00:00 La métropole Nice-Côte d'Azur, présidée par Christian Estrosi, a été mise en cause dans l'affaire des travaux de la Tempête Alex.
00:05 Un rapport sur le chantier de la route de la Madone à Saint-Martin-Vésubie dédouane les entreprises
00:09 et met en cause la métropole pour sa gestion non rigoureuse.
00:13 Je vais vous expliquer ce que ça change.
00:14 Si vous n'avez pas compris cette affaire, on a fait plusieurs articles et plusieurs vidéos,
00:18 ils sont tous dispos sur nos sites et sur nos réseaux sociaux.
00:20 Pour la faire bref, plusieurs chefs d'entreprise et collaborateurs de Christian Estrosi
00:23 avaient été placés en garde à vue pour être entendus dans le cadre d'une information judiciaire.
00:27 Elle était ouverte pour favoritisme, escroquerie en bande organisée, détournement de fonds publics,
00:31 faux et usage de faux, blanchiment en bande organisée, prise illégale d'intérêt et recel.
00:36 Au cours de cette opération, plusieurs voitures de luxe et 6,5 millions d'euros ont été saisies sur des comptes bancaires.
00:41 En gros, dans cette affaire, la métropole mène un bras de fer avec certaines entreprises
00:45 choisies pour la reconstruction de la Vésubie et de la Tinet.
00:47 Et surtout, elle les accuse de ne pas avoir fait ou d'avoir mal fait les travaux.
00:51 Mais tout ça, c'est sans compter un rapport du 8 février 2024.
00:54 Il a été écrit par Roger Sieyès, maire de Touette-sur-Var et expert judiciaire
00:58 mandaté par le tribunal de Nice en juillet dernier.
01:00 Il dédouane les entreprises et étrie la gestion non rigoureuse de la métropole,
01:04 notamment concernant les travaux de la route de la Madone de Fenestre à Saint-Martin-Vésubie.
01:08 Cette route, elle est emblématique.
01:09 5 km sur les 12 ont été ravagés par la tempête Alex et les travaux s'élèvent à plus de 20 millions d'euros.
01:14 25 entreprises sont implantées dans cet immense chantier.
01:17 Le regroupement de trois d'entre elles est dans le viseur de la justice.
01:19 SLBTP, Venturi et Cacha.
01:22 Leurs travaux pèsent 93,41% du coût total du chantier de la Madone.
01:26 L'expert dédouane systématiquement les entreprises.
01:28 Par exemple, pour les réparations de la route chiffrées à 4,5 millions d'euros,
01:31 il explique que 640 000 euros ont été perçus en trop par l'entreprise.
01:36 Ça serait à la demande des responsables de la métropole qu'elle a émis cette facture,
01:39 dont le montant est très largement supérieur aux travaux réalisés.
01:42 Ce que la métropole confirme.
01:43 Page après page, le rapport décrit que les ouvrages ont bien été réalisés,
01:46 conformément aux bons de commande.
01:48 Mais la faute serait due à une gestion non rigoureuse.
01:50 Des bons de commande avant ou après travaux.
01:52 Des tiers payés par le groupement à la demande de la métropole.
01:55 Des commandes de prestations sans bons de commande.
01:57 Des facturations d'avance en fin d'année à la demande de la métropole,
02:00 alors que les travaux n'étaient pas terminés et devaient reprendre au printemps.
02:04 À cela s'ajoute que la métropole devrait encore de l'argent au groupement SLBT.
02:08 517 000 euros de stock de matériaux et de travaux commandés, mais pas encore réalisés.
02:13 L'avocat de la collectivité explique que ce rapport a été fait à la demande de la métropole
02:17 et qu'elle a rendu ce dossier à la justice.
02:19 Mais la collectivité ne partage ni les propos, ni les conclusions de cette expertise
02:23 et compte y répondre en formulant des vives observations et critiques.
02:26 Il ajoute que la métropole dispose d'un rapport contradictoire
02:29 réalisé par un expert extérieur au département.
02:31 Selon l'avocat, soutenir que les ouvrages ont été correctement réalisés est un mensonge.
02:35 Les trois bureaux d'ingénierie missionnés par la collectivité pour mener des expertises indépendantes
02:39 concluent à des graves erreurs de conception à la charge des entreprises
02:42 et des graves erreurs de construction.
02:43 ♪ ♪ ♪
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