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  • il y a 3 ans
Christophe pinot

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Transcription
00:00 - Les 8h22, c'est l'heure d'accueillir notre invité sur France Bleu Orléans.
00:03 Ce matin, c'est Christophe Minot, le président des Restos du Coeur du Loiret.
00:07 - Bonjour Christophe Minot. - Bonjour.
00:08 - Les Restos du Coeur sont-ils sauvés ?
00:10 Ou y a-t-il encore une menace de mettre la clé sous la porte ?
00:12 Lundi dernier, il y avait ce cri d'alarme qui a été relayé, qui a été entendu.
00:16 On l'évoquait, les footballeurs de l'équipe de France se mobilisent,
00:18 Bernard Arnault, la grande distribution, le gouvernement.
00:21 Est-ce qu'il y a encore un risque aujourd'hui ?
00:23 - Alors bon, il y a eu des super gestes très importants.
00:25 Mais j'aimerais vous dire que les Restos vont être sauvés, mais c'est pas du tout le cas.
00:30 Parce qu'en fait, l'appel aux puissances publiques, aux grandes entreprises,
00:32 est destiné à boucher un trou.
00:35 Donc en fin d'exercice, il manque 35 millions d'euros.
00:38 - 35 millions d'euros.
00:39 - Donc on pense pouvoir les boucher,
00:42 mais ça va pas résoudre les problèmes pour autant pour l'avenir.
00:45 - 170 millions de repas chiffre national servi cette année contre 142 en 2022.
00:51 Et l'année, évidemment, n'est pas finie.
00:53 Combien y en a-t-il eu dans le Loiret ?
00:54 Forte hausse également.
00:55 - Alors au moment où je vous parle, c'est 2 millions de repas.
01:01 L'année dernière, on avait terminé à peu près à cet étage en décembre.
01:05 Donc là, on est au mois d'août.
01:06 Si on fait une projection pour la fin d'année, on va atteindre 2 300 000 euros.
01:10 - 300 000 repas.
01:12 Ça fait 45 000 repas à peu près semaine dans le Loiret.
01:15 - 45 000 repas.
01:16 - Contre 37 000, j'ai vu ce chiffre, je crois, l'année dernière.
01:21 - Alors en fait, vous savez qu'on a une campagne d'été et une campagne d'hiver.
01:23 Donc l'été, on a commencé avec 37 000 repas.
01:27 L'année dernière, en hiver, on était à 47 000 repas.
01:32 Donc on a des régimes plus stricts, des barèmes plus stricts l'été.
01:35 On pensait reprendre des personnes à 47 000 cet hiver.
01:40 Or là, au mois d'août, on est à 45 000 repas.
01:44 - D'ores et déjà.
01:45 - D'ores et déjà.
01:46 Donc les chiffres s'envolent complètement durant l'été.
01:50 - Est-ce que vous craignez de devoir choisir certains bénéficiaires plutôt que d'autres,
01:55 certains qui seraient un peu moins dans la misère ?
01:57 - Alors le choix chez nous, il va être, j'ai dit, reconditionné par un barème revenu.
02:02 En fait, l'état des ressources, l'état des dépenses.
02:04 Et puis, ma foi, il faut bien un critère et c'est ça qui va compter.
02:08 Donc c'est un critère qui va être juste, mais qui va être plus restreint.
02:11 Donc avant, on était plus généreux et là, on ne peut plus suivre le mouvement.
02:15 - Mais vous allez continuer d'accueillir tous ceux qui sont en mesure d'être payés.
02:18 - Bien sûr, bien sûr.
02:19 Puisque là, les 45 000 repas par semaine, on va continuer à cet étage-là qui est très élevé.
02:25 Mais on va poursuivre cet effort-là, évidemment.
02:28 - Christophe Hinault, on entend, les temps sont durs pour toutes les associations,
02:31 le Secours Populaire, la Croix-Rouge.
02:33 Est-ce qu'il ne faudrait pas se regrouper ?
02:35 Certains l'évoquent sur cette antenne ce matin, pour finalement être plus "productif".
02:42 - En tout cas, il faut réfléchir.
02:43 Je n'ai pas de schéma de réflexion, se regrouper, etc.
02:46 Mais il faut évidemment qu'on ait une réflexion nationale.
02:50 Et puis les puissances publiques aussi doivent avoir cette réflexion-là.
02:53 Il n'y a pas que d'apporter des fonds.
02:54 Alors, toutes les bonnes idées sont à prendre, évidemment.
02:57 - Avoir une carte de la générosité au niveau du département,
03:00 c'est ce que suggérait dans le journal de 8h, tout à l'heure, le président du Secours Catholique.
03:05 Pourquoi pas, en fait, arriver à mutualiser des locaux, des circuits de distribution.
03:10 Tout ça, c'est envisageable.
03:12 Il faut se "moderniser" dans le caractère.
03:14 - "Se moderniser" ? Alors bon, au resto, on a des jeunes salariés
03:18 qui sont à la pointe de tout, dans tous les secteurs.
03:20 On essaye d'être innovants.
03:22 Mais il ne faut pas s'interdire de réfléchir encore,
03:24 puisque de toute façon, nous sommes tous en crise.
03:26 - Le modèle de la collègue dans les supermarchés, ça a vécu définitivement ?
03:30 - Elle chute, elle s'écroule.
03:32 Donc, on en avait vraiment besoin.
03:33 C'est très compliqué.
03:34 Donc là, on voit que c'est un modèle aussi qui est difficile pour tout le monde,
03:38 pour toutes les associations, oui.
03:39 Ça, c'est un exemple, par exemple.
03:41 - Votre état d'esprit en cette rentrée ?
03:43 Vous êtes fataliste ? Vous êtes inquiet ?
03:46 - Non, non, non.
03:47 Au resto, on n'est pas inquiet.
03:48 Vous avez vu tout à l'heure les intervenants à Ingres.
03:50 Ils ont tous la pêche. On va la garder.
03:52 On a quand même beaucoup de familles qui comptent sur nous.
03:54 On a plus de 10 000 familles dans le Loiret qui comptent sur nous.
03:56 Donc, on va rester mobilisés.
03:58 Ce qui nous déchire le cœur, c'est en fait que
04:01 on ne va pas pouvoir accueillir en hiver ceux que l'on connaissait.
04:05 On a des barèmes plus stricts.
04:06 Mais malgré ça, malgré ces barèmes plus stricts,
04:08 les chiffres vont encore augmenter.
04:10 Et on sera là, on sera au rendez-vous.
04:11 Et on accueillera tout le monde dans la bonne humeur et motivé.
04:14 - Un dernier mot, Christophe Pinot.
04:16 On reçoit ce soir sur France Bleu Orléans
04:18 les candidats aux élections sénatoriales.
04:20 Le scrutin a lieu fin septembre.
04:22 Gauche, droite, centre, Rassemblement National.
04:24 Ils seront là ce soir dans nos studios.
04:25 Vous avez une question ?
04:26 Vous avez quelque chose à leur dire ce matin ?
04:29 - Non, je n'ai pas de question de conseil à leur donner.
04:30 Chacun a sa place.
04:32 Par contre, moi, j'alerte simplement sur la réalité de la précarité.
04:37 Ils le savent très bien.
04:38 Mais ce qui nous surprend nous-mêmes, c'est ces derniers mois,
04:42 l'augmentation des chiffres et des personnes qui poussent la porte des restos.
04:46 Donc là, il y a un signal à prendre en compte.
04:49 Voilà, c'est simplement cette remarque que je ferai.
04:52 - Merci beaucoup Christophe Pinot.
04:53 - C'est moi qui vous remercie. Bonne journée.
04:54 - Président départemental des Restos du Coeur dans l'Oire et bonne journée.
04:56 - Merci à vous deux.
04:57 Et la séquence de l'invité de France Bleu Orléans,
05:00 vous la réécoutez sur votre application ici, ICI, ou alors sur francebleu.fr.
05:04 [Musique]
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