- il y a 2 ans
"Nous n'écartons pas le fait que l'on aura peut-être, si nécessaire, un budget rectificatif à l'été", prévient ce mardi sur France Inter Thomas Cazenave, ministre délégué chargé des Comptes publics, au lendemain de l'annonce d'un tour de vis budgétaire pour l'État. Lundi, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé 10 milliards d'euros d'économies supplémentaires pour cette année, afin de tenir l'objectif d'un déficit à 4,4% du PIB. Thomas Cazenave reconnaît qu'il s'agit d'un "effort significatif". Mais il n'affirme pas pour autant si cela suffira à compenser la baisse de la croissance. "On verra dans les prochains mois si on a besoin d'aller plus loin", ajoute-t-il.
Retrouvez tous les entretiens de 8h20 sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien
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00:00 Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le ministre délégué au compte public dans le grand entretien de la matinale
00:07 "Questions et réactions au 01.45.24.7000" et sur l'application de France Inter.
00:13 Thomas Cazenave, bonjour.
00:15 Bonjour.
00:15 Et bienvenue à ce micro. Beaucoup de questions à vous poser après l'annonce par Bruno Le Maire du tour de vice budgétaire pour 2024.
00:23 Dimanche soir, le ministre de l'Économie a en effet annoncé un abaissement de la prévision de croissance de 1,4% à 1% cette année
00:33 et un effort immédiat de 10 milliards d'économies qui viennent s'ajouter aux 16 milliards d'économies déjà consenties dans le budget 2024.
00:41 Ces annonces, que veulent-elles dire, Thomas Cazenave ? Qu'il y a le feu au lac ? Qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses ?
00:48 Que nous dites-vous ce matin ?
00:50 Je vous dis qu'il faut s'adapter à la nouvelle conjoncture internationale.
00:55 Vous savez, la guerre en Ukraine, le ralentissement chinois a un impact aussi sur l'activité économique en Europe.
01:03 Donc on révise notre croissance, mais je le dis, notre croissance, elle reste forte à 1%, bien plus forte d'ailleurs que nos voisins européens.
01:11 Regardez, l'Allemagne est rentrée en récession l'année dernière. Elle aura un faible taux de croissance cette année.
01:16 Le Royaume-Uni rentre en récession. Nous, nous résistons, mais nous devons nous adapter à cette nouvelle donne économique.
01:23 On a moins de recettes d'impôts sur les sociétés, cotisations, impôts sur le revenu, TVA.
01:28 Et donc, il faut qu'on s'adapte très vite en baissant nos dépenses et en faisant 10 milliards d'euros de dépenses uniquement,
01:35 et je le dis très clairement, sur l'État et ses opérateurs. On ne demande pas d'effort aux Français.
01:40 On va prendre sur nos épaules le soin de faire ses économies pour éviter de laisser les finances publiques dériver.
01:46 Vous allez nous parler des économies de ces 10 milliards, où vous allez les prendre particulièrement, pourquoi vous avez fait ces choix-là.
01:52 Mais juste pour revenir, pourquoi vous vous êtes obstinés, on avait Bruno Le Maire à ce micro juste avant Noël,
01:57 vous vous êtes obstinés à l'idée de la projection de croissance d'1,4% ?
02:01 Vous avez tout pensé, votre budget 2024, en fonction de cette projection de croissance que tout le monde disait au trop optimiste.
02:08 La Banque de France vous disait non, c'est parler de 0,9%, le FMI tablé sur 1%, le CDE sur 0,6%.
02:15 Et vous mainteniez cet objectif d'1,4%. C'était quoi de la pensée positive, de la pensée magique ?
02:22 Vous vous êtes trompés dans vos calculs ?
02:25 Jusqu'en novembre, même la Commission européenne nous disait "vous ferez bien plus que 1%, 1,2%".
02:31 Pourquoi ? Parce qu'on a des fondamentaux extrêmement solides. On réindustrialise le pays,
02:38 on est le pays qui accueille le plus d'investissements étrangers internationaux en Europe.
02:43 On a baissé la fiscalité sur les entreprises qui investissent, donc on a des fondamentaux extrêmement solides.
02:47 Et c'est la raison pour laquelle d'ailleurs, on résiste beaucoup mieux que tous les autres pays européens.
02:51 Et donc jusqu'en novembre, notre prévision était plutôt en ligne avec celle de la Commission.
02:55 Et on a constaté en fin d'année, c'est vrai, constaté en fin d'année qu'il y a une forme de ralentissement.
02:59 Et on n'a pas hésité avec Bruno Le Maire à dire tout de suite "baisse des recettes, on revoit notre prévision de croissance".
03:06 Et du coup, on revoit aussi nos dépenses, on ajuste notre budget.
03:09 Et puisqu'on est sur la révision des chiffres, qu'en est-il du déficit ?
03:13 Le gouvernement s'était engagé à le ramener sous les 4,9% du PIB en 2023.
03:20 Objectif probablement difficile à tenir, a indiqué lundi à l'AFP une source au ministère de l'économie.
03:27 C'est vous la source.
03:30 C'est vous la source.
03:31 Vous l'assumez.
03:32 Vous l'assumez. On ne va pas y arriver donc.
03:34 Lors de notre conférence de presse avec Bruno Le Maire, j'ai pu dire que 4,9% en 2023, ce serait probablement difficile.
03:41 Pourquoi ? Parce qu'on a constaté en fin d'année un ralentissement, je le redis, de nos recettes.
03:45 Impôts sur les sociétés, TVA, impôts sur le revenu.
03:48 Donc c'est aussi notre responsabilité de dire face à ce nouveau contexte, je pense que les Français peuvent tout à fait comprendre
03:53 que quand on a moins de recettes, il faut dépenser un peu moins.
03:56 Et c'est vraiment le sens de ce plan, et je le redis, très concentré sur l'État.
04:00 Tout le monde est mis à contribution, il n'y a pas d'immunité budgétaire, les efforts sont partagés et on s'ajuste pour tenir cet engagement.
04:06 Mais le déficit, ça veut dire quoi ?
04:07 Les objectifs du déficit à 4,9% du PIB en 2023 et à 4,4% en 2024 sont revus à la hausse ?
04:14 On verra, il est trop tôt pour le dire.
04:16 On saura en mars, c'est l'INSEE qui nous dira quel est notre déficit en 2023.
04:20 Et en 2024, notre objectif reste le même.
04:23 Baisser notre déficit public.
04:25 Je le redis, c'est un enjeu de justice de baisser notre déficit public.
04:28 Nous avons protégé massivement les Français, l'économie, les collectivités territoriales.
04:34 Notre responsabilité après ces crises, c'est de réduire notre déficit, aussi pour faire face aux crises de demain.
04:40 Et donc notre trajectoire et notre engagement est maintenant...
04:42 Mais vous maintenez ce matin l'objectif à 4,4% pour 2024. Là aussi, vous n'êtes pas trop optimiste ?
04:46 Nous maintenons notre objectif à 4,4%.
04:49 Nous verrons comment se tient la croissance l'année prochaine.
04:51 On a de bons fondamentaux.
04:53 Regardez comment on résiste en Europe par rapport aux autres pays.
04:56 On ré-ouvre des usines dans notre pays.
04:58 Redoutez-vous tout de même dans ce contexte, les notes des agences de notation pour la France qui doivent tomber fin avril et fin mai ?
05:05 Quelles conséquences aurait une dégradation de la note française ? Est-ce que ce serait si grave, Thomas Cazenave ?
05:11 D'abord, les agences de notation, elles regardent au moins deux choses.
05:15 C'est-à-dire la force de notre économie.
05:18 Et je le redis, on a une économie forte.
05:20 Et on va continuer les réformes.
05:22 Pourquoi on lance une loi sur la simplification pour les entreprises ?
05:25 On veut les encourager à investir, à créer des emplois.
05:28 Pourquoi il y aura un nouveau projet de loi sur l'industrie verte ?
05:31 On veut accélérer sur la réindustrialisation.
05:33 Donc les agences de notation regardent déjà si on est en mesure de créer de la richesse.
05:37 Il faut créer de la richesse, créer des emplois.
05:39 On a réussi depuis 2017 à briser la fatalité du chômage de masse dans notre pays, le ramener à 7,5%.
05:46 Et elles regardent aussi, pardon je finis de répondre à votre question, si on arrive à maîtriser nos dépenses.
05:50 Et voilà un acte que nous prenons avec Bruno Le Maire et le Premier ministre en disant tout de suite,
05:56 on fait 10 milliards d'euros d'économie pour tenir nos engagements.
06:00 Vous avez fait ça pour les agences de notation ?
06:02 On fait ça pour les Français ?
06:04 Je le redis, ça serait profondément injuste de constater tout simplement qu'on gagne moins
06:08 et qu'on continue à dépenser comme si de rien n'était demandant.
06:11 Alors à nos enfants et nos petits-enfants de financer nos dépenses aujourd'hui.
06:14 Oui mais ce qui est déjà le cas, quand on est en détail à 3 000 milliards d'euros...
06:17 Oui mais ça veut pas dire...
06:20 On a quand même des chiffres d'endettement et de déficit qui ne sont pas...
06:24 Je ne sais pas comment vous voulez qualifier l'endettement de la France aujourd'hui ?
06:27 C'est la raison pour laquelle nous on s'est fixé pour objectif de réduire notre déficit public.
06:31 On ne peut pas se contenter de cette situation, juste d'observer qu'on a moins de recettes et ne pas baisser les dépenses.
06:36 Alors c'est 10 milliards d'économie.
06:38 D'abord juste une question, ce sera suffisant ou dans trois mois vous direz il en faut plus ?
06:43 C'est un effort, c'est un effort significatif que nous faisons dès maintenant.
06:46 Nous n'écartons pas le fait qu'on aura peut-être, si nécessaire, un budget rectificatif à l'été, à la mi-année.
06:54 On verra, c'est déjà un effort important que l'on fait tout de suite.
06:57 Et on verra dans les prochains mois si on a besoin d'aller plus loin.
06:59 Donc vous l'avez annoncé, sur ces 10 milliards d'économie, vous allez prendre notamment dans le dispositif MaPrimeRénov'
07:05 un milliard de moins que ce qui était prévu pour financer la rénovation des bâtiments.
07:11 200 000 bâtiments qui devaient être rénovés tous les ans grâce à MaPrimeRénov'.
07:15 Ça veut dire combien de bâtiments de moins rénovés en 2024 ?
07:19 Alors, ça veut dire d'abord plusieurs choses.
07:21 Je le redis, c'est 10 milliards, on va réduire certaines dépenses, j'y reviendrai, on va reporter certains projets
07:27 et puis on va revoir certains dispositifs.
07:29 MaPrimeRénov' en fait partie.
07:31 Je rappelle une chose, MaPrimeRénov' on va continuer à augmenter le budget de MaPrimeRénov' quand même.
07:36 Même avec le milliard d'euros d'économie, on va l'augmenter de 600 millions.
07:40 Et vous savez que l'année dernière, ça devait être 1,6 milliard et ce sera 600 millions.
07:47 Donc, on continue à investir. Ça reste une priorité.
07:50 Mais l'année dernière, vous savez qu'on n'a pas tout dépensé.
07:53 On a laissé au moins 300 millions. Pourquoi ? C'est trop compliqué MaPrimeRénov'.
07:58 Ce que nous disent les chefs d'entreprise que je rencontre dans mon territoire en Girondine, c'est trop compliqué MaPrimeRénov'.
08:03 Donc, Christophe Béchut et Guillaume Casbarian sont en train de revoir le dispositif.
08:07 On va le simplifier drastiquement et on va continuer à investir.
08:11 On va mettre 600 millions d'euros de plus.
08:13 J'entends, mais combien de bâtiments ? 200 000 par an, combien de bâtiments en moins ?
08:17 Puisque 1 milliard, c'est en gros, on a calculé à peu près 20% de moins que ce qui était prévu.
08:22 Entre 4 et 5 milliards par an pour rénover 200 000 bâtiments.
08:26 Donc, si vous en enlevez 20%, c'est 20% de bâtiments en moins, c'est 40 000 bâtiments en moins qui seront rénovés ?
08:31 Non, parce que ça dépend de la manière dont on va simplifier le dispositif.
08:34 Christophe Béchut et Guillaume Casbarian auront l'occasion d'expliquer les nouvelles simplifications de MaPrimeRénov'.
08:40 Mais je veux quand même redire ici à votre antenne que quand on investit 600 millions d'euros de plus dans MaPrimeRénov',
08:47 c'est bien que la rénovation reste une priorité.
08:50 On a le budget le plus vert de notre histoire.
08:52 On a augmenté de 10 milliards d'euros les dépenses en faveur de l'introduction à l'écologie.
08:55 Le journal "L'Opinion" ce matin, qui est un journal ouvertement libéral,
09:00 dit que le gouvernement met à nouveau l'écologie dans le frigo.
09:03 Non, c'est complètement faux. Pourquoi ?
09:05 Entre cette année et l'année prochaine, on augmente de 10 milliards d'euros les crédits en faveur de la transition écologique.
09:11 1,6 milliards sur les transports ferroviaires, les RER métropolitains.
09:15 Plus d'un milliard sur l'agriculture et sa conversion à la transition écologique, sur la biodiversité, sur la gestion de l'eau.
09:25 Et donc, dans cet effort-là, effectivement, on va prendre un milliard sur MaPrimeRénov'.
09:30 Le reste de notre ambition de transition écologique, il est là. Elle est là, cette ambition.
09:35 Le rapport Pisani-Mafous d'il y a quelques mois préconisait un ISF vert pour financer la transition écologique.
09:42 Un impôt exceptionnel sur le patrimoine financier des 10% des contribuables les plus aisés,
09:48 qui auraient pu rapporter 5 milliards d'euros par an.
09:51 C'est une mauvaise idée, ça.
09:53 Ça permettrait de rénover des bâtiments, puisqu'on est en train d'en parler.
09:56 Vous n'auriez pas besoin de cet argent aujourd'hui ?
10:00 Aujourd'hui, il n'est pas question de revoir la fiscalité, puisqu'on est au début de l'année.
10:04 Il y aura un débat sur le projet de budget de l'année prochaine.
10:07 Moi, ce qui m'importe, et c'est là où l'interpellation du rapport Jean-Pierre Zaniferri et Selma Mafous est intéressante,
10:13 il faut aller chercher des recettes supplémentaires.
10:15 Il y a des recettes supplémentaires à aller chercher, déjà en appliquant la fiscalité telle qu'elle existe.
10:21 La fraude.
10:22 Moi, je mets en œuvre un plan qui a été initié par mon prédécesseur, Gabriel Attal.
10:27 Et depuis le 1er janvier, on a 18 mesures supplémentaires pour mieux lutter contre la fraude fiscale, douanière, sociale,
10:35 les enquêtes sur Internet, les aviseurs fiscaux, le délit d'incitation à la fraude fiscale et sociale.
10:41 Vous savez que juste la fraude fiscale, on a récupéré plus de 11 milliards d'euros.
10:44 Donc oui, il faut déjà s'assurer que personne n'échappe à l'impôt tel qu'il est aujourd'hui.
10:50 L'impôt exceptionnel sur le patrimoine financier des 10% des contribuables les plus aisés que propose Jean-Pyzani-Ferri, c'est non.
10:59 Moi, je pense qu'on a une réflexion, je l'avais dit lors du précédent budget.
11:03 Vous savez, on a réussi dans ce budget à faire quelque chose qui était attendu de longue date.
11:08 C'est l'impôt minimal pour les sociétés.
11:10 Aucune société ne peut échapper à un taux minimal inférieur à 15%.
11:14 C'est une grande avancée internationale, un accord de l'OCDE.
11:16 Nous, on est très favorables, et on l'a dit d'ailleurs avec Bruno Le Maire, à ce qu'on ait une réflexion comparable au niveau européen et international
11:23 pour s'assurer que les plus fortunés n'échappent pas à l'impôt.
11:27 C'est ça ce que nous devons arriver à apporter ensemble.
11:30 On va passer au Standard Inter, on nous attend Alain, bonjour !
11:34 Vous êtes là ? Oui, on vous écoute !
11:37 Oui, bonjour ! En France, en Europe, aux États-Unis, on entend des personnes fortunées demander à mieux et plus contribuer au budget de leur pays.
11:48 À l'aune des impôts budgétaires, le temps est certainement venu de solliciter les entreprises et leurs super-profits, les particuliers, leurs dividendes améliorés.
11:57 Les leviers existent, flat tax, ISF, taux de l'impôt sur les sociétés. Qu'en pensez-vous ?
12:03 Merci Alain pour cette question, je la prolonge en disant qu'à gauche, on vous demande une augmentation de la taxation des plus fortunés, des super-profits, des plus grandes entreprises.
12:15 Les macronistes ne veulent pas prendre l'argent là où il est, critiquait récemment l'EPS, sachant que les bénéfices du CAC 40 ont déjà dépassé les 120 milliards d'euros pour 2023,
12:26 alors que seulement 25 des 40 groupes du CAC ont publié leurs résultats annuels.
12:31 Alors réponse à Alain, notre auditeur, et à l'interpellation de la gauche. Thomas Cazenave.
12:37 Merci Alain pour sa question. D'abord, il faut quand même se dire que la réalité économique de notre pays, c'est pas la réalité de quelques grands groupes,
12:45 qui font d'ailleurs la fierté de notre pays, des grands groupes du CAC 40, parce que la réalité de chefs d'entreprise, de commerçants, d'artisans, de PME, TPE, c'est pas des profits exceptionnels.
12:54 A tel point qu'on constate une baisse sur les rentrées de l'impôt sur les sociétés.
12:59 Là on vous parle du CAC 40.
13:01 Oui, mais le sujet sur les profits, c'est pas le fait qu'on ait des grandes entreprises qui ont des profits.
13:05 C'est signe de réussite, de vitalité économique, et on a besoin de croissance pour faire réussir le pays.
13:09 C'est comment elles utilisent ces profits. Est-ce que ces profits sont réutilisés pour investir, développer le pays ? Est-ce qu'elles sont redistribuées aux salariés ?
13:16 Vous savez que l'année dernière, on a passé une loi sur le partage de la valeur, parce que les organisations syndicales et patronales se sont mis d'accord ensemble pour mieux redistribuer les profits.
13:25 Donc ne stigmatisons pas les profits, c'est un signe de réussite.
13:29 Non, il ne faut pas les stigmatiser, vous avez raison, il faut créer de la valeur, il faut créer de la croissance, c'est pas l'idée.
13:34 Mais vous savez aussi que la redistribution des dividendes a battu des records ces deux dernières années.
13:38 Oui, la question.
13:39 La question c'est de poser, est-ce qu'une taxe est exceptionnelle ?
13:41 Mais vous savez, c'est la question qu'on vous pose depuis des années, notamment le Covid, où on a vu beaucoup de grandes entreprises qui se sont énormément enrichies,
13:49 ou de personnes très riches qui se sont enrichies, c'est toujours de dire, si vous avez besoin d'argent, est-ce que ce n'est pas le moment de demander une contribution exceptionnelle ?
13:58 Pas un impôt qui rentre tous les ans, mais une contribution exceptionnelle aux plus riches.
14:02 C'est notamment ce que disait un des économistes de la Banque Centrale Européenne, qui lui non plus n'est pas un immense gauchiste.
14:08 Je redis que cette question-là, elle doit être posée. On aura le débat dans le projet de loi de finances pour 2025, je n'en doute pas.
14:16 Je suis convaincu que sur ce sujet-là, il faut faire comme pour la fiscalité sur les entreprises.
14:20 On s'est assuré qu'aucune multinationale n'échappe à l'impôt sur les sociétés. C'est une première en France.
14:25 Pour les plus fortunés, les plus mobiles, ça n'aurait aucun sens de le faire à l'échelle purement nationale, parce qu'ils ont la capacité à échapper à l'impôt en changeant de pays.
14:34 Donc qu'on soit en mesure de travailler avec nos partenaires européens.
14:37 Vous pensez que si vous demandez une taxe exceptionnelle aux plus riches pendant un an ou deux ans, ils partent immédiatement à l'étranger ?
14:42 Je considère qu'il y a une telle mobilité du patrimoine qu'elle pourrait être inefficace si on n'a pas une initiative européenne ou internationale sur ce sujet-là.
14:51 Retour au standard. Bonjour Martin.
14:53 Bonjour.
14:54 On vous écoute.
14:55 Bonjour M. le ministre. Vous dites qu'on va demander à l'État et pas aux Français des efforts, mais c'est déjà l'État et donc les usagers qui ont supporté beaucoup d'économies ces dernières années.
15:03 Donc je voudrais vous demander, est-ce qu'il n'aura pas été plus simple et plus courageux, par exemple, de ne pas revaloriser les retraites sur l'inflation ?
15:09 Ça fait 400 milliards avec 2,5% d'inflation. On aurait fait les 10 milliards d'économies et on sait déjà que les retraités ont un niveau de vie supérieur à celui des actifs.
15:18 Est-ce que ce n'était pas une mesure de justice ? Plutôt que de demander à l'État, on sait déjà que la fonction publique n'est pas suffisamment attractive. Je vous remercie.
15:24 Merci Martin pour cette question. Thomas Cazenave.
15:27 Merci Martin. Moi je crois que d'abord les dépenses de l'État, elles ont énormément progressé ces dernières années. Je vous le disais, elles ont augmenté de 25%.
15:37 S'agissant de la revalorisation des pensions de retraite, puisqu'il s'agit de cette mesure qui a coûté au budget de l'État plus de 14 milliards d'euros.
15:45 Je considère que dans une période d'inflation, de grande inflation, il faut aussi protéger face à l'inflation. C'est ce qu'on a fait, y compris en revalorisation des prestations sociales.
15:54 On ira, je crois, à ce débat pour le projet de budget 2025. Je crois que c'est une vraie question.
15:59 Est-ce qu'on continue à indexer sur l'inflation l'ensemble de nos prestations, l'ensemble de nos transferts ?
16:05 Est-ce que ce n'est pas une méthode aussi pour plus facilement redresser nos comptes publics ?
16:09 Mais d'ores et déjà, je le redis.
16:10 Donc c'est une question qui se pose.
16:11 Mais pas aujourd'hui, qui pourra se poser pour le projet 25.
16:14 Aujourd'hui, on assume de dire que c'est sur l'État et ses opérateurs qu'on fait l'effort. On va réduire nos dépenses de fonctionnement, nos dépenses d'achat, d'immobilier.
16:22 Alors justement, nos dépenses de fonctionnement, Thomas Cazenaves, puisque sur ces 10 milliards, on a beaucoup parlé du milliard pris à la prime Rénov', du milliard quasiment un peu moins pris à l'aide au développement.
16:33 Dans le contexte géopolitique, on peut aussi s'interroger sur cette décision-là de raboter l'aide au développement aux pays pauvres.
16:39 Peut-être que vous voulez répondre parce que je vais venir aux dépenses de fonctionnement.
16:43 L'aide publique au développement a augmenté de 50% depuis le début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, qui représente en 2022 quasiment 15 milliards d'euros.
16:53 On reste un pays extrêmement investi sur la politique d'aide au développement.
16:57 Mais comme toutes les politiques publiques, on demande un petit effort pour tenir nos objectifs.
17:02 Et donc sur ces 10 milliards, vous avez dit 5 milliards d'euros d'économies de dépenses de fonctionnement.
17:07 Alors qu'est-ce que ça veut dire cette phrase ?
17:10 Est-ce que ça veut dire des suppressions de postes dans la fonction publique ?
17:15 Ça veut dire qu'on demande à tous les ministères et ses opérateurs de tous contribuer à cet effort.
17:22 Et ça recouvre différentes dépenses. Il y a des dépenses de personnel pour 700 millions d'euros cette année.
17:28 En constatant que l'année dernière, là encore, comme sur ma prime Rénov', on n'a pas utilisé toutes les dépenses de personnel.
17:35 Donc on va faire effectivement dans les ministères, là où c'est possible, décaler certains recrutements, faire quelques économies.
17:42 Pour 700 millions d'euros.
17:43 Combien ?
17:44 Pour 700. Ce n'est pas un chiffre, parce que ce sont des dépenses de personnel.
17:47 Après, vous savez ce que c'est quand on ne précise pas.
17:50 Moi, je lis sur les réseaux sociaux qu'il y aurait 40 000, 80 000 suppressions de postes.
17:56 Est-ce que vous pouvez clarifier ça ?
17:58 Je peux d'abord rassurer.
17:59 On parle des profs, des policiers.
18:01 Dites les choses, parce que 5 milliards d'euros de fonctionnement, ça veut dire potentiellement beaucoup de postes supprimés.
18:06 Non, parce qu'il n'est pas question de faire 5 milliards sur les dépenses de personnel de l'État.
18:10 Je vous dis, c'est 700 millions et les engagements de réarmement des services publics que l'on a pris,
18:15 qu'a réaffirmé Gabriel Attal, qu'il s'agit des recrutements de policiers, qu'il s'agit de recrutements de magistrats,
18:22 qu'il s'agit de recrutements d'enseignants, bien sûr qu'ils seront tenus.
18:25 Mais on peut faire des économies par ailleurs, en administration centrale, dans les opérateurs.
18:29 Donc on a demandé à chaque ministre de faire des économies sur ce poste-là, sur les achats.
18:34 On va faire 750 millions d'euros d'économies d'achat, parce qu'on va faire des marchés qui vont globaliser l'ensemble des ministères,
18:41 par exemple sur la peinture, sur les petits travaux, sur la téléphonie, sur l'informatique.
18:46 L'immobilier, on va réduire de 25% nos surfaces.
18:48 On a 2 milliards de loyers par an, l'État.
18:51 Donc moi, ce que je souhaite, c'est qu'on réduise les surfaces de bureaux pour faire des économies.
18:56 Les déplacements, par exemple. À l'heure de la vision, on peut peut-être se déplacer un peu moins.
19:00 Moins 20% de déplacement des agents publics.
19:02 Donc c'est très concret et je crois que c'est tout simplement la nécessité de bâtir un État sobre.
19:08 Un État sobre, à la fois sur le plan des finances publiques et aussi sur le plan de la transition économique.
19:12 Vous ne m'avez pas répondu sur les fonctionnaires.
19:14 Si, je vous le redis. Je souhaite être très clair.
19:17 C'est un effort qui est demain.
19:18 Combien de postes de fonctionnaires au moins ?
19:19 Il n'y a pas de nombre de postes, c'est juste une baisse de la masse salariale,
19:23 parce qu'il y a des recrutements qui vont être décalés dans certains ministères,
19:27 certaines agences, dans certains bureaux, dans certaines administrations.
19:30 À la fin, il appartient à chaque ministre de refaire un budget.
19:34 C'est pour ça que c'est aussi exigeant vis-à-vis des ministres.
19:36 Parce qu'en début d'année, ils vont devoir refaire un budget.
19:38 Il y a une vraie solidarité gouvernementale que je salue.
19:41 Mais il n'est pas question de revenir sur les engagements de réarmement des services publics qui ont été pris et réaffirmés.
19:46 Dans ces économies, Thomas Cazenave, il y a aussi le CPF, le Compte Personnel de Formation,
19:52 créé en 2014, réformé en novembre 2019.
19:57 Il permet aux salariés de disposer d'un système de crédit en euros pour bénéficier de formation professionnelle
20:03 par le biais d'une plateforme en ligne.
20:05 Vous avez annoncé la mise en place d'une participation forfaitaire des salariés à ce CPF.
20:11 Une mesure juste et nécessaire pour vous, qui permettra de générer 200 millions d'économies.
20:16 Alors, précisez-nous les choses.
20:18 Qu'est-ce qu'il va se passer pour les salariés ?
20:20 Ils vont devoir payer une somme annuelle, mensuelle, pour alimenter ce CPF,
20:25 faire valoir leur droit à formation.
20:27 Elle sera de combien cette somme ?
20:29 Le CPF, le Compte Personnel de Formation, c'est aujourd'hui plus de 2 milliards d'euros.
20:33 C'est une politique publique qui s'est considérablement développée
20:37 et qui aujourd'hui représente un investissement très important.
20:40 C'est une décision qu'on a prise en 2023.
20:44 Que les salariés, les entreprises puissent contribuer au projet de formation.
20:48 Je prends l'exemple d'une formation à 500 euros,
20:50 demander une contribution du salarié qui va bénéficier, par exemple,
20:54 de telle formation en langue de 50 euros, lui ou son entreprise.
20:57 Ce qui ne sera pas valable pour les demandeurs d'emploi.
21:00 Les demandeurs d'emploi, pour le coup, les formations restent complètement gratuites.
21:04 C'est un quantum de 10% qui est en train d'être affiné
21:08 et qui donnera lieu à un décret qui sera pris courant avril.
21:12 C'est un projet qui est porté par la ministre du Travail, Catherine Vautrin,
21:17 mais une décision qu'on avait prise dès l'année dernière.
21:20 Thomas Cazenave, une question sur l'appli de France Inter, de Marie, de Grenoble.
21:24 L'État n'a plus d'argent, il demande aux Français de faire des efforts,
21:27 mais vendredi dernier, Emmanuel Macron donnait 3 milliards d'euros à Zelensky pour l'Ukraine.
21:31 Pourquoi ?
21:32 Parce qu'il se joue aux portes de l'Europe un enjeu autour de notre sécurité.
21:38 Et quand je disais qu'il nous faut faire des économies aussi pour faire face aux crises,
21:43 pour financer nos priorités, on parlait de réarmement,
21:46 c'est aussi pour être en situation de faire face à cette exigence-là.
21:50 Et la France a réaffirmé son soutien à l'Ukraine,
21:53 et ça fait partie de nos priorités que nous financerons.
21:57 Donc vous changez les priorités en fait.
21:59 On pourrait poser la même question pour les agriculteurs,
22:02 vous avez décidé de débloquer des fonds pour les agriculteurs,
22:06 ce qui peut s'entendre parfaitement à la fois l'Ukraine et les agriculteurs.
22:09 Mais ce que vous expliquez c'est qu'il va falloir faire des efforts ailleurs, c'est ça ?
22:12 Gouverner c'est choisir, choisir c'est renoncer,
22:15 et on est en permanence, et je pense que c'est notre responsabilité,
22:19 en fonction des priorités qui sont les nôtres, de faire des choix,
22:22 parfois de faire des économies à certains endroits pour financer.
22:25 On parlait du réarmement des services publics,
22:27 vous parliez de l'Ukraine, de la crise agricole, les engagements pris seront tenus.
22:30 Et pour ça, comme on a fait face à la crise du Covid,
22:33 comme on a fait face à la crise énergétique, il faut des marges de manœuvre pour le faire.
22:36 Et donc pour ça il faut bien gérer nos finances publiques.
22:39 Et quand on constate une baisse des recettes, on a juste nos dépenses.
22:42 Merci Thomas Cazenave d'avoir été à notre micro ce matin, il est 8h46.
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