00:00 Qui était-il ce prof qui a changé votre vie ?
00:02 – En réalité, il y en a eu plusieurs et je voulais aussi dire que d'abord,
00:05 je suis aussi un… comment dire… les héros sont mes enseignants.
00:09 Donc, les enseignants en général.
00:11 Donc vous voir tous ici, déjà je suis ému parce que vous êtes mes héros
00:15 et c'est important de le dire.
00:16 – Oui.
00:16 – Et il y en a eu trois en réalité parce qu'à chaque moment de ma vie,
00:19 il y a eu une institutrice qui s'appelait Mademoiselle Schaeffer
00:23 qui m'a découvert d'une certaine manière puisqu'elle m'a finalement
00:27 fait aimer l'école, fait aimer les mots, la lecture.
00:29 Il y a eu au collège mon professeur d'anglais qui s'appelait M. Leborn
00:34 mais il était aussi mon professeur de culture religieuse
00:37 et je me souviens un jour, il arrive comme ça avec un…
00:39 et il nous dit "que leur reste-t-il puisqu'ils obéissent ?"
00:42 et puis il passe à autre chose.
00:44 On s'est dit "mais qu'est-ce qu'il nous raconte ce monsieur ?"
00:46 Et ça se termine et on vient tous le voir "mais qu'est-ce que vous nous avez dit ?"
00:49 Il dit "ben, je vous ai parlé d'Alain" et on dit "mais Alain c'est qui ?"
00:55 Et il nous dit "ben, allez vous renseigner"
00:57 et on est allé se renseigner et tout ça et il nous introduisait comme ça
00:59 et à chaque fois il venait et il nous donnait des…
01:01 Et puis j'ai eu un autre enseignant aussi au lycée et c'est lui finalement
01:06 qui a fait la synthèse de tout, qui était à la fois mon prof de latin,
01:10 de lettres et puis de culture religieuse également,
01:13 qui s'appelle M. Myri avec qui je continue à communiquer,
01:16 on s'envoie des mails, on se voit quand on peut,
01:19 quand je suis à Strasbourg etc.
01:21 C'est important parce que sans ces gens-là,
01:23 je ne serais pas là aujourd'hui avec vous.
01:25 Moi, les enseignants m'ont fait découvrir la littérature
01:30 et la littérature m'a sauvé la vie.
01:32 Donc d'une certaine manière, les enseignants m'ont sauvé la vie
01:35 et ce n'est pas au sens figuré, c'est au sens propre.
01:38 C'est-à-dire que ceux qui étaient autour de moi sont morts physiquement
01:41 et moi j'ai eu des enseignants, j'ai eu des enseignantes.
01:45 – Vous savez, c'est émouvant de vous entendre parler ce soir, Abdelmalik.
01:48 Vous avez été l'un des signataires, aux côtés de Daniel Pénac d'ailleurs,
01:51 d'une tribune publiée dans "Le Monde" récemment
01:53 où plusieurs acteurs du monde culturel et enseignants
01:56 s'inquiétaient du désintérêt des jeunes pour la lecture
01:59 et de leur baisse de niveau à l'écrit qui aurait des conséquences
02:01 sur leur capacité à développer leur esprit critique.
02:04 Qu'est-ce qui est en jeu au fond ?
02:07 – J'ai envie de vous dire tout.
02:09 C'est-à-dire qu'il y a quelque chose de fondamental qui se joue là.
02:11 On nous dit "est-ce qu'ils lisent moins etc."
02:13 La réalité quand même, c'est que les jeunes ne lisent pas moins.
02:16 Mais qu'est-ce qu'ils lisent ?
02:17 En fait, nous on lisait des livres véritablement.
02:21 Eux, ils sont sur les réseaux sociaux, ils lisent effectivement.
02:24 Et l'idée c'est de dire comment on va réussir à, comment dire,
02:28 à nouveau rendre sexy la littérature, les auteurs, le savoir, la connaissance.
02:33 Comment on va faire en sorte que tout d'un coup il y ait cet attrait-là ?
02:36 Et pour moi, il y a quelque chose de fondamental qui se joue
02:38 parce que sinon on est dans une sorte de point de rupture
02:41 rapport à l'histoire, rapport à l'environnement dans lequel on vit,
02:45 rapport aux aînés etc.
02:46 Donc il y a quelque chose de très important qui se joue
02:49 dans l'idée de transmission.
02:50 Sinon il y a une rupture.
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