00:00 Christo Connecté
00:02 Il est 7h45, les profs sont en grève dans de très nombreux collèges de la Loire ce jeudi
00:08 et ils demandent aux parents de ne pas envoyer leurs enfants au collège.
00:11 Ils protestent, ces profs, contre l'idée de groupe de niveau en 6ème et en 5ème.
00:15 Et appelez-nous maintenant si vous voulez en discuter avec nous
00:17 pour nous dire ce que vous pensez de cette idée de groupe de niveau.
00:20 Bonjour Simon Rubert.
00:22 Bonjour, merci.
00:23 Professeur d'histoire-géo au Collège Honoré-Durffet, membre du Bureau Sud Éducation 42.
00:28 Vous êtes en grève aujourd'hui contre cette réforme du collège,
00:31 mouvement principalement stéphanois, c'est ça ?
00:34 En fait, ça fait déjà depuis plusieurs semaines qu'il y a des mouvements
00:39 qui s'installent un peu partout en France
00:44 et là effectivement, c'est aujourd'hui un appel sur les collèges de Saint-Etienne.
00:50 Notamment Honoré-Durffet, d'autres collèges, Gambetta ?
00:54 Oui, pour l'instant, il y a d'annoncés Gambetta, Honoré-Durffet, puis de la Loire et Leschamps.
01:02 Dans l'idée, faire trois groupes pour avancer au rythme de chacun
01:07 sur des matières aussi déterminantes que le français et les maths,
01:10 ça peut séduire certains parents, sont séduits par cette idée.
01:14 Avant de parler à l'organisation sur la philosophie de la mesure, qu'est-ce qui vous dérange ?
01:18 Je comprends qu'effectivement, cette idée de groupe de niveau puisse tomber sous le sens,
01:26 mais en fait, ce n'est vraiment pas le cas dans la réalité.
01:31 Si vous voulez, les profs, dans leur travail pédagogique, font de la différenciation
01:37 en fonction des besoins des élèves,
01:40 mais cette différenciation peut se faire de manière dynamique et pérenne
01:45 que dans des groupes classe hétérogène.
01:48 Un tel va avoir des difficultés en orthographe, mais sera fluide à l'oral et en rédaction, etc.
01:56 Donc, si vous voulez, cette mesure, en fait, elle va venir plutôt figer des difficultés
02:06 plutôt que de donner les vrais moyens aux profs d'accompagner les élèves dans leurs besoins.
02:12 Les profs arrivent vraiment à le faire, à être précis sur chaque niveau,
02:18 même dans des classes où il y a 30 élèves.
02:20 On dit souvent que parfois, il vaut mieux être dans le milieu
02:22 parce qu'au-dessus, on n'arrive pas trop à les stimuler
02:25 et en dessous, on n'a pas vraiment le temps pour les accompagner.
02:28 On arrive vraiment à bosser avec eux.
02:29 C'est une super question, effectivement.
02:31 La situation actuelle ne nous satisfait pas, ça c'est une évidence.
02:36 On a des conditions de travail et d'enseignement qui ne cessent de se détériorer
02:40 et en fait, nous, ce qu'on demande, nous, j'ai envie de dire très largement,
02:44 quelles que soient les étiquettes syndicales, c'est des groupes classes moins nombreux.
02:50 C'est ça qu'il nous faut, en fait.
02:52 Parce qu'effectivement, l'action pédagogique de différenciation,
02:58 d'accompagnement de chacun et de chacune,
03:01 on a besoin pour ça d'avoir des groupes classes qui ne soient pas surchargés.
03:06 Et là, c'est une revendication qui porte depuis très très longtemps.
03:10 Au lieu de groupes de niveau figés comme ça, écoutez nos revendications,
03:15 mettez les moyens pour qu'on ait des classes qui ne soient pas surchargées.
03:19 Ces groupes de niveau, en 6ème et en 5ème,
03:21 voulus par le gouvernement, qui provoque, et on l'entend, la colère,
03:24 vous en pensez quoi ?
03:25 Appelez-nous au 04 77 10 00 10, on prend vos appels dès maintenant.
03:29 C'est une question qu'on a posée naturellement sur les réseaux sociaux.
03:32 Sanfilippo qui nous dit que tout, basiquement, c'est une bonne chose.
03:36 YF qui nous dit que c'est une pure ineptie,
03:38 c'est en contradiction avec les valeurs de la République.
03:40 C'est un point de vue que vous défendiez il y a quelques instants.
03:43 Et puis, message très intéressant de Nadege aussi,
03:45 qui dit "je plains le proviseur qui devra faire les emplois du temps.
03:48 Est-ce qu'il y aura assez d'enseignants ?
03:50 Y aura-t-il des évaluations communes à tous les niveaux ?
03:53 Et puis, est-ce que les niveaux les plus faibles
03:55 ne seront pas stigmatisés au sein du collège ? "
03:57 Cette question, elle est intéressante.
03:59 On sait que le collège, c'est très important à ce niveau-là,
04:02 qu'il peut y avoir des stigmatisations.
04:04 Quand on sera dans le groupe des moins bons,
04:06 on va peut-être se faire pointer du doigt.
04:08 - Ah mais ça semble malheureusement évident.
04:12 Le collège est un lieu où on apprend à vivre ensemble.
04:17 Et souvent, c'est compliqué.
04:20 D'autant plus que, je veux dire, moi je plains nos élèves
04:24 qui ont des conditions d'apprentissage d'enseignement public,
04:29 je veux dire, catastrophiques.
04:31 Nous, à Honoré-Durffay, on a un collège qui est fait pour 850 élèves,
04:34 on en accueille 1030.
04:36 C'est terrible.
04:38 Donc nous, ce qu'on doit aux élèves, c'est le respect
04:41 et des conditions d'apprentissage qui soient correctes.
04:43 Là, ces annonces, vraiment,
04:47 mais foulent au pied l'intérêt des élèves et des professeurs
04:51 et effectivement, posent un grand nombre de problèmes d'ordre organisationnel.
04:57 Et c'est pour ça qu'il y a énormément de personnels de direction
05:00 qui se mobilisent aussi comme ils le peuvent
05:03 en tirant la sonnette d'alarme.
05:05 - Est-ce que vous enviez, dernière question pour vous,
05:07 est-ce que vous enviez les collèges privés
05:10 qui ont un petit peu plus de latitude,
05:12 qui ont le droit de ne pas mettre en place cette organisation,
05:14 pour le coup, ils vont pouvoir faire ce qu'ils veulent ?
05:17 - Alors, je n'envie pas l'enseignement privé
05:22 et d'ailleurs, je pense que l'enseignement privé
05:25 ne devrait pas exister en France
05:27 et qu'on devrait avoir un enseignement public.
05:29 - C'est votre point de vue ?
05:31 - Absolument, et point de vue de Sud Education 42,
05:33 enfin, Sud Education de la FEDE.
05:35 Non, mais je veux dire, là, envier, envier, non.
05:38 Nous, si vous voulez, la question là,
05:40 c'est revendiquer un droit à l'éducation
05:45 pour toutes et tous et arrêter d'avoir des gouvernants
05:48 qui n'écoutent rien d'autre que leur Sénacle,
05:52 alors on ne sait pas exactement,
05:54 qui leur dit que c'est une bonne idée
05:56 et alors, je veux dire, c'est extrêmement difficile à vivre
06:00 pour les collègues, il y a une grosse colère à Saint-Etienne
06:02 avec un mouvement aujourd'hui qui va être très suivi
06:05 et je vous invite à nous retrouver à la DSDEN
06:09 à côté de Centre 2 à 11h.
06:11 - Exactement, l'inspection d'académie,
06:14 en tous les cas, votre position aura été entendue ce matin.
06:17 Simon Ruber, vous êtes prof d'histoire G au Collège Honoré d'Urfay,
06:20 vous n'allez pas aujourd'hui au collège
06:23 et puis vous appelez naturellement les parents
06:25 à ne pas envoyer d'ici quelques minutes maintenant
06:27 leurs enfants au collège.
06:29 Vous êtes également membre du bureau Sud Education 42.
06:32 Merci d'avoir été avec nous ce matin.
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