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00:02 RTL
00:06 Les trois questions du petit matin.
00:08 Comment lutter contre le manque de médicaments ?
00:10 On en parle ensemble depuis 4h30 ce matin.
00:12 Le gouvernement lance un nouveau plan anti-pénurie.
00:14 Ça passe entre autres par la relocalisation de certaines productions
00:18 qui avaient complètement disparu chez nous.
00:20 Comme le principe actif du paracétamol
00:22 qui sert à faire notamment le doliprane.
00:24 Aujourd'hui il est massivement importé de Chine et d'Inde.
00:27 L'Europe n'en produit plus depuis 2009.
00:29 Et une première usine va donc ouvrir l'an prochain à Toulouse.
00:33 Bonjour Jean Boehr.
00:35 Bonjour.
00:36 Vous êtes le président d'Ipsophen, c'est le nom de cette entreprise.
00:38 Attendu comme le Messie, tout est prêt.
00:41 Vous avez déjà des clients d'ailleurs ?
00:43 Des clients, oui.
00:44 Nous avons déjà des clients, des contacts avec nombreux laboratoires
00:47 en Europe et en France.
00:49 Après le Messie, le mot est peut-être un peu exagéré.
00:53 Et puis je ne suis pas celui qui réintroduit le paracétamol en Europe
00:58 parce qu'il y a toute une équipe.
01:00 Il y a d'abord l'invention d'une inventrice de génie
01:03 qui a pensé à un système de production totalement innovant.
01:07 Et nous sommes l'équipe dont je suis le porte-parole.
01:09 Alors ça veut dire que vous allez produire le paracétamol différemment ?
01:13 Oui, oui, oui.
01:15 Comment cela ?
01:16 Un processus qui s'appelle un processus continu de production
01:19 qui permet de réduire les volumes réactionnels.
01:23 C'est-à-dire que ça consomme beaucoup moins d'énergie,
01:25 ça consomme beaucoup moins de solvants,
01:27 ça génère beaucoup moins de déchets.
01:29 C'est ce qui permet d'envisager une relocalisation.
01:34 Pour relocaliser, il faut innover, il faut inventer.
01:37 Si on cherchait à produire du principe actif du paracétamol
01:41 dans les mêmes conditions que celle classique,
01:44 on ne pourrait jamais être compétitif.
01:46 Mais c'est le même produit qu'on achète aujourd'hui en Chine, en Inde
01:50 et qu'on a acheté aux Etats-Unis. C'est la même chose ?
01:52 Nous avons la prétention de penser qu'il sera meilleur
01:54 parce qu'on a eu moins d'impurities.
01:55 Oui, forcément.
01:56 Première mise sur le marché, quand ?
01:58 Nous espérons, puisqu'il y a quand même les délais d'obtention,
02:03 des certificats qui permettent de commercialiser,
02:07 nous espérons au courant du second semestre 2025.
02:10 Donc l'an prochain, vous vendrez votre paracétamol en France.
02:14 Quelle quantité ?
02:16 Nous allons produire en pleine capacité,
02:18 donc ce n'est pas dès l'année prochaine,
02:20 mais on va produire 3 000 à 3 400 tonnes du principe actif.
02:24 Ça représente quoi par rapport aux besoins ?
02:26 Autrement dit, est-ce qu'on sera autosuffisant ?
02:28 Non, absolument pas. En France, on consomme plus de 8 000 tonnes du principe actif.
02:33 Donc, de toute façon, les laboratoires, nous l'avons tous dit,
02:38 continueront à se fournir aussi à l'Asie ou aux Etats-Unis.
02:44 Et ils achèteront une partie de leurs besoins auprès de notre société
02:50 pour garantir la production en cas de crise de leurs médicaments d'urgence.
02:57 Vous serez moins cher ou plus cher que le paracétamol aujourd'hui importé ?
03:02 On sera plus cher que le principe actif, soyons très clairs sur les mots.
03:06 Nous serons plus cher que celui qui est importé, évidemment.
03:10 Les matières premières sont plus chères,
03:12 les coûts d'exploitation sont plus élevés en France
03:16 parce que nous allons traiter 100% de nos rejets, de nos déchets,
03:20 d'abord d'un produit beaucoup moins, mais en même temps,
03:22 on va entièrement les traiter.
03:23 Et notre ambition, notre volonté d'être véritablement un processus éco-responsable de production,
03:29 puisque ça dit chimie.
03:30 Plus cher de combien ?
03:33 Ça dépend, le marché est très fluctuant, mais on peut estimer que 30 à 40%.
03:38 Mais ça ne veut pas dire qu'il y aura un impact sur le prix du médicament.
03:44 Si nous produisons une des matières premières du médicament,
03:47 et que le prix du médicament final, il est défini par une politique de santé,
03:52 c'est-à-dire qu'il est défini par l'État.
03:53 D'accord, donc vous serez 30 à 40% plus cher que le principe actif aujourd'hui importé,
03:59 mais vous dites que ça n'aura pas d'impact sur le prix du médicament, du Doliprane, etc.
04:03 En tout cas, ce n'est pas nous ni les laboratoires qui peuvent avoir une...
04:09 Sur le prix final, non, bien sûr.
04:11 Le prix final, il est défini par l'État.
04:14 Ça ne va pas décourager les laboratoires d'acheter français ?
04:18 Non, parce qu'ils vont, comme je vous disais,
04:21 ils vont acheter une partie de leurs besoins en France ou en Europe.
04:26 Ils vont continuer, ils vont faire un mix, mais ils ont besoin de ce mix.
04:31 Ils ont besoin de ce mix parce qu'ils se sont tous fait très très peur
04:34 pendant la crise Covid, quand l'Inde a arrêté les exportations
04:38 et la Chine a multiplié par 4 le prix.
04:41 Tout le monde a eu très peur.
04:43 Vous allez exporter ?
04:44 Pardon ?
04:45 Vous allez exporter une partie de votre production ?
04:48 Nous travaillons que sur l'Union Européenne.
04:51 Donc oui, il y aura peut-être des exports, mais sur l'Union Européenne.
04:54 !
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