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00:02 Julia Selye, Marion Calais et Céprien Sini.
00:06 RTL Bonsoir jusqu'à 20h.
00:09 18h19 minutes RTL Bonsoir avec maintenant notre invité événement c'est l'avocat de quatre familles d'otages franco-israéliens.
00:16 Bonsoir Patrick Hugman. Bonsoir. Merci d'être avec nous dans RTL Bonsoir. Alors donc qu'un accord a été conclu,
00:23 le Hamas doit libérer dans les prochains jours 50 femmes et enfants et en échange Israël va relâcher
00:28 850 palestiniens, là aussi des femmes et mineurs incarcérés.
00:31 Alors Patrick Hugman, j'imagine que vous avez échangé avec les familles que vous que vous représentez. Quel est leur état d'esprit ?
00:38 Jusqu'à
00:41 jusqu'aux dernières minutes et aux dernières heures,
00:43 c'est un état d'esprit d'extrême fébrilité. Vous devez comprendre que on annonce la libération de 50 otages, des femmes et des enfants,
00:52 sur un total de 240. Donc c'est une loterie. Ils savent
00:58 que... déjà ils savent que tout le monde n'est pas vivant mais personne ne sait qui est vivant, qui est mort.
01:03 Ils savent que certains vont être libérés, on ne sait pas qui.
01:07 Donc vous savez que c'est le proverbe "le pire dans l'attente c'est l'attente du pire". Là c'est vraiment les dernières minutes d'une loterie insoutenable.
01:13 Je crois comprendre que les noms sont en train d'être révélés en Israël. Je n'arrive pas à les
01:19 décrypter, je ne suis même pas sûr de cette information. Mais en tout cas avant que je rentre dans votre studio,
01:24 personne ne savait rien. Il y a une famille en particulier que vous avez vu sur votre antenne,
01:29 c'est la famille Calderon, qui est franco-israélienne, et où il y a le jeune Hérèse qui a 12 ans et Sahar qui a 16 ans,
01:36 qui sont retenus avec leur père, qui sont une famille lointaine par exemple de
01:40 cette merveilleuse actrice qui est Agnès Jouy.
01:43 Eux ils sont retenus là-bas et on avait de l'espoir pour cette famille-là en particulier parce que dans les
01:50 franco-israéliens ce sont les plus jeunes et il y avait des rumeurs qui disaient qu'ils libèreraient prioritairement
01:54 les binationaux. Donc c'est pour ça qu'on avait de l'espoir sur cette famille-là, mais je n'avais aucune certitude.
02:01 Vous le dites, il y a toujours cette interrogation sur l'identité
02:05 des otages qui seront
02:08 libérés et c'est vrai que ces dernières heures on a absolument tout entendu.
02:11 D'un côté le Hamas qui disait que les listes étaient en train d'être échangées, c'était il y a deux trois heures. De l'autre les médias
02:17 qui disaient que non les noms ne seraient donnés que la veille au soir puisque chaque jour dix otages seraient relâchés.
02:23 Donc j'imagine que les familles elles guettent toutes ces infos qui sont parfois totalement contradictoires.
02:28 C'est erratique, c'est contradictoire, il y a toujours dans ce genre de processus,
02:34 là je parle pas de ce qui se passe particulièrement en Israël, mais les affaires de libération d'otages,
02:39 vous les connaissez, vous en avez sans doute déjà suivi, il y a toujours une fébrilité dans les dernières minutes
02:46 des changements importants, on croit que c'est bon, ça ne l'est pas et là on est dans une situation qui est quand même
02:51 exceptionnelle par le nombre d'otages, par la configuration des personnes retenues en otage, vous avez je rappelle des nourrissons,
02:59 vous avez des personnes vulnérables, vous aviez des personnes malades, toutes,
03:03 quasiment toutes, c'est pas vrai, toutes presque, toutes étaient des personnes civiles, mais il y a aussi effectivement des militaires évidemment.
03:10 Donc c'est une configuration que nous ne connaissons pas.
03:14 - Qui donne les noms des otages aux familles ? Elles sont suspendues à quelles informations ? Elles regardent la télé ou il y a quelqu'un qui leur donne un officiel ?
03:20 - Alors, il y a deux organisations, deux initiatives qui sont mises en place pour regrouper les familles d'otages.
03:28 Le gouvernement israélien a des relais auprès de ces initiatives, de ces organisations et les familles elles-mêmes ont des accès
03:35 avec des organisations, des porte-parole du gouvernement, mais c'est quand même
03:42 assez bazardique et instable et sachant que c'est pas, en plus on n'est pas dans une négociation
03:48 Israël-Hamas. Tout ça est très intermédié avec, nous le savons,
03:54 le Qatar qui fait pression sur ses interlocuteurs sur place, qui eux-mêmes font redescendre les informations,
04:01 probablement via l'Egypte, puisque vous avez des sujets aussi de communication, de sécurisation des communications, vous avez des gens qui ne veulent pas être
04:10 localisés et pour cause ce sont des terroristes.
04:12 Donc tout ça rend
04:14 l'information, la consolidation de l'information et la mise en exécution du plan
04:19 extraordinairement compliquée. - Vous l'avez dit, on a entendu sur cette antenne Hadass Kalderon, la maman de deux adolescents enlevée.
04:26 Tiens, je vous propose de la réécouter puisqu'elle s'est confiée à RTL à Tel Aviv cet après-midi.
04:31 - Je serai la maman la plus heureuse au monde, ça me donnera de la force.
04:39 Enfin il se passe quelque chose, mais pour l'instant je ne veux pas sauter de joie, tant qu'ils ne sont pas là, dans mes bras.
04:45 - Vous l'avez dit, il y a un réel espoir de libération de ces deux enfants, qui sont deux des trois adolescents français qui sont retenus
04:53 par le Hamas, parce qu'on se dit que
04:55 mathématiquement on l'espère que la plupart des enfants devraient être libérés. - Oui, on le dit, on l'espère, puis c'est surtout
05:02 la focale que se sont donné les négociateurs. Donc c'est pour ça que par esprit de déduction,
05:09 et de fuite, encore une fois,
05:11 comment savoir si on a les bonnes fuites, les bonnes informations ?
05:15 C'est impossible. En attendant, il y a bien un accord qui a été signé. Cet accord il a bien été, je dirais,
05:21 authentifié par les deux parties, il a été rendu public dans sa matérialité par le gouvernement israélien et approuvé par le cabinet du premier ministre.
05:28 Donc ça nous savons que cet accord existe, et les familles en ont été tenues informées.
05:33 Maintenant il n'y a pas d'autres détails
05:36 réellement disponibles, et nous aurons ce goutte à goutte, qui est un supplice dans le supplice.
05:42 - Parce que dix otages par dix otages, c'est ce goutte à goutte là dont vous parlez ? - Exactement.
05:47 Là on est sur une première tranche de 50 otages, et ces 50 là ne seront pas relâchés d'un coup.
05:55 Ça serait trop simple, ça serait trop beau, et ça serait déjà pas grand chose. Ils vont être dix par dix, jour après jour,
06:03 relâchés. Il y a quand même, je tiens à le dire, un aspect de cet accord qui nous importe particulièrement,
06:08 c'est que le CICR devrait avoir accès aux otages.
06:14 - Aux autres otages, même à ceux qui ne seront pas libres. - Même à ceux, est-ce que c'est possible ? Est-ce que ce sera respecté ?
06:20 Vous savez, encore une fois, vous avez d'un côté un état souverain,
06:25 l'état d'Israël, qui s'il décide de relâcher des personnes qu'il a emprisonnées,
06:30 c'est assez facile à faire. Ces personnes ne sont pas détenues dans des lieux inconnus. - Et d'un autre côté... - Elles ont des droits, etc.
06:36 - Un mouvement terroriste. - Et d'un autre côté, un mouvement terroriste, avec ses factions, ses rivalités, ses barbares.
06:41 - Mais dont on se dit aussi, peut-être, et j'imagine que c'est l'espoir des familles, que la libération d'otages binationaux est dans l'intérêt aujourd'hui du Hamas.
06:47 - Oui, on s'est tous dit cela, nous portons tous cet espoir.
06:51 Les chanceliers occidentaux se sont beaucoup mobilisés pour tous les otages, et notamment évidemment pour leurs ressortissants, et la France
06:58 évidemment en premier lieu. Nous sommes le premier pays étranger impacté par le nombre de victimes et d'otages.
07:04 Mais en face, nous avons quand même une organisation qui n'est pas que terroriste, ça ne veut rien dire ça. Vous avez des gens
07:11 qui sont rentrés dans des habitations privées, comme chez vous, chez moi, qui ont découpé,
07:16 découpé, brûlé des gens. Alors après, est-ce qu'on dit, quelle est la rationalité dans la négociation
07:22 de ce groupe-là, de ces personnes-là ?
07:25 C'est extrêmement dur à appréhender et à répondre. - Patrick Klugman, vous
07:29 représentiez la famille de Gilad Chalit, ce soldat franco-israélien libéré en 2011. A l'époque, Gilad Chalit, il est libéré contre
07:35 1000 palestiniens. Le ratio était de 1 à 1000. Aujourd'hui, il est de 1 à 3. Qu'est-ce que ça veut dire du rapport de force
07:42 aujourd'hui ? Est-ce que ça veut dire que le Hamas est plus que jamais acculé ?
07:45 - Moi, je ne sais pas faire ces commentaires-là, je n'en sais rien. En revanche, je peux vous dire une chose. Il est
07:51 quasiment certain, et tenu pour établi, que
07:55 dans les personnes qui ont bénéficié de l'accord de libération
07:58 Gilad Chalit, il y a les commanditaires des attaques du 7 octobre. Ça, c'est un prix à payer qui est terrible
08:04 pour les négociations qui sont en cours. C'est pour ça que les Israéliens ont dit et déclaré
08:11 qu'ils ne libéreraient que des personnes qui n'avaient pas de sang sur les mains.
08:15 Mais il faut le savoir, cela. 1000 personnes ont été libérées. Parmi celles-là,
08:21 il y a les commanditaires des attaques du 7 octobre. - Merci beaucoup Patrick Gilad d'avoir été ce soir notre invité événement de RTL.
08:28 Bonsoir à vous, l'avocat de quatre familles d'otages franco-israéliens. Des familles, on l'a compris, dans l'attente et dans l'espoir ce soir.
08:34 RTL, bonsoir.
08:37 Une toute petite pause et la suite de RTL. Bonsoir ensuite avec un moment un petit peu plus léger qui va nous faire du bien. C'est la
08:43 visoconférence quotidienne de notre ami Alexandre Vizorek qui arrive juste après ça.
08:50 RTL, bonsoir jusqu'à 20 heures.
08:52 ♪ ♪ ♪
08:53 [Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org]
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