00:00 Culture Média sur Europe, 9h-11h, Thomas Hille.
00:03 Et ce matin, vous recevez Katel Kiliveré, réalisatrice du "Temps d'aimer"
00:07 et analyse de moustier.
00:09 Films à voir demain dans toutes les salles.
00:11 Et on va dresser votre portrait sonore.
00:13 Pour mieux vous connaître, des petits sons qui vous rappelleront quelques souvenirs.
00:16 Voici le premier.
00:16 Quand je rencontre un type, je pense à mon père.
00:19 Je me pose des questions, c'est dingue.
00:23 Je me demande s'il lui plairait.
00:27 Mais ça va pas, non !
00:29 C'est pour ça que je n'arrive pas à m'attacher à un mec.
00:31 Le tout premier film de Sandrine Bonner, c'était "À nos amours" de Piala.
00:35 Katel Kiliveré, vous avez 16 ans quand vous avez découvert par hasard le cinéma de Maurice Piala à la télé.
00:40 Et ça a été une grande claque, paraît-il.
00:43 Ce film en particulier, je me souviens, c'est le hasard du programme télé qui m'a fait tomber sur un sigle Piala.
00:49 Et je n'avais jamais vu un tel cinéma vérité.
00:52 Quelque chose qui soit si proche de la vie, si complexe, qui rende hommage à cette complexité de la vie,
00:59 des rapports entre père-fille, mère-enfant.
01:04 Et ça m'a bouleversée.
01:05 Ça a été important.
01:06 Et puis je crois qu'au même moment, il y a un certain garçon, Léon, grand cinéphile, qui vous fait un peu tourner la tête.
01:11 Et c'est aussi un peu pour l'impressionner que vous vous intéressez au cinéma.
01:14 Vous avez retrouvé ça !
01:16 La révélation, je ne connaissais pas Léon.
01:18 Non, parce que je veux bien l'amour de Maurice Piala.
01:20 À 16 ans, il y a surtout l'amour de Léon.
01:24 C'est vrai que j'avais un amoureux qui voulait être réalisateur et au final, qui a fait autre chose de sa vie.
01:32 Et finalement, je l'ai fait.
01:34 Vous, à peu près au même âge, Anaïs Demoustier, vous tournez ça.
01:38 Cher papa, maintenant que j'ai trouvé des crayons et du papier, il faut absolument que je t'écrive.
01:47 Il se passe tant de choses et il n'y a personne à qui parler.
01:52 Anaïs Demoustier dans "Le temps du loup" de Michaëlle Haneke.
01:56 Film où vous avez comme mère Isabelle Huppert, vous avez 15 ans et vous partez tourner deux mois et demi en Autriche.
02:03 Ce tournage, ça a été une révélation aussi pour vous, paraît-il.
02:07 Oui, "À nos amours" aussi, ça a été une révélation.
02:09 Donc finalement, on a des points communs avec Kattel.
02:13 Qu'est-ce que je voulais dire ?
02:15 Oui, ce film, c'était en effet un grand bouleversement dans ma vie.
02:20 Déjà de quitter le collège, de partir en Autriche, de rencontrer Haneke et de découvrir ce que c'est qu'un plateau.
02:28 Et tout ce que ça comporte de passionnant, d'intriguant et puis aussi de mise en danger.
02:36 J'avais vraiment l'impression que tourner, c'était aussi se jeter un peu dans le vide le temps d'une prise.
02:42 Et ça, je l'ai découvert grâce à ce tournage-là, qui était un film assez intense, dans lequel je perdais mon père.
02:47 Ce qu'on a entendu, c'est une lettre que j'ai écrite à mon père mort.
02:50 C'était un personnage qui vivait des choses assez dures et ça m'a beaucoup appris.
02:55 Vous avez commencé très très jeune le cinéma, parce que même avant ça, vous aviez déjà fait un film.
02:59 Avant ça, j'avais fait une scène dans un film, qui se tournait près de chez moi à Roubaix.
03:03 Ça s'appelle "Le monde de Marty".
03:04 Vous avez toujours baigné dans le cinéma en fait ?
03:06 Oui et non. Après le film d'Haneke, j'ai passé mon bac normalement.
03:11 Mais c'est vrai que ça arrivait tôt dans ma vie et puis c'était là.
03:15 Et puis j'étais persuadée qu'à 18 ans, j'allais aller à Paris et être actrice.
03:19 Ah c'est ça, vous aviez quand même ça en tête.
03:21 Une fois que j'ai fait le film d'Haneke, oui, j'avais ça en tête.
03:23 Allez, extrait suivant.
03:24 Vous chantez vraiment sur tout Thomas, il n'y a vraiment aucune limite de style.
03:38 Je devrais peut-être.
03:39 Non, non, allez-y, faites-vous plaisir.
03:42 Alors qu'à tel qu'il est véré, vous avez co-réalisé une série que j'ai adorée,
03:46 qui s'appelle "Le monde de demain".
03:47 C'était sur Arte, ça racontait la naissance du hip-hop français dans les années 80,
03:51 à travers les destins de Joey Starr, de Kool Chen, la formation de ce groupe NTM.
03:57 Et là aussi, on peut y voir un point commun avec votre film,
04:00 parce que c'est une fresque sur toute une époque.
04:02 Qu'est-ce qui vous a donné envie d'ailleurs de raconter le rap français ?
04:05 Je crois que vous êtes plutôt rock à la base.
04:07 À la base, je suis plutôt rock, mais mon compagnon Elie Sistern,
04:10 avec qui j'ai réalisé cette série, était plus rap que moi.
04:13 Moi, je connaissais NTM, IAM, mais je n'avais pas une vraie culture rap.
04:17 Ça arrivait un peu après, vers 20-25 ans, mais quand même, disons qu'on a été adolescent,
04:22 au moment où le rap était vraiment devenu le roi de l'industrie musicale,
04:28 et on adorait quand même l'un comme l'autre NTM,
04:31 sans doute pour le côté contestataire en fait, avant tout.
04:35 C'est vrai que c'est là que le rap rejoint le rock aussi,
04:38 c'est que c'est une musique rebelle.
04:40 Donc ça fait quand même partie vraiment de nos passions d'adolescent.
04:45 J'ai rencontré Koolshen sur "Réparer les vivants",
04:48 parce que je lui ai proposé un rôle, et voilà, on s'est liés d'amitié.
04:51 Et de là est née cette envie de raconter leur histoire,
04:56 mais plus largement l'histoire du mouvement.
04:58 Et quand on en a parlé avec lui, puis avec Didier, avec Joysta,
05:00 on s'est rendu compte qu'en fait, ça ne s'était encore jamais fait,
05:03 et qu'ils étaient d'accord, donc on est parti dans l'aventure.
05:05 Et l'acteur qui joue Joysta est fabuleux, je ne me souviens plus de son nom.
05:09 Melvin Boomer.
05:10 Il est exceptionnel.
05:11 "Le monde de demain", si vous avez l'occasion de voir cette série, c'est vraiment génial.
05:13 Mais alors vous aussi, Annalise de Moustier, la musique c'est votre truc.
05:16 C'est vous que l'on entend sur "Crush", ce titre de requin chagrin,
05:26 et il paraît que vous rêvez de jouer dans une comédie musicale un jour.
05:29 Pas trop, non.
05:30 Ah bon ?
05:31 Non, je préférerais chanter tout court.
05:34 Chanter sur scène, faire des concerts.
05:36 Je préférerais ça que...
05:38 La comédie musicale, je trouve que c'est difficile à réussir ces temps-ci.
05:41 Je ne sais pas, quand j'en vois ou quand j'en lis,
05:43 à part "La La Land", quand même.
05:45 Ah quand même, un petit "La La Land".
05:47 Voilà.
05:48 Mais Annalise a une voix exceptionnelle.
05:50 Elle a une très jolie voix, c'est ce que j'ai pu constater.
05:52 On va bientôt avoir un album Annalise de Moustier.
05:54 Mais c'est vrai que j'aime bien ça.
05:55 Mais c'est un rêve l'album, ou ça pourrait se concrétiser ?
05:57 Pour moi, les rêves sont concrétisables.
06:00 Il faut juste en donner les moyens.
06:02 Non, non, franchement, j'aimerais bien.
06:04 Mais c'est vrai que c'est quelque chose qui compte beaucoup pour moi.
06:06 Et je pense que je n'aimerais pas être...
06:08 Je n'aimerais pas faire un album et être juste interprète,
06:10 comme je le suis quand je suis actrice.
06:11 Donc si j'en fais un, il faut que j'ai du temps pour...
06:13 Pour composer.
06:14 Pour écrire, voilà.
06:15 Restez avec nous sur Rôde1 dans un instant.
06:18 La suite de Culture Média avec Kathel Kiliveré et Annalise de Moustier.
06:21 On parle de ce film "Le Temps d'aimer" qui sort dans toutes les salles demain.
06:25 Dans un instant, le premier indispensable du jour.
06:28 On file à Aix-en-Provence, découvrir une exposition avec Sarah Doraghi.
06:32 À tout de suite sur Rôde1.
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