00:00 L'édito politique sur Europe 1 avec Lofi Garraud. Bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:04 Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:07 Évidemment on parle de la conférence de presse d'Emmanuel Macron.
00:10 Ça a été un festival d'annonces et de réponses sur tous les sujets.
00:13 Comme d'habitude, le président a semblé très à l'aise dans l'exercice.
00:17 Vincent, qu'est-ce qui vous a frappé dans ce moment présidentiel ?
00:20 D'abord une surprise incroyable, une chose que l'on pensait impossible
00:24 et qui s'est faite hier soir dans le palais de l'Elysée.
00:26 Cette chose c'est l'union des droites.
00:29 Emmanuel Macron en effet n'a oublié personne, chacun a eu sa part de galette.
00:33 Nicolas Sarkozy avec la reprise de son slogan de 2012 "La France forte".
00:38 Laurent Wauquiez, Éric Ciotti et Éric Zemmour avec la reprise par le président
00:42 du fameux "Que la France reste la France" utilisé par le patron de Reconquête en 2022
00:46 et par Les Républicains avant lui.
00:48 Mais on a eu aussi le couplet contre la bureaucratie
00:50 qui aurait pu être écrit par David Lyssenaar
00:52 et la plainte sur le déclassement des gens ordinaires
00:54 que Jordan Bardella n'aurait pas renié.
00:56 Alors est-ce que c'était un exercice de transformisme
00:59 ou le retour du réel au cœur du pouvoir ?
01:01 Le problème chez Emmanuel Macron c'est que la sincérité est toujours en marche
01:05 mais c'est un fait.
01:06 Dans son propos liminaire, le chef de l'État a rompu franchement
01:09 avec l'oscillation perpétuelle qui caractérise sa politique
01:12 et autre changement notable, il a fait bref.
01:14 Alors même si un peu plus tard sur les émeutes
01:17 il a continué de pointer les écrans
01:19 et loisiveter plutôt que les effets d'une immigration anarchique,
01:22 le président s'est approché comme jamais hier soir des attentes de nos concitoyens
01:26 et on ne peut que s'en réjouir.
01:27 - Est-ce qu'il vous a convaincu ?
01:29 - Ne nous emballons pas Dimitri,
01:31 il faudrait être amnésique pour prendre en bloc
01:33 l'éloge de la culture française par celui qui niait son existence,
01:37 l'éloge de la frontière par celui qui voyait un anachronisme,
01:40 l'éloge des communautés d'expérience par le chantre de l'émancipation,
01:44 de la nation par celui qui voulait la diluer dans l'Union Européenne,
01:47 de la politique nataliste par le président longtemps indifférent
01:50 à l'existence d'un ministère de la Famille,
01:52 l'éloge enfin de l'écologie de bon sens
01:54 par l'homme de la convasion citoyenne sur le climat
01:57 qui n'en avait aucun bon sens.
01:58 Je vous rappelle que c'est le même Emmanuel Macron
02:00 qui entre les deux tours de 2022
02:02 avait repris les slogans d'Olivier Besancenot
02:05 "Nos villes valent mieux que nos profits"
02:08 et de Jean-Luc Mélenchon "L'avenir en commun".
02:11 Donc quand l'impressionniste dû en même temps
02:13 se fait le défenseur de la ligne claire,
02:14 on peut applaudir mais on peut aussi demander à juger sur pièce.
02:18 - Donc il ne vous a pas convaincu.
02:19 - Ce serait mentir de dire que cette ode à l'autorité,
02:22 au bon sens, au grand texte et à la marseillaise était désagréable.
02:26 Il a même cité les deux écoles de Michel Sardou,
02:28 ce qui nous change de Jurgen Abarmas.
02:30 Mais il y avait pourtant une dissonance gênante
02:32 dans cet exposé libéral conservateur.
02:34 Cette bizarrerie, c'est le continuum que le président de la République
02:37 a établi entre le "d'où nous venons" et le "où nous allons",
02:40 c'est-à-dire entre le début de son quinquennat
02:42 et son propos du jour.
02:43 A l'entendre, on avait l'impression que cette conférence de presse
02:46 était la prolongation naturelle des six dernières années d'exercice du pouvoir.
02:49 Et pourtant, au regard des émeutes de l'insécurité ordinaire,
02:52 de la dette colossale,
02:54 l'autosatisfaction d'Emmanuel Macron était simplement sidérante.
02:58 Quand il s'est félicité du retour de la force économique et sociale
03:02 et de la force républicaine de l'État retrouvé,
03:04 je cite ces mots,
03:06 il y avait là quelque chose d'irréel.
03:08 On ne savait pas en vérité qui était en face de nous,
03:10 le chef de l'État ou Zelig,
03:12 ce personnage de Woody Allen capable, dans le même film,
03:15 de tenir tous les rôles et de prononcer tous les discours.
03:18 Au fait, on a eu la clé quand Emmanuel Macron a dit à un moment
03:22 "toutes les vertus du théâtre" derrière le président,
03:25 on a reconnu le comédien.
03:27 - L'édito, et bien d'ailleurs, du théâtre, il en veut pour tous les élèves de 6ème
03:30 dès la rentrée prochaine, Emmanuel Macron.
03:32 Les vertus d'incarner l'autre.
03:34 L'édito politique sur Europe 1, merci Vincent Trémolet de Villers.
03:38 À la lune du Figaro ce matin, le plaidoyer d'Emmanuel Macron justement
03:41 pour réarmer son quinquennat.
03:43 Révélation également sur le coût du travail au noir en France,
03:45 10 milliards d'euros de manque à gagner en cotisation sociale.
03:49 C'est simple, c'est le trou de la sécurité sociale pour se faire une idée.
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