00:00 Je vais ici redire les choses très clairement.
00:03 François Bayrou a pris la décision de démissionner.
00:06 Je ne lui ai pas demandé.
00:08 En 2017, il était garde des Sceaux.
00:11 J'ai eu ensuite plusieurs ministres durant mon 1er mandat
00:15 qui ont été mis en examen.
00:17 Et en effet, ministre de la Culture l'est,
00:22 dans une affaire dont je n'ai pas à connaître.
00:25 Au fond, je me suis appuyé sur un changement des règles simple
00:29 et aussi en regardant l'évolution
00:30 de notre vie politique et judiciaire.
00:32 Depuis 10 ans maintenant, dans notre pays,
00:35 il n'y a plus d'instruction individuelle sur les dossiers.
00:38 Il y avait une vieille jurisprudence
00:40 qui existait dans notre pays, qui fait qu'en effet,
00:41 quand un ministre était mis en examen,
00:43 il devait quitter la table du Conseil
00:44 parce qu'il avait un de ses collègues
00:45 qui pouvait donner une instruction individuelle au parquet.
00:49 C'est interdit maintenant.
00:51 Il n'y en a plus.
00:53 Qui plus est, tous les membres du parquet
00:56 que j'ai eu à nommer depuis que je suis président,
00:57 comme le faisait d'ailleurs mon prédécesseur,
01:00 l'ont été conformément aux avis du CSM.
01:03 Donc oui, ce faisant, il n'y a pas de règle
01:06 qui fait qu'un ministre mis en examen devrait quitter
01:09 parce que sinon, en quelque sorte,
01:10 je reconnaîtrai moins à un responsable politique
01:12 la présomption d'innocence qu'à d'autres.
01:13 Donc la justice va faire son travail
01:15 avec sérénité, à son rythme,
01:18 mais je considère qu'il n'y a pas de changement de règles.
01:20 Il y a juste là aussi une forme de bon sens.
01:23 Pour le reste,
01:26 j'ai proposé avec le Premier ministre
01:30 à Mme Rachida Dati de devenir ministre de la Culture
01:31 parce que son énergie, son talent, sa liberté,
01:37 puisqu'elle ne se réduit pas à une appartenance politique,
01:42 je crois, seront utiles à la culture,
01:46 à ouvrir des portes et à permettre, au fond, de mettre fin,
01:49 je le disais, c'est pour moi un de mes grands objectifs,
01:53 à cette France du "c'est pas fait pour moi".
01:56 Il faut lutter contre celle-ci.
02:01 Nous n'avons pas parlé de Paris.
02:02 Vous aurez du mal à me croire quand je vous dis ça,
02:05 mais c'est vrai.
02:06 [SILENCE]
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