00:00 La politique, Mathieu Croissando, le Conseil d'État a annulé hier la dissolution des soulèvements de la terre.
00:05 C'est une victoire pour les écologistes ?
00:06 Oui, soulèvements de la terre, on le rappelle, c'est un collectif né dans la contestation de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes
00:12 qui regroupe des militants écologistes sur tout le territoire, aux méthodes très radicales.
00:16 On les a vu dégrader des biens, des installations, parfois des propriétés privées,
00:20 dans des mobilisations où les manifestants s'en sont parfois pris très violemment aux forces de l'ordre.
00:24 Vous vous souvenez, Sainte-Soline, la mobilisation contre les mégabassines,
00:27 il y a eu aussi le tunnel Lyon-Turin ou des serres de Muguet qui avaient été arrachées en Loire-Atlantique.
00:33 Sa dissolution avait été prononcée en Conseil des ministres le 21 juin dernier
00:38 et en août, le collectif avait saisi en urgence le Conseil d'État qui avait suspendu le décret.
00:43 Et là, il vient de se prononcer, ce Conseil d'État, sur le fond,
00:45 et il estime que la dissolution des soulèvements de la terre ne constitue pas une mesure adaptée,
00:50 nécessaire et proportionnée à la gravité des troubles.
00:53 Mais ça veut dire quoi ? Que le Conseil d'État valide les méthodes des soulèvements de la terre ?
00:57 - Mais ça, c'est ce qu'aimerait bien dire et c'est ce qu'essaient de faire dire, justement, les militants écologistes.
01:02 Mais non, la décision est nuancée, il faut le dire.
01:05 Le Conseil d'État ne dédouane pas les soulèvements de la terre qui se sont bien livrés, selon le juge,
01:09 à des provocations, à des agissements violents, à la rencontre des biens qui tombent sous le coup de la loi
01:13 et qui ne sauraient être légitimés par un motif d'intérêt général.
01:15 Vous savez, la désobéissance civile, ben non, ça ne marche pas.
01:19 La justice reconnaît par ailleurs que le soulèvement de la terre n'est pas une nébuleuse,
01:21 mais bien un groupement de faits et qu'ils ont relayé avec complaisance
01:24 les images d'affrontements avec les forces de l'ordre.
01:25 Mais, attention, le Conseil d'État estime qu'aucune provocation à la violence contre les personnes
01:30 ne peut être imputée au soulèvement de la terre.
01:32 Il n'y avait pas eu d'appel de soulèvement de la terre à s'en prendre aux personnes.
01:34 Et puis, dans les manifestations, est-ce que c'était bien des membres de soulèvement de la terre
01:37 qui s'en étaient pris aux forces de l'ordre, par exemple ?
01:39 Ça, on ne peut pas le dire.
01:40 Et puis, surtout, le Conseil d'État rappelle qu'une dissolution, ça porte une atteinte grave à la liberté d'association
01:46 et ça ne peut être mis en œuvre que pour éviter des troubles graves à l'ordre public.
01:49 Visiblement, ça n'est pas le cas.
01:50 Mais on peut parler de défaite quand même pour l'exécutif.
01:52 Ça, oui. Pour Emmanuel Macron, qui avait mis la pression à son gouvernement
01:55 en Conseil des ministres pour accélérer la dissolution.
01:57 Pour Gérald Darmanin aussi, dont les services au ministère de l'Intérieur
02:00 n'ont pas été fichus, détaillés suffisamment leurs décisions.
02:03 Au printemps dernier, vous vous souvenez, Gérald Darmanin avait dénoncé
02:07 ce qu'il qualifiait d'éco-terrorisme, l'action d'une ultra-gauche
02:10 où l'on mettrait à bas la démocratie.
02:12 Eh bien, ça, c'est vrai qu'il est aujourd'hui désavoué par la justice.
02:14 Et puis, je finirai en disant que pour tous ceux aussi qui disent qu'on vit dans un régime autoritaire,
02:19 voire en dictature, c'est une forme de désaveu parce que la France reste un État de droit.
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