00:00 Oui, le blocage va se poursuivre cette nuit. Nous sommes ici sur l'autoroute qui relie Toulouse à Tarbes,
00:04 sous un pont avec les tracteurs qui sont en train de bloquer la route.
00:07 Il y a énormément de monde, 350, 400 agriculteurs qui sont présents.
00:10 Jusqu'aux côtés de Jérôme Baël, vous êtes un des leaders, on peut dire, de ce mouvement.
00:14 Qu'est-ce qui vous motive encore à rester ce soir ? Il va faire -4°C demain matin.
00:18 La température ne va pas nous faire peur ce soir.
00:20 Surtout quand on vient d'apprendre que le ministre de l'Agriculture n'a sûrement pas eu le courage de venir nous rencontrer ici.
00:29 Il pensait sûrement, il parait qu'on est une terre un peu hostile, mais il s'est trompé.
00:35 Et avec cette annonce-là, qu'il n'ose pas venir nous affronter, je pense qu'il a galvanisé les troupes.
00:42 Vous voyez, ce soir, on est peut-être plus de 400 personnes.
00:45 Et dites-vous que ça a été ça depuis hier et que demain, ça va encore s'intensifier.
00:50 Vous dites « affronter » parce que c'est vraiment beaucoup de colère qu'il y a ici, qu'on ressent ici ?
00:55 Ce soir, jusqu'à maintenant, je parlais de détermination.
00:58 Maintenant, je parle un peu plus de colère parce que l'État encore, et en particulier notre ministre, nous montre du mépris.
01:07 Mais il aura ouvert un truc.
01:10 Maintenant, notre objectif, on sait qu'il est un malotage défavorable.
01:15 Notre objectif sera de faire la chasse au ministre.
01:18 — Pour les téléspectateurs qui regardent ce soir et qui ne sont pas au courant des revendications que vous avez,
01:22 qu'est-ce qui ne va pas pour tous les agriculteurs qui sont là autour de nous ce soir ?
01:26 — Mais qu'est-ce qui ne va pas, tout simplement ? Je le dis, je le redis, c'est les chiffres qui parlent.
01:31 Deux agriculteurs par jour en France se suicident. Je pense qu'il reste des chiffres évocateurs.
01:38 Dans quelle entreprise mondiale, on va dire, on accepterait que deux personnes de sa famille décèdent tous les jours ?
01:47 Nulle part. Les gens, ils sont à bout. Vous voyez, il y a des jeunes, il y a des personnes plus âgées.
01:53 Ils sont tous là pour se défendre, pour défendre l'héritage qu'ils ont tous eu et les valeurs qu'ils ont eues.
01:59 Aujourd'hui, nous, ici, on a une valeur, qui est la parole. Le ministre de l'Agriculture, M. Faisnon,
02:05 est venu le 2 novembre dans les Pyrénées-Atlantiques avec soi-disant des mesures pour aider les levages.
02:13 Depuis le 2 novembre, il fait la sourde oreille. Nous, chez nous, une parole vaut plus qu'un papier.
02:19 Il continue à nous mépriser en évitant notre rencontre. Donc je le redis, la chasse au ministre est ouverte.
02:26 Et s'il faut qu'on y assiste le temps et qu'on monte à Paris-Bouygues, côté de salon de l'agriculture, on est capable de le faire.
02:32 — Merci beaucoup pour ce point en direct avec nous. Pas de rencontre donc avec le ministre de l'Agriculture ici.
02:37 En revanche, il y aura une rencontre demain avec le préfet de Haute-Caronne. Ça se passera à Toulouse en début d'après-midi.