00:00 - Comme tous les vendredis sur Europe 1, bonjour Catherine Ney.
00:02 - Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:04 - Alors Catherine, voilà c'est fait, 48 heures après sa nomination surprise,
00:08 et déjà deux déplacements de Paris,
00:10 Gabriel Attal va franchir à 11h le Cap Solanel
00:12 de son premier conseil des ministres autour de lui.
00:16 11 ministres dont une vedette inattendue, c'est Rachid Handati, nommé à la culture.
00:20 - Oui, comme quoi une grosse surprise peut en cacher une autre.
00:23 Jadis, Georges Pompidou disait "les français, il faut leur faire un peu de théâtre".
00:27 Vous pensez bien qu'avec De Gaulle à l'Elysée, lui à Matignon,
00:30 c'était pas du guignol qu'il parlait.
00:31 Il sous-entendait qu'il fallait faire de la politique,
00:34 embarquer le pays dans un récit qui le tiendrait en haleine.
00:37 Et d'une certaine manière, c'est ce qu'a fait Gabriel Attal,
00:40 car à peine arrivé au ministère de l'Éducation nationale,
00:43 il a pris des mesures, quel courage,
00:45 qui correspondaient au désir du pays, retour de l'autorité.
00:49 Donc on attendait la suite avec gourmandise, comme un feuilleton à rebondissement.
00:53 - Bon, Rachid Handati est déjà une vedette.
00:55 - Oui, avec un taux de notoriété bien plus haut que celui du Premier ministre.
00:58 C'est une star ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy.
01:01 Elle avait pas mal secoué ce petit monde de l'entre-soi judiciaire.
01:05 Les petits pois, comme disait Nicolas Sarkozy, ce qui lui a plutôt coûté cher.
01:09 Mais enfin, elle avait réformé la carte judiciaire,
01:12 créé les peines planchées, la rétention de sûreté.
01:15 En clair, c'était une ligne d'autorité.
01:17 Évidemment, elle pumentait tout ça d'un franc parlé à nul autre pareil,
01:21 car elle a du talent.
01:22 Mais surtout, c'est qu'elle n'a peur de rien.
01:23 Et ça depuis l'enfance.
01:25 Un père marocain, une mère algérienne, une famille de 12 enfants,
01:28 8 filles, 4 garçons.
01:30 Vous imaginez sa bagarre pour faire ses études.
01:32 Elle était magistrale.
01:33 Mais surtout pour ses frères, ses sœurs, dont elle a payé des études
01:36 et qui ont tous réussi.
01:37 Elle est le chef de la famille d'un clan.
01:40 C'est un concentré d'énergie, tour à tour séduisante, drôle,
01:43 mais elle peut être aussi très violente, d'une mauvaise foi aussi.
01:47 On se fâche avec elle, mais on se réconcilie presque toujours.
01:51 Hélène Dillers peut être le grand ami du lendemain.
01:54 Elle est vénérée par ses électeurs du 7e arrondissement.
01:57 Elle au ministère.
01:59 Évidemment, les réseaux sociaux vont être privés de leur spectacle favori,
02:02 de ses infectives avec Anne Hidalgo au conseil de Paris.
02:06 Mais pour beaucoup, elle était accro.
02:07 – Alors, elle arrive donc à la culture.
02:09 Alors là, le spectacle va continuer.
02:11 – Oui, mais ça sera le feuilleton dans le feuilleton.
02:13 Et ça s'est décidé hier dans l'après-midi.
02:16 Le président lui a recommandé de privilégier une culture populaire,
02:19 de sortir aussi de l'entre-soie de gauche qui tient le haut du pavé.
02:23 Bon, affaire à suivre.
02:25 Il y a aussi, vous le savez, un deal pour Paris.
02:27 Emmanuel Macron lui avait promis son soutien la dernière fois,
02:30 paraît-il, il n'est pas venu.
02:31 Elle lui en voulait, là encore, affaire à suivre.
02:34 – Alors, on a l'impression que dans ce gouvernement à Thal,
02:36 les sarkozistes sont bien traités.
02:39 – En tout cas, mieux que les amis de François Bayrou,
02:41 d'Édouard Philippe qui tord de le nez.
02:43 Mais de fait, l'arrivée de Catherine Vautrin
02:45 à la tête d'un très gros ministère,
02:46 travail, santé, solidarité.
02:49 Elle a été ministre de Jacques Chirac.
02:50 Avec Xavier Bertrand, elle était porte-parole
02:52 de Nicolas Sarkozy pour la campagne de 2007.
02:55 Emmanuel Macron lui avait proposé Matignon.
02:57 L'affaire a été conclue et pouf, c'est Elisabeth Borne
02:59 qui est arrivée avec son gouvernement technique, comme elle disait.
03:02 Alors, tu as voulu voir Vesoul, tu as vu Vierzon, mais c'est vrai.
03:06 Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu
03:09 se trouvent confortés, renforcés tous, sarkozistes.
03:13 Bruno Le Maire voit même son périmètre élargi à l'énergie.
03:16 « Je ne suis pas un vice-premier ministre », a-t-il lâché,
03:18 comme s'il nous entendait qu'il l'était bien,
03:21 car Bercy est plus que jamais une grosse féodalité.
03:23 Sébastien Lecornu reste aux armées.
03:25 Oui, c'est sarkolande, mais la chiracienne Catherine Colonna
03:29 est victime, elle quitte le quai d'Orsay.
03:31 Sans doute, sa communication était-elle trop transparente, désincarnée.
03:35 Elle est remplacée par le député européen Stéphane Séjourné.
03:38 Un choix où le premier ministre a eu sûrement son mot à dire,
03:42 car pour le reste, c'est le président qui a choisi le casting.
03:44 - Bon, il y a un déséquilibre pour la gauche, là.
03:47 - Ah ben hier, sur TF1, Gabriel Attal, qui vient de la gauche,
03:50 tout comme Éric Dupond-Moretti, confirmé à la justice,
03:53 a déclaré qu'il ne demandait pas aux ministres de montrer leur carte politique.
03:57 Lui, ce qu'il veut, c'est clair.
03:59 De l'action, de l'action, de l'action, des résultats, des résultats, des résultats.
04:03 Il n'empêche, exit quelques figures de l'aile gauche, de la Macronie.
04:08 Clément Beaune, Olivier Dussopt, Olivier Barron,
04:10 et bien sûr, la première ministre Elisabeth Borne.
04:13 Seront-ils l'effrandeur de demain ?
04:16 Vous allez voir, il va y avoir du spectacle, là aussi.
04:18 - Eh ben écoutez, on attendra les passations de pouvoir, déjà, pour commencer.
04:22 C'est à 9h30 ce matin, en ce qui concerne Rachida Dati.
04:25 Et donc, le premier conseil des ministres de cette nouvelle équipe de France gouvernementale, à 11h.
04:30 Merci beaucoup, Catherine Ney.
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