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  • il y a 2 ans
C'est un salon "pour aborder la vieillesse autrement, de façon joyeuse et impertinente" : le Contre salon des vieilles et des vieux est organisé ce week-end à Paris, à la Halle des Blancs Manteaux (4e arrondissement). On en parle avec l'un des organisateurs, Francis Carrier, co-fondateur du CNAV (Conseil national autoproclamé de la vieillesse).

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Transcription
00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 Antoine Cavaillero. RTL Matins jusqu'à 9h15.
00:07 8h49 et l'invité de RTL Matins Week-end c'est Francis Carrier. Bonjour monsieur.
00:13 Bonjour. Vous êtes le cofondateur du CNAV, c'est le Conseil National Autoproclamé de la Vieillesse.
00:19 C'est en fait 2000 sympathisants à travers toute la France et ce week-end vous organisez à Paris le premier
00:27 contre-salon des vieilles et des vieux. Ça se passe à la Halle des Blancs Manteaux dans le 4e arrondissement. C'est un sujet d'avenir
00:32 car en 2030 les plus de 60 ans seront 20 millions en France. Un français sur trois sera sexagénaire.
00:38 Expliquez-nous pour commencer le concept de ce salon. Le but c'est quoi ? C'est de parler autrement de la vieillesse ?
00:44 Ben oui c'est déjà de pouvoir prononcer les mots vieux et vieilles.
00:48 Tout le monde a des difficultés. On a tellement...
00:54 On est dans un pays où on n'aime pas les vieux et donc on n'aime pas être vieux.
00:57 Et on ne peut plus utiliser tout un tas de mots par rapport à la vieillesse.
01:02 Et ce qui est tout à fait anormal parce que ça nous empêche de vieillir sereinement et d'imaginer comment
01:08 vivre cette période de notre vie qui est de plus en plus longue. C'est 20, 30, 40 ans pour certains. Donc
01:16 c'est
01:18 reconstruire une image positive de sa vieillesse, de savoir quel est notre rôle, qu'est-ce que nous faisons.
01:24 Comment on continue à avoir des relations affectives, sexuelles, un accès à la culture,
01:29 réfléchir à l'habitat que l'on veut. Tout ça, ça nous concerne. Et si on ne s'en préoccupe pas, on laisse
01:37 les autres décider pour nous. C'est ce que font jusqu'à présent les acteurs de la Silver Economy
01:43 qui défendent leurs propres intérêts.
01:45 L'économie de la vieillesse, et là vous pensez aux maisons de retraite, aux
01:50 vendeurs d'accessoires ? Si vous allez dans un salon des seigneurs
01:54 aujourd'hui, c'est pour ça qu'on appelle le notre contre-salon. Vous voyez les rehausseurs de WC, les escaliers montants,
02:02 tout un tas de dispositifs. Mais ce sont des gens qui veulent nous vendre des services, des systèmes peut-être.
02:08 Mais avant tout, il faut pouvoir exprimer nos attentes. C'est-à-dire comment on veut vieillir, comment on veut vivre.
02:14 Et c'est ça qui est essentiel. Il faut que les vieux et les vieilles se mobilisent pour
02:19 retrouver nos paroles et retrouver une fierté d'être vieux. - Francis Carier, vous disiez "en France on n'aime pas les vieux".
02:26 Ça veut dire quoi ? Vous estimez qu'on n'écoute pas assez les vieux, les vieilles ?
02:32 - On n'aime pas les vieux. C'est tellement, il y a une vieille phobie qui est intériorisée que
02:37 personne ne veut être vieux. C'est-à-dire qu'on désigne toujours les vieux comme quelqu'un d'autre.
02:41 C'est elle, elle est vieux. Lui, il est vieux. Moi, non. Moi dans ma tête, je suis très jeune, etc.
02:46 Je ne suis pas comme les autres. Regardez, elle, c'est une vieille.
02:49 On a des images qui sont très négatives de la vieillesse et donc on ne peut pas
02:54 conceptualiser notre vie.
02:57 Et donc c'est ça qui est tout à fait anormal parce que je considère que la vieillesse, c'est une période de notre vie,
03:03 au même titre que la jeunesse, l'âge adulte.
03:05 Et bien, après la retraite, on rentre dans une période qui s'appelle la vieillesse. Ce n'est pas la dépendance,
03:11 c'est une époque de notre vie dans laquelle on doit privilégier d'autres priorités.
03:17 On doit pouvoir transmettre, on doit pouvoir réparer ce qu'on n'a pas su faire dans notre vie.
03:22 On doit pouvoir s'engager, on doit pouvoir choisir l'utilité sociale que l'on veut.
03:28 C'est une responsabilité, vous l'avez dit tout à l'heure,
03:31 que dans l'avenir, il va y avoir un nombre de vieux de plus en plus important.
03:36 Un Français sur trois sera sexagénaire en 2030.
03:39 Bon, quel est leur rôle dans la société ? Il va bien falloir qu'ils se prennent en charge.
03:44 Et alors, Francis Carrier, comment on fait pour changer l'image des vieilles et des vieux ?
03:49 Ça veut dire qu'il faut parler par exemple d'intimité ? Je crois que vous allez le faire là, dans votre contre-salon.
03:56 Bien sûr, bien sûr. Vous voyez, parler de sexualité, parler du corps des vieux, c'est essentiel.
04:02 On a encore jusqu'à la fin de notre vie.
04:04 Eh bien, pourquoi le considérer comme inutile ou laid ?
04:09 Bon, c'est des injonctions que la société nous donne.
04:12 On doit pouvoir avoir un plaisir avec notre corps, même s'il n'est pas du tout comme on avait 20 ans.
04:20 Bon, mais pour moi, c'est des représentations contre lesquelles il faut lutter.
04:26 Je pense que les vieux sont un peu dans la situation des femmes dans les années 50.
04:31 Ils acceptent une soumission, vos injonctions que la société leur donne,
04:36 et donc cette soumission les conduit progressivement à être des objets de soin.
04:42 Et à prendre la parole. Hier, Francis Carrier, le gouvernement a présenté sa stratégie "Bien vieillir".
04:48 Le projet de loi du même nom arrive lundi à l'Assemblée nationale. Vous en attendez quoi, vous ?
04:54 Rien, parce que je n'en attends rien.
04:58 Je pense que la dimension de ce sujet n'est pas prise en compte aujourd'hui.
05:03 D'abord, on n'écoute pas les vieux.
05:05 Oui, mais par exemple, essayer d'adapter les logements avec cette "Ma prime adapte"
05:10 pour les plus de 70 ans, pour leur permettre de rester chez eux, par exemple, ça peut être une idée quand même.
05:15 Oui, vous savez, avant il va falloir faciliter les choses.
05:21 Moi, j'ai l'exemple d'une amie qui voulait adapter sa baignoire en douche
05:26 parce qu'elle ne pouvait plus rentrer dans la baignoire.
05:29 On nous dit partout que les organismes vous permettent de faire ça très facilement.
05:36 Ça fait un an qu'on essaye de faire ça.
05:38 Tout le monde s'envoie la balle, personne n'arrive à prendre une décision.
05:42 Donc, je pense que même les dispositifs aujourd'hui, ils sont quasiment, pour beaucoup, inaccessibles.
05:49 Donc, première chose, pour les vieux, il va falloir quand même apprendre à simplifier.
05:53 Vous savez, la numérisation de la société, elle s'est faite contre les vieux.
05:56 Oui, ce n'est pas facile pour tout le monde de suivre le train en marche.
06:01 Mais c'est impossible.
06:03 Et aujourd'hui, étant donné qu'il n'y a plus de guichet, parlons de ce sujet,
06:07 vous voyez, partir seulement prendre un billet de train pour aller voir un copain ou sa famille,
06:14 mais pour un vieux de 85 ans, aujourd'hui, c'est mission impossible.
06:17 Et donc, vous espérez que les vieux et les vieilles vont être entendus,
06:22 grâce notamment à ce contre-salon.
06:24 Merci beaucoup, Francis Carrier.
06:26 C'était vraiment un plaisir de discuter avec vous ce matin.
06:29 Le contre-salon des vieilles et des vieux, c'est donc jusqu'à demain à Paris,
06:32 à la Halle des Blancs, il y a encore des places.
06:35 Si vous habitez à Paris ou si vous êtes de passage dans la capitale…
06:39 !
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