00:00 Alors tout le monde retient son souffle en Israël, Romain, c'est très difficile ce report à demain.
00:05 C'est Tzachi Anegbi qui est le conseiller à la Sécurité Nationale qu'il a annoncé hier soir un peu tard.
00:12 En plus on croyait que l'accord était un peu définitif et puis là les Israéliens se rendent compte que
00:18 les officiels disent que les négociations continuent et ne cessent jamais.
00:23 Et puis évidemment la question atroce qui taraude tout le monde c'est qui va être libéré ?
00:28 Puisque jusqu'à maintenant on n'a toujours pas la liste exacte des otages qui vont être libérés.
00:35 Et donc on sait que normalement il y a 30 enfants et 20 femmes.
00:40 Parmi ces 20 femmes il y a donc normalement 12 mamans et 8 autres femmes.
00:44 Mais on a l'impression tout de même Romain en face qu'il y a beaucoup de souks si j'ose dire du côté du Hamas,
00:50 qu'ils ne savent pas eux-mêmes exactement où sont tous les otages.
00:54 Et donc c'est très compliqué et encore plus pour les familles de savoir qui va être ou ne va pas être libéré.
01:01 Et ça pour tous les Israéliens c'est très difficile.
01:04 C'est un peu le jeu de la roulette russe l'impression qu'on a aujourd'hui.
01:07 Et on comprend le gouvernement israélien qui ne veut pas susciter de faux espoirs
01:12 et qui veut être absolument certain que l'otage soit sur le sol israélien avant de donner son nom.
01:18 On comprend le sens de cette décision ?
01:23 Oui tout à fait. D'ailleurs c'est très codé.
01:25 C'est-à-dire que le Qatar va remettre la liste des personnes qui sont libérées chaque jour au chef du Mossad, David Barnea.
01:33 Ensuite il va envoyer des troupes.
01:36 Ils vont être remis d'abord à la Croix-Rouge, ça va être au point de passage de Rafah avec l'Égypte.
01:42 De la Croix-Rouge va remettre ensuite aux soldats israéliens.
01:45 Des soldats israéliens qui ont des consignes très claires.
01:47 Par exemple ceux qui vont s'occuper des enfants n'auront même pas le droit de répondre à leur question tout à fait légitime.
01:54 Où sont mes parents ? Pourquoi mes parents ne sont pas là ?
01:56 Parce que vous vous en doutez Romain, il y a énormément de parents qui ont été tués et les enfants ne le savent pas.
02:04 Donc les soldats vont en plus ne pas devoir répondre à cette question.
02:07 Et ensuite ils vont les amener par hélicoptère dans les hôpitaux israéliens.
02:12 Hôpitaux israéliens qui aujourd'hui se préparent pour mettre les otages dans un côté à part de l'hôpital.
02:20 Pour ne pas qu'ils soient importunés ni par la presse ni par énormément d'autres choses.
02:24 Que les psychologues puissent les voir, que les médecins puissent les voir.
02:27 Qu'on voit exactement dans quel état ils sont avant qu'ils puissent retrouver leur famille
02:32 et que le cours de leur vie puisse reprendre.
02:35 Lise, comment cet accord est-il perçu par l'opinion publique israélienne ?
02:41 Évidemment Romain, il y a une polémique et cette polémique a lieu depuis le début.
02:45 Il y a les familles d'otages et les Israéliens qui pensent qu'il fallait soit un accord pour tous les otages et donc pas celui-là.
02:53 Et les autres qui pensent que de toute façon c'est mieux que rien.
02:56 Sachant que cet accord, on a dit, il est sur au moins 50 personnes.
03:00 30 enfants, ce n'est peut-être pas tous les enfants.
03:03 On pensait que ce serait tous les enfants mais en fait peut-être que le Hamas aurait entre 38 et 40 enfants.
03:08 On voit à l'antenne Sahar et Erez Calderon qui sont franco-israéliens.
03:14 Et c'est très compliqué pour ces familles de déjà de ne pas savoir si tous les enfants vont être libérés.
03:20 Les femmes oui, lesquelles ? Et là encore on pourrait avoir jusqu'à 98 libérations.
03:26 Une trêve qui va donc être difficile parce qu'elle va durer sans doute au moins 4 jours et elle pourrait s'étendre jusqu'à 9 jours.
03:32 C'est beaucoup de risques pour l'armée israélienne.
03:34 Et c'est normal qu'il y ait beaucoup d'Israéliens qui pensent que pour sauver la vie des otages, on va donc risquer la vie des soldats.
03:40 Et comme je vous le répète souvent, les soldats ce n'est pas des soldats des militaires de carrière,
03:45 c'est les enfants, les maris, les frères de tous ces gens qui ont une opinion et qui ont le droit de la voir
03:53 parce qu'ils sont directement impactés en fait par cette décision.
03:58 Le gouvernement israélien qui négocie avec le Hamas, le mouvement terroriste, par l'entremise du Qatar,
04:06 a priori les Américains sont également partie prenante.
04:09 Bon.
04:10 Et l'Égypte.
04:11 Oui pardon, Lise.
04:12 Et l'Égypte.
04:13 Et l'Égypte.
04:13 Le Qatar, l'Égypte et les Américains.
04:15 À quatre.
04:17 Est-ce que la destruction du Hamas reste l'objectif d'Israël ?
04:22 Évidemment.
04:23 Évidemment.
04:25 D'ailleurs, Benyamin Nathaniel l'a encore rappelé hier soir lors de la conférence de presse qu'il a tenue.
04:30 Yoav Galante, le ministère de la Défense l'a rappelé aussi.
04:33 Et on sait tous que la guerre ne va pas s'arrêter parce qu'il y a là une première libération d'otages.
04:38 Les négociations vont continuer, la libération des otages on espère qu'elle va avoir lieu.
04:44 Et après ça, de toute façon, l'objectif est le même.
04:48 Et on sait très bien que cette trêve, elle donne l'occasion au Hamas de se réarmer, de se réorganiser,
04:54 de se remettre dans des tunnels qu'Israël n'a peut-être pas encore découvert,
04:58 n'a sans doute pas découvert d'ailleurs.
05:00 Donc oui, c'est dangereux et l'objectif n'est toujours pas atteint.
05:05 Mais malheureusement, de la même façon que nos ennemis ont le temps,
05:08 on est obligés en Israël de se dire qu'on a le temps.
05:11 [Musique]
05:15 [SILENCE]
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