00:00 Ça a commencé avec ma génération, les boomers,
00:03 qui ont été très gâtés dans l'histoire du XXe siècle.
00:06 - Ah si.
00:07 - On n'a pas eu de maladie, on n'a pas eu de prospérité,
00:10 le sida est apparu tardivement,
00:12 mais malgré tout on encaissait un certain nombre de choses
00:16 et il y avait un stoïcisme spontané dans les familles,
00:20 les parents disent "arrête de te plaindre,
00:22 ce que tu as c'est pas grave, travaille,
00:25 fais des efforts" et ça, ça a complètement disparu.
00:27 Après 1968, avec les réformes sur l'éducation nationale,
00:31 où les enfants étaient éduqués dans l'idée
00:33 qu'il ne fallait surtout pas travailler trop,
00:36 que les enseignants étaient des oppresseurs
00:39 et qu'il fallait viser l'épanouissement et le bonheur des petits
00:41 plutôt que de leur fourrer dans la tête des matières obscures.
00:46 Et c'est vrai qu'on arrive à la génération actuelle,
00:49 la génération YZ, qui est une génération fragile.
00:53 Et c'est ce qu'on appelle le syndrome du petit poids,
00:55 c'est-à-dire qu'au fond c'est des enfants
00:57 ou maintenant devenus des adultes qui,
00:59 au moindre choc, tremblent, se vexent.
01:04 Et je cite dans le livre cette réflexion de Barack Obama
01:07 qui va à l'université en 2014 et qui dit aux étudiants
01:11 "la faculté n'est pas une nursery".
01:13 Vous n'êtes pas là pour être pouponné,
01:16 vous êtes là pour apprendre et pour travailler.
01:19 Et c'est l'institution aussi aux États-Unis
01:20 parce que malheureusement tout ça nous vient beaucoup des États-Unis,
01:23 des "safe space", c'est-à-dire des bulles,
01:26 des bulles psychologiques où les gens s'enferment
01:28 pour être tranquilles à l'abri des tracas du monde extérieur.
01:31 [Musique]
01:35 [SILENCE]
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