00:00 *Générique*
00:04 Bonjour François Soudan.
00:05 Bonjour Catherine.
00:06 Jeune Afrique livre un récit détaillé de cette histoire et parle de camouflet pour les autorités guinéennes.
00:13 Pourquoi un camouflet ?
00:14 Ah oui, un camouflet, les autorités d'ailleurs leur connaissent un demi-mot.
00:18 On a affaire à quoi ? On a affaire à un commando d'une vingtaine d'hommes armés, cagoulés,
00:22 à bord de pick-up et de moto qui se présentent à 5h du matin devant les portes de la prison centrale de Conakry,
00:27 sur la presqu'île de Caloum, alors c'est le centre névralgique, c'est le centre politique de la capitale.
00:31 La trentaine de militaires et de gendarmes qui gardent l'extérieur de cette maison d'arrêt n'opposent aucune résistance,
00:37 prennent la fuite, ce qui pose d'ailleurs la question des complicités.
00:40 Le commando pénètre à l'intérieur de la prison dont il a les plans et dont les gardiens ne sont pas armés.
00:45 Il fait sauter le verrou de la cellule où sont enfermés ensemble les quatre principaux détenus du procès du massacre du 28 septembre,
00:51 Tadis, Tchakboro, Goumou, Pivy, et tout ce bon monde prend la direction de la sortie de Caloum.
00:57 Alors, il y a certes des accrochages avec les forces spéciales, puisqu'on dénombre au moins neuf morts dont des civils,
01:02 mais l'équipé ne se délite que dans la grande banlieue de Conakry, alors nous parlons qu'à Trine,
01:07 le colonel Pivy, qui est considéré comme le plus dangereux des fugitifs, ainsi que son fils,
01:11 un ancien militaire radier, il y a onze ans pour de multiples braquages, sont toujours en cavale.
01:16 Alors, le ministre de la Justice, Afon Chalorait, a promis une récompense de 500 millions de francs guinéens
01:21 à toute personne qui aidera à les retrouver. 500 millions, ça fait un peu plus de 50 000 euros au cours du jour.
01:27 C'est une somme considérable en Guinée, et c'est dire à quel point l'ancien chef de la sécurité de Tadis est considéré comme une figure de très haute valeur.
01:34 Le commando qui a mené l'opération avait, dites-vous, dans Genafrique, peut-être d'autres objectifs
01:40 que la simple exfiltration de Moussa Dadis Kamara et des autres accusés du massacre du 28 septembre 2009.
01:47 Un autre objectif, à quoi pensez-vous plus précisément ?
01:50 L'enquête, on peut espérer, le dira, mais c'est la question que tout le monde se pose à Conakry.
01:55 Les opérations de fouilles musclées menées depuis dans les quartiers sud de Conakry, dont certains sont proches d'Alfa-Condé,
02:01 l'ampleur des radiations au sein du bataillon Bata, notamment, ainsi que les échanges de coups de feu autour du palais Mohamed V,
02:08 le 4 novembre au petit matin, semblent accréditer la thèse d'une opération plus large qui aurait échoué faute de coordination.
02:14 Il est vrai, Catherine, qu'on voit mal comment les membres de ce commando, ainsi que les fugitifs,
02:18 qui tous sont originaires de la même région, la Guinée forestière, au sein de laquelle ils auraient pu chercher refuge,
02:23 mais qui est distante de 800 kilomètres de Conakry, comment ils pensaient réussir leur coup s'ils ne se comptaient pas un soulèvement, voire un coup d'état ?
02:29 Ce qui renvoie, Catherine, au malaise d'ailleurs récurrent d'une armée à plusieurs vitesses
02:33 et qui, depuis plus de deux ans maintenant, s'estime quelque peu marginalisée, au profit du seul corps d'effort spécial que commandait Mahmoud Hiddoubouyia.
02:40 Enfin, une autre question se pose encore, François Soudan. Quel était le degré exact de complicité des quatre évadés, avec le commando venu les libérer ?
02:49 C'est l'autre mystère. Complices du début à la fin, ça semblait être le cas du colonel Pivy, complices jusqu'au moment où l'opération a tourné courant,
02:56 c'est possible pour trois d'entre eux, dont d'Addis. Enfin, s'agit-il d'évadés contre leurs grès ?
03:01 C'est la thèse des avocats d'Addis, Goumou et Thieb-Borreau. Elles sont pour l'instant peu crédibles.
03:05 Là encore, Catherine, la transparence promise par les autorités de Conakry sera la mienne.
03:09 Merci François Soudan.
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