00:00 - Suite, mais d'abord l'édito international sur Europe 1, Vincent Herouet, bonjour à vous.
00:04 - Bonjour Dimitri.
00:05 - Coup de théâtre en Espagne, Vincent, la loi d'amnistie pour les indépendantistes catalans
00:09 qu'avait préparé le gouvernement socialiste a été rejetée par les indépendantistes catalans.
00:14 - Oui, c'est un coup de théâtre à la place d'un mini coup d'État.
00:17 Résumons, la gauche espagnole a gardé le pouvoir après avoir perdu les élections de l'an dernier,
00:23 elle a été laminée aux municipales, aux régionales, battue aux élections générales,
00:26 mais Pedro Sánchez a trouvé le moyen de rester Premier ministre.
00:31 Ce diable d'homme s'est vendu au parti indépendantiste en promettant l'amnistie aux 300 catalans condamnés
00:38 pour avoir organisé un référendum et une tentative de sécession.
00:42 Avant le scrutin, il jurait que l'amnistie serait un scandale,
00:46 après la défaite, il a jugé que tout bien pesé, c'était la bonne solution,
00:50 que la réconciliation valait mieux que la punition.
00:53 Les deux tiers des espagnols sont contre, il y a eu 10 jours d'émeute,
00:57 qu'importe, il faut savoir ce que l'on veut, et Pedro Sánchez voulait rester Premier ministre.
01:02 Hier, ce n'est l'heure de payer son dû, de voter la loi d'amnistie,
01:08 longuement négociée avec les catalans, sauf qu'au dernier moment, deux juges ont fait tout déraper.
01:14 - Et ces juges semblent acharnés contre Carles Puigdemont.
01:17 - Oui, l'ancien président de la Catalogne qui s'est enfui en Belgique
01:20 en se cachant dans le coffre de sa limousine et qui attend depuis six ans de rentrer au pays.
01:25 Le premier magistrat pense que ce fantôme asibérique a été le chef d'une organisation secrète,
01:31 Tsunami démocratique, qui est apparue quand l'armée et la police ont pris le contrôle de Barcelone.
01:37 Le tsunami n'a été qu'une vaguelette terroriste avec le blocus de l'aéroport.
01:42 Un amendement déposé la semaine dernière par les indépendantistes
01:46 permet à ces membres de profiter de l'amnistie à une condition,
01:51 qu'il n'y ait pas eu violation grave des droits de la personne humaine.
01:54 Or, un policier a été blessé et le juge vient donc de prolonger l'instruction,
01:59 ce qui fait courir à Carles Puigdemont le risque d'être arrêté à son retour d'exil.
02:05 Ce serait vraiment trop bête de s'être déshonoré en fuyant et de finir quand même derrière les barreaux.
02:10 Les indépendantistes de son parti, Juns per Catalunya,
02:14 ont déposé un nouvel amendement pour contrer l'offensive judiciaire,
02:18 mais comme ils ne l'ont pas obtenu, ils ont voté contre le texte qu'ils avaient négocié.
02:22 Nouvelle humiliation pour le premier ministre Sánchez, qui boit la coupe jusqu'à la lit.
02:27 - Et surtout qu'il y a un deuxième magistrat en embuscade dans cette histoire.
02:31 - Alors lui enquête sur les liens tissés par l'entourage de Puigdemont avec Moscou.
02:35 C'était avant l'invasion de l'Ukraine, mais les services russes avaient déjà mauvaise réputation.
02:39 Ils auraient proposé leur aide à la future Catalogne indépendante,
02:44 un soutien armé de 10 000 hommes.
02:47 Imaginez un peu ces retours en 1936 avec les renforts envoyés à Barcelone par le Comintern.
02:52 Le juge prétend avoir des données précises sur ses contacts avec des agents russes.
02:58 Ce n'est pas la Crimée, mais c'est un crime, celui de trahison, qui n'est pas couvert lui non plus par l'amnistie.
03:03 - Morale de cette histoire espagnole, Vincent ?
03:05 - La plus évidente, c'est que l'État espagnol est décadent, à la merci des ultras et des influences extérieures.
03:12 L'État de droit aussi est faibleur, avec des magistrats un peu trop scrupuleux pour être honnête.
03:17 La démocratie espagnole sort donc lessivée par ce régime parlementaire,
03:21 avec deux grands partis incapables de rassembler une majorité sur un programme.
03:25 Le peuple regarde écœurer le spectacle des Cortès.
03:29 Sánchez a signé un pacte faustien, rester au pouvoir sans avoir aucun pouvoir,
03:34 tenir la porte ouverte à Carlos Puigdemont et se la faire claquer au nez par un courant d'air polaire venu du Kremlin.
03:42 - Signature Europe 1, Vincent Herouette. Merci beaucoup Vincent. 7h46.
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