00:00 J'ai mis du temps à entendre comme façon de terminer sa vie l'euthanasie,
00:03 parce que je suis médecin.
00:04 Comme tout médecin, on est là pour soigner, pour apaiser.
00:06 Je n'envisageais pas que l'euthanasie puisse être un geste de soin.
00:09 Après, au fur et à mesure de ma carrière, des rencontres que j'ai pu faire,
00:12 des médecins qu'on a pu rencontrer, notamment en Belgique,
00:15 et de ce documentaire, je pense et j'espère que la loi évoluera vers ça.
00:19 Je les aide à mourir, ça c'est sûr et certain.
00:22 Le dernier mot qui est prononcé par le patient, c'est à nous, c'est merci.
00:25 Alors l'euthanasie, c'est le geste qui est le plus médical,
00:28 puisque l'acceptation, évidemment, dépend d'un ou plusieurs médecins.
00:33 Selon les pays, c'est en général un médecin de la spécialité de la maladie du patient
00:37 et le médecin traitant.
00:39 Et à partir du moment où cette demande est acceptée,
00:42 il y a un processus, parce qu'il faut que le patient renouvelle ce désir.
00:45 Et jusqu'au dernier moment, on lui demande vraiment jusqu'au dernier moment,
00:48 au moment de l'injection, est-ce que vous êtes sûr que vous voulez ?
00:50 Est-ce que vous êtes sûr que c'est le bon moment ?
00:51 Est-ce que vous êtes sûr ? C'est vraiment extrêmement encadré.
00:54 Et puis le jour venu, vous devez encore être capable de me dire "on y va".
00:58 Parce que vous pouvez évidemment changer d'avis jusqu'au dernier moment.
01:01 Je vais répondre à toutes vos questions.
01:03 La porte de sortie est ouverte, elle n'est pas fermée.
01:17 Il suffira de la pousser si vous voulez la franchir.
01:19 Et donc le médecin, au moment où la décision sera prise,
01:24 injecte un ensemble de produits qui vont provoquer un peu comme une anesthésie générale.
01:29 C'est-à-dire que le patient se sent partir très, très vite
01:31 et puis meurt extrêmement rapidement, sans aucune souffrance.
01:35 Et donc c'est le médecin qui est là pour faire ce geste.
01:38 L'euthanasie a ça, en tout cas auprès des patients que j'ai pu voir,
01:42 de les apaiser.
01:44 Déjà le fait qu'ils sachent que l'euthanasie a été acceptée pour eux.
01:48 Le jour où j'ai vraiment plus du tout flippé par rapport à ma condition,
01:52 c'est le jour où il m'a dit "oui, on peut euthanasier".
01:55 Et en fait, ce que me disaient les médecins belges,
01:57 c'est qu'il y a beaucoup, beaucoup d'euthanasie acceptée
01:59 qui n'aboutissent pas à un geste d'euthanasie.
02:01 Les patients mourant finalement naturellement, apaisés par cela.
02:04 Donc c'est effectivement quelque chose qui est apaisant et rassurant pour les patients.
02:09 Moi, en tant que citoyenne et que médecin, je trouve inadmissible
02:12 que les patients qui ont besoin de cette fin de vie
02:15 parce que leur fin de vie n'est pas digne
02:17 et que la loi pour l'instant n'existe pas,
02:19 soient obligés de partir à l'étranger et de mourir loin de chez eux.
02:23 Beaucoup de médecins refusent de faire, si la loi passait, des euthanasies.
02:27 Ça me paraît parfaitement normal.
02:28 C'est de l'éthique, de la culture, de la religion.
02:32 Pour moi, en tout cas, c'est un geste que je ne suis pas capable de faire.
02:36 Je ne veux pas de ce pouvoir-là.
02:38 On fait une médecine qui est une médecine très humble
02:41 et que c'est le pouvoir, donner la mort,
02:43 c'est un pouvoir que moi, je ne veux pas avoir sur les patients.
02:47 Et ils n'auront pas à le faire puisque si jamais la loi passait,
02:49 il y aurait ce qu'on appelle une double clause de conscience.
02:52 C'est-à-dire que tout médecin pourra dire non, je ne fais pas d'euthanasie
02:55 et il n'aura pas à se justifier.
02:56 Il devra juste trouver un confrère qui lui fera l'euthanasie
02:59 pour que le patient ne soit pas pénalisé par sa décision.
03:03 On se dirige plutôt vers une loi qui autoriserait le suicide assisté
03:07 de manière extrêmement encadrée, avec des critères très stricts.
03:10 Le président de la République a fixé le cadre.
03:13 Le cadre, c'est pallimineur.
03:15 C'est pronostic vital engagé à moyen terme.
03:19 Volonté libre et éclairée de la personne.
03:22 Et puis c'est souffrance réfractaire ou insupportable.
03:27 Et pour les patients qui ne pourraient pas bénéficier de suicide assisté,
03:30 puisque c'est un geste volontaire le suicide assisté,
03:33 il faut être capable de prendre un verre,
03:34 il faut être capable de le soulever, de boire, de ne pas s'étouffer.
03:38 Ou bien si ce n'est vraiment pas possible,
03:39 on met en place une perfusion mais il faut soi-même,
03:41 c'est le patient qui appuie sur la perfusion.
03:43 Donc on élimine de ce fait tous les patients qui sont totalement paralysés
03:47 et qui n'ont plus du tout l'usage de leur membre supérieur.
03:49 Donc dans ce cas-là, j'espère que dans le texte de loi,
03:52 il y aurait, si c'est le suicide assisté encore une fois,
03:54 des exceptions d'euthanasie pour ces patients-là.
03:56 Et donc on dépénaliserait l'euthanasie pour ces patients-là.
03:59 *BIP*
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