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  • il y a 3 ans
La journaliste Charlotte d’Ornellas revient sur la panthéonisation de Missak Manouchian : «On ne devient pas un héros par hasard».

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Transcription
00:00 - C'est sûr et certain, puisque la cérémonie et la panthéonisation,
00:04 d'abord quand on fait la liste des noms, on voit qu'ils le sont pour des raisons extrêmement différentes
00:08 et assez peu comparables en réalité.
00:10 Et souvent, il y a deux choses, il y a en effet cette recherche de cérémonie, cette recherche de commun.
00:16 C'est pour ça que les discussions qu'on a eues ces derniers jours sont parfois assez peu à la hauteur
00:21 de ce que l'on va chercher intimement et profondément en réalité dans ces cérémonies.
00:25 Et bon, à la fin, il reste quoi ? Il reste cette ancienne église Sainte Geneviève,
00:30 devenue panthéon qui retrace elle-même en effet toute notre histoire, on va dire pierre après pierre.
00:36 Il reste ces hommes de la Légion étrangère chez qui on peut aussi trouver un modèle,
00:40 ce que disait Mathieu tout à l'heure, de ces hommes qui ne s'inscrivent pas par le sang
00:45 dans l'histoire longue de la France et qui pourtant, par le sang versé,
00:49 s'y inscrivent jusqu'à ce qu'on leur rende hommage pendant des années et des années après.
00:54 Donc il y a en effet ça qu'on va chercher dans les cérémonies et parfois ces cérémonies,
00:58 et notamment celles au Panthéon, on sent des ressorts d'ajustement politique,
01:05 voire parfois politiciens, et ça en effet c'est dommage, mais ça se cache,
01:10 et cachons-le ce soir, derrière je pense une volonté.
01:14 Après il y a aussi un risque, on va dire, dans cette démarche-là,
01:17 c'est de ne s'attacher à la France charnellement que quand on en fait une sorte de musée finalement
01:23 et il faut trouver dans ces exemples, si on prend des modèles et si on dit "mort pour la France",
01:29 il faut trouver, je le redis parce que je pense que c'est le plus important,
01:33 il faut trouver chez ces hommes-là la force et les vertus qu'ils ont exercées,
01:38 que l'époque les a aussi poussées à exercer, que leur éducation les a poussées à exercer,
01:43 pour devenir des hommes solides, prêts en effet à mourir.
01:48 Guillaume a raison de rappeler que personne ne va chercher à mourir,
01:53 personne ne cherche à devenir un héros, en revanche le moment où ça se présente,
01:58 le moment où ça se présente, il vaut mieux être prêt,
02:00 parce que je pense qu'on ne devient pas un héros par hasard,
02:02 on s'y prépare tous les jours de sa vie en réalité,
02:05 et récemment on a eu l'exemple avec Arnaud Beltrame, sa mère a répété au procès,
02:09 il n'a pas cherché à mourir, il a voulu certes prendre la place de cette femme pour la sauver,
02:15 d'abord ce jour-là la France avait le visage de cet otage,
02:18 c'est ça, Arnaud Beltrame s'était engagé pour sauver, pour servir la France,
02:23 ce jour-là la France avait le visage de cet otage,
02:26 il a pris sa place, d'accord, mais il a pris sa place pour combattre ce terroriste,
02:31 il en est mort, mais il voulait combattre et être victorieux,
02:35 et c'est par sa mort qu'il a montré justement son service de la France,
02:40 je pense que ça ce sont des vertus qu'il faut examiner,
02:44 il faut éduquer précisément les jeunes à ces vertus-là en particulier.
02:49 [Musique]
02:53 [SILENCE]

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