00:00 - Europe 1, 6h-9h, Léna Hickmonier.
00:03 - 8h19 sur Europe 1, c'est l'heure du deuxième invité actu d'Europe 1 matin week-end, Léna Hickmonier.
00:08 Vous recevez l'ancien ministre des Transports et député renaissance de Paris Clément Beaune.
00:12 - Oui avec une actualité qui nous rattrape forcément avec Emmanuel Macron qui condamne fermement l'attaque terroriste
00:18 revendiquée par Daesh hier, il suit de près la situation à Moscou. Bonjour Clément Beaune.
00:24 - Avec cette actualité, vous avez invité pour parler des élections européennes, on va y venir bien sûr dans un instant.
00:30 Mais évidemment, cette scène, elle nous ramène forcément en 2015 au moment du Bataclan.
00:35 - Oui bien sûr, la France par la voie du président a condamné totalement cette attaque terroriste
00:41 revendiquée par l'Etat islamique et c'est pas parce que nous avons par ailleurs évidemment un affrontement en Ukraine,
00:47 une responsabilité du gouvernement russe sur le terrain ukrainien, que nous ne devons pas être totalement solidaires aussi
00:53 des victimes et du peuple russe. Ça nous rappelle en effet, en France on le sait trop bien,
00:58 des attaques dans des lieux de vie, dans des lieux de fête, que les islamistes veulent cibler systématiquement,
01:03 ça n'est pas un hasard, on a vécu au Bataclan, moi je suis élu de la circonscription où il y a le Bataclan
01:07 et donc on sait à Paris en France à quel point ces moments sont douloureux.
01:11 Donc la solidarité est complète, sans retenue, sans réserve, par ailleurs nous avons ces désaccords mais
01:16 ça ne doit pas nous empêcher de dissocier en effet ce drame humain qui a frappé au cœur de la Russie.
01:22 Et ce qui nous rappelle également Clément Beaune que la guerre contre le terrorisme n'est jamais terminée.
01:27 La guerre contre le terrorisme n'est jamais terminée, c'est un combat permanent, c'est une hydre qui renaît malheureusement sans cesse
01:32 et on le voit qui frappe tous les pays, quel que soit leur régime politique, qui sont associés à une forme de culture occidentale.
01:40 C'est ce mode de vie, c'est cette façon d'être que veulent cibler les islamistes partout dans le monde.
01:45 Donc ça nous rappelle aussi que la menace demeure y compris chez nous et qu'on doit se battre par nos services de renseignement,
01:50 nos services de police qui chaque jour déjouent des menaces.
01:53 Alors voilà qui va peut-être mettre un frein peut-être à la campagne des européennes qui était à l'origine de votre présence ici ce matin Clément Beaune.
02:01 Est-ce que vous avez déjà une idée de l'agenda des prochaines heures, des prochains jours là ?
02:05 On doit bien sûr mener cette campagne, je vais dire ça ne doit pas être affecté par cette actualité aussi dramatique que soit-elle,
02:12 y compris parce que dans nos démocraties on doit montrer qu'on est plus fort que ça.
02:16 Et donc cette campagne des européennes elle reste évidemment très importante, je l'amène avec le parti présidentiel parce qu'on a un enjeu essentiel,
02:23 je le redis le 9 juin parce que d'abord il y a beaucoup de nos concitoyens qui ne savent pas encore qu'il y a une élection,
02:28 quel est le dimanche 9 juin et qu'en effet c'est une élection à un seul tour, donc il n'y a pas si je puis dire de tour de rattrapage,
02:34 donc il faut se mobiliser et puis c'est un enjeu qui paraît un peu technique, un peu lointain qui est essentiel.
02:38 Quand on parle des questions de sécurité, de protection de nos frontières y compris avec une agence européenne, Frontex,
02:44 quand on parle de lutte contre le terrorisme, de renseignement, il y a aussi des coopérations européennes,
02:49 quand on parle de notre défense on doit aussi renforcer avec un budget européen de défense les efforts qu'on mène au niveau national
02:54 et puis sur tous les enjeux d'actualité dont on parle moins ce matin, je pense à la crise agricole qui est toujours là,
02:59 on a besoin aussi de ces débats européens, de ces actions européennes.
03:02 N'oublions pas que nous nous sommes battus, je me suis d'ailleurs personnellement battu,
03:05 pour qu'on ait aujourd'hui le principal bénéfice en France pour nos agriculteurs de la politique agricole commune.
03:11 Tous ces enjeux y demeurent et juste après votre émission j'irai faire du porte-à-porte,
03:15 vous voyez on est sur le terrain pour expliquer, convaincre, dire aussi que cette élection est un enjeu majeur.
03:20 Et parce qu'elle a commencé un peu mollement également votre campagne,
03:23 c'est vrai que votre candidate est crédité de 18% à peu près dans les sondages,
03:29 Jordan Bardella qui est parti depuis bien plus longtemps en campagne est aux alentours des 30%,
03:35 comment expliquez-vous que vous n'arrivez pas à vous refaire pour l'instant ?
03:38 Mais ça débute, et je le disais il y a beaucoup de nos concitoyens qui ne savent même pas qu'il y a une élection européenne le 9 juin,
03:42 donc il faut le dire, il faut mobiliser, et puis vous savez il y a eu d'autres moments,
03:46 je l'ai vécu moi-même dans des campagnes licellatives il y a quelques mois,
03:48 où on nous donne derrière, on ne nous donne pas en bonne situation,
03:51 et bien le seul remède à tout ça c'est le combat politique et démocratique.
03:55 Donc c'est aller frapper aux portes, c'est aller sur les marchés, c'est aller expliquer.
03:58 Est-ce que c'est difficile de parler d'Europe et de convaincre quand on a toutes ces difficultés du monde,
04:03 qu'il faut s'intéresser à l'Europe, qu'il faut soutenir notre projet européen,
04:05 parce que depuis 5 ans je crois qu'on a transformé beaucoup de choses,
04:08 pour réguler l'internet en ligne, pour apporter un soutien à nos agriculteurs,
04:12 est-ce qu'il faut aller plus loin ? Oui.
04:13 Est-ce que je pense que derrière le président de la République on est les mieux placés
04:17 pour changer l'Europe, pour la réformer, pour lutter contre toutes ces crises qui demeurent ?
04:21 Et bien c'est ça qu'il faut expliquer et convaincre.
04:22 Notre candidate commence sa campagne depuis à peu près 15 jours,
04:26 donc maintenant tout est devant nous, tout est à construire.
04:28 L'élection n'est jamais jouée, mais à nous d'être bon, de convaincre et d'être présent sur le terrain.
04:32 Alors vous regardez devant Clément Beaune, vous regardez peut-être également un peu dans le rétroviseur,
04:36 parce qu'il y a une dynamique qui se crée également avec Raphaël Glucksmann,
04:40 lui aussi il est en train de grimper dans les sondages,
04:43 alors il vote avec vous les principaux textes, il est pour l'envoi de troupes lui aussi en Ukraine,
04:47 quelles sont les différences aujourd'hui entre vous ?
04:50 D'abord sur les troupes je veux être précis, l'envoi de troupes il ne s'agit pas d'envoyer de main nos armées,
04:54 je ne reviens pas sur ce que le président de la République a clarifié, mais c'est très important,
04:56 c'est d'abord un soutien à l'Ukraine sans exclure d'autres options aujourd'hui, c'est ça la stratégie,
05:02 mais c'est d'abord le soutien à l'Ukraine.
05:03 On est d'accord là-dessus avec Raphaël Glucksmann, avec d'autres candidats aussi, je l'espère,
05:08 mais il y a beaucoup de textes sur lesquels on a été en désaccord au Parlement européen,
05:12 et je rappelle aussi que derrière Raphaël Glucksmann, qui défend beaucoup cette action européenne en Ukraine,
05:19 il y a le vieux parti socialiste, moi je l'ai bien connu,
05:22 quand on regarde la liste complète, parce que je le dis c'est un scrutin de listes,
05:26 l'enjeu c'est quoi ? C'est d'envoyer le maximum de députés européens efficaces au Parlement,
05:30 derrière Raphaël Glucksmann, c'est souvent les vieux courants d'apparatchiks socialistes,
05:35 donc ceux qui se disent "ah pourquoi pas, peut-être que c'est moderne,
05:38 peut-être qu'il a eu raison sur des sujets, c'est vrai comme l'Ukraine",
05:40 eh bien regardons des différences, on n'a pas voté la même chose sur beaucoup de textes,
05:44 notamment en matière fiscale, il ne nous a pas toujours soutenus d'ailleurs sur des textes
05:48 du tout contre le dumping social aussi, et puis surtout, regardez,
05:52 vos députés européens ont élit des femmes et des hommes qui vont se battre,
05:56 moi je prétends que les 23, puisque nous en avons 23 aujourd'hui,
05:59 qui ont représenté les couleurs de la majorité présidentielle au Parlement européen
06:03 ces cinq dernières années, ont été efficaces, ont protégé les intérêts français,
06:07 et quand je regarde la lutte contre le travail détaché,
06:09 quand je regarde le soutien à l'agriculture française au plan de relance qu'on a construit,
06:13 est-ce qu'on a été les artisans d'une Europe meilleure ? Je le crois.
06:16 Est-ce qu'il y a encore beaucoup à faire ? Oui, c'est pour ça qu'il faut nous donner
06:19 le maximum de députés européens.
06:20 Et quel est le degré, Clément Beaune, d'Emmanuel Macron dans cette campagne ?
06:23 On a lu dans la presse qu'il n'était justement pas très très content
06:25 et qu'il avait voulu remobiliser lui aussi les troupes et notamment les députés.
06:29 Vous savez que le combat européen, c'est l'ADN du président de la République,
06:32 avant même d'être élu. Il l'a défendu contre vents et marées au moment du Brexit,
06:36 au moment de l'élection de Donald Trump en 2016-2017, j'étais à ses côtés à ce moment-là.
06:40 Je peux vous dire que ce n'était pas facile d'être pro-européen.
06:42 Donc le président, il a ce combat chevillé au corps, si je peux dire,
06:45 il a envie que l'on s'implique, il a bien raison.
06:47 Moi je vais le faire minute après minute, je pense qu'il aura l'occasion aussi
06:51 de le faire lui-même, mais parce que c'est un combat existentiel
06:55 pour le modèle européen qu'on choisit.
06:57 Et moi j'assume complètement qu'on ait une civilisation et un modèle européen à défendre.
07:02 La question c'est comment on le défend efficacement,
07:04 comment on a des députés qui votent un budget ambitieux pour l'Europe,
07:07 comment on a des députés qui votent le renforcement de Frontex.
07:09 Quand j'entends des gens nous dire "il y a des menaces sécuritaires en Europe",
07:12 par exemple Marion Maréchal ou Jordan Bardella,
07:15 et découvrir aujourd'hui cette agence Frontex dont ils expliquent qu'elle est formidable,
07:19 mais ils ont voté contre des années et des années durant,
07:21 je me dis qu'il y a un petit problème de cohérence.
07:24 L'ancien patron de Frontex qui a rejoint Jordan Bardella.
07:27 Oui je le connais bien, c'est nous qui l'avons mis à la tête de Frontex
07:30 et réélu à la tête de Frontex.
07:32 Il a été viré, soyons clairs, parce qu'il n'était plus compétent.
07:35 Donc il y a peut-être un petit sujet d'efficacité et de compétence là aussi
07:39 quand on regarde qui sont nos députés européens potentiels,
07:41 mais surtout c'est surréaliste.
07:43 Le Rassemblement national nous a expliqué pendant des années
07:45 que l'Europe de VFR ne touche pas aux frontières,
07:47 c'est la responsabilité des États.
07:49 Et maintenant ils nous disent
07:50 "Oui il faut quand même que l'Europe fasse un petit quelque chose en plus
07:52 pour protéger nos frontières".
07:53 On a défendu, seuls et les premiers,
07:55 qu'il y ait une agence européenne avec des gardes frontières et douaniers européens.
07:59 On est en train de recruter 5000 personnes
08:01 pour protéger nos frontières aux pays européens.
08:03 On le voit malheureusement avec l'actualité ce matin,
08:05 les menaces sont européennes et internationales.
08:08 Et donc on a besoin de coopération européenne en la matière.
08:10 Et on voit que les chantiers sont nombreux
08:12 et qu'une campagne passe très vite.
08:13 Merci Clément Beaune d'être venu sur Europe 1
08:16 avec cette actualité, et politique et internationale bien sûr.
08:19 Et cette interview est à retrouver aussi en podcast sur Europe 1.fr
08:23 et sur l'application Europe 1.
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