00:00 - Tu connais Thomas Sankara, toi ? - Ouais.
00:02 - Toi, tu connais Thomas Sankara ? - Ouais, ouais.
00:04 - Tu connais Thomas Sankara ? - Pourquoi t'es son descendant ?
00:06 - Toi, tu connais... Vous connaissez Thomas Sankara ?
00:08 - Bien sûr, bien sûr. - Bien sûr.
00:10 - De nom, en tout cas, mais je sais pas vraiment... - Vas-y, suis-y.
00:12 - Moi, je vais pas faire le mythe... - C'est l'ancien... C'est l'ancien dictateur.
00:14 - Dictateur ? - Non, c'était pas vraiment un dictateur.
00:16 - C'était un président. - C'était un président.
00:18 - Tu boucques Nafaso ? - C'est sûr ?
00:20 - Tu boucques Nafaso, oui. - Tu es sûr de toi ?
00:22 - Bon, voilà, vous êtes là avec la publicité Levis. Bon, c'est bien.
00:30 Je vois le budine avec ses biens cousus, là, Levis.
00:32 Mais ça, c'est américain, ouais, même, c'est marqué en bas, San Francisco.
00:34 C'est écrit San Francisco.
00:36 Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ?
00:38 - Lui, il m'a l'air de bien le connaître.
00:40 - Non, je connais pas bien, je vais pas te mentir.
00:42 Mais en tout cas, je sais que c'est un grand homme.
00:44 Parce que vu qu'on connaît tout son prénom, c'est qu'il a marqué San Francisco.
00:46 - C'est un grand homme, c'est ça ? - C'est un grand homme.
00:48 - C'est un grand homme. - C'est un grand homme.
00:50 - Parce que vu qu'on connaît tout son prénom, c'est qu'il a marqué l'histoire.
00:52 Je connais Kalash Criminel, lui, aussi.
00:54 - Kalash Criminel. - L'autre, là-bas, Arval.
00:56 Mais ça, ça veut dire quoi ?
00:58 C'est la révolution petite bourgeoise.
01:00 Les petits bourgeois, ils hésitent tout le temps.
01:02 Ils sont forts en théorie, nuls en pratique.
01:04 - Moi, j'aurais bien aimé qu'on parle de lui à l'école.
01:06 - Ça va ? - Déjà, on a parlé de l'esclavage.
01:10 Ça s'arrête à là.
01:12 L'histoire des Noirs, c'est tout ce qu'on connaît, personnellement, de l'école.
01:14 Ce que j'ai appris à l'école, mais, personnellement,
01:16 j'ai entendu parler de l'esclavage, après, pour embarquer.
01:18 - Tu vois, je suis un rappeur.
01:20 C'est quelqu'un qui m'a vraiment inspiré.
01:22 - Ah, d'accord. - Même dans la musique,
01:24 même dans mon discours.
01:26 C'est pour ça, les gars, renseignez-vous. C'est important.
01:28 Il faut faire vivre sa mémoire.
01:30 - Bonne journée. - Merci, les gars.
01:32 En tout cas, prenez soin de vous. À bientôt.
01:34 Merci à vous.
01:36 - Je vous remercie. L'impérialisme ? - Arval !
01:38 - Les mauvais élèves ? - Arval !
01:40 - Les mauvais professeurs ? - Arval !
01:42 - La patrie ou la mort, nous vaincrons.
01:44 (rires)
01:46 - Le gros gars.
01:48 (musique)
01:50 (applaudissements)
01:52 - Camarades,
02:04 en avant pour la libération de l'Afrique.
02:06 La patrie ou la mort, nous vaincrons.
02:08 - Moi, ce que j'aime bien, dans Thomas Sankara,
02:10 c'est son verbe.
02:12 Il avait des punchlines, comme on dit.
02:14 - Ce qu'il nous reste à faire, c'est la révolution.
02:16 Nous devons être fiers d'être noirs.
02:18 - Thomas Sankara, ça rime avec fierté et dignité, en fait.
02:20 - Le colonialisme ? - Arval !
02:22 - L'impérialisme ? - Arval !
02:24 - Ces gens de personnages, là,
02:26 ils passent une fois tous les cinq temps.
02:28 - La femme est une femme révolutionnaire,
02:30 authentiquement révolutionnaire.
02:32 - Défendre la femme, coûte que coûte.
02:34 On avait un modèle parfait de féminisme
02:36 ici, même au Burkina Faso.
02:38 - C'est un peu comme la guerre.
02:40 C'est un peu comme le capitalisme,
02:42 ici, même au Burkina Faso.
02:44 - On a forcément des ennemis, et ils sont nombreux.
02:46 Ces ennemis, c'est d'abord
02:48 le capitalisme international.
02:50 - Sankara, ce qui était bien, c'est qu'on s'ennuyait pas,
02:52 quoi, et c'est pas la politique de faux-cul.
02:54 La puée, là où ça faisait mal, quoi.
02:56 - C'est digne d'un roman, c'est digne d'un film,
02:58 tu vois, c'est... c'est Hollywood, presque.
03:00 - La patrie ou la mort, nous vaincrons.
03:02 (applaudissements)
03:04 (musique rythmée)
03:06 (musique rythmée)
03:08 (musique rythmée)
03:10 (bruit de la pluie)
03:12 (bruit de la pluie)
03:14 (bruit de la pluie)
03:16 (bruit de la pluie)
03:18 (bruit de la pluie)
03:20 (bruit de la pluie)
03:22 (bruit de la pluie)
03:24 (bruit de la pluie)
03:26 (bruit de la pluie)
03:28 - Une nuit,
03:30 on tape à mon portail,
03:32 je lève, je vais ouvrir,
03:34 c'est Thomas Sankara et Blaise Kompawre qui sont arrêtés.
03:36 Ils sont venus à pied.
03:38 Je les reçois, donc, sur ma terrasse, comme ça.
03:40 Et puis, ils me disent...
03:42 "On va prendre le pouvoir
03:44 "et on va transformer les choses dans ce pays."
03:46 J'ai dit...
03:48 Ah!
03:50 (bruit de la pluie)
03:52 - Cette nuit-là,
03:54 il y a ce gars
03:56 qui est très jeune,
03:58 qui va réunir ses forces.
04:00 (musique rythmée)
04:02 (bruit de la pluie)
04:04 Et qui va prendre le pouvoir
04:06 et qui va constituer une équipe
04:08 de jeunes incorruptibles
04:10 pour révolutionner son pays.
04:12 (musique rythmée)
04:14 (bruit de la pluie)
04:16 - Allez, parle-nous de notre petit enfant à être Blaise.
04:18 (rires)
04:20 - Avec ses compagnons qui étaient Blaise Kompawre,
04:22 ils ont préparé du coup d'État.
04:24 (musique rythmée)
04:26 Blaise Kompawre
04:28 était très résolu, lui aussi,
04:30 mais il était plus un homme de l'ombre,
04:32 qui était plus introverti,
04:34 qui ne parlait pas beaucoup.
04:36 Mais on disait qu'il était tout aussi déterminé
04:38 que Thomas Sankara.
04:40 (musique rythmée)
04:42 (cris de la foule)
04:44 (cris de la foule)
04:46 (cris de la foule)
04:48 (cris de la foule)
04:50 (cris de la foule)
04:52 (cris de la foule)
04:54 (cris de la foule)
04:56 (cris de la foule)
04:58 - Je pense que je mourrai avec cette image
05:00 du militaire...
05:02 frêle,
05:04 très déterminé dans le temps et le regard...
05:06 (cris de la foule)
05:08 qui a pris la parole
05:10 pour annoncer qu'aujourd'hui,
05:12 4 août 1983,
05:14 on estaurait la Révolution.
05:16 (applaudissements)
05:18 - Camarades!
05:20 Il faut enterrer
05:22 tous les ennemis du peuple.
05:24 Il faut enterrer
05:26 tous les défauts
05:28 qui empêchent le peuple de se libérer.
05:30 C'est le peuple qui doit construire le pays.
05:32 Ce n'est personne d'autre.
05:34 - La Révolution, c'est pas un dîner des galas, hein.
05:36 C'est pas avec des queues de pieds et des nœuds papillons
05:38 qu'on fait la Révolution.
05:40 - Les paresseux! - Envoi!
05:42 - Les voleurs! - Envoi!
05:44 - Les voleurs! - Envoi!
05:46 - C'était un bouleversement violent
05:48 qui a mené une classe politique
05:50 et un pouvoir politique à renverser.
05:52 C'est limpide, c'est clair.
05:54 Il a fait son choix, il est du côté des peuples.
05:56 Il avait son plan en tête, il voulait changer son pays.
05:58 (applaudissements)
06:00 ♪ ♪ ♪
06:02 - La Révolution est permanente.
06:04 La Révolution est victoire.
06:06 ♪ ♪ ♪
06:08 (acclamations)
06:10 ♪ ♪ ♪
06:12 - Les jeunes ont...
06:14 ont une vie,
06:16 une vie de liberté.
06:18 - C'est la Révolution.
06:20 - Les jeunes ont tout de suite épousé ce mouvement-là.
06:24 Et l'ont pris à bras le corps,
06:26 ont tout de suite envahi la rue,
06:28 l'ont clamé,
06:30 et se sont proposés
06:32 sans attendre qu'on les appelle.
06:34 ♪ ♪ ♪
06:36 - Go, go!
06:38 ♪ ♪ ♪
06:40 (sifflement)
06:42 - En Afrique, jamais un pouvoir
06:44 ne s'appuie sur la jeunesse.
06:46 Tous les dirigeants du pays ont une trentaine d'années,
06:48 ce qui ne se reproduira plus jamais jusqu'à maintenant.
06:52 ♪ ♪ ♪
06:54 ♪ ♪ ♪
06:56 ♪ ♪ ♪
06:58 Donner des responsabilités à ces jeunes,
07:00 c'est une explosion d'énergie
07:02 qu'il y a à tout point de vue.
07:04 (brouhaha)
07:06 ♪ ♪ ♪
07:10 (brouhaha)
07:12 ♪ ♪ ♪
07:14 ♪ ♪ ♪
07:16 ♪ ♪ ♪
07:18 ♪ ♪ ♪
07:20 ♪ ♪ ♪
07:22 ♪ ♪ ♪
07:24 ♪ ♪ ♪
07:26 - Le portrait de Sankara,
07:28 j'ai tellement fait ça des milliers de fois
07:30 que je me souviens
07:32 de chaque détail de son visage.
07:34 Les yeux, le nez,
07:36 les oreilles, surtout le béret,
07:38 qui est l'élément important.
07:40 ♪ ♪ ♪
07:42 Alors que nous nous réclamons héritier de Sankara,
07:44 nous nous réclamons révolutionnaire,
07:46 nous nous réclamons artiste engagé,
07:48 c'est pour ça que nous prenons le risque
07:52 de matérialiser son visage,
07:54 parce qu'il y a pas longtemps,
07:56 on pouvait pas le faire.
07:58 Tu vois ce qu'il a écrit?
08:02 "Défense d'oublier."
08:04 (rire)
08:06 On n'a pas le droit d'oublier cet homme.
08:10 "La patrie ou la mort nous vaincrons."
08:12 C'est l'une des phrases,
08:14 quand on finit de la réciter,
08:16 on a l'impression qu'il y a une énergie
08:18 qui traverse le corps.
08:20 Aujourd'hui, on n'a pas un autre repère.
08:24 Sankara, il est plus que jamais présent
08:26 dans l'esprit de la jeunesse africaine.
08:28 "La patrie ou la mort nous vaincrons."
08:32 (cris et explosions)
08:38 - Je voudrais simplement dire
08:40 que nous devons accepter de vivre africain.
08:42 - Hey! Salut tout le monde!
08:46 J'espère que vous allez bien.
08:48 - Ça, c'est américain, ouais, même,
08:54 c'est un marquant en bas, San Francisco.
08:56 - Pour y arriver, il a été à la tête
08:58 de mesures radicales et de prises de position
09:00 avant-guerre d'Isle-de-Poque.
09:02 - S'identifier à une icône,
09:06 c'est super important.
09:08 Moi, je sais que ma perception des choses,
09:10 elle a changé quand je me suis intéressé à Sankara.
09:12 Tous les Noirs, à un moment donné,
09:14 ils se posent la question d'où on vient,
09:16 qui sont nos héros, où est-ce qu'on va,
09:18 comment on peut arranger les choses.
09:20 À un moment donné, tous les Noirs
09:22 se posent cette question, en tout cas en France.
09:24 ♪ ♪ ♪
09:26 ♪ ♪ ♪
09:28 ♪ ♪ ♪
09:30 ♪ ♪ ♪
09:32 Merci d'avoir regardé cette vidéo !
09:34 [SILENCE]
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