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  • il y a 2 ans
Avec Anne Rosencher, journaliste, écrivain et directrice déléguée de la rédaction de l’Express.

Retrouvez "En toute subjectivité" sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/anne-rosencher-en-toute-subjectivite

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Transcription
00:00 À 7h21 en toute subjectivité ce matin avec la directrice déléguée de la rédaction
00:05 de l'Express, Anne-Rose Ancher.
00:07 Anne, vous vouliez revenir ce matin sur les images qui nous sont parvenues des massacres
00:12 en Israël.
00:13 Elles sont comme un point fixe au milieu des débats, des tweets et des commentaires.
00:17 Ces images forment un œil du cyclone monstrueux dans le fracas de l'actualité.
00:22 On y revient, on y repense et le calme de l'effroi nous saisit.
00:27 Qu'avons-nous vu ?
00:28 Le corps désarticulé d'une jeune femme exhibée à l'arrière d'un pick-up pour
00:32 qu'on lui crache dessus.
00:33 Qu'avons-nous vu encore ?
00:35 Des enfants enlevés à leurs parents, terrorisés, harcelés à qui l'on tourne la tête de
00:39 force pour les obliger à regarder l'œil content de la caméra.
00:43 Qu'avons-nous vu ?
00:44 Des jeunes qui dansaient une minute et qui l'autre fuit les rafales qui les déciment
00:48 à l'aveugle.
00:49 Que nous a-t-on rapporté enfin ?
00:51 Des kibouts sentiers de familles massacrées, sans oublier les bébés.
00:56 Ces images témoignent.
00:58 Elles disent, dans leur évidence, que nous regardons là autre chose que le drame d'un
01:03 conflit territorial sur lequel il y a tant à dire et à débattre.
01:07 La barbarie qu'elles documentent, cette volonté de porter atteinte à l'humanité
01:11 des victimes, fait sortir l'événement des rails de la géopolitique.
01:15 Ce qui s'y lit, ce qui s'y voit, ça n'est pas « Palestine vivra » mais « Les Juifs
01:20 mourront ». Ce qui s'y lit, ce qui s'y voit, c'est la différence entre la guerre
01:24 et le terrorisme, entre la critique d'Israël et l'antisémitisme.
01:28 J'ai vu comme beaucoup ces images dans leur évidence.
01:31 J'ai pensé à la pitié et à la tendresse de la pitié, auxquelles faisait appel Albert
01:36 Cohen.
01:37 Cette évidence-là pourtant, ne met pas tous les cœurs à l'unisson.
01:40 Et bien, aussi stupéfiants que cela puisse paraître, ces images sont également des
01:45 images de propagande.
01:47 C'est-à-dire qu'il y a des cœurs assez confits dans la haine, pour se réjouir et
01:50 même pour se galvaniser.
01:52 J'ai compris cela et ça m'a sidéré après la tuerie perpétrée par le djihadiste Mohamed
01:57 Mera à Toulouse en 2012.
01:59 Le récit de son carnage, ciblant notamment une école juive, relevait de la même horreur.
02:04 La froide mitraille, la haine, la mort d'enfant, dont la petite Myriam, 8 ans, qui lui avait
02:09 échappé et que le terroriste était allé rattraper par les cheveux pour l'exécuter
02:14 à bout touchant.
02:15 Pitié et fraternité de pitié, avais-je pensé.
02:18 Pas pour tout le monde.
02:20 Dans les mois qui ont suivi, les actes antisémites en France ont connu une flambée sans précédent,
02:25 en hausse de 60% pour l'année 2012, par contagion de la haine.
02:30 C'est pourquoi ce week-end dernier, alors que nous parvenaient les images et les récits
02:33 glaçants des massacres de civils en Israël, la France comme d'autres pays renforçait
02:38 la sécurité autour de ces synagogues et de ces écoles juives.
02:41 Par peur de l'importation du conflit, comme on dit, à tort.
02:45 Viser des juifs en France, quelle que soit la situation politique en Israël, ça n'est
02:50 pas l'importation d'un conflit, non.
02:52 C'est l'international de l'antisémitisme meurtrier qui n'en a jamais fini de montrer
02:57 sa gueule immonde.
02:59 Anne Rosancher.
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