrière, comme
01:24 ce jour où son rédacteur en chef l'a croisée dans un couloir et lui a glissé, dit donc
01:29 « t'as un cul, on serait bien dedans ».
01:31 Un exemple parmi tant d'autres, dit-elle, on a reçu des phrases difficiles à entendre,
01:36 du genre « déjà tu es là parce que tu es une femme, donc tu nous as piqué notre
01:41 travail ». Et après, évidemment, toutes les allusions sexuelles, du genre « ah non,
01:47 mais si elle a réussi à avoir cette interview, c'est qu'elle l'a forcément sucée ».
01:51 Des remarques blessantes qui, longtemps, lui ont fait ressentir « le syndrome de la
01:56 présentatrice stupide d'un plateau de télévision ».
01:59 Le syndrome de la schtroumpfette.
02:01 J'ai toujours eu envie d'être journaliste sportive.
02:05 Quand j'ai commencé, j'ai assez vite déchanté, avoue-t-elle.
02:09 Je me suis rendue compte plusieurs fois qu'en fait, je n'avais pas été embauchée pour
02:14 ma compétence, mais plutôt pour ce que je pouvais représenter à l'antenne.
02:18 La seule chose dont ils ont besoin, c'est d'une femme.
02:22 Pour Marie Portolano, aux yeux de certains patrons de chaîne, une présentatrice télé
02:27 est forcément bête, jusqu'à preuve du contraire.
02:30 Les journalistes sportifs souffrent du syndrome de la schtroumpfette, et d'ailleurs ça a
02:35 posé problème dans la sororité, je trouve, puisque le système nous a tellement fait
02:39 croire, expliqué qu'on était unique et qu'on ne pouvait être qu'unique, qu'on
02:43 accrochait chacune à notre place, poursuit-elle.
02:46 Un jour, on m'a même dit, la femme du plateau, on arrête, ça ne marche pas, ça ne fonctionne
02:53 pas.
02:54 En fait, je ne suis personne d'autre que la femme du plateau.
02:57 C'est lunettes au Canal Football Club.
03:00 Mais la présentatrice de 38 ans le concède à travers une anecdote, elle a participé
03:05 à ce système.
03:06 Parce que j'ai accepté ses codes.
03:09 Quand on m'a demandé d'être bien habillée, bien maquillée et bien coiffée, j'ai dit,
03:14 oui bien sûr, il n'y a pas de problème, je le serai, reconnaît-elle.
03:19 Les gens s'attachaient énormément à ce à quoi je ressemblais.
03:22 J'ai eu beaucoup de débriefs de mes tenues, de mon look, et c'est devenu parfois plus
03:28 important que ce que je disais.
03:29 Et d'enchaîner avec un souvenir de son passage au Canal Football Club, j'ai porté des lunettes
03:35 dans une émission de sport.
03:36 J'ai été entêtée, entrendie une topique, les sujets tendance sur Twitter, notes de
03:42 la rédaction, les gens me parlaient uniquement de mes lunettes et les messages étaient uniquement
03:46 à caractère sexuel.
03:47 Et ce qui est terrible dans cette histoire, c'est que les messages m'ont fait plaisir.
03:52 Je me suis dit, mais ça y est, enfin, les gens me parlent, enfin j'existe sur ce plateau.
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