00:00 - Collectif Autrecom, collectif qui regroupe plusieurs associations qui ont toutes un objectif commun,
00:06 empêcher le com tel que le projet est prévu actuellement, c'est bien ça ?
00:10 - C'est exact.
00:11 - Et vous venez de déposer un nouveau recours, alors c'est le troisième devant le Conseil d'Etat,
00:16 puisque cette fois-ci vous contestez l'illégalité du financement du com.
00:20 - Oui, donc nous avons déposé trois recours le mois de février,
00:25 le premier recours c'est surtout sur le fond, nous ne sommes pas convaincus que le projet soit d'utilité publique,
00:32 après il y en a un deuxième qui est plutôt sur la forme,
00:36 c'est-à-dire que les commissaires enquêteurs avaient demandé il y a trois ans une étude sur une alternative
00:41 qui soit moins impactante et moins polluante, donc moins chère,
00:45 et qui devait avoir des temps de trajet équivalent à celui-là de projet actuel autoroutier,
00:51 l'Etat aurait dû la communiquer il y a deux ans et demi, on n'a toujours pas d'étude,
00:56 et donc on voudrait nous la savoir parce que ce boulevard urbain aurait un impact moins important
01:02 et ça serait moins cher, et c'est important que les gens sachent qu'on peut avoir peut-être quelque chose de moins autoroutier,
01:08 et après il y a le troisième recours qu'on vient de déposer.
01:11 - Concernant le financement, on va y revenir, on rappelle pour ceux qui ne le savent pas,
01:14 il y en a peut-être que le COM, le projet de contournement ouest de Montpellier,
01:18 c'est donc cette, appelons-le une rocade pour l'instant, on ne sait pas trop à quoi ça va ressembler,
01:23 pour relier l'autoroute A709 et l'autoroute A750 par l'ouest de Montpellier.
01:30 Rocade, c'est ce que Vinci prévoit, les écologistes à Montpellier préféraient voir un boulevard urbain,
01:37 on essaiera de prendre le temps d'expliquer bien la différence,
01:40 en tout cas vous ce que vous contestez à travers ce troisième recours,
01:44 c'est la façon dont ce COM va être financé en fait.
01:46 - Oui, c'est cela. - Qu'est-ce qui ne vous plaît pas là-dedans ?
01:49 - Ce qui ne nous plaît pas, il est simple, c'est l'autorisation de réduction des transports,
01:54 on le dit clairement, qui utilise le COM doit payer le COM,
01:58 et qui n'utilise pas le COM ne doit pas payer le COM, c'est ce qu'on appelle le droit du péage.
02:02 Et c'est bafoué avec le montage actuel, ça a été déjà rétoqué par le Conseil d'État il y a à peu près un an,
02:10 et là ils essayent de faire un deuxième montage,
02:12 donc on passe de 98% des gens qui payent le COM et qui ne l'empruntent pas à 86%.
02:18 - Pourquoi ? Il faut expliquer pourquoi, parce qu'en fait l'idée de Vinci,
02:22 c'est d'augmenter les tarifs du péage de l'actuel autoroute A709 pour financer ce COM.
02:27 C'est-à-dire que c'est les gens qui prendront l'A709 qui paieront d'une certaine manière le projet.
02:33 - A peu près, ils le payent déjà. - Pourquoi ils le payent déjà ?
02:36 - Parce que les hausses des tarifs sont déjà, ils ont commencé le 1er février,
02:40 donc si vous êtes passé entre Bayarg et Saint-Jean-des-Védas aujourd'hui,
02:44 vous avez déjà payé les COMs.
02:46 - 1,30€ l'un à Bayarg, avant c'était 1,20€. - 10 centimes.
02:50 - Vous multipliez par le nombre de véhicules, ça finit par faire...
02:53 - 344 millions d'euros hors taxes.
02:55 - Bon, vous vous dites, il n'y a pas de raison que ce soit les automobilistes de l'A709 qui payent,
02:59 parce qu'ils ne vont pas nécessairement l'emprunter ce COM.
03:01 - C'est ça, mais c'est l'Autorité d'Érugation des Transports.
03:04 - Oui, le péage est bien sur l'A709, et pas sur... enfin, tout du moins quand on sort de l'A9 pour...
03:12 - Ah oui, le péage il est sur l'A709, oui, et pas sur Bayarg.
03:14 - On est bien d'accord là-dessus.
03:16 Donc, vous dites, ça a déjà été retoqué par l'ART ?
03:22 - C'est le Conseil d'État qui a déjà retoqué le financement une première fois.
03:26 - Oui, et très récemment, la Commission Transport du Conseil d'État s'est prononcée en faveur de ce montage.
03:33 Alors, que pouvez-vous espérer à partir du moment où la Commission des Transports du Conseil d'État se prend le nom de sport ?
03:38 Que pouvez-vous espérer ? Que le Conseil d'État se désavoue lui-même d'une certaine manière ?
03:42 - Ça a déjà été le cas la première fois.
03:44 Donc, le montage s'était validé par la Commission des Transports,
03:48 et a été retoqué parce qu'ils se sont rendu compte, en suivant l'avis de l'ART, que ce n'était pas le cas.
03:53 Donc, l'ART, à nouveau, répète que ce n'est pas possible, que c'est toujours illégal et injuste.
03:57 Donc, nous, on pense, on a confiance dans la justice, que l'ART va être écoutée par le Conseil d'État dans sa totalité,
04:03 et que le montage va être retoqué.
04:05 Donc, s'il y a com', il faut que ça soit payé, pas par les gens qui ne l'utilisent pas.
04:09 Ça, c'est pas correct.
04:10 - Est-ce que vous avez une idée de la proportion de gens qui ne seraient effectivement pas concernés par le com'
04:15 tout en étant des usagers réguliers de l'autoroute A709 ?
04:19 - Oui, l'ART a estimé à 86% avec le montage.
04:23 Donc, avant, c'était 98%, là, c'est 86%.
04:26 - Donc, 86% des gens qui paieraient, donc, d'une certaine manière, les travaux, n'emprunteraient pas le com' pour autant.
04:31 - C'est ça. C'est pas nous.
04:33 - C'est l'Autorité de Régulation des Transports qui le dit, c'est pas vous.
04:37 Vous vous prononcez, par rapport à ce projet, davantage en faveur,
04:40 comme le font les écologistes montpellierens,
04:43 Emmanuel Reynaud était venu ici même l'expliquer,
04:46 en faveur, non pas d'un recade tel que c'est prévu par Vinci actuellement,
04:49 mais à un boulevard urbain. En fait, c'est quoi la différence ?
04:52 - Alors, la différence, il faut déjà savoir que nous, on est contre ce projet pour beaucoup de raisons.
04:59 Donc, là, j'ai 10 minutes en total, donc je pourrai pas aller trop long,
05:02 mais je pourrai toujours vous remercier pour que je vous détaille pourquoi.
05:05 Donc, sous le fond, le problème, c'est vraiment que le projet actuel ne va pas résoudre les bouchons.
05:10 Donc, c'est vraiment, il faudrait arrêter de dire aux gens qui sont dans les bouchons
05:13 que ça va résoudre les bouchons, et pour comprendre pourquoi...
05:16 - Pourquoi ça va pas les résoudre ?
05:17 - Il va pas les résoudre parce que, déjà, dans les modèles de l'État,
05:21 qu'on peut trouver sur Internet partout, on prévoit 3 fois plus de trafic,
05:27 parce qu'il y aura vraiment un appel. Le fait de faire sauter un verrou entre deux autoroutes
05:31 va amener beaucoup de trafic, et les modèles ne prennent pas en compte
05:35 ce qu'on appelle le trafic induit. Il y a quelqu'un qui est venu à l'antenne l'expliquer.
05:38 En gros, ce qu'on a, c'est un écalage entre les modèles et le trafic réel qu'on voit après.
05:44 C'est ce qu'on appelle le trafic induit, et ça a été prouvé scientifiquement
05:48 et politiquement en 1998. La première fois, il y a eu la commission
05:54 de tous les ministères des Transports qui ont dit que ce truc existe,
05:59 qu'il s'appelle le trafic induit, et ça, ça fait que les bouchons vont en rester,
06:03 et qu'il y aura 10 ou 20 fois plus de trafic que ce qu'on voit dans les modèles.
06:09 Et ça, c'est important, parce qu'il y a 3% de gains de temps supposés.
06:13 Donc si vous ajoutez 20% de trafic en plus sur le long terme,
06:18 les gens auront des bouchons.
06:20 - Et le boulevard urbain, il va empêcher ça ?
06:22 - La chose, c'est que, normalement, nous, ce qu'on pense, c'est qu'il faut vraiment
06:26 réfléchir à l'aménagement du territoire. C'est-à-dire qu'il faut essayer de faire en sorte
06:31 que les gens puissent ne pas prendre leur voiture. Ça, ça va avec les transports en commun,
06:36 la gratuité des transports, c'est qu'on voit le fait d'ajouter un lycée à Saint-Jean-de-Vedas,
06:41 et de ramener des services dans l'ouest de Montpellier pour que les gens qui doivent prendre
06:46 la voiture la prennent, et les autres qui peuvent l'éviter ne la prennent pas.
06:50 C'est ce qu'on appelle l'aménagement du territoire.
06:52 Après, le boulevard urbain, c'est moins impactant, mais vraiment, il faut penser,
06:57 c'est pas vraiment une question de transport, c'est vraiment l'aménagement du territoire.
07:01 Donc c'est très difficile de dire "on veut un boulevard urbain".
07:04 Nous, on veut simplement que les gens puissent éviter de prendre la voiture,
07:07 qu'ils ne soient pas dans les bouchons. Les boulevards urbains, c'est mieux d'une grosse autoroute
07:10 qui va amener un flux de camions dans la métropole.
07:13 - Ce recours, vous venez donc de le déposer devant le Conseil d'État, il y a quelques jours, quelques semaines.
07:19 C'est le dernier ? C'est-à-dire qu'après, si jamais le Conseil d'État valide les décisions
07:23 et le projet tel qu'il est envisagé par Vinci pour que c'est terminé, vous déposez les armes ?
07:28 - Ah non, on va continuer.
07:30 - Quels sont vos autres moyens de recours aujourd'hui ?
07:32 - Alors, il y a l'enquête environnementale, donc là, il y aurait encore un nouveau dur et court.
07:36 Il y a une autre possibilité si on a rebuté un appel à Toulouse d'aller au Conseil d'État.
07:41 Et après, il y a aussi des riverains et riveraines, et des commerçants et des commerçantes
07:45 qui sont en train de monter au créneau. Il ne faut pas oublier qu'il y a aussi 4-5 années de travaux,
07:51 parce qu'on parle juste du début des travaux et de livraison, comme si au milieu, il n'y avait rien.
07:55 Là, ça va être vraiment la catastrophe.
07:58 À la dépêche, hier, c'est sympa parce qu'ils font des articles pour m'aider.
08:03 Il y avait un bel article qui expliquait les galères des automobilistes pour la construction de la 69.
08:08 Donc tout autour, c'est la catastrophe, on n'en parle pas.
08:11 Donc nous, on va partir pour 4-5 ans de travaux épouvantables dans l'ouest de Montpellier, pour rien.
08:17 - La décision du Conseil d'État, elle devrait tomber quand ?
08:19 Ça dure généralement plusieurs mois.
08:21 - Oui, oui, oui. Non, ça ne va pas être demain.
08:23 - Il ne faut pas se faire attendre avant la fin d'année, début d'année, voire début d'année prochaine.
08:26 Merci Céline Skandavaca, porte-parole du collectif Autrecom, d'être venue dans le 6/9 ce matin. Merci à vous.
08:31 Merci à vous.
08:32 écouter sur notre site internet francebleu.fr
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