- il y a 2 ans
Avec Anne-Cécile Violland, députée Horizons de Haute-Savoie et Pierre Talamon, Président de la Fédération nationale de l’habillement (FNH)
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00:00 - Vérissure, le numéro 1 des alarmes en France.
00:02 Rendez-vous sur verissure.fr pour votre demande de devis gratuits.
00:06 Vérissure présente...
00:08 - Sud Radio, parlons vrai chez Bourdin, 9h10, Jean-Jacques Bourdin.
00:13 - Bien, notre débat habituel, il est 9h34.
00:17 Ce matin, nous allons parler de la fast fashion,
00:20 vous connaissez bien cela, d'ailleurs 0826-300-300,
00:23 vous n'hésitez pas à appeler, à intervenir, si vous achetez.
00:27 Par exemple, Shein, je parlais de cette marque chinoise de mode en ligne,
00:35 je dis bien en ligne, mais il y a d'autres marques et on va en parler.
00:39 On va en parler avec Anne-Cécile Violand qui est députée Horizon de Haute-Savoie, bonjour.
00:45 - Bonjour M. Bourdin. - Merci d'être avec nous.
00:48 Et avec Pierre Talamon qui est président de la Fédération Nationale de l'Habillement, bonjour.
00:52 - Bonjour M. Bourdin. - Merci d'être avec nous tous les deux.
00:55 Bien, vous êtes l'auteur de cette proposition de loi, l'autrice,
00:59 ou l'auteur, comme vous voulez, de cette proposition de loi
01:03 qui sera discutée demain à l'Assemblée Nationale.
01:06 Proposition de loi pour réduire l'impact environnemental de cette fast fashion
01:12 qui prévoit, cette proposition de loi, pour les entreprises concernées,
01:16 une obligation d'affichage environnemental, un malus et l'interdiction de toute publicité.
01:21 Il y a de nombreuses marques aujourd'hui qui inondent le marché de marques comme ça, de fast fashion.
01:28 - Alors absolument. En fait, ce qu'on peut constater, c'est qu'il y a différents degrés de fast fashion.
01:33 On a pu déterminer grâce aux différentes auditions qu'on a pu faire,
01:36 la réalité d'une ultra fast fashion. C'est-à-dire qu'on est dans des proportions sans commune comparaison avec d'autres marques.
01:42 La fast fashion, elle existe déjà depuis un moment, puisque Chine, pour parler de Chine, c'est quand même relativement récent.
01:48 Après, je tiens toujours à insister sur le fait que ce n'est pas une loi anti-Chine.
01:52 C'est une loi qui vise véritablement à réduire l'impact environnemental de toutes les marques qui, justement, inondent le marché.
01:58 - Il y a d'autres marques, donc. Il y a Chine, il y a... Qu'est-ce qu'il y a ? Il y a Tomu, Tomu, c'est ça ?
02:02 - Timu, oui. - Timu ? Timu, je ne connais pas du tout, mais...
02:06 Timu, et il y a d'autres marques ? - Timu, ce n'est pas une marque exclusivement en textile.
02:13 Ils font de tout. Ils font des ustensiles de cuisine à 2 euros, enfin, vraiment...
02:18 - Des ustensiles de cuisine à 2 euros ? - Oui, oui, oui, absolument.
02:21 - Et ils font des jouets, par exemple, donc 95% des jouets ne correspondent à aucune norme européenne.
02:27 - Aucune norme ? - Aucune. C'est des produits dangereux.
02:30 - Donc ce sont des marques qui n'ont pas de boutique, on est d'accord, que l'on trouve sur Internet.
02:35 - Voilà. C'est ça qui empire la situation, si je peux dire, parce qu'il n'y a pas d'empreinte économique, en fait.
02:42 - Aucun bénéfice économique pour le territoire français. - Voilà. Et plutôt une destruction de l'emploi.
02:46 - Exactement. - Il n'y a pas de boutique en dur, donc il n'y a pas de loyer, il n'y a pas de salariés,
02:53 et en fait, il y a une spirale infernale qui est créée en aspirant ces vêtements par des prix très très bas,
03:01 qui poussent tout le secteur, en fait, vers le bas. Et les indépendants en souffrent beaucoup.
03:10 - Oui, en souffrent beaucoup. Mais, alors, on a donné deux marques, Temu et Shein, il y a d'autres marques ?
03:18 Dans d'autres domaines, il n'y a pas que l'habillement qui est touché ?
03:21 - Ah non non non, cette concurrence déloyale, comme le disait Pierre, va toucher tous les secteurs.
03:25 C'est vrai que moi je me suis attachée à l'industrie textile parce que c'est l'industrie la plus polluante.
03:30 On est aujourd'hui à plus de 10% d'émissions de gaz à effet de serre, on sait que si on ne fait rien,
03:34 on atteindra les 26% en 2050, donc il est urgent, urgent de pouvoir s'y attaquer, et je rejoins évidemment l'argument économique,
03:43 c'est une concurrence totalement déloyale.
03:45 - Chiffre d'affaires estimé de Chine, estimé parce qu'on n'a pas vraiment les précisions, 32 milliards d'euros, de dollars, pardon, pour 2023.
03:55 L'entreprise ne possède pas d'installation de fabrication, et collabore avec environ 5400 fabricants sous contrat en Chine.
04:05 C'est cela ?
04:06 - C'est a priori effectivement les chiffres que l'on peut rencontrer, donc...
04:10 - On arrive à avoir des précisions quand même, des informations sur le fonctionnement de Chine,
04:16 et sur la manière dont sont fabriqués ces produits vendus sur internet ?
04:21 - Oui, Anne-Cécile, qu'ils ont 3000 designers, dont 200 en interne.
04:26 Donc c'est vraiment une machine... - Une grosse machine.
04:28 - Parfaitement huilée, avec une intelligence artificielle omniprésente, qui sait analyser le marché en temps réel,
04:37 et d'ailleurs c'est leur argument principal, c'est qu'ils disent qu'en fait ils fonctionnent avec peu de stocks,
04:45 parce qu'ils répondent immédiatement au marché, mais c'est 5 millions de références de vêtements par an...
04:55 - 5 millions ? - 5 millions de références de vêtements par an, je ne parle pas de modèles.
04:59 - Ils changent sans cesse ? - Un modèle est décliné en références, 5 millions de références par an, c'est énorme.
05:04 - Tant qu'ils changent en permanence ? - Ils changent en permanence, c'est un appel en fait à la dépense.
05:11 - C'est un appel à la surconsommation, vous avez tous les jours sur un site des milliers et des milliers de références,
05:17 évidemment que c'est tentant, donc c'est ça qui pose un véritable problème effectivement, d'incitation et parfois d'addiction.
05:25 - Oui mais c'est tentant, même si je mets à la place de celle ou celui qui n'a pas beaucoup de moyens,
05:30 et qui voit un t-shirt à 5 euros, et qui va acheter son t-shirt à 5 euros.
05:35 - Alors très sincèrement, la question du pouvoir d'achat est essentielle, a fortiori aujourd'hui,
05:43 mais on peut aussi rapprocher cela de la crise agricole, c'est-à-dire à un moment donné,
05:46 est-ce qu'il n'est pas juste de payer le juste prix des choses ? Parce que là, ce n'est pas le juste prix,
05:50 ces prix-là sont tirés évidemment parce que des volumes extrêmement importants,
05:54 dans des conditions de fabrication à l'autre bout du monde qui sont juste déplorables,
05:57 donc c'est important de prendre tout cela en compte, et la réponse c'est, est-ce que,
06:01 plutôt que d'acheter des t-shirts à 2 euros, et des t-shirts à 2 euros aussi, absolument,
06:06 et des robes, est-ce qu'on n'a pas le droit de se poser la question, de se dire,
06:10 mais finalement, plutôt que d'acheter 5 t-shirts à 2 euros, est-ce que je ne ferais pas mieux d'en acheter un à 10,
06:15 qui sera fabriqué dans des conditions... - Est-ce que la qualité est différente ?
06:18 - Ça s'appelle d'ailleurs, ce dont parle Anne Cécile, c'est le prix à l'usage.
06:22 Au lieu d'acheter 4 t-shirts à 2 euros, on s'en achète un...
06:26 - Qui durera, parce qu'il sera de meilleure qualité.
06:28 - Et qu'on ne jettera pas, parce qu'on aura mis un certain prix aussi dedans.
06:32 Et sur le pouvoir d'achat, je voudrais aussi que le consommateur puisse s'interroger sur
06:38 la question de son pouvoir d'achat par rapport à une fabrication où les droits sociaux ne sont pas respectés,
06:44 où un enfant est déscolarisé, où une femme va travailler...
06:51 jour, et parfois, pour terminer très tard, dans la nuit,
06:56 quel poids a son pouvoir d'achat par rapport à ces problématiques ?
06:59 - Et dans des conditions salariales déplorales. Et sanitaires.
07:02 Des expositions à des pollutions, des produits toxiques...
07:05 On est vraiment dans un modèle extrêmement vicieux de par la nature du modèle économique.
07:10 - Alors dites-nous, si vous achetez Shein, par exemple, dites-nous,
07:14 appelez-nous 0826 300 300, dites-nous et on vous met à l'antenne.
07:19 Et vous allez nous expliquer pourquoi, si vous réfléchissez à tous les arguments
07:23 que vous venez de nous donner, effectivement, ça doit être pris en compte,
07:28 vous avez raison de comparer avec un produit agricole.
07:32 C'est vrai qu'il vaut mieux acheter une tomate française...
07:38 - Et peut-être moins, mais une vraie bonne tomate française.
07:41 - Une vraie bonne tomate, peut-être un peu moins qui ait du goût.
07:43 Bon, je ne sais pas, allez-y.
07:46 Alors, la porte-parole de Shein en France, nous l'avons contactée.
07:52 Bon, elle n'a pas voulu s'exprimer.
07:54 - On le déplore.
07:56 - Ce texte, dit-elle, ne porte pas sur l'impact environnemental de la mode.
08:00 Il affecte le pouvoir d'achat des consommateurs. Voilà sa réponse.
08:04 - Eh bien, sa réponse, c'est que, justement, en fait,
08:08 on n'est pas du tout dans l'attaque du pouvoir d'achat,
08:11 on est véritablement dans la prise en compte de l'environnement,
08:16 puisque, je vais juste décrire très rapidement le principe de la pénalité et du bonus
08:21 qui est le deuxième article de cette loi.
08:23 - Voilà, vous voulez instaurer un bonus-malus.
08:25 - Oui, c'est ça. Donc c'est quelque chose qui existe déjà.
08:27 Aujourd'hui, quand vous achetez un produit, il y a une éco-contribution qui génère de l'argent
08:31 pour traiter toute la filière du déchet.
08:33 C'est un éco-organisme qui récupère cela.
08:35 Et aujourd'hui, ce que je souhaite, c'est qu'on puisse aller plus loin.
08:39 Inscrire une pénalité qui pourrait aller jusqu'à 10 euros en 2030,
08:43 toujours dans la limite de 50% du prix d'achat,
08:45 et qui serait conditionnée par un résultat, un score,
08:49 qui serait l'affichage environnemental, un petit peu comme le Nutri-Score, si vous voulez.
08:53 - Mais qui va juger de la qualité et de l'affichage ? Qui va donner la note ?
08:58 - Eh bien, ça c'est un travail qui est déjà fait au sein du ministère de la Transition écologique,
09:01 qui va sortir là très prochainement.
09:03 C'est des critères totalement objectifs.
09:05 - Un genre de Nutri-Score en quelque sorte.
09:07 - Exactement. Donc c'est une démarche scientifique qui est travaillée depuis 2021
09:11 et qui va sortir là maintenant.
09:13 Donc un processus vraiment extrêmement bien étudié, pertinent, scientifique, objectivable.
09:18 - Donc il y aura une équité, une justesse dans le traitement des produits.
09:21 - Et si le produit ne remplit pas les critères, il est pénalisé.
09:25 - Il aura une pénalité maximale.
09:27 - Grosso modo, aujourd'hui, tout le monde est logé à la même enseigne,
09:30 tous les premiers metteurs sur le marché payent à peu près 3 centimes d'euros.
09:34 - C'est ça. - À peu près 3 centimes d'euros par vêtement.
09:37 Et là, le principe "pollver payer" n'est pas respecté.
09:41 - Oui, je comprends. On va prendre, Axime, des auditeurs, des auditrices
09:46 qui vont intervenir sur le sujet, mais à propos de Chine, autre chose.
09:50 Oui, donc la porte-parole, je regrette, vous l'avez rencontrée, la porte-parole ?
09:54 - Absolument, oui, oui. Oui, oui, tout à l'heure, vous l'évoquiez.
09:57 On l'a auditionnée dans le cas des auditions officielles.
10:00 Donc effectivement, il y a beaucoup de chiffres qui ne sont pas communiqués
10:03 parce qu'on se retranche derrière le secret des affaires.
10:05 Et il y a aussi une volonté d'afficher une transition écologique
10:11 qui est pour l'instant des souhaits et des vœux, mais qui ne se traduit pas dans la réalité.
10:15 L'idée, si vous voulez, c'est qu'à un moment donné, plus personne ne paye de pénalités.
10:18 L'idée, ce n'est pas de tuer ces entreprises, c'est juste de dire "rentrez dans le rang".
10:21 - Oui, vous n'êtes pas là pour... - Rentrez dans le rang.
10:23 - Vous n'êtes pas là pour tuer... - Soyez vertueux.
10:24 - Tuer Chine ? Chine, l'entreprise a été évaluée à plus de 60 milliards de dollars
10:29 lors d'une levée de fonds en mars, il y a quelques jours.
10:32 Elle a récemment déplacé son siège social de la Chine à Singapour.
10:35 Et Chine envisage une introduction en bourse à New York en 2024
10:39 avec une valorisation potentielle de 90 milliards de dollars.
10:43 - Vous voyez, quand je parlais tout à l'heure de Spirale Infernale,
10:46 de mauvais exemples quand même donnés par cette ultra-fast fashion,
10:51 vous avez le groupe Inditex, aujourd'hui c'est Zara,
10:54 c'est le groupe qui est derrière Zara,
10:57 et qui lance une marque ultra-fast fashion, Lefties,
11:00 pour venir concurrencer Chine. Donc on n'en sort pas.
11:04 - On n'en sort pas. J'allais y venir.
11:06 Est-ce que vous considérez que Zara prie marque ou H&M ?
11:12 H&M sont des marques de fast fashion ?
11:16 - En tout cas, ils sont les précurseurs, les pionniers de la fast fashion.
11:21 - Et ils vont se diriger vers l'ultra-fast fashion, vous le disiez.
11:25 - Là, c'est assez délicat,
11:31 parce que Zara lance aussi, a changé de stratégie,
11:35 ils ont haussé la qualité de leurs produits,
11:40 c'est beaucoup plus cher aujourd'hui,
11:42 et ils lancent une seconde main, etc.
11:44 Ils ont compris le piège,
11:46 ils ont compris que s'ils glissaient vers des produits encore moins chers,
11:50 ils se feraient bouffer par des acteurs comme Chine.
11:54 - En fait, tous les acteurs que vous avez cités
11:57 sont véritablement dans une véritable transition écologique de leur modèle,
12:01 avec déjà des choses vraiment avérées et effectives.
12:04 Donc, si vous voulez, on peut distinguer l'ultra-fast fashion,
12:07 qui sont ces mastodontes asiatiques qu'on a évoquées,
12:10 et puis la fast fashion qui effectivement existe.
12:12 Parce que le sujet, c'est quoi ?
12:13 C'est la production de masse de ce textile,
12:14 qu'il faut à un moment donné traiter.
12:16 - C'est de vos vies.
12:17 - Et qu'on ne sait pas aujourd'hui traiter dans l'ensemble.
12:20 Donc, qu'est-ce qui se passe ?
12:21 Ça va finir sur les plages, notamment des plages africaines,
12:23 qui vont engorger nos océans,
12:26 avec toutes les pollutions plastiques,
12:27 puisque produits synthétiques, etc.
12:29 Donc, si vous voulez, cette production,
12:32 elle existait déjà avant l'arrivée de Chine, par exemple,
12:34 puisque Chine, c'est récent, c'est trois ans.
12:36 Donc, l'idée, c'est de pouvoir traiter tout le monde,
12:39 et la question des pénalités, grâce à ce score,
12:41 c'est la justesse, c'est-à-dire, à un moment donné,
12:43 tout le monde sera traité, mais pas de la même manière.
12:46 Très très méchant avec ceux qui y font très mal,
12:49 et peut-être plutôt modéré avec ceux qui ont entrepris
12:53 une véritable transition écologique.
12:55 - Pour les conduire au changement.
12:57 - C'est ça, quel enjeu.
12:58 - Juste un chiffre, c'est 530 000 tonnes de vêtements
13:01 sur le marché français chaque année ?
13:03 - 530 000 tonnes ?
13:04 - 530 000 tonnes en habillement.
13:06 - En habillement.
13:07 - En habillement.
13:08 Et en fait, Refashion, 30% sont triés,
13:15 et 20% seulement sont régénérés.
13:18 - Oui, et le reste ?
13:19 - De différentes façons.
13:20 - Et le reste ?
13:21 - Et le reste, c'est de la friperie,
13:24 c'est de la seconde main, c'est beaucoup de choses.
13:26 - Oui.
13:27 Bien, il est 9h47, petite pause, et on se retrouve.
13:30 Hakim, Cynthia, veulent intervenir,
13:33 il y a plein de questions à vous poser,
13:34 puis on va continuer sur votre PPL,
13:36 proposition de loi, pour savoir,
13:39 Anne Cécile Violland, pour savoir l'interdiction de publicité,
13:42 ce que vous allez mettre en place.
13:44 Bon, on va tout savoir, ne vous inquiétez pas,
13:47 vous êtes sur Sud Radio, à tout de suite.
13:49 - Vérissure, le numéro 1 des alarmes en France.
13:52 Rendez-vous sur verissure.fr pour votre demande de vie gratuite.
13:55 Vérissure présente.
13:57 - Sud Radio, parlons vrai chez Bourdin,
14:00 9h10, Jean-Jacques Bourdin.
14:03 - Allez, Hakim, vous êtes en Seine-Saint-Denis,
14:06 bonjour Hakim, vous êtes ébéniste.
14:08 - Bonjour.
14:09 - Que voulez-vous dire sur le sujet de la fashion ?
14:12 - Les musiciens en aient l'air perdus aussi.
14:14 - Comment ?
14:15 - Les musiciens en aient l'air perdus aussi.
14:17 - Les musiciens en vous ont repardus, Hakim.
14:20 - Oui, voilà, voilà.
14:21 - Bon, qu'est-ce que vous dites sur cette question ?
14:25 - Moi je suis slow fashion, alors,
14:27 mais je suis très lent, je suis très très lent.
14:30 Parce que moi je vais acheter mes fringues
14:32 dans les friperies justement,
14:34 comment s'appelle cette boutique-là,
14:36 du côté de Place des Fêtes,
14:38 il y a une boutique qui s'appelle Dingue Fringues,
14:40 vous vous habillez très bien.
14:42 Moi j'ai acheté des pantalons que j'ai gardés, je sais pas,
14:44 5 ans, 10 ans, il y en a un que j'ai encore,
14:46 je les ai repris, s'il y a un trou, je rebouche le trou,
14:48 je garde les ourlets pour reboucher les trous.
14:50 - Ah d'accord, oui, non mais vous, vous êtes précautionneux.
14:54 - Vous savez, moi j'avais une mère couturière
14:57 qui nous fabriquait nos vêtements quand on était petits,
15:00 et j'ai péché, j'ai regardé ma mère coudre.
15:03 - C'est intéressant ce qu'il dit, parce que...
15:06 - Et puis vous savez, il faudrait peut-être poser la question
15:09 à tous ces gens qui achètent fast fashion,
15:11 est-ce qu'ils enverraient leurs propres enfants,
15:13 ou est-ce qu'ils iraient eux-mêmes travailler dans ces conditions-là ?
15:16 Parce que c'était pas H&M qui avait fait "Mille Morts"
15:18 au Rana Plaza, c'est pas ça ?
15:20 - C'est eux. - Pas "Mille Morts" peut-être, mais...
15:22 - C'est Chine. - C'est Chine, oui.
15:24 - Ah oui, au Bangladesh. - Au Bangladesh, oui.
15:28 - C'était plusieurs marques, malheureusement.
15:30 - C'était plusieurs marques, malheureusement, ma famille.
15:33 Alors attendez, attendez, qu'est-ce que vous vouliez faire
15:35 comme remarque en écoutant Hakim ?
15:37 - Il parlait de réparation, de réparabilité,
15:40 quand il est clair que si vous achetez un vêtement
15:43 à très bas prix, très bas coût,
15:46 vous ne le réparez pas.
15:48 - Oui, on peut pas le réparer.
15:49 - Non, la réparation sera plus chère que le vêtement lui-même.
15:51 - Ah bah oui, oui, c'est vrai.
15:53 - Mais ça c'est un vrai sujet, c'est justement toute la question
15:55 de la durabilité du produit, et effectivement
15:57 quand ça vaut pas le coup de réparer, on ne le fait pas.
15:59 Juste, on a mis en place un bonus réparation
16:01 depuis le début d'année, là, donc on peut bénéficier
16:03 effectivement d'euros concrets
16:07 pour pouvoir réparer. Et c'est intéressant
16:09 effectivement ce que dit Hakim, parce que c'est peut-être
16:11 le retour aux couturières, aux cordonniers
16:13 qui disparaissent les uns après les autres
16:15 parce qu'on ne répare plus aujourd'hui.
16:17 - Ces produits Chine, c'est du coton, de la laine,
16:19 sont des produits nobles ? - Beaucoup de polyestère,
16:21 - Nobles ? - Beaucoup de polyestère, pétrochimique.
16:23 - C'est pétrochimique ? - C'est essentiellement pétrochimique.
16:25 C'est juste une image comme ça,
16:27 lavage, production
16:29 avec des matières synthétiques, c'est
16:31 24 milliards de bouteilles de plastique
16:33 par an, disséminées dans l'univers,
16:35 enfin sur la planète, par
16:37 cette production de matières synthétiques.
16:39 - Bon. Cynthia ?
16:41 - Bonjour, bonjour Hakim.
16:43 - Ça va Cynthia, vous êtes à Narbonne ?
16:45 - Ah oui, nous on a le soleil, tout va bien.
16:47 - Vous avez de la chance. Alors là, on a besoin de soleil.
16:49 Bon, Narbonne,
16:51 Cynthia, vous achetez
16:53 Chine ?
16:55 - Alors je vous avoue que non. - Ah bon.
16:57 - Pourquoi ? - Non, j'avoue pas,
16:59 parce que c'est
17:01 une entreprise qui fait beaucoup de publicité, je trouve,
17:03 un peu partout sur les réseaux et tout,
17:05 mais une publicité un peu bizarre, c'est-à-dire
17:07 elle ne fait pas que des vêtements,
17:09 elle vend tout et n'importe quoi, et quand un site
17:11 vend tout et n'importe quoi, on a toujours
17:13 l'impression que c'est du n'importe quoi.
17:15 C'est pas ciblé, on se demande...
17:17 Donc il inspire pas confiance.
17:19 Autant, moi j'ai beaucoup
17:21 d'enfants, pour certaines choses,
17:23 je peux acheter à batterie sur certains
17:25 sites pas chers,
17:27 en sachant
17:29 que nous aussi, on a des couturiers
17:31 et couturières dans la famille, ça fait qu'on rénove
17:33 à chaque fois les vêtements, et puis j'ai la chance
17:35 de les transmettre plus petits après.
17:37 - Oui, je comprends. - Voilà.
17:39 - Vous faites très attention. - Voilà, je fais attention.
17:41 Et puis,
17:43 nous on a eu la chance aussi, avec des origines
17:45 qu'on a, c'est d'aller en Italie et d'acheter des vêtements
17:47 de qualité. - Oui.
17:49 - On les achète une fois de temps en temps,
17:51 et ça, ça dure... Moi j'ai des vêtements qui
17:53 ont 20 ans. - Ah bah c'est
17:55 le pays, c'est l'un des pays du
17:57 vêtement en Italie. - Avec la France.
17:59 - Avec la France, il faut savoir. - Oui, mais en France
18:01 c'est dommage, c'est que vous voyez, la dernière fois,
18:03 j'avais acheté, je voulais faire plaisir à mes enfants et
18:05 acheter, je vais être obligée de dire une marque. - Mais allez-y,
18:07 dites les marques, c'est pas grave. - Voilà, comme la
18:09 reste, et dessus, c'était marqué que c'était pas
18:11 "Made in France". C'est dommage.
18:13 - Ah, ça c'est un problème aussi, parce qu'on
18:15 croit acheter français, et finalement
18:17 on n'achète pas français. - Non mais c'est une réalité,
18:19 et je pense que Pierre est encore mieux placé pour le dire,
18:21 qu'il faut, y compris pour
18:23 nos marques vertueuses qui veulent se développer,
18:25 de produire une partie en Europe quand même.
18:27 Ça reste l'Europe, c'est-à-dire que c'est quand même
18:29 toujours plus vertueux que l'Asie.
18:31 - C'est 3% des vêtements
18:33 pour le "Made in France" seulement.
18:35 - 3% seulement. - 3% seulement. Il y a un
18:37 coût qui est trop important
18:39 encore en France pour développer davantage, et
18:41 on pourra pas le faire dans un contexte... - Et la fabrication en Europe,
18:43 ça représente quoi ? - Oh bah un peu
18:45 plus, mais c'est pas énorme.
18:47 - C'est pas énorme ? - Non, c'est pas énorme.
18:49 - Et les Italiens ?
18:51 Fabriquent toujours ? - Les Italiens fabriquent
18:53 plus qu'en France, parce qu'il y a une
18:55 tradition, une culture italienne
18:57 familiale, d'entreprise
18:59 familiale. Donc c'est
19:01 plus vivace en Italie.
19:03 - Mais le pays qui émerge pour la fabrication, c'est le Portugal.
19:05 - Le Portugal ? - Qui offre des conditions,
19:07 effectivement. - Ah le Portugal,
19:09 c'est aussi une question de système
19:11 social. Ils ont un SMIC
19:13 qui est à 680
19:15 euros brut. - Oui,
19:17 évidemment. - Il faut en parler aussi,
19:19 c'est... Voilà, il y a
19:21 un coût minute en France qui est... - Qui est pas
19:23 celui de l'Asie, mais qui est pas celui de la France, quoi.
19:25 - L'interdiction de publicité.
19:27 Alors j'ai vu des critiques,
19:29 à droite. Vous voulez interdire...
19:31 Qu'est-ce que vous voulez
19:33 dans votre proposition de loi ?
19:35 - Alors, Cynthia l'a très bien expliqué,
19:37 c'est un marketing
19:39 extrêmement agressif, intrusif,
19:41 qui vraiment jaillit
19:43 sur chacun des réseaux que vous pouvez consulter,
19:45 sur les sites internet.
19:47 Donc effectivement, là on ne t'interdiverse pas,
19:49 il faut interdire absolument. Parce que c'est cette
19:51 publicité qui va sans cette
19:53 inciter à consommer
19:55 et à surconsommer davantage. Et notamment
19:57 les jeunes. Parce qu'on cible aussi
19:59 les jeunes à travers les réseaux
20:01 et leurs réseaux favoris, qui sont
20:03 ultra sollicités justement par ces publicités.
20:05 Donc on pense aussi aux influenceurs.
20:07 C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si la loi passe,
20:09 nous ne pourrons plus,
20:11 les enseignes ne pourront plus payer des influenceurs
20:13 pour vendre leurs produits.
20:15 Et ce que disait Cynthia sur le fait
20:17 qu'on a une offre
20:19 extrêmement importante, mais il faut savoir aussi
20:21 pourquoi c'est séduisant, parce qu'il y a
20:23 un effet marketing où les prix sont tout le temps barrés.
20:25 Et on a toujours l'impression d'avoir
20:27 le fameux t-shirt à 2 euros, il est barré,
20:29 il était peut-être à
20:31 22 avant. Vous voyez, il y a ce système
20:33 aussi de désinformation qui fait
20:35 penser qu'à chaque fois, on bénéficie
20:37 d'une merveilleuse promotion.
20:39 Absolument. - Et là, il n'y a aucun
20:41 contrôle, effectivement. Vous pouvez mettre
20:43 n'importe quoi, finalement, vous pouvez mettre n'importe quoi sur
20:45 Internet. - Alors aujourd'hui,
20:47 notamment en s'agissant de ces entreprises, oui.
20:49 Il y a un article aussi dans cette loi
20:51 qui demande à ce que les entreprises
20:53 installées à l'étranger
20:55 doivent déclarer absolument
20:57 un mandataire en France qui, lui,
20:59 sera responsable du respect des obligations
21:01 réglementaires. - C'est déclaratif.
21:03 Le problème, c'est qu'il faut
21:05 vérifier tout ça. C'est le travail de la
21:07 DGCCRF.
21:09 - La répression des fraudes. - Elle a du pain
21:11 sur la planche. - Et elle n'a pas les moyens.
21:13 - Elle n'a pas les moyens. Et on a aussi,
21:15 on en parlait tout à l'heure,
21:17 c'est à la douane.
21:19 Tout ce qui arrive de Chine qui est en dessous
21:21 de 150 euros, il n'y a pas
21:23 de frais de douane, il n'y a pas de taxes
21:25 - Il n'y a pas de taxes. - Il n'y a pas de taxes.
21:27 - Alors là, est-ce qu'il faut mettre du protectionnisme ou pas ?
21:29 - Je pense qu'on n'est pas
21:31 obligé de mettre du protectionnisme, justement.
21:33 - Et pourquoi pas ?
21:35 Pourquoi est-ce qu'on ne protégerait
21:37 pas les produits français et européens ?
21:39 - Il faut que ça soit valable sur un plan européen,
21:41 donc à la frontière européenne.
21:43 - Oui, c'est ça, c'est ça.
21:45 Alors, dans l'enceinte de la communauté européenne,
21:47 bien sûr qu'on peut faire
21:49 justement une prime à la vertu
21:51 et de pouvoir accompagner une autre production
21:53 européenne et française, mais c'est bien l'enjeu
21:55 de cette loi, encore une fois.
21:57 Les modèles européens et français, à fortiori,
21:59 sont beaucoup plus vertueux, donc le fait
22:01 de les accompagner par des bonus va quand même
22:03 les privilégier et leur permettre
22:05 de développer. - Vous donnez des bonus aux produits français
22:07 et européens. - Absolument, absolument.
22:09 - Mais il faut que l'accessibilité aux bonus
22:11 soit simplifiée.
22:13 Parce qu'en France, on est les champions
22:15 de la complication, de la lourdeur
22:17 administrative. - Ça c'est vrai.
22:19 - Et beaucoup de marques se plaignent,
22:21 s'intéressent, etc. Quand ils veulent
22:23 avoir accès à ce bonus,
22:25 ce sont des dossiers qui sont quand même
22:27 très pénibles à monter. - Assez conséquents.
22:29 Donc ça, c'est effectivement, on en a pris conscience à travers les auditions.
22:31 - Bon, vous avez pris conscience de ça, donc il va falloir
22:33 faire quelque chose. - On va faire quelque chose.
22:35 Et on va renforcer justement les pouvoirs
22:37 de la répression des fraudes pour
22:39 vraiment avoir les moyens de contrôler.
22:41 C'est indispensable aujourd'hui. - Bon.
22:43 Et les autres pays d'Europe ? Dans les autres pays d'Europe,
22:45 est-ce qu'il y a une loi telle
22:47 que celle que vous proposez ?
22:49 - Non, justement. En fait, c'est la première fois
22:51 qu'on s'attaque à cette question-là.
22:53 Et c'est pour ça qu'il y a un plutôt bon
22:55 accueil. Parce que, on s'en saisit pour
22:57 la première fois. Évidemment que,
22:59 si j'entends les ONG ou les associations
23:01 qui luttent contre cette question-là
23:03 depuis un moment, ils aimeraient qu'on aille
23:05 plus vite, plus loin. Mais en même temps, ils ont conscience
23:07 que c'est la première fois, donc peut-être que c'est bien
23:09 quand même d'accompagner cette proposition.
23:11 Moi, je l'envisage comme un premier cran.
23:13 Il faudra encore aller plus loin après. - Il faudra aller
23:15 plus loin. Alors, j'ai vu que
23:17 certains critiquaient.
23:19 Et notamment chez Les Républicains,
23:21 puisque un autre député, Antoine
23:23 Vermorel-Marquès, a
23:25 également déposé un texte sur le
23:27 sujet. Il a déposé même
23:29 200 amendements.
23:31 - Alors, il a... - Il dit simplement,
23:33 il dit qu'interdire la publicité,
23:35 c'est interdire le marché.
23:37 - Eh bien, c'est une méconnaissance
23:39 absolue, non seulement du
23:41 travail qui a été fait, mais aussi de la réalité.
23:43 Alors, en fait, c'est une loi
23:45 qui n'existe pas, celle qu'il a faite.
23:47 Il a voulu la déposer après, mais c'est pas le sujet.
23:49 Non, non, en fait,
23:51 la réalité, c'est
23:53 pas parce qu'on interdit
23:55 une pratique
23:57 commerciale particulière,
23:59 on interdit la publicité de cette pratique commerciale,
24:01 qu'on interdit d'entreprendre et qu'on touche à la
24:03 liberté d'entreprendre. Absolument pas. C'est
24:05 extrêmement circonscrit, et c'est possible.
24:07 Et c'est nécessaire, surtout.
24:09 - Et c'est nécessaire. Vous l'attendez ?
24:11 - Oui, oui, oui. Non, parce qu'il faut
24:13 absolument... Moi, je pense
24:15 aussi aux commerçants indépendants, aux
24:17 enseignes plutôt premium,
24:19 qui font un bon travail, un beau
24:21 travail au niveau
24:23 de la mode, tout simplement, qui font des beaux
24:25 produits, qui font attention à leur éco-responsabilité.
24:27 Et à travers ça, je fais
24:29 attention au centre-ville. Parce que
24:31 si on laisse
24:33 des acteurs économiques
24:35 de ce type... - Envahir
24:37 le marché ? - Envahir le marché,
24:39 c'est problématique
24:41 pour nos centres-villes. - Évidemment.
24:43 Bon, eh ben, oui... - Je voudrais juste
24:45 préciser, 10 secondes, simplement, dire que
24:47 ces pénalités, ça ne sont pas des taxes. C'est pas l'État
24:49 qui va toucher cela. Ça va être
24:51 redistribué dans la filière du traitement du
24:53 déchet. C'est extrêmement important. - Ah ça, c'est important. Parce que l'État est gourmand, en général.
24:55 - Oui. Là, c'est... Non, non. C'est dans une boucle
24:57 vertueuse. - Bon. Eh ben, merci à tous les deux.
24:59 - Et ça pourrait servir à développer le "Made in France".
25:01 - Merci à tous les deux. C'est passionnant,
25:03 la fast fashion. Merci à tous les deux.
25:05 Valéria Expergide-Ganzmann, reçoivent après
25:07 les infos les chefs Pierre Gagnère
25:09 et Stéphanie Le Guélec.
25:11 Il est 10h pile.
25:13 Sud Radio, parlons
25:15 vrai chez Bourdin. 9h10h,
25:17 Jean-Jacques Bourdin.
25:19 Avec Vérissure, le numéro 1
25:21 des alarmes en France. Rendez-vous sur
25:23 verissure.fr pour votre demande de
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