00:00 Quand vous entendez ce soir Benjamin Netanyahou dire "tout membre du Hamas est un homme mort",
00:04 qu'est-ce qu'il a en tête ce soir pour la suite des opérations Netanyahou ?
00:07 D'abord personnellement je dois dire, je suis content de le voir parce que pendant 30 heures on n'a vu personne.
00:12 Toute la première journée, les Israéliens étaient abandonnés.
00:17 La seule possibilité pour parler à quelqu'un c'était téléphoner aux rédactions des télévisions.
00:24 Les JT tout à coup jouaient le rôle du pouvoir, expliquaient aux gens
00:28 "vous entendez du bruit en arabe derrière la porte, n'ouvrez pas la porte".
00:32 "Si on frappe en vous parlant en hébreu, posez des questions".
00:35 Les militaires sont arrivés, vous le savez, sur le terrain seulement 6, 7, 8 heures plus tard, parfois beaucoup plus.
00:41 C'est les télés. Le pouvoir a commencé à s'organiser 24, 36 heures après.
00:49 Tout à coup on commence à voir effectivement Benjamin Netanyahou.
00:52 Mais comment on l'explique ça ? Cet état de sidération ?
00:55 Oui, effondrement du pouvoir. Il n'y a pas d'autre explication.
01:00 Vous savez, pour moi, c'est le plus important massacre de juifs depuis la Shoah.
01:08 C'est comme ça que je le ressens. Aussi en tant que venant d'une famille qui est passée par là.
01:15 Ma mère a été sauvée à Nancy par les polices de l'étranger.
01:22 J'étais réserviste à Gaza dans les années 70 et 80, commandant une patrouille.
01:28 Un de mes ordres, c'était de passer à côté de la maison d'un certain Sheikh Yassin,
01:33 qui était le chef d'un petit mouvement islamiste à Gaza.
01:36 Et puis pour les généraux, pour Gaza, c'est important, il fallait que ce Sheikh soit en bonne santé.
01:42 Il était handicapé.
01:44 Plus tard, journaliste, je suis revenu avec des caméras à Gaza
01:48 et j'ai suivi la transformation de ce mouvement islamiste tout doucement.
01:52 Je les ai tous rencontrés, tous les chefs du Hamas.
01:56 Les interviews sont ad-hina, je les ai eues.
01:59 Y compris Mohamed Reef, qui est le patron aujourd'hui.
02:01 Mohamed Reef, jamais. Les seuls qu'on ne voyait jamais, c'est Nef.
02:04 C'est lui, la futeur.
02:06 La branche militaire du Hamas.
02:08 La branche militaire du djihad, je les ai filmées, je les ai rencontrés.
02:11 J'ai interviewé le Sheikh Hamdallah Chami,
02:15 qui en 1994, ce salopard a envoyé deux jeunes Gazaouis,
02:21 Kawikaz, se suicider dans une cafétéria de soldats au nord de Tel Aviv.
02:27 Ma seconde fille a failli mourir dans cet attentat.
02:30 Et trois jours après, je me trouve devant le Sheikh Hamdallah Chami,
02:33 qui savait très bien qui j'étais parce qu'on ne peut pas se cacher.
02:36 Tout Gaza savait, Anderlin est juif, israélien, français,
02:39 mais sa caméra nous est importante.
02:41 Et finalement, il a décidé, oui, interview.
02:43 Il me dit, vous êtes courageux.
02:45 Oui, écoutez, je fais mon travail.
02:47 Je suis retourné chez lui à plusieurs reprises.
02:48 Il m'appelait Zofan Hidjou, le drôle de juif.
02:53 J'ai continué à faire tous ces reportages à Gaza jusqu'en 2006-2007,
02:58 quand l'armée israélienne a décidé, ça y est, tu n'y vas plus,
03:00 on ne te veut pas comme otage à Gaza.
03:03 En 2009, j'ai publié un livre qui s'appelle
03:06 "Le grand aveuglement", interviewant tous les chefs israéliens de la sécurité de l'époque.
03:12 Comment vous avez pu permettre le développement de cela ?
03:15 C'était une décision gouvernementale israélienne
03:19 que Benjamin Netanyahou, parce que cette catastrophe du peuple juif
03:24 qui s'est déroulée à Gaza, cette catastrophe, elle a un nom.
03:28 Elle se déroule sous la responsabilité de Benjamin Netanyahou,
03:32 Premier ministre depuis 2009, avec une interruption d'un an.
03:36 C'est sous lui que cela s'est passé.
03:38 C'est sous lui que la politique de soutien financier au Hamas s'est poursuivie.
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