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  • il y a 2 ans
CINÉMA - Il n’y a pas féminisme sans lutte des classes, et les héroïnes d’HLM Pussy l’illustrent bien. Le premier film de la réalisatrice française Nora El Hourch, en salles ce mercredi 6 mars, met en scène trois adolescentes de la génération post MeToo. Amina, Djeneba et Zineb sont inséparables depuis l’enfance, mais leur amitié va prendre un tournant suite à l’agression sexuelle de cette dernière.

Les trois amies décident de filmer l’agresseur pour avoir une preuve, et Amina publie la vidéo sur les réseaux sans leur accord. HLM Pussy est mené par un trio lumineux de jeunes actrices, Leah Aubert, Médina Diarra et Salma Takaline, avec la participation de Bérénice Bejo dans le rôle de la mère d’Amina.

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Transcription
00:00 On peut pas demander à toutes les femmes de se battre avec la même intensité, avec la même priorité face à un même combat.
00:04 On n'a qu'à le filmer, et jamais de preuves. C'est pour ça que la justice elle se fait pas.
00:15 Dans mes sous-images elle est impossible.
00:19 On ne se fait pas justice soi-même.
00:21 Faire quoi alors ? Attendre que la justice se fasse toute seule ?
00:23 Mais je crois que t'as pas conscience de ce que tu viens de faire !
00:25 Y'a pas de révolution sans prise de risque.
00:27 Révolution de merde ouais.
00:29 *musique*
00:31 *musique*
00:33 *musique*
00:35 *musique*
00:37 A mon âge, enfin quand j'avais leur âge plutôt,
00:39 y'avait pas tous ces mots,
00:41 y'avait pas tous ces codes.
00:43 Jamais on aurait dit "Ah ouais ça ça s'appelle une agression, si tu continues..."
00:45 Enfin, ils se sont appropriés nos combats d'adultes,
00:47 en fait finalement les combats de la société maintenant.
00:49 Pourquoi j'ai voulu parler de cette génération dans ce film ?
00:51 C'est parce que je crois fortement en eux,
00:53 et je pense peut-être naïvement,
00:55 beaucoup de pression pour vous les gars,
00:57 mais qu'ils portent la solution de demain en fait.
01:02 J'ai l'impression que c'est eux qui vont nous sauver d'un beau bordel.
01:04 Peut-être, peut-être.
01:06 Je pense que ça va prendre plus de temps, plus que notre génération.
01:10 Bien sûr, mais vous pouvez déjà donner un coup de pied dans la famille.
01:13 Le petit enfant.
01:15 Elle part du principe que tout le monde est sur la même marche.
01:31 Sauf qu'en fait, pas du tout.
01:33 Il y a plein de marches, plein de couleurs différentes de marches, plein de formes de
01:35 marches différentes.
01:36 Donc elle va être là, elle va dire "moi j'ai été éduquée comme ça, elle le fait
01:38 comme ça".
01:39 Et c'est là où elle est un petit peu naïve.
01:41 Et pour le coup, elle est un peu refermée sur le fait qu'il n'y ait qu'une seule marche.
01:46 Elle n'en a pas conscience.
01:47 Elle est née avec les codes du féminisme, elle est née avec cette mère avocate qui
01:53 lui a appris les choses, elle est née sans problème d'argent.
01:56 Son combat ici, c'est le féminisme.
01:58 Et parce qu'elle a le temps d'avoir ce combat, et c'est surtout parce qu'en fait, c'est une
02:03 preuve d'amour vis-à-vis de ses copines, qui est complètement maladroite.
02:06 Mais ses copines, elles les aiment à la mort.
02:07 Elle va se mettre en sauveuse sans prendre conscience que ses copines ne sont pas au
02:12 même niveau qu'elle pour beaucoup de choses.
02:13 Je vois ça un peu comme un entonnoir.
02:23 T'as l'humain, t'as les personnes de couleur, t'as la religion, et t'as la femme qui vient
02:28 après.
02:29 Donc si tu dois prendre l'entonnoir, personne ne va commencer par le bas.
02:32 C'est tellement personnel.
02:33 Mais ça suit quand même l'entonnoir.
02:35 Si t'es blanc, catholique, et que t'as pas d'autres problèmes trop importants, oui,
02:40 tu peux te battre pour le droit de la femme, mais t'auras que ça, et ce sera ton top problème.
02:44 Quand tu dois payer le loyer, quand tu dois trouver un travail, quand t'es victime de
02:49 racisme, t'as plusieurs autres priorités dans la vie pour te sauver, et avant de dire
02:55 "je vais me sauver en tant que femme".
02:57 Les différences de culture, les différences d'éducation, les différences de milieu
03:00 social, tes traumas, tes blessures font que tu ne peux pas te battre avec la même intensité.
03:06 Mais attention, il suffit de se comprendre les uns les autres, il suffit de ne pas se
03:10 juger.
03:11 Que le personnage d'Amina comprenne pourquoi Djenéba lui reproche tout ça et lui dit
03:15 "toi et tes combats de blanc, moi j'ai d'autres choses à gérer", juste l'identifier,
03:19 le comprendre.
03:20 Et y a que comme ça que c'est main dans la main où on peut se battre face à un même
03:23 combat.
03:24 [Musique]
03:31 [Musique]
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