00:00 ...
00:06 -Bonjour et bienvenue dans "Envie d'agir".
00:09 Je suis très heureuse d'accueillir Simon Bernard
00:11 et Morgane Kerdoncu pour Plastique Odyssée.
00:14 Bonjour à tous. -Bonjour.
00:16 -Merci d'être là. Simon, vous étiez déjà là
00:18 il y a 6 mois pour nous parler de votre aventure.
00:21 Plastique Odyssée, c'est le nom d'un bateau,
00:24 mais c'est aussi et surtout le nom d'une expédition
00:27 à travers le monde pour aller apporter des solutions concrètes
00:31 de recyclage des déchets plastiques.
00:34 Ils sont de plus en plus nombreux.
00:36 Je voulais vraiment que vous reveniez
00:38 et que vous nous racontiez où vous en êtes
00:41 et surtout parler de ce documentaire super
00:43 que j'ai eu la chance de voir en avant-première
00:46 qui a été réalisé sur votre expédition,
00:48 qui va être diffusé très bientôt sur Canal.
00:51 Je donnerai les dates à la fin de l'émission.
00:54 Pourquoi ce documentaire ?
00:56 Vous avez cherché à avoir plus d'impact ?
00:58 -Je crois que c'était important de raconter un peu mieux
01:01 ce que l'on fait, car c'est un projet complexe.
01:04 Il se passe plein de choses.
01:05 On a parlé de recyclage, de sensibilisation,
01:08 de réduction, on fait beaucoup de choses.
01:10 Ca permet de mieux comprendre et de toucher plus de monde
01:13 dans le but d'avoir plus d'impact.
01:15 -J'avoue que le documentaire apporte vraiment
01:18 et est très pédagogique.
01:20 Vous nous aviez apporté des pavés,
01:22 mais là, on voit des moules où sont fabriquées les choses.
01:25 C'est très concret.
01:27 C'est là où je vous ai vue, Morgane,
01:30 dans le documentaire.
01:32 Vous êtes la directrice des escales.
01:34 Qu'est-ce que c'est ?
01:35 Que représente votre expédition depuis un an
01:38 en termes d'escales et de gens touchés,
01:40 en impact écologique aussi ?
01:43 -Tout à fait.
01:44 C'est intéressant, car ça fait un an que le bateau est parti.
01:47 Ca fait un an d'expédition.
01:49 C'est l'occasion de faire le bilan
01:51 par rapport à toutes les activités
01:53 qui vont être menées sur ces différentes escales.
01:56 Aujourd'hui, le bateau a parcouru un beau bout de son trajet,
01:59 car après la Méditerranée et l'Afrique de l'Ouest,
02:02 on a traversé l'Atlantique.
02:04 Le bateau est en Amérique du Sud.
02:06 Il vient de quitter la République dominicaine,
02:08 qui a été notre 14e escale.
02:10 Une escale riche en découvertes, en rencontres,
02:13 une fois de plus.
02:14 En quelques chiffres, un an d'expédition,
02:17 par rapport à nos objectifs de sensibilisation et d'impact,
02:22 ça a été plus de 300 personnes qu'on a pu former à bord du bateau,
02:25 qu'on a rencontrées, avec qui on a échangé
02:28 autour de ces nouvelles technologies,
02:30 ces nouvelles approches du recyclage low-tech.
02:33 Plus de 3 000 enfants sont venus à bord,
02:35 ont visité le bateau, ont découvert l'expédition.
02:38 -C'est la sensibilisation dès le plus jeune âge.
02:41 -Exactement. Ca s'inscrit dans un programme pédagogique
02:44 en lien avec les classes, les professeurs.
02:46 Les enfants suivent le bateau.
02:48 C'est un beau fil directeur
02:50 pour sensibiliser à cet enjeu de la pollution plastique.
02:54 On a aussi trois projets terrain en un an qui ont vu le jour.
02:57 Des projets terrain, c'est la preuve d'une continuité
03:00 après l'expédition et d'un projet qui s'inscrit dans la durée.
03:03 En un an d'expédition, on a...
03:06 -Bravo, dis donc !
03:07 Oui, effectivement, et on en voit un certain nombre
03:10 de cet événement et dans le documentaire.
03:13 Ce qu'on a vu et qui était super intéressant,
03:15 pourtant, vous nous l'aviez dit, quand vous êtes venus,
03:18 vous avez eu plein de galères avant de pouvoir partir.
03:21 Vous pensez partir après l'achat du bateau,
03:24 ce qui en soit déjà une aventure, car un bateau coûte très cher,
03:27 mais ce n'était pas six mois de galère, mais trois ans.
03:30 Dans le documentaire, vous dites
03:32 qu'on n'avait pas d'autre choix que de réussir.
03:35 Vous auriez pu baisser les bras.
03:37 C'était pas simple. Pourquoi pas d'autre choix ?
03:40 -C'était compliqué, puisqu'une fois qu'on a un navire comme ça,
03:43 et qu'on a découvert qu'il y avait de l'amiante,
03:46 le premier coup de masse... -On le voit très bien.
03:49 -Il y a eu énormément de vies cachées.
03:51 On a découvert au fur et à mesure.
03:53 On n'avait pas la vision globale de tout ce qui allait nous arriver.
03:57 On était obligés de faire avec chaque nouvelle galère
04:00 qui arrivait.
04:01 -Qu'est-ce qui fait qu'on persévère, malgré tout ?
04:04 -Je crois qu'on n'a pas le choix,
04:06 parce qu'on a des gens qui nous soutiennent depuis longtemps,
04:10 on a toute une équipe.
04:11 On n'a pas le droit de baisser les bras.
04:14 Surtout, il y a cette vision et cette envie de changer les choses.
04:17 Pendant un moment donné, on avait plein de soucis
04:20 qui étaient un peu éloignés de l'objectif
04:22 des déchets plastiques.
04:24 On était concentrés sur un chantier de bateau.
04:26 C'était dur à vivre, mais on voit le résultat maintenant.
04:30 -Vous êtes partis le 1er octobre 2022,
04:32 donc ça fait un tout petit peu plus d'un an.
04:35 Qu'est-ce que ça vous a fait quand le bateau est enfin parti
04:38 du port de Marseille ?
04:39 -J'avais...
04:41 J'étais partagé à la fois hyper ému et content,
04:44 et de l'autre côté, j'avais du mal à réaliser.
04:47 J'arrivais pas à me dire "Ca y est, c'est le départ."
04:50 J'ai mis du temps, même, la première escale.
04:52 J'étais un peu observateur.
04:54 Je me disais "Ca y est, c'est en train d'arriver."
04:57 C'est un sentiment assez spécial.
04:59 -Morgane, vous êtes la directrice des escales
05:02 pendant que Simon, Alex, étaient en train de s'affaire
05:05 à la rénovation de la mer.
05:07 Simon, Alex étaient en train de s'affairer
05:10 pour que les choses puissent démarrer.
05:12 Vous vous programmiez les différentes escales.
05:15 Ce que j'aime beaucoup, c'est qu'on dit souvent
05:17 "c'est une aventure humaine",
05:19 mais votre histoire, à vous, c'est vraiment une aventure humaine.
05:23 Vous êtes allé à la rencontre de gens extraordinaires
05:26 dans ces 14 escales que vous avez effectuées.
05:28 Pouvez-vous nous dire, à vous aussi, ce qu'ils vous apportent ?
05:32 On va regarder un magnéto de l'une d'entre elles
05:34 qui m'a beaucoup touchée.
05:36 Qu'est-ce que vous, ces rencontres ?
05:38 -C'est vraiment un échange, un partage.
05:40 On essaie de ne pas avoir une approche descendante
05:43 pour apprendre parfois plus du terrain
05:47 des entrepreneurs qui font déjà
05:49 que ce qu'on peut partager.
05:51 On a découvert, ça fait 7 ans qu'on travaille sur le sujet,
05:54 on a encore découvert dernièrement en Brésil
05:57 une nouvelle manière de recycler
05:58 pour fabriquer des tuiles, des toits des maisons.
06:01 Tous les jours, même si ça fait longtemps,
06:04 on apprend énormément de ce qui se passe déjà
06:06 dans les pays qui nous intéressent.
06:08 En Afrique, en Amérique du Sud, en Asie.
06:11 C'est vraiment ça qui est intéressant,
06:13 cette exploration sur le terrain
06:15 dans des endroits où personne n'est encore jamais allé.
06:18 -Tout à fait. C'est compliqué, donc, d'organiser ces escales ?
06:21 -Alors, c'est un challenge
06:24 de réussir à trouver à chaque fois les bonnes personnes,
06:28 ces entrepreneurs de terrain dont on parle,
06:31 avec qui on va passer du temps à chacune des escales.
06:34 On a travaillé sur des appels à candidature,
06:36 qu'on publie le plus tôt possible sur nos réseaux sociaux,
06:39 sur notre site Internet,
06:41 pour justement faire émerger ces initiatives
06:44 qui vont nous nourrir au fur et à mesure des escales.
06:47 -Exactement. Des personnalités incroyables
06:50 qu'on voit en témoigné dans le documentaire.
06:53 Liban, Egypte, Guinée...
06:56 Je vous propose d'en regarder une
06:58 qui va forcément vous rappeler quelque chose.
07:01 -Salut, Mariem. -Bonjour, Mariem.
07:03 -Bonjour, Mariem. -Bonjour.
07:05 -Ca va ? -Vous allez bien ?
07:07 -Très bien, et toi ? -Ca va. Et vous ?
07:09 -On est à bord du plastique Odyssée, on est à bord du bateau.
07:12 -Ah, OK. Super.
07:14 -Mariem Keta est guinéenne.
07:16 Nous l'avons rencontrée en France il y a un an
07:18 et travaillons avec elle pour l'aider à transformer
07:21 sa petite entreprise de Conakry
07:23 en une véritable micro-usine de recyclage.
07:25 -Ce serait intéressant de regarder en détail
07:28 les besoins pour dimensionner les machines
07:31 et voir de quelle puissance tu pourrais avoir besoin.
07:35 -Mariée à 14 ans, sans accès à l'éducation,
07:43 Mariem, comme beaucoup de femmes en Guinée,
07:45 dépendait entièrement de son mari pour survivre.
07:48 Maman de trois enfants et désormais divorcée,
07:51 elle décide pourtant de participer au développement de son pays.
07:54 Elle s'est lancée grâce au soutien des Nations unies
08:01 pour la gestion des déchets.
08:02 -Et voilà, ce sont les déchets plastiques,
08:08 comme on l'appelle, comme on l'appelle toujours,
08:10 mais selon moi, ce sont des ressources.
08:12 Si j'arrive à transformer ces déchets,
08:15 ça me permettra d'avoir de l'argent,
08:16 ça me permettra d'employer d'autres jeunes,
08:19 ça me permettra d'être autonome,
08:21 ça me permettra de prendre soin de mes enfants, de mes parents.
08:24 Et voilà, selon moi, c'est de l'or.
08:27 Notre objectif, c'est d'avoir un jour des équipements
08:30 qui nous permettront de transformer
08:32 tous ces plastiques dans la nature.
08:34 -Qu'est-ce que ça vous fait de revoir ces images ?
08:36 -Ca nous rappelle plein de choses.
08:38 C'est vrai que Mariam, c'est un bel exemple,
08:41 puisque ça a mis du temps avant qu'on arrive,
08:43 qu'on la rencontre déjà... -En vrai.
08:45 -En vrai, sur le terrain, et qu'on mette en place...
08:48 On a installé toute une usine.
08:50 On en parle, on le voit dans le documentaire,
08:52 mais on a installé une micro-usine de recyclage
08:55 pour lui permettre d'employer aujourd'hui une dizaine de personnes
08:59 pour recycler une centaine de tonnes.
09:01 -C'est merveilleux de voir ça,
09:02 puisque c'est cette maman solo, 2-3 enfants,
09:05 elle dit "c'est important pour le développement de mon pays",
09:08 et vous, vous arrivez, vous lui donnez les moyens
09:11 de faire vraiment quelque chose de ses idées.
09:15 Je trouve ça super important.
09:16 C'est de l'emploi, elle le dit d'ailleurs aussi très bien.
09:20 Est-ce que... Donc, il est arrivé aussi
09:22 que certaines bonnes idées soient déjà sur place
09:24 et que vous vous aidiez à les développer ?
09:27 C'est un échange en permanence entre vous et vos escales, c'est ça ?
09:31 -L'idée, à chaque fois, c'est d'arriver à avoir
09:33 une dizaine de personnes incroyables, comme Mariam,
09:36 avec qui on va passer une partie de l'escale.
09:39 -Que vous, vous choisissiez en amont, c'est ça, Morgane ?
09:42 -Exactement. -C'est hyper important.
09:44 -Le grand challenge, c'est d'arriver à trouver les bonnes personnes
09:48 qu'on va accompagner, avec qui on va travailler
09:51 pour que derrière, on puisse voir fleurir
09:54 toutes ces initiatives de recyclage.
09:57 Et c'est ça, le défi, à chaque fois.
09:59 -Et que ça avance de façon concrète.
10:01 Je peux dire que c'est une communauté Plastic Odyssey.
10:04 Vous avez cet environnement autour de vous
10:07 où vous travaillez ensemble, vous collaborez ensemble.
10:10 -C'est l'objectif, effectivement, de construire une communauté
10:13 et que chacun de ces personnes qu'on a rencontrées
10:16 au fur et à mesure de nos escales animent cette communauté,
10:19 qu'ils échangent entre eux des bonnes pratiques.
10:22 C'est ce partage de connaissances qui nous tient à coeur
10:25 qu'on développe escale après escale en rencontrant des gens
10:28 qui font chaque jour en sorte que le plastique
10:31 ne finisse pas dans l'océan et soit transformé en ressources,
10:34 en objets utiles pour le public.
10:36 -Bien sûr. Et du coup, est-ce que vous estimez...
10:39 Cette communauté, c'est un des objectifs que vous aviez.
10:42 Vous estimez, après un an, avoir atteint vos objectifs ?
10:46 -On s'était donné 300 entrepreneurs
10:49 accompagnés pendant les trois ans.
10:53 Et là, on est déjà à 300.
10:55 C'est vrai que la dernière escale a été incroyable.
10:59 On a eu un engouement... On ne s'y attendait pas du tout.
11:02 Mais là, on a fait trois communautés,
11:04 une francophone, une communauté anglophone,
11:07 et maintenant, on touche l'Amérique du Sud.
11:09 -Spanophone. -Spanophone.
11:11 -C'est une multinationale, votre affaire.
11:13 -C'est super, quoi.
11:15 -C'est hyper intéressant.
11:17 Et du coup, effectivement, vous étiez partis pour trois ans.
11:20 On est à un an, à un tiers de l'aventure.
11:23 C'est quoi, votre envie d'agir, mais cette fois-ci,
11:26 dans les cinq ans ?
11:27 Je veux que vous me parliez de l'après-expédition.
11:29 C'est quoi, votre envie ?
11:31 -Alors, on a déjà commencé à préparer l'après,
11:34 puisque la finalité, c'est vraiment
11:36 d'installer des micro-usines de recyclage,
11:39 de faire en sorte qu'il y ait des initiatives qui fleurissent.
11:42 Là, on a une équipe qui est partie à Dakar.
11:44 On va commencer au Sénégal, en Afrique de l'Ouest,
11:47 indépendamment du bateau,
11:49 et qui, suite à cette escale sénégalaise,
11:52 va mettre en place un réseau de recycleurs.
11:54 On espère pouvoir faire ça en Amérique du Sud
11:57 et ensuite en Asie.
11:58 -Vous êtes combien pour faire ça ?
12:00 Une équipe de combien de personnes ?
12:02 -On n'est pas énorme, on est une petite trentaine.
12:05 C'est vrai qu'on fait pas mal avec peu de moyens.
12:07 -Et ça marche. -Et ça marche.
12:09 -Ecoutez, merci beaucoup. On continuera de vous suivre.
12:13 Pour le point agenda de fin d'émission
12:16 dont vous avez l'habitude, maintenant,
12:18 je voudrais vous présenter ce livre,
12:22 qui est vraiment tout beau, tout chaud,
12:24 qui vient de sortir sur votre aventure.
12:26 "Plastique Odyssée, parcourir les océans
12:28 pour sauver la Terre",
12:30 et j'y crois, aux éditions EPA.
12:33 Et bien sûr, je vous avais promis,
12:35 ne ratez pas, sincèrement, je l'ai vu, je l'ai adoré,
12:39 le documentaire "Plastique Odyssée",
12:41 qui va passer le jeudi 25 octobre en prime,
12:45 à 20h55, donc, sur Canal+ Doc,
12:49 et le lendemain, le 26, à 22h40, sur Canal+.
12:53 Et c'est vraiment génial. On comprend tout.
12:56 On vit avec vous votre aventure, ce qui est vraiment merveilleux.
13:00 Je vous rappelle aussi nos podcasts "Envie d'agir",
13:02 mais cette fois-ci, un numéro spécial
13:05 dédié à la vie d'une bouteille d'eau
13:07 entre la bouche d'un être humain, d'une bouteille d'eau en plastique.
13:11 Et je ne vous dis pas la suite, vous découvrirez dans le podcast.
13:15 En revanche, je vous dis à très vite
13:18 sur C8 pour plus d'envie d'agir.
13:20 Merci.
Commentaires