00:00 Mathilde Serrell, ce matin le rappeur de 19 ans qui a pris tout le monde de cours,
00:04 Favé est dans notre studio.
00:06 Portrait sonore !
00:07 Au départ, il s'est lancé sur les parquets, fan de Tony Parker, il se rêve plutôt basketteur.
00:22 A l'adolescence, c'est le rap qui prend le dessus, confinement et ennui obligent.
00:26 Il envoie ses freestyles à ses potes, puis encouragez, met en ligne son premier essai.
00:31 Pour mes frères, premier titre, il a 16 ans, un micro offert par son père et du temps
00:44 pour balancer dedans.
00:45 Ça prend doucement, puis les compteurs s'emballent en 2022, escalade de vues sur TikTok avec
00:51 Mercedes, suivie du stratosphérique Urus.
00:55 Les basses à fond, m'aiment, font kiffer la mélodie.
00:57 La rue rentre pour un con, je la regarde, mais je te l'avais pas dit.
01:00 Sur qui compter ? J'ai vu des fois, y'en a des dizaines.
01:03 Il m'arrive que des galères, en ce moment, l'impression que je suis maudit.
01:06 72 millions d'écoutes à ce jour sur la plateforme Spotify.
01:12 Urus a fait de lui ce prodigieux novice dont le nom circule à la vitesse de la lumière.
01:17 Single de diamant avant même la sortie de son premier album, "Il le fallait", il y a un mois.
01:22 Il vient de faire son premier Olympia.
01:25 - Fa, ré, fa, ré, fa, ré, fa, ré.
01:30 - Fa, ré, bonjour.
01:36 - Bonjour.
01:37 - L'Olympia, c'était le 2 novembre archi-complet, lancement de votre tournée.
01:41 Vous avez pleuré.
01:42 - Oui, j'ai pleuré.
01:43 J'ai pleuré.
01:44 J'ai pleuré.
01:45 - Pourquoi ?
01:46 Vous aviez déjà fait d'autres concerts, des gros festivals, Solid Ice par exemple.
01:50 Pourquoi l'Olympia ?
01:51 - Parce que l'Olympia, c'est la première date sur laquelle mes parents ont pu venir me voir performer.
01:57 Donc en fait, quand je suis rentré dans les loges et que j'ai vu mes parents qui étaient contents,
02:03 qui étaient fiers, émus, tout ça, ça m'a fait pleurer.
02:07 Mais bon.
02:08 - Et l'histoire de l'Olympia, il y avait une symbolique pour vous ?
02:12 - Quand même.
02:13 Parce qu'on a pris...
02:15 En fait, en début d'année, on a fait de la maroquinerie.
02:18 - Oui, c'était au printemps.
02:19 - C'est ça, en février, le 4 février.
02:22 Et on a pris l'initiative de sauter la cigale, en fait.
02:26 De sauter la cigale et de passer directement à l'Olympia, qui a été complète du coup.
02:31 - Vous avez fait x4 à peu près, pour donner des idées de proportion, entre la cigale qui est une autre salle à Paris.
02:37 Vous êtes passé de 500 à 2000 à l'Olympia.
02:40 - 2000 et 4 quoi.
02:41 - Et vous étiez devant 20 000 personnes aussi, il n'y a pas si longtemps.
02:45 C'était à l'Accor Arena, jeudi dernier, avec Gazo, incontournable Gazo.
02:49 Vous avez fait une première collaboration ensemble, "Nolèche".
02:52 On écoute.
02:53 * Extrait de "Nolèche" de Gazo *
03:17 - Seulement deux ans dans le rap, 18 piges, ro-ro, je vais leur apprendre.
03:20 J'ai des visions floutées, j'ai vu mon futur, j'y vois mes quatre lettres en grand, ok.
03:25 Ça y est là, Favé, la prophétie se réalise.
03:28 - Petit à petit, hein. Petit à petit quand même.
03:31 - Le prochain c'est Bercy du coup, pour vous, en toute logique.
03:33 - Je pense pas, il y a Zenith avant.
03:36 - Ça va quand même très très vite pour vous, notamment avec une autre collaboration,
03:40 au côté de Gazo, qui s'appelle "Flashback".
03:42 Qui fait en tour de 19 millions d'écoutes à peu près.
03:46 Et puis qui est importante pour vous, parce que ça vous a sorti d'une première appréciation.
03:50 Vous étiez considéré comme un rappeur de "Jersey Drill" et c'est le moment boomer.
03:55 Vous nous expliquez ce qu'est la "Jersey Drill" et pourquoi vous vouliez pas y être réduit.
03:59 - Je vais vous expliquer ce que c'est la "Jersey Drill".
04:02 En fait, c'est un type d'instrumental avec un BPM assez élevé et des kicks assez répétitifs.
04:12 Ça fait ta ta ta ta ta ta. C'est ça le rythme en fait.
04:15 - Ça peut se rapprocher du "Speed Up", ce mouvement très accéléré de musique sur Internet.
04:20 - En tout cas, c'est un BPM assez élevé.
04:25 Et du coup, mon titre russe, c'est de la "Jersey Drill" et c'est mon son qui a le plus marché.
04:32 Mais de base, je suis pas un rappeur ou un artiste qui fait uniquement ça.
04:36 Donc c'est pour ça que j'ai pas voulu être uniquement casé dans cette case.
04:41 - Qu'est-ce que vous vouliez ? Vous écoutiez beaucoup de Rihanna par exemple.
04:44 Vous aimez Georgia Smith, qu'on écoute beaucoup sur France Inter.
04:47 Votre mère est d'origine colombienne. Vous avez peut-être tout un autre univers musical à porter dans ce titre, dans cet album, pardon.
04:54 Il le fallait !
04:55 - Oui, c'est ça. C'est vrai que j'ai pas grandi qu'en écoutant du rap.
05:00 J'ai écouté ce que ma mère écoutait, ce qui passait à la maison, ce qui passait à la télé.
05:09 J'ai découvert le rap assez tard en vrai.
05:12 - On va écouter cette deuxième version de vous-même, "Non, Djerzé Drill" qui est flashback avec Gazo.
05:38 - J'ai des flashbacks. Vous venez de Favé, du Val d'Oise, dans le 95. Vous avez grandi à Saint-Leu, La Forêt.
05:44 Vous y vivez toujours. Favé, c'est le surnom qu'on vous donnait. C'est un grand du quartier qui vous appelait comme ça ?
05:49 - C'est ça, ouais. Il m'a dit "En gros, t'as une tête, t'as appelé Favelas".
05:54 Et du coup, mes potes, ils ont continué de m'appeler comme ça. Favelas, Favelas, Favé.
06:02 Au final, j'ai gardé Favé.
06:04 - Vous trouvez que ça vous correspondait bien, finalement ?
06:06 - Ça va, ouais.
06:08 - Est-ce que vous projetez d'aller vers d'autres styles, justement, maintenant que vous avez posé "Il le fallait".
06:15 - Ouais, quand même. Il faut s'ouvrir musicalement. Donc là, pour le moment, on profite déjà de l'album qui vient de sortir.
06:22 Mais plus tard, on va sûrement s'ouvrir à différents styles musicaux.
06:27 - Alors, je sais que vous avez dit que vous aviez collaboré avec Kershack. Voilà, on le dit pour les spécialistes de rap.
06:32 "Ça pourrait se faire, c'est votre frère". J'ai lu ça.
06:36 C'est parti pour le sujet libre. Vous êtes venu, évidemment, avec une surprise. Et il s'agit d'un titre en live.
06:42 C'est Super Fave sur Inter, Super Fave 3D. À vous.
07:01 J'ai voulu tous les jours en apprendre plus.
07:03 Infopain, entre-tout, tu rentres en bus.
07:04 Je connais des escrocs, des gars qu'on a rues.
07:06 Je me rappelle partout, nous on tapait la crue.
07:07 J'étais dans le grand monde, j'ai quitté la rue.
07:09 J'ai vu ce que je voulais vivre, c'est une dinguerie de baiser.
07:11 Ils croyaient pas en moi, j'attends les excuses.
07:12 Et le moindre truc, ça marche, ils vont dire.
07:14 Je sais que maman le sert quand je ferme la porte.
07:15 Que je lui dis au revoir et que je rends le poids.
07:17 Je viens que tu se barres, qu'est-ce que je fais dehors ?
07:18 Encore une galère, encore une histoire.
07:20 La mise veut que je lui touche encore, mais après la nuit, elle demande du sard.
07:23 La mise veut que je lui touche encore, mais après la nuit, c'est une autre histoire.
07:26 J'ai chaud de me faire trahir par un de mes acolytes, par un de mes refrais.
07:30 J'avance trop vite, trop d'chose à faire.
07:33 Je suis dans la course, c'est tôt.
07:35 Moi, je peux pas béton, faut que je finisse premier.
07:37 J'ai pas d'autre chose, c'est tout ce que je sais faire.
07:40 Je te considère comme mon refrai, je te défendrai même quand t'es pas là.
07:43 Marre de ces sales histoires, de ces prises de tête.
07:45 Tu sais que ça m'a fané.
07:46 Le sang a pris toute la place dans ma vie.
07:48 Par moments, ça me rend malade, malade.
07:51 Je vois tous ces défauts en 3D.
07:53 J'ai plus trop de temps.
07:54 Souvent, elle me dit que j'abuse.
07:57 Chaque jour, qu'il pose des sommes en plus.
08:00 Mais cette vie-là me rend malade, malade.
08:04 Je vois tous ces défauts en 3D.
08:06 - Favé, en 3D, en chair et en live, ce matin sur Inter.
08:10 Premier album, il le fallait, sorti le 13.
08:13 Écoutez-le, c'est parti pour vous. Tournez dans toute la France jusqu'en mars 2024.
08:18 Bonne route, Favé. - Merci beaucoup.
08:20 Maxime Attile d'Ali Rebeille.
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