00:00 Votre agenda, nous sommes le 25 janvier aujourd'hui, nous sommes jeudi.
00:03 C'est la première journée de lutte contre le sexisme et pour une meilleure égalité entre hommes et femmes.
00:07 Et c'est pour cette raison que nous recevons ce matin Guillaume Chantal Lapuerta,
00:10 qui est président de l'association Les Simone Veil.
00:13 Les Simone Veil, V E I, de Z E N T, bien sûr, mais on aura tous compris évidemment l'allusion.
00:18 Bonjour Chantal Lapuerta.
00:20 Bonjour à tous.
00:20 Merci d'être revenue une nouvelle fois dans ce studio.
00:24 Vous venez de tout droit de Béziers, ça a été sur la route, non ?
00:27 Ça a été un peu de bouchon, mais bon ça va.
00:28 Vous avez vu notre acteur ou il n'y a pas d'autre acteur ?
00:30 Pas encore.
00:31 Pas encore, c'est demain normalement.
00:32 Je suis arrivée trop tôt peut-être.
00:34 Normalement c'est demain, donc on ne vous aurait pas invité demain, c'était pas un problème de connaissance.
00:37 Bon alors très bien, c'est parfait alors.
00:39 25 janvier, première journée aujourd'hui de lutte contre le sexisme.
00:42 C'était une volonté d'Emmanuel Macron, il l'avait annoncé, désormais d'ailleurs ce sera le cas à chaque 25 janvier,
00:48 lutte contre le sexisme et pour l'égalité entre hommes et femmes.
00:51 C'est bien une journée où vous dites "une journée ça ne suffira pas".
00:54 Non, non, ça ne suffit pas.
00:55 Quand on lit ce sixième état des lieux, c'est inquiétant.
01:00 On a des chiffres épouvantables.
01:02 Alors sixième état des lieux du Haut Conseil à l'égalité entre les hommes sur lesquels on va revenir.
01:07 Tiens d'ailleurs, on va peut-être commencer par ça.
01:09 On va réécouter ce spot de sensibilisation fait justement par le Haut Conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes
01:17 qu'on entend beaucoup en ce moment, que les chaînes du groupe Radio France d'ailleurs diffusent gracieusement, gratuitement.
01:23 Pourquoi ?
01:24 On va écouter, vous allez voir ce qu'on entend, c'est absolument édifiant.
01:27 Dans les années 70, certains disaient
01:29 Moi si je veux me taper ma femme, je suis sûr qu'elle fera mieux d'un mois.
01:31 Le viol à proprement parler, ça n'existe pas.
01:34 Vous pensez que les temps ont changé ?
01:35 Non mais une claque, c'est pas de la violence, c'est de la virilité.
01:38 L'homme il doit se montrer ferme. La femme, elle a besoin d'être dominée.
01:41 Mais les meufs, tout ce qu'elles veulent, c'est se faire dé-mon-ter.
01:44 L'homme travaille, la femme elle est à la maison.
01:46 Elles ne veulent que ton argent.
01:47 Et pourtant, ces propos ont été tenus sur les réseaux sociaux en 2023.
01:52 Faisons du sexisme de l'histoire ancienne.
01:54 Un message du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes.
01:57 Voilà, alors c'est pas des vieux trucs des années 70,
01:59 comme on en voit parfois dans les images d'archives.
02:01 Là c'est ce qu'on voit et ce qu'on entend sur les réseaux sociaux.
02:04 Chantal Lapuerte.
02:05 Ah oui, c'est très violent.
02:07 On peut s'avéroser que même la mentalité masculine évolue très peu.
02:12 Ou à très faible dose.
02:13 Et quand on lit, je l'ai encore relu hier soir,
02:16 ce 6ème état des lieux du sexisme en France.
02:20 Mais vous voyez, j'ai fait des petits coups de stabilo sur des choses qui m'ont vraiment beaucoup choqué.
02:27 Mais en fait j'aurais dû tout stabiloter parce que les chiffres sont inquiétants.
02:31 Et une journée de lutte contre le sexisme va nous mener où, elle sert à quoi ?
02:37 Qu'est-ce qu'il va y avoir derrière ?
02:39 Si on était sûr encore qu'il y ait des mesures de prise par rapport à cela
02:43 et qu'on laisse la liberté d'expression à toutes les femmes,
02:46 mais je dis bien toutes,
02:47 ben oui, pourquoi pas, mais il faudra en faire plus souvent.
02:51 Parce qu'on n'est pas au bon augure en ce moment.
02:54 On voit l'affaire de Pardieu, on voit tout ce qui se passe sur le soutien d'Emmanuel Macron
02:59 sur son terme de dénoncer une chasse à l'homme, à cet homme-là.
03:04 On ne comprend pas pourquoi une journée du sexisme arrive aujourd'hui.
03:07 - C'est contradictoire dire ça d'un côté sur le Pardieu, de l'autre...
03:10 - Ah complètement, mais il y a beaucoup de choses de contradictoires, il n'y a pas que ça.
03:13 - Parmi les chiffres, alors effectivement vous auriez presque pu tout stabilo bosser,
03:16 comme on dit dans ce sixième rapport du Haut Conseil à l'égalité.
03:21 Il y a deux trois choses qu'on retient.
03:22 Un jeune adulte masculin sur trois considère par exemple qu'il est normal
03:28 que les femmes s'arrêtent de travailler pour s'occuper de leurs enfants.
03:30 Alors là on n'est pas dans la violence physique ou morale,
03:33 mais c'est ce genre de propos et de comportement qui après
03:36 peut éventuellement déclencher autre chose.
03:38 - Mais bien sûr, on n'en est plus là.
03:41 Les femmes sont libres de travailler, sont libres d'avoir des enfants et de les élever.
03:46 En solo ou en couple, mais avec une répartition des tâches pour celles qui sont en couple.
03:52 Et puis en solo, elles doivent effectivement avoir droit à une liberté totale
03:57 de pouvoir assumer un travail et une éducation de son propre enfant.
04:01 Moi je pense qu'on est à la ramasse un petit peu là-dessus.
04:05 - Ce qui est inquiétant c'est qu'il s'agit de jeunes adultes,
04:08 donc c'est la jeune génération qui arrive.
04:10 On pensait que le sexisme reculait en France, pas du tout.
04:14 - Il y a 70% des hommes qui pensent encore avoir la responsabilité financière de sa famille
04:19 pour être respectés.
04:21 À quelle heure on est respecté parce qu'on suit bien la famille financièrement ?
04:29 Non, il faut changer de mentalité.
04:32 Pour changer de mentalité, alors moi j'ai confiance en l'avenir.
04:35 Je suis quelqu'un de très positif en général.
04:38 Et je me dis qu'aujourd'hui de ces 26-34 ans dont on parle dans ce sixième rapport,
04:44 très largement, parce qu'on en parle beaucoup,
04:47 de ces 26-34 ans, moi j'ai hâte de les voir arriver à 40 ans.
04:52 Parce qu'aujourd'hui je me dis, les filles d'aujourd'hui qui ont entre 26 et 34 ans,
04:57 peut-être subissent encore ce sexisme patriarcal,
05:00 que l'on subit encore parce qu'il y a une trace, une empreinte,
05:03 pas indélible j'espère, mais une empreinte certainement
05:07 qui est encore de reste sur notre société.
05:10 - Les réseaux sociaux, c'est la plaie aujourd'hui ?
05:13 - Oui, c'est très violent les réseaux sociaux.
05:16 Il faut non seulement passer, moi je pense, pour éradiquer ce sexisme en question,
05:23 de l'éducatif, de l'éducatif et encore de l'éducatif.
05:27 C'est-à-dire que c'est l'école, c'est la maison, mais c'est aussi le numéraire.
05:31 Aujourd'hui, il ne faut pas se voiler la face,
05:33 on a quand même un gros problème d'internet axé à des enfants.
05:37 - Le numérique, vous vouliez dire ?
05:38 - Oui, le numérire, excusez-moi.
05:41 - Comment ? Il y a la pornographie et tout ça, c'est quelque chose entre vous ?
05:46 Comment on surveille, comment on règlement tout ça ?
05:49 - Quand vous voyez qu'en fait, il y a des hommes qui pensent que c'est normal
05:55 d'avoir une sexualité au premier abord avec de la pornographie.
06:00 On a laissé la pornographie s'installer partout sur le net
06:03 et ils y ont accès à tout bout de champ.
06:07 Et voilà pourquoi on en est aussi un petit peu là.
06:10 Alors moi, il y a des groupes féministes qui sont...
06:14 Bon, ça se discute, mais moi je suis contre la marchandisation du corps
06:18 et moi je ne peux pas cautionner des sites internet aussi répandus.
06:25 Ce n'est pas possible sur les yeux des jeunes publics.
06:28 - Il ne se passe rien, on est bien d'accord, à part de demander l'âge de la personne qui veut...
06:32 - Voilà, voilà.
06:33 - Il nous reste peu de temps, Chantal Laporta, un mot des Simone Veil.
06:37 C'est un collectif créé à Béziers en 2020, il y a trois ans maintenant.
06:41 Vous n'attendez pas le 25 janvier pour vous mobiliser, j'imagine.
06:44 - Pas du tout.
06:45 - Et vous avez l'intention de le faire encore très prochainement, je crois.
06:48 - Oui, c'est très quotidien chez nous, c'est une lutte en permanence,
06:51 mais ça ne devrait pas l'être, ça doit être une mentalité, un état d'esprit pour tout le monde.
06:55 Et je dis bien tout le monde, ça touche tout le monde.
06:58 Et oui, on a un programme chargé cette année,
07:01 c'est qu'on fait une campagne contre les violences
07:04 parce qu'elles se répandent de plus en plus, on a de plus en plus de féminicides.
07:07 Aujourd'hui, on est à 10, à l'heure où je vous parle.
07:09 - Depuis le début de l'année ?
07:11 - Depuis le début de l'année, oui.
07:12 - Le 1er janvier, oui.
07:13 - Donc ça fait une femme à peu près tous les trois jours.
07:16 Ça part vraiment très mal, parce qu'on essaie d'éradiquer ce chiffre morbide,
07:20 mais on n'y arrive pas.
07:21 - Qu'est-ce que vous avez prévu ?
07:22 - Alors, on fait de la sensibilisation,
07:24 on fait une campagne de sensibilisation à Béziers avec les boulangers de Béziers
07:28 et de la ceinture bitéroise.
07:30 On est allés même dans les Hauts-Cantons,
07:32 on est allés même jusqu'aux Hauts-Cantons rencontrer nos boulangers
07:34 pour faire des étuis à baguettes la semaine du 8 mars,
07:37 où il y aura un violentomètre au dos
07:40 et en face, tous les numéros d'urgence auxquels on peut avoir accès.
07:44 - Violentomètre, expliquez-nous ce que c'est.
07:46 - Alors, un violentomètre, c'est une graduation
07:48 qui vous permet de savoir où vous en êtes dans votre couple.
07:51 - Ça, ça va être distribué chez les boulangers ?
07:53 - Oui, on va leur fournir les étuis sur l'équivalent d'une semaine,
07:57 donc on est en train de les démarcher en ce moment.
07:59 Et ils vont dire, voilà, sur une semaine,
08:01 on en passe 2000, 3000, peu importe,
08:05 et on prend en commande.
08:07 Et là, nous, il ne s'agit pas de faire de l'argent,
08:09 c'est uniquement pour nous rendre à Béziers.
08:11 On leur ramène quand même un prix de revient,
08:14 les étuis à baguettes beaucoup moins cher
08:16 pour qu'ils puissent jouer le jeu avec nous.
08:18 - C'est pour que les femmes prennent conscience elles-mêmes,
08:22 en utilisant ce violentomètre ?
08:23 - Oui, mais ça, ce violentomètre, il devrait être partout.
08:26 C'est-à-dire dans les restaurants, dans les toilettes pour femmes,
08:29 on devrait en avoir partout.
08:31 Parce que ça permet de nous situer soi-même.
08:34 C'est-à-dire que si c'est sur la table,
08:36 et bien on va regarder, tiens, où j'en suis ?
08:38 Ah mince, il regarde mon portable, il me demande où je vais,
08:40 il me chronomètre, ça c'est pas normal,
08:43 on est dans le rouge, il faut réagir.
08:45 - Ce sera à partir du début mars, on aura l'occasion évidemment
08:47 de reparler de ce violentomètre sur les étuis à baguettes
08:50 des boulangers bitérois.
08:51 - Voilà. - Merci Chantal Laporte.
08:53 - Je vous en prie, c'est moi qui vous remercie.
08:54 Simone va y être venue ce matin, dans le 6/9.
08:57 - Vous retrouverez cette interview sur le site internet,
08:59 comme toutes les autres d'ailleurs, en allant sur francebleu.fr.
09:01 La petite histoire du jour de Léopoldine Dufour, c'est dans 2 minutes.
09:04 2 minutes parce que les chansons des Beatles en général sont courtes.
09:07 Alors voici Yesterday, dans le 6/9 de France Bleu Héro ce matin à 8h24.
09:11 Merci de nous avoir choisis.
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