00:00 Vous avez participé à cette fameuse commission mixte paritaire.
00:04 Vous avez accouché dans la douleur d'un accord.
00:07 Écoutez, bon, il y a eu quelques moments un peu tendus,
00:10 comme souvent en commission mixte paritaire,
00:13 mais enfin, seule la victoire est belle.
00:15 C'est une victoire de DLR ?
00:16 Ah ben, clairement. De quoi parlons-nous ?
00:19 Quel est le texte qui a été adopté ?
00:20 C'est le texte que nous avons déposé début septembre à l'Assemblée nationale,
00:24 qui a été repris à 95% par le texte du Sénat.
00:29 Et nous avons réussi à imposer à la majorité l'examen de ce texte.
00:35 Je vous rappelle que si nous avons voté la motion de rejet du texte
00:38 qui avait été adopté en commission,
00:40 c'était précisément pour discuter de notre texte, de nos propositions.
00:44 Alors Gérard Darmanin, qui sera notre invité à 18h, dit l'inverse.
00:49 Il dit finalement "quasiment tous les articles de ma loi
00:52 ont été repris par cette commission mixte paritaire".
00:54 Oui, mais ce qu'il oublie de dire, c'est qu'il y a beaucoup d'articles
00:56 qui n'y étaient pas et que nous avons introduits.
00:58 Donc évidemment, je comprends, le ministre de l'Intérieur veut faire
01:03 de cette séquence qui a été quand même extrêmement difficile pour la majorité,
01:06 une victoire. Mais personne n'est dupe.
01:08 En réalité, c'est bien le texte adopté au Sénat
01:11 que nous avons adopté ce soir à l'Assemblée nationale en CMP.
01:15 Est-ce que c'est un texte qui, pour la première fois dans l'histoire
01:19 de la République française, introduit la préférence nationale ?
01:23 Alors moi, je récuse absolument cette idée.
01:25 Je vais vous expliquer pourquoi.
01:27 D'abord, dans ce texte, il y a une distinction que nous faisons
01:30 entre les étrangers qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas.
01:33 Nous considérons que les aides sociales non contributives,
01:37 c'est-à-dire les allocations familiales et les aides au logement,
01:43 nous considérons que ces aides non contributives, ça veut dire
01:46 qu'elles sont le fruit de la solidarité nationale,
01:49 le fruit de l'effort des Français, qu'il doit être utilisé de façon exigeante.
01:56 Donc prioritaire.
01:57 La France est le pays le plus redistributif au monde, le plus généreux.
02:02 Donc nous nous disons aux étrangers qui travaillent,
02:06 nous accorderons plus rapidement ces aides sociales non contributives
02:11 qu'aux étrangers qui ne travaillent pas.
02:12 Il faut une distinction quand même entre les étrangers et les Français.
02:14 Mais vous savez, quand on arrive dans un pays, il y a un temps d'effort,
02:19 il y a des droits, mais il y a aussi des devoirs.
02:21 Est-ce que vous croyez que quand vous vous installez dans un pays à l'étranger,
02:24 vous accédez immédiatement à tout ce que peut offrir le pays à ses propres ressortissants ?
02:29 C'est exactement ce que disait Jean-Marie Le Pen dans les années 80.
02:31 Sauf que Jean-Marie Le Pen dit dès lors qu'on est étranger, on n'a pas droit aux aides.
02:36 Nous, nous ne disons pas ça.
02:37 Nous disons, nous faisons distinction, nous lions le fruit de la solidarité nationale au travail.
02:44 Et les autres qui ne travaillent pas, qui n'ont pas droit aux aides, qu'est-ce qu'il faut faire ?
02:48 Eh bien, il faut attendre un certain temps, il y a un délai de carence.
02:52 Sinon, on se met au travail.
02:54 Vous savez, dans notre pays, il y a 5 millions de demandeurs d'emploi,
02:58 dont 3 millions de gens qui sont inscrits au chômage et immédiatement employables.
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