00:00 prochainement l'invité de France Bleu Azur, mais pour l'instant c'est France Bleu Héro. Je vous dis tout de suite l'accueil ne sera pas le même
00:06 Monsieur Moutou
00:08 L'ex-préfet de l'héro, le futur ex-préfet est notre invité ce matin. - Oui futur ex-préfet Moutou puisque vous êtes encore dans l'héro
00:15 pour quelques jours, la semaine prochaine vous ne serez plus là. - Absolument.
00:18 - Encore préfet de l'héro quand même jusqu'à la fin de la semaine. - Oui jusqu'à l'installation
00:22 dans le nouveau département
00:25 des Alpes-Maritimes. - Et l'arrivée de votre
00:28 successeur dont on dirait un mot. - On s'installe tous les deux en fait au même moment le 9 au matin
00:33 9 octobre. - Ça veut dire qu'il n'y a pas de... ça je l'ai appris en discutant avec vous avant d'entrer dans le studio, il n'y a pas
00:39 de passation de pouvoir entre les préfets ? - Il y en a une mais elle se fait de façon officieuse.
00:43 - C'est pas comme entre les présidents, vous vous refilez pas les dossiers mais vous parlez quand même un peu au téléphone. - Oui oui
00:49 on se refile les dossiers quand même mais il n'y a pas de caméra pour nous voir.
00:53 - On reviendra là dessus tout à l'heure Moutou.
00:57 J'ai vu ce titre de nos confrères de Midi Libre ce week-end à qui vous avez accordé un long entretien
01:02 et à qui vous avez dit "j'ai adoré être préfet de Leraud". - Oui c'est exact j'ai été un
01:08 préfet et un homme
01:11 très épanoui dans ce magnifique département. - C'est à dire que vous vous regrettez un peu de partir ? - Oui bien sûr vous savez c'est toujours un peu
01:19 particulier quand on part.
01:21 C'est comme les courants d'arrachement à la mer,
01:24 on laisse beaucoup de choses derrière soi,
01:27 beaucoup de problématiques, beaucoup de dossiers qui n'ont pas pu
01:31 trouver encore de solutions. On s'est beaucoup engagé, je le disais c'est un métier où il faut être en bonne santé et il faut aimer les gens.
01:40 Donc
01:42 c'est ce que j'ai fait, j'ai été, je touche du bois en bonne santé et j'ai beaucoup aimé les gens.
01:49 Finalement c'est un métier très gratifiant puisqu'on essaie d'apporter, en tout cas c'est la façon dont je conçois la mission,
01:55 on est là pour apporter des réponses
01:58 aux problèmes que rencontrent les gens, les élus.
02:01 - Vous êtes là aussi ce matin pour qu'on fasse un peu le bilan de votre action et donc de l'action de l'état que vous
02:07 représentez au sein de ce département. Votre arrivée n'était pas
02:11 passée inaperçue, vous aviez eu des déclarations qui sont restées dans toutes les mémoires.
02:17 Alors justement pour reprendre l'une d'entre elles, est-ce que vous avez l'impression d'avoir justement réussi à
02:21 nettoyer un peu le département pour reprendre encore une fois la votre propre expression
02:25 parce qu'on sait que la sécurité était une de vos priorités quand vous êtes arrivé ?
02:29 - Alors vous savez, jamais suffisamment, je le disais, c'est très frustrant parce que c'est un combat qu'on mène tous les jours.
02:34 On ne gagne jamais complètement, il n'y a jamais zéro délinquance dans un département.
02:40 J'espère avoir
02:43 réussi à instaurer une forte autorité de l'état.
02:48 Et avoir mené des combats contre les réseaux.
02:51 - Est-ce que c'était le cas quand vous avez pris vos fonctions ?
02:53 - Quand chacun a son style
02:55 différent, non pas du tout, mais chacun a son style et mon style c'est un engagement à 200%
03:00 et une très forte incarnation de l'autorité. Et je pense que c'est comme ça que je conçois les choses.
03:07 C'est le premier job du préfet quand il arrive quelque part.
03:11 - Oui, mais on sent quand même, vous vous ressentez peut-être une frustration de ne pas avoir réussi complètement
03:16 sur ce terrain-là ?
03:18 - Qui peut prétendre de réussir ?
03:20 Il y a toujours de la délinquance, il y a toujours de l'insécurité, il y a toujours quelques campements, quelques squats,
03:26 quelques sources
03:29 d'illégalité.
03:32 C'est à la fois décourageant, mais finalement c'est la nature humaine. On passe notre vie finalement
03:38 c'est la quête de l'inaccessible, paix sociale, tranquillité qui n'existe pas.
03:44 - Alors cette autorité vous l'avez aussi exercée dans la lutte contre la radicalisation,
03:49 le séparatisme, mais là aussi j'ai un peu le sentiment,
03:52 vous ressentez peut-être aussi
03:55 l'impression de ne pas avoir complètement fini le travail non plus ?
03:58 - L'État a beaucoup fait ces deux dernières années, on a fermé beaucoup d'écoles illégales,
04:06 on a fait fermer des associations
04:10 séparatistes, on s'est beaucoup investi sur ce champ parce que c'est un champ essentiel,
04:14 c'est le bien vivre ensemble et moi
04:19 je crois que j'ai la mission en tant que représentant de l'État d'éviter que finalement
04:24 notre communauté civique se délite et qu'on vive les uns
04:29 juxtaposés à côté des autres.
04:32 Donc je crois que notre rôle c'est d'essayer de maintenir cette cohésion, il ne faut pas oublier qu'en France
04:39 l'histoire de notre pays c'est que c'est l'État qui a fait la nation, donc l'État a un rôle permanent pour faire
04:45 et éviter que la nation se défasse et aujourd'hui ce séparatisme qui mine notre société
04:52 et notamment dans le département de l'Hérault, peut-être un peu plus qu'ailleurs
04:55 dans les départements
04:58 plus ruraux,
04:59 et bien c'est essentiel ce rôle, il faut essayer en permanence de ramener les gens dans la communauté civique,
05:05 leur faire partager les mêmes valeurs, qu'ils se sentent appartenir à une même nation.
05:09 - Alors vous dites aussi j'ai très bien travaillé avec les deux principaux maires de ce département,
05:13 Mickaël de La Fosse et Robert Ménard, ce sont deux personnalités totalement différentes et opposées politiquement.
05:19 Exceptionnellement, est-ce que vous accepteriez, parce que c'est notre dernier ce matin,
05:22 de sortir un petit peu de votre réserve préfectorale et peut-être de nous résumer
05:26 chacune de ces deux personnalités en un mot, Mickaël de La Fosse et Robert Ménard, parce que j'imagine vous les avez souvent côtoyés.
05:32 - J'ai déjà commencé par ce qui les rassemble et paradoxalement il y a un certain nombre de choses qui les rassemblent.
05:37 Vous savez, ce sont les deux grandes agglomérations qui ont connu les émeutes du mois de juillet et juillet.
05:42 À l'issue des émeutes, le président de la République et le ministre de l'Intérieur nous ont demandé
05:47 de nous rapprocher des élus et d'avoir le bilan et les propositions de chacun des maires concernés.
05:55 Donc on a fait ce travail à la fois avec Robert Ménard pour Béziers et Mickaël de La Fosse pour Montpellier.
06:00 Figurez-vous que le bilan
06:02 et les propositions de ces deux édiles étaient strictement les mêmes.
06:08 - Alors que ce sont les chiquiers politiques qui ont radoqué.
06:10 - Exactement les mêmes. C'est très intéressant.
06:12 Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand on est en responsabilité, aujourd'hui être maire c'est une sacrée responsabilité,
06:18 être maire d'une grosse agglomération, d'une métropole c'est une responsabilité immense,
06:22 ça vous amène au-delà des idéologies, au-delà du jeu politique,
06:28 à être pragmatique. On est là comme le préfet pour répondre à des problèmes qui se posent.
06:33 Et quand vous regardez les propositions qui étaient faites par les deux maires, on était exactement
06:39 dans la même ligne. - Et ça, ça vous a marqué ?
06:42 - Oui c'est marquant et ça dit beaucoup aussi sur
06:45 cette politique qui aussi est nécessaire mais le petit jeu politique qui parfois est délétère.
06:53 - Bon et par rapport à ma demande, c'est pas évident ce que je vous demande, un mot pour qualifier chacun des deux ?
06:57 - Non, ils ont chacun des personnalités différentes.
07:01 Leur territoire est très différent. Montpellier et Béziers sont deux territoires très attachants pour des raisons assez différentes.
07:07 Mais donc j'ai apprécié de travailler avec les deux.
07:10 - Il nous reste deux minutes, j'aurais qu'on essaie de parler un petit peu de sport parce que je sais que vous êtes un sportif accompli,
07:14 vous aimez notamment beaucoup le rugby. Avant ça, un mot d'un dossier dont on parle beaucoup en ce moment à Montpellier,
07:18 pour lequel vous êtes prononcé, qui est celui du stade, du projet de nouveau stade.
07:22 Je crois savoir que vous êtes intervenu récemment, enfin vous avez fait savoir que
07:27 la banque des territoires... - J'ai travaillé depuis plusieurs mois avec les différents partenaires.
07:31 - Vous êtes un défenseur de ce stade, de ce projet ?
07:33 - Oui bien sûr, moi je pense que Montpellier c'est la ville du sport.
07:36 Et aujourd'hui, le club de football de Montpellier qui est un club avec une histoire très particulière.
07:44 C'est pas un fonds d'investissement, c'est pas un Émir, c'est une famille, c'est un groupe familial.
07:49 Et le club de Montpellier a toujours joué un rôle essentiel en matière d'inclusion sociale.
07:55 Donc c'est une histoire particulière, sportive et sociale.
07:59 Donc on a besoin d'un stade à la hauteur de nos ambitions à Montpellier.
08:04 C'est ce que j'ai dit aux différents acteurs, c'est ce que j'ai dit au directeur de la banque des territoires,
08:09 qui m'a assuré qu'il serait présent au tour de table.
08:12 Simplement il faut d'autres partenaires financiers dans ce tour de table,
08:15 et on ne peut pas faire reposer uniquement le projet à la fois sur le groupe Nicolin et sur la banque des territoires.
08:21 Il faut essayer de diversifier un peu des partenaires financiers.
08:23 - Le rugby, vous y avez joué beaucoup. - Oui j'ai joué.
08:26 - Quel poste ? - J'étais rentré 3ème ligne et j'ai fini 2ème ligne très rapidement.
08:30 - Alors la France, vous la sentez comment ? - Moi je la sens plutôt bien, comme tous les français.
08:35 Je regarde ce qui va se passer pour Antoine Dupont.
08:38 - Ah oui, on est tous un peu suspendus à ça.
08:40 - Je suis un peu pessimiste quand même, c'est difficile parce que vous savez quand vous jouez blessé,
08:45 vous avez une forte appréhension, la maxillaire, le plancher orbital, c'est très sensible.
08:50 - Elle peut gagner la France ou pas ?
08:52 - Moi je pense que pour la première fois on a vraiment l'équipe qui peut gagner, oui tout à fait.
08:57 Je pense qu'on est très très fort devant avec un mental extraordinaire.
09:02 Moi j'ai été au match d'ouverture, j'ai eu cette chance.
09:04 - Contre les All Blacks ? - Contre les All Blacks.
09:07 Et j'étais impressionné par cette résistance de l'équipe de France qui était dominée en première période,
09:13 mais qui collait les Blacks, on était d'ailleurs juste devant au score.
09:18 On n'a jamais pris l'eau et on a saisi toutes les opportunités.
09:22 On a un jeu aujourd'hui qui allie à la fois le pragmatisme, ce qu'on n'avait pas avant et le French Flair.
09:27 - Merci Moutou d'être revenu une dernière fois dans ce sujet.
09:32 - Je peux vous poser une question ? Je mets peut-être les pieds dans le plat, mais peut-être que certains qui nous écoutent...
09:36 - J'ai peur de rien. - Non non non non.
09:38 - Je sais quelle question il va poser. - Vous avez adoré le département de Leroux,
09:41 du coup on peut quand même se poser la question, alors pourquoi vous partez ?
09:43 Ça veut dire que c'est mieux là-bas ? On vous a nommé là-bas ou on a nommé quelqu'un ici qui du coup prend votre place ?
09:48 Ça se passe comment en fait ?
09:50 - En fait c'est un choix du président de la République.
09:54 - D'accord. - Le département des Alpes-Maritimes c'est un très grand, très beau département
09:57 avec des problématiques ultra régaliennes. Il se trouve que j'ai un profil ultra régalien.
10:02 - C'est parce qu'on a estimé que vous étiez la bonne personne pour les Alpes-Maritimes,
10:08 qu'on vous a dit que vous alliez là-bas ? - Je le pense.
10:10 - Et vous emmenez Poutine à Nice ? - Ah ben j'emmène Poutine, Texas et Gatar.
10:15 - Mais il s'était pas fait des copains chiens ici ?
10:17 - J'en ai trois maintenant. - Comment ils s'appellent les autres ?
10:19 - C'est un berger femelle, un berger suisse et puis il y a un petit Westie que les gens croisent souvent dans les jardins de la préfecture
10:27 qui s'appelle Gaspard. - Gaspard, d'accord.
10:29 - Donc on part avec nos chiens. - Bon vous verrez, ils sont sympas France Bleu et Azur.
10:34 En fait pour de vrai ils sont plutôt cool. - Merci Gmoutou.
10:36 - Merci à vous surtout, merci pour cette collaboration.
10:38 - Merci d'être venu ce matin et vous réécoutez l'interview de Gmoutou en allant sur francebleu.fr.
10:45 La balade de Jim tout de suite avec Alain Souchon, puis juste après on va accueillir Léopoldine Dufour
10:51 qui va nous raconter une histoire cétoise. C'est dans 3 minutes sur France Bleu et Ronde.
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