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Ladislas Polski, maire de La Trinité, est l'invité de L'Interview à la une
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00:10— Bienvenue dans l'interview à la une, l'émission d'entretien vidéo du groupe Nice Matin, retrouvée sur tous
00:18nos supports numériques.
00:20Interview politique cette semaine avec notre invité, le maire de la Trinité, Ladislas Polsky. Bonjour. — Bonjour.
00:26— Merci d'avoir accepté cette invitation. Maire MRC, donc, de la Trinité, vice-président également de la métropole Nice
00:33-Côte d'Azur,
00:34tout nouveau vice-président, en charge de l'aménagement stratégique et économique de la vallée du Payon,
00:40notamment autour de la ligne 5, ligne 5 du tramway. Vous vous doutez que nous allons en parler dans cette
00:46émission.
00:48Rapport que vous entretenez aussi avec Éric Ciotti, Christian Estrosi, les projets pour la Trinité,
00:54mais également pour la métropole Nice-Côte d'Azur. D'abord, on rappelle que vous avez été élu au premier
01:00tour,
01:00lors des précédentes municipales. Quels sont les grands projets et la philosophie de ce nouveau mandat,
01:08puisqu'on va commencer par parler de la Trinité ?
01:10— Bien, le mandat précédent, ça a été celui du redressement, de la mise à niveau d'une commune
01:15qui avait, sur beaucoup d'aspects, du retard. Il nous a fallu redresser financièrement la ville
01:21et en redressant financièrement, nous avons retrouvé la capacité à faire.
01:25Donc nous avons rénové nos écoles, donné priorité à l'éducation, lancé le chantier de construction de la Stella,
01:31notre salle de spectacle et de festivité que nous inaugurerons dans quelques jours à l'occasion de la Sainte Trinité.
01:36Et donc le nouveau mandat, ce sera celui plutôt, après le redressement, de la consolidation,
01:42à la fois la consolidation budgétaire pour garder cette trajectoire saine des finances de la ville,
01:47d'investissement pour les besoins des trinitaires, et puis finalement de maintien de l'âme de la Trinité
01:54qui est une petite ville à taille humaine, une ville à la campagne.
01:59Je voyais la belle photo que vous avez choisie pour illustrer cette émission,
02:03où on voit bien ce qu'est la Trinité, une ville entourée d'un paysage naturel
02:07et en même temps tournée vers le cœur de la métropole Niscote d'Azur.
02:12Ça veut dire que vous avez des marges pour les 7 ans qui arrivent, après le mandat précédent, vous avez
02:17des marges ?
02:19Nous avons récupéré la capacité à faire, nous serons prudents, nous investirons en fonction des besoins.
02:26Il n'y aura pas de grands projets tels que celui que nous allons inaugurer,
02:29mais par contre nous allons faire vivre la Stella, faire vivre la culture, l'éducation,
02:34parce que ce sont nos priorités.
02:35Et dans la période dans laquelle nous vivons, je crois qu'il est important aussi d'articuler la gestion quotidienne
02:43d'une ville à taille humaine avec un certain nombre de valeurs.
02:46Pour moi, la priorité à l'éducation n'est pas simplement un slogan,
02:50c'est une valeur profonde qui permet aussi de décliner la promesse républicaine
02:54qui est au cœur des valeurs de notre nation.
02:56Sur la question de la Stella, justement, vous pouvez nous présenter cet équipement
03:03qui va être inauguré tout prochainement.
03:06C'était un équipement attendu, vous attendiez.
03:08Il manquait une offre culturelle à la Trinité et à l'entour ?
03:13Oui, il manquait tout simplement une salle pour se réunir.
03:15La Trinité, une ville de 10 000 habitants, la 5e commune de la métropole, n'avait qu'un chapiteau.
03:20Alors nous avons conservé le chapiteau en le déplaçant sur un autre site.
03:23Et là, nous allons avoir une salle modulable, une salle de 500 places assises
03:29pour du théâtre, pour les spectacles des associations trinitaires, pour tout un tas d'événements.
03:34Et puis une salle en configuration debout, en configuration concert,
03:38de plus de 1 000 personnes, donc pour des spectacles importants.
03:43Et aussi une configuration banquée.
03:46Bref, une salle à la fois très qualitative et qui pourra se tourner vers une offre de spectacle,
03:51une offre culturelle qui rayonnera au-delà de la Trinité,
03:54mais aussi une maison des trinitaires, d'une certaine manière,
03:57et notamment pour nos associations.
03:59J'imagine que vous avez vu cette petite polémique un peu surprenante
04:02sur l'aspect physique de cette salle qui ressemblerait à une mosquée.
04:06Je crois que ça vous énerve, d'ailleurs, qu'on fasse cette comparaison-là.
04:12Vous trouvez ça ridicule ?
04:14Je trouve ça, oui, ridicule, consternant.
04:17La salle a été pensée, et nous avons organisé un concours d'architectes.
04:22Les architectes que nous avons retenus sont ceux de l'agence Février Carré,
04:26l'une des plus importantes agences de notre territoire.
04:29Le bâtiment, il est muni d'arcades méditerranéennes,
04:33qui renvoient plutôt à la tradition classique méditerranéenne,
04:36celle de l'Antiquité, celle de nos places niçoises et italiennes.
04:42On pourra cheminer sous des arcades entre des oliviers, des orangés.
04:45Donc, vous dites que l'architecture universelle.
04:48Oui, et puis surtout avec des relents, particulièrement nauséabonds.
04:52Quand j'ai vu, effectivement, nos concurrents pendant la campagne électorale
04:58détourner les visuels de la Stella, que nous avons aussi appelée la Stella,
05:03en consultant la population et qui renvoie aussi à la dimension universelle,
05:08latine et italienne, quand je les ai vues détourner ça
05:12et donner l'impression d'une dimension orientale,
05:17vous voyez à quoi ça renvoie.
05:19Et effectivement, c'est nauséabond et c'est ridicule.
05:22Vous avez été reçu par Emmanuel Macron,
05:25avec les 500 maires de France,
05:28pour être consulté sur, notamment, le millefeuille administratif
05:32et les complexités que vous rencontrez.
05:35Vous avez pu échanger directement avec lui.
05:37Qu'est-ce que vous lui avez fait remonter comme problématique ?
05:41Alors, c'est une journée qui se déclinait en deux parties.
05:43D'abord, des ateliers dans les ministères.
05:45Moi, j'avais choisi le ministère de l'Intérieur.
05:47Nous étions avec le ministre de l'Intérieur et puis ses ministres délégués.
05:50Et ensuite, une réception à l'Élysée.
05:52C'est le préfet et puis le ministre Tabarro,
05:55qui avait, je crois, sélectionné quelques maires dans notre département,
05:58en tout cas, pour leur proposer ce moment-là.
06:00Moi, je ne suis pas de ceux qui dénigrent l'État.
06:04Je suis républicain et je crois dans le rôle de l'État.
06:07Oui, ce qui est un des fondements du parti que vous vice-présidez, d'ailleurs,
06:11à l'échelon national, le parti de Jean-Pierre Chevènement.
06:14Ce couple dont on parle souvent entre le maire et le préfet,
06:18entre la commune et l'État, c'est un couple structurant dans la République.
06:21Et nous, je parlais tout à l'heure du redressement de notre commune
06:24et de tout ce que nous avons pu faire, nous l'avons fait en lien avec l'État.
06:27Nous avons été très soutenus par l'État,
06:28notamment au travers de subventions importantes, du fonds vert, etc.
06:33Mais il ne s'agit pas seulement de financement,
06:35il s'agit aussi de valeurs,
06:36sur des valeurs comme l'éducation, la culture, la sécurité.
06:40Évidemment, ce sont des objectifs partagés entre les maires, les préfets,
06:44entre les communes et l'État.
06:46Et voilà, je ne suis pas de ceux qui sont bégueules
06:49quand je suis invité par le président de la République.
06:51Donc pour vous, c'est utile ? Il faut y aller ? Il faut jouer le jeu ?
06:54Oui, je ne suis pas pour la politique de la chaise vide.
06:57Moi, je crois qu'on doit porter une parole quand on est élu,
07:01quand on a reçu le mandat des citoyens.
07:03Moi, je suis allé au nom des Trinitaires,
07:05effectivement, discuter avec les uns et les autres.
07:07Et vous en avez ressorti quelque chose, alors ?
07:09Oui, je crois que ce qui est important...
07:12Alors, bien entendu, ce sont des événements avec beaucoup de monde
07:15et puis on se contente souvent d'intentions.
07:20Mais je crois que ça n'était pas une mauvaise idée
07:23de la part du président de la République
07:25au lendemain des élections municipales,
07:27d'envoyer un signe et de s'appuyer sur les maires
07:30qui sont effectivement au cœur de la réalité,
07:33de la vie quotidienne de nos concitoyens.
07:35C'est toute la noblesse de ce mandat
07:37que de voir en direct ce que vivent nos concitoyens
07:40et de voir un condensé de toute la société
07:42sur une échelle petite qu'est celle de la commune.
07:44Alors, il y a un projet qui est très attendu,
07:47qui est celui de la ligne 5 du tramway.
07:50C'est d'ailleurs inscrit dans votre vice-présidence
07:54à la métropole Niscote d'Azur.
07:57Vous êtes sûr aujourd'hui qu'elle sera construite,
07:59cette ligne 5, ou pas ?
08:01La ligne 5, elle a fait l'objet d'une enquête publique.
08:03Cette enquête publique est terminée,
08:05elle a été tamponnée par le préfet des Alpes-Maritimes.
08:08Lorsque Éric Ciotti m'a proposé d'être vice-président de la métropole,
08:13vous comprenez bien que ça n'était pas une évidence pour moi
08:15que d'accepter.
08:16On va y revenir, bien sûr.
08:17Voilà, compte tenu de nos divergences politiques.
08:19Il a considéré que les maires des communes
08:21les plus importantes de la métropole,
08:22les plus peuplées, devaient être vice-présidents de droit.
08:25Et donc, nous avons échangé sur ce que pouvait être
08:27le contenu d'une vice-présidence.
08:29J'ai souhaité, et nous étions d'accord avec Éric Ciotti,
08:33que ma vice-présidence soit centrée
08:35sur les enjeux de cette partie du territoire
08:37où j'ai reçu mandat,
08:40et sur ce projet structurant de la ligne 5.
08:42Donc, vous comprenez bien que quand on délègue,
08:46c'est le cas du président de la métropole,
08:48à un vice-président des compétences,
08:51des responsabilités sur un projet,
08:53c'est bien entendu qu'on a l'intention de le voir avancer.
08:55Donc, c'est en tout cas le combat que vous allez mener,
08:59et on peut le prendre comme une garantie,
09:02en tout cas d'avancer du projet.
09:04En tous les cas, j'en serais garant.
09:06Est-ce que c'est vrai qu'on vous a proposé
09:09la présidence du réseau Lignes d'Azur ?
09:12Nous avons évoqué plusieurs sujets
09:14avec le président de la métropole.
09:17Je souhaitais me concentrer sur des enjeux territorieux,
09:20des enjeux structurants,
09:21des enjeux d'aménagement de territoire,
09:23plutôt que sur des enjeux de gestion ou de co-gestion.
09:27Ça a été une proposition qui vous a été faite ?
09:29En tout cas, nous avons évoqué les sujets de transport.
09:31Je ne veux pas révéler tous les contenus de nos échanges longs et constructifs,
09:36je dois le dire avec le président de la métropole,
09:38mais nous sommes tombés d'accord sur vraiment une vision structurante
09:42d'aménagement de cet axe du Payon,
09:44de cette vallée du Payon,
09:45qui n'est pas rien pour notre métropole Niscote d'Azur.
09:47L'axe du Payon, vous le savez, c'est l'axe historique,
09:49d'abord des déplacements depuis toujours,
09:51de la voie romaine à la route du Sel qui nous reliait à Turin,
09:54et aujourd'hui, un axe de déplacement à la fois très embouteillé,
09:57c'est pour ça aussi que le tramway est si important,
09:59mais aussi de connexion avec la frontière italienne,
10:02avec la principauté de Monaco,
10:04avec laquelle nous avons des liens particuliers.
10:06Et donc, tout cela est particulièrement stratégique,
10:09je crois, pour l'est de la métropole Niscote d'Azur.
10:11Alors, justement, vos rapports avec Éric Ciotti,
10:14c'est vrai que vous êtes l'un des rares maires de gauche du département.
10:19Vous participez déjà à une forme de majorité
10:22avec la droite locale du temps de Christian Estrosi,
10:25mais là, c'est un pas de plus vers une droite un peu plus dure,
10:30un peu plus affirmée,
10:31qui a noué une alliance avec le Rassemblement national.
10:35Qu'est-ce qui a fait que vous avez accepté, finalement,
10:38de la jouer collectif,
10:40plutôt que de vous opposer sur les valeurs ?
10:42Ça aurait pu être aussi une position que vous auriez pu défendre.
10:46Effectivement, comme je l'ai dit,
10:47j'aurais pu, finalement, préférer mettre les divergences politiques
10:52en priorité par rapport aux intérêts de ma commune.
10:54J'ai considéré que la raison pour laquelle j'étais élu,
10:58le mandat que j'avais reçu,
10:59c'était pour défendre les intérêts de la Trinité et des Trinitaires.
11:03D'une part.
11:04Et d'autre part, nos échanges ont été très clairs avec Éric Ciotti,
11:08puisqu'il a considéré que les maires des cinq communes les plus peuplées
11:13de la métropole devaient être vice-présidents de droit.
11:16Et ensuite, nous avons échangé sur le contenu d'une délégation,
11:19je viens de l'évoquer,
11:20autour des intérêts de mon territoire.
11:22Nous sommes aussi d'accord sur le fait que mon expression singulière
11:27reste libre.
11:30Éric Ciotti connaît mes convictions,
11:31je crois qu'il saura les respecter.
11:34Je n'appartiens pas au groupe de la majorité,
11:37mais j'assume tout à fait d'exercer au sein de l'exécutif
11:41une vice-présidence en loyauté à l'institution
11:45qu'est l'établissement public de coopération intercommunale de la métropole,
11:49qui est une instance qui a à gérer la plupart de ses compétences
11:54de façon assez technique.
11:55Si vous êtes en désaccord sur une délibération, par exemple,
11:58vous pourrez voter contre ?
12:00Bien entendu.
12:01Vous savez, quand on est élu, on a toujours sa liberté.
12:04Et donc, en permanence, je réinterrogerai cette question
12:09au regard de l'articulation entre mes convictions,
12:12ma conscience et mes responsabilités de maire et de vice-président de la métropole.
12:17Mais des premiers échanges que j'ai pu avoir avec Éric Ciotti,
12:21je crois qu'il a l'intention de laisser aux maires et aux vice-présidents
12:26leurs possibilités d'expression et surtout de respecter leurs convictions.
12:31– Ça dénote quand même d'un glissement ou d'une évolution,
12:34en tout cas du rapport au Rassemblement national,
12:38à la droite dure ou à l'extrême droite,
12:40que de pouvoir aujourd'hui travailler main dans la main,
12:45il y a encore quelques années, ça aurait été une ligne rouge.
12:48Vous sentez que la vision de ces courants de pensée-là a évolué ?
12:55– Je crois qu'il faut toujours garder une clarté dans ces convictions.
12:59C'est mon cas.
13:00Pour moi, je considère que LFI d'une part et le Rassemblement national d'autre part
13:06sont à des positions de l'échiquier politique
13:10qui sont très éloignées de ce que je pense être le débat public
13:16tel qu'il doit se tenir.
13:18Mais encore une fois, la gouvernance d'une métropole,
13:23c'est à beaucoup d'égards une gouvernance qui est technique, concrète.
13:28Et le président de la métropole a bien dit qu'il souhaitait dépolitiser
13:32la gouvernance métropolitaine.
13:34Il y a d'autres exemples de métropoles
13:37où des élus de sensibilité extrêmement différentes
13:40siègent ensemble autour du président comme vice-président.
13:47L'un de mes amis de la Trinité m'a même rappelé
13:51qu'à l'Assemblée nationale elle-même,
13:53il y a des vice-présidents du Rassemblement national,
13:56des vice-présidents de LFI,
13:58d'une institution qui pourtant, évidemment,
14:02laisse émerger des divergences politiques.
14:04– Donc constructif, mais pas de blanc-seing, si on vous écoute.
14:09– Bien entendu, constructif et vigilant.
14:10– Alors, sur la question de la métropole aussi,
14:15Éric Ciotti est très critique quant à la gestion de Christian Estrosi,
14:18notamment la gestion de l'argent public.
14:21Un, est-ce que vous trouvez que cette métropole était mal gérée,
14:24comme Éric Ciotti auparavant ?
14:27Vous étiez aussi vice-président à ce moment-là.
14:30Et deux, est-ce que ça vous inquiète,
14:33ce régime sec, finalement, que semble promettre Éric Ciotti ?
14:37– Alors, pour ce qui me concerne, j'étais dans le précédent exécutif
14:40en charge de la prévention des risques majeurs.
14:43Nous avons beaucoup travaillé.
14:45Nous venons par exemple de terminer le plan intercommunal de sauvegarde,
14:48qui est une manière pour l'ensemble des 51 communes
14:51d'aborder ensemble les risques.
14:54Il y a eu beaucoup de choses aussi qu'il faut porter au crédit de la métropole.
14:58On oublie par exemple les 250 millions d'euros d'investissement
15:02en faveur de nos vallées, après les tempêtes Alex et Aline.
15:07Et même si, effectivement, tout n'a pas été parfait.
15:10– Oui, avec quelques polémiques à la clé aussi, de gestion.
15:14– Mais il faut quand même mesurer, il faut quand même mesurer
15:16qu'à l'époque, en 2020, moi je suis allé au lendemain de la tempête Alex
15:21à Saint-Martin-Vésubie, on se demandait si des femmes et des hommes
15:24pourraient continuer de vivre dans ces vallées.
15:26Et aujourd'hui, ça n'est plus une question qui s'est posée.
15:28Et il y a 250 millions d'euros d'argent métropolitain qui a été investi.
15:33Et c'est à peu près le prix d'une ligne de tramway.
15:37Donc je ne suis pas de ceux qui oublient le rôle qu'ils ont joué.
15:42Par ailleurs, moi, par contre, je suis de ceux qui cherchent partout
15:45des économies de fonctionnement.
15:47Je l'ai fait dans ma commune, on a parlé tout à l'heure
15:51du redressement financier de ma commune.
15:53Nous avons cherché partout des économies de fonctionnement.
15:56C'est ce que fait Éric Ciotti.
15:58Et vous regrettez que Christian Estrosi ne l'ait pas fait à l'époque ?
16:01Écoutez, je ne suis pas là pour donner des bons points ou des mauvais points.
16:05Je pense que l'époque appelle à une forme d'exemplarité,
16:09mais aussi à rechercher partout des économies.
16:13Voilà, qu'une équipe nouvellement en place cherche à en faire au maximum,
16:19ça me paraît de l'ordre du normal.
16:21Mais quand vous voyez hier Éric Ciotti qui se montre avec tout ce parc de véhicules
16:31dans une opération de com' bien ficelée, qu'est-ce que ça inspire chez vous ?
16:37Est-ce que là, ce sont des bonnes économies ou est-ce qu'on est dans la communication ?
16:42Ce sont sans doute des économies nécessaires.
16:45Moi-même, j'ai cherché à les faire à mon échelle dans ma commune.
16:50On peut parfois le faire plus discrètement, c'est ce que j'ai fait, mais je n'ai pas à
16:53juger de cela.
16:54Et sur le fait que beaucoup d'élus ou d'administratifs avaient des voitures,
17:00Christian Estrosi, quatre véhicules, ça vous choque ça aussi ?
17:04Qu'on découvre le train de vie de certains élus, et là en l'occurrence de l'ancien président de
17:09la métropole,
17:10même si c'est du matériel de l'histoire.
17:12Il faut chercher partout des économies.
17:14Les élus ont un devoir absolu d'exemplarité.
17:19Moi-même, vous voyez, je suis médecin libéral,
17:22donc je dis souvent que quand je suis en train de travailler pour la collectivité,
17:27j'ai tendance plutôt à perdre de l'argent plutôt qu'à en gagner.
17:30Je serai plus à l'aise à être seulement à mon cabinet.
17:33Donc les élus ont un devoir d'exemplarité.
17:35Bon, ensuite, voilà, je pense qu'il faut faire ces choses-là,
17:39faire des économies, et puis ensuite passer à autre chose dans l'expression politique.
17:44Mais voilà, c'est bien normal en début de mandat d'avoir effectivement une sorte de mise en ordre.
17:52Sur la gestion de la métropole, sur le nouveau paysage politique dans les Alpes-Maritimes,
17:58on voit des villes importantes qui ont basculé soit à l'UDR avec Nice,
18:04au Rassemblement national avec Menton et Cagnes-sur-Mer, par exemple.
18:07Brian Masson, le maire de Cagnes-sur-Mer, est aussi l'un des vice-présidents de la métropole.
18:13Ça vous inquiète, cette montée du Rassemblement national dans les Alpes-Maritimes ?
18:19Ce que je crois, c'est qu'au-delà même des Alpes-Maritimes, dans notre pays,
18:23il y a une insuffisance de l'offre politique qui fait qu'effectivement,
18:29un certain nombre de nos concitoyens se disent que le seul parti qui n'a pas exercé
18:34de responsabilité importante au plan national, c'est le Rassemblement national,
18:37et il se tourne vers lui.
18:39Je ne reviens pas sur le fait que ce parti ne correspond pas du tout à ma sensibilité.
18:45Et ce que je crois, même si, pour ce qui me concerne, je me concentre sur mon activité
18:51de maire d'élu local, je crois qu'il faut qu'une nouvelle offre politique puisse exister
18:56dans notre pays.
18:59Je crois que le macronisme, finalement, en balayant ce sur quoi s'appuyait notre système
19:04politique depuis des décennies, une alternance automatique un peu d'essuie-glace
19:08entre la gauche et la droite, en balayant cela, il aurait pu créer quelque chose de nouveau.
19:12On voit bien que ça n'a pas fonctionné, mais je crois que nos concitoyens ont besoin
19:18finalement d'une nouvelle offre politique qui s'appuie à la fois sur une vision
19:22de l'ordre public, de l'ancrage dans les valeurs de la République, des droits et des
19:27devoirs, de l'affirmation des valeurs de la nation, de la laïcité, de nos valeurs
19:33profondes ancrées dans notre pays, et puis d'autre part sur une vision économique
19:38et sociale où finalement il faut peut-être mieux positionner le curseur entre la nécessaire
19:44protection sociale, qui est indispensable, qui est un pilier de notre modèle, mais aussi
19:49la création de richesses.
19:51Et aujourd'hui, ce que je regrette au plan national et qui probablement est à la base
19:56de beaucoup de choses dans notre pays, c'est que l'État n'a plus assez d'argent pour
20:00investir dans l'éducation, dans la recherche, dans les infrastructures, dans l'industrie.
20:04Et je crois que c'est de cela qu'on a besoin pour relancer notre pays et lui redonner
20:09confiance.
20:10J'allais vous demander, qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui vous êtes encore de gauche ?
20:16Parce qu'effectivement, on a l'impression que la ligne médiane s'est un peu déportée.
20:22Vous, vous sentez encore un homme de gauche ?
20:24Moi, je ne me reconnais pas effectivement dans l'offre politique telle qu'elle s'exprime
20:28aujourd'hui dans les grands partis, et notamment dans les grands partis de gauche.
20:32Pour répondre précisément à votre question, qu'est-ce qui, dans ma conscience, fait
20:35que je me reconnais encore dans l'idée de la gauche dans notre pays, qui est née en
20:39fait de la Révolution française et de l'idéologie des Lumières, c'est que je crois profondément
20:44que pour un être humain, ce qu'il faut, c'est qu'il ne soit pas assigné à sa condition,
20:49à sa naissance.
20:50L'idée du progrès social, c'est de considérer que, quelle que soit votre condition à votre
20:55naissance, la société doit vous donner la possibilité de vous émanciper, de vous élever
21:00par l'éducation et par le travail.
21:02C'est peut-être ça qui me rattache à ce que vous dites.
21:05Sur les questions régaliennes, vous êtes attaché à la sécurité, à la laïcité, à
21:12l'ordre, finalement.
21:14Est-ce qu'aujourd'hui, ce sont des valeurs qui manquent à la gauche ?
21:17– Oui, profondément. Je crois que souvent à gauche, ces dernières décennies, on a
21:27au motif de défendre ceux qui étaient les plus fragiles, considérer qu'on pouvait
21:33s'affranchir des fondamentaux. Je crois que notamment sur la laïcité, il faut valoriser
21:39que ce soit par la gauche ou par la droite, il faut valoriser l'idée de l'émancipation
21:46qui passe aussi par le fait de s'affranchir parfois des automatismes des cultures d'origine.
21:53Je crois que notre pays, c'est sa grande noblesse dans l'histoire, c'est d'avoir
21:57su assimiler. Le terme d'assimilation qui figure dans le Code civil est devenu aujourd'hui
22:02un gros mot. Or, je crois qu'on parle beaucoup du droit à la différence. Il faut aussi parler
22:07du droit à être ensemble, à se ressembler pour un objectif commun, en tout cas dans
22:13l'espace public. Ça ne veut pas dire qu'on ne puisse pas avoir chacun nos sensibilités,
22:17nos différences dans la sphère privée. Mais il faut dans la sphère publique chercher
22:22un commun. Et je crois que c'est ce qui manque beaucoup dans notre société et ce qui conduit
22:26les uns et les autres, LFI et le Rassemblement National, à souffler sur les différences.
22:31Or, je crois que nous avons tous intérêt à chercher nos ressemblances et notre élan commun
22:35autour des valeurs de la nation.
22:36– Une dernière question, Ladis Laspolsky, elle concerne votre avenir politique. Est-ce
22:42que vous envisagez de vous présenter aux législatives en 2027, notamment dans la troisième
22:47circonscription, qui, pour sa partie niçoise, a très largement voté pour Éric Ciotti ? Est-ce
22:54que vous envisagez de mener ce combat-là ou pas ?
22:57– Ça n'est pas mon actualité. Je suis maire d'une commune de 10 000 habitants, que vous
23:01voyez ici, qui est cette petite ville qui, d'une certaine manière, est un très très
23:05bon exemple de ce que le pays pourrait continuer à faire, c'est-à-dire un petit
23:10espace, un petit bout de France où il fait bon vivre. J'ai beaucoup à faire dans cette
23:14commune, j'ai beaucoup à faire sur cette terre que j'aime, qui est celle de la
23:18métropole, Niscote d'Azur. Et donc, pour l'instant, ma priorité, c'est la Trinité
23:22et les Trinitaires.
23:23– Pour l'instant, ça veut dire que ça peut encore évoluer. On ne sait pas de quoi
23:26demain il fait.
23:26– Dans ce mandat, ma priorité, c'est celle-là, et sans doute pour longtemps.
23:30– Merci beaucoup, Ladis Laspolski, maire MRC de la Trinité et vice-président de la
23:36métropole Nice-Côte d'Azur. Merci d'avoir accepté l'invitation de Nice Matin. Un entretien
23:42à retrouver, évidemment, sur nos supports numériques et notamment le www.nismatin.com.
23:48Grand merci, comme chaque semaine, à Philippe Bertigny et Sophie Dancé en régie. Et petit
23:54clin d'œil également à Frédéric Maurice pour la préparation de cet entretien. On se retrouve
24:00la semaine prochaine, même heure, même endroit, pour un nouveau rendez-vous de l'Interview à la Une.
24:07– Sous-titrage Société Radio-Canada
24:13– Sous-titrage Société Radio-Canada
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