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  • il y a 2 ans
Comme chaque jour dans le Live Toussaint, notre journaliste Roselyne Dubois répond à vos questions sur l'actualité.

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00:00 - Beaucoup de réactions et de questions après la polémique sur les crèches privées.
00:02 - Oui, des crèches ou dans certaines structures, la rentabilité, on l'a compris, on a les chiffres, on l'a vu, on a des témoignages.
00:07 Prend le pas sur le bien-être des enfants et aussi des équipes.
00:11 Des téléspectateurs font le parallèle avec les Ehpad, c'est assez juste.
00:14 Des parents évidemment s'inquiètent aujourd'hui pour la santé de leurs enfants.
00:17 De futurs parents aussi se demandent ce qu'ils vont pouvoir faire.
00:20 Alors justement, que faire ? Quelles solutions ?
00:23 Le privé c'est quand même un quart.
00:25 Aujourd'hui, des plaçants crèches, 80 000 berceaux, c'est comme ça qu'on dit dans le secteur.
00:29 - Sur BFMTV, la ministre Aurore Berger promet de s'attaquer au problème.
00:32 Voilà ce qui va changer.
00:34 - Un, la question des contrôles.
00:36 De manière à ce que les contrôles soient beaucoup plus systématiques,
00:38 directement dans les crèches, dans les établissements.
00:41 Et quand je parle de contrôle, ça veut dire des contrôles sur place et des contrôles inopinés.
00:44 On ne prévient pas évidemment qu'on va arriver et que ces contrôles seront réalisés.
00:48 Ce qui va changer, c'est un système d'alerte beaucoup plus systématique,
00:50 encore une fois, pour que les parents puissent s'alerter, pour que les professionnels elles-mêmes puissent s'alerter.
00:54 Ce qui va changer, c'est aussi la loi.
00:56 Parce qu'en vérité, on n'avait pas le droit, l'État n'avait pas le droit d'aller contrôler les grands groupes privés.
01:00 En gros, je n'avais pas le droit d'aller au siège des grands groupes privés pour dire
01:02 "maintenant, je veux tous les documents, je veux les contrats de travail, je veux avoir accès à un remède".
01:07 On va changer la loi, si les parlementaires en décident, dès le mois de septembre sur ce sujet-là.
01:13 - Voilà, ça c'est ce que la ministre compte faire.
01:15 Pour l'instant, rien n'est fait.
01:16 Moi, je voulais aussi quand même du concret, je voulais de l'expérience.
01:18 Et c'est ce qu'on va avoir avec vous, Jean-Michel Jeunessier.
01:20 Merci d'être avec nous, d'être en plateau.
01:22 Vous êtes le maire du Rincy, en Seine-Saint-Denis, près de Paris.
01:25 Et vous, vous savez très concrètement de quoi on parle.
01:27 Parce que ça fait plusieurs années que vous faites appel à une entreprise privée pour les places en crèche.
01:31 Vous avez eu besoin d'en changer, ça aussi c'est intéressant.
01:34 Vous allez nous expliquer pourquoi dans un instant.
01:35 Mais d'abord, vous avez fait le choix du privé parce que vous dites l'administration n'y arrive pas sur ces sujets.
01:41 - Bonjour, merci de m'accueillir.
01:42 Effectivement, 2014, une élection de maire.
01:45 Et puis, je constate que les crèches municipales fonctionnent.
01:49 Mais qu'il y a de grandes difficultés à pouvoir répondre à ce qui est légal, tout simplement.
01:54 Et puis à essayer de monter en excellence parce qu'il est important que pour les enfants,
01:58 nous puissions apporter l'optimal que la collectivité peut apporter.
02:02 - Ce n'est pas juste les garder, c'est les éveiller aussi.
02:04 - Bien sûr, bien sûr.
02:05 Vous savez, quand les enfants ne parlent pas encore, il y a la gestuelle de communication qui est apprise
02:11 et qui permet aux enfants de commencer à communiquer.
02:14 Et bien, ces gestes-là, quand ils sont appris très tôt, font des adultes peut-être un peu meilleurs.
02:19 Et puis, c'est aussi, j'avais fixé ces objectifs-là,
02:22 qu'on puisse commencer à apprendre à parler l'anglais et quelques mots d'anglais.
02:26 - C'est effectivement ce que propose le privé, c'est ça qui attire aussi, bien sûr.
02:29 - Mais donc, il m'était impossible de pouvoir le faire.
02:32 Et je n'ai pas l'intention, évidemment, de stigmatiser les personnels municipaux
02:35 parce que nous n'avions pas la possibilité de les former.
02:37 Et donc, quelques années se sont passées, 2017, et on lance une délégation de services publics.
02:41 C'est-à-dire, la crèche est pilotée politiquement au sens de la ville par le maire et donc ses équipes.
02:48 Et on délègue le service à une entreprise privée.
02:50 C'est la délégation de services publics.
02:52 Et d'ailleurs, dans les débats, c'est un peu confus parce qu'on parle de crèches privées.
02:55 Là, ce sont des crèches municipales, donc publiques, mais qui sont gérées par le privé.
03:00 Voilà, donc ça, c'est... Et donc, cinq ans se sont écoulés,
03:03 se sont terminés il y a quelques mois de cela.
03:05 Et j'ai pris la décision, il y a un an maintenant,
03:07 de renouveler une délégation de services publics pour remettre en concurrence.
03:11 C'était à l'aune de la fin de ce contrat.
03:14 Et nous avons choisi une autre société pour laquelle nous sommes plutôt contents
03:19 parce qu'on a vu les évolutions et le fait qu'il ne doit pas y avoir d'économie à faire sur le personnel en particulier,
03:27 mais il doit y avoir des personnels formés et des cadres qui sont présents.
03:31 Mais ça, ça demande pour la collectivité, pour la ville de Rincic dont je suis maire.
03:35 Eh bien, ça réclame d'avoir des cadres, et ça, c'est très difficile à trouver,
03:39 qui vont challenger en permanence tous les jours l'entreprise.
03:43 Il faut que la directrice soit présente le matin très tôt, avant les personnels.
03:46 Il faut qu'on vérifie évidemment aussi, c'est ce que nous faisons quasiment tous les jours,
03:50 eh bien, si le nombre d'encadrants,
03:52 j'ai vu que la ministre proposait d'augmenter le nombre d'encadrants pour le nombre d'enfants.
03:57 - Oui, parce que ce n'est pas du luxe.
03:58 - Voilà, parce que ce n'est pas du luxe, effectivement.
04:00 Mais il faut regarder effectivement quels sont les effets ensuite.
04:03 Et donc, au fort de tout cela, encore une fois,
04:07 nous n'avions plus la possibilité, la capacité de le faire correctement.
04:11 On ne stigmatise pas les personnels,
04:13 et certains personnels d'ailleurs ont été détachés dans l'entreprise privée et ont été formés.
04:17 Et donc, on a aujourd'hui une situation où il n'y a pas une confiance,
04:22 mais il y a un contrôle permanent.
04:24 Et ça, c'est vraiment le leitmotiv que je donne à la fois aux élus et au personnel.
04:29 - C'est un mot qui revient beaucoup, là encore le parallèle avec les EHPAD résonne.
04:32 Les contrôles, c'est vous, c'est la mairie, c'est qui ceux dont parle la ministre ?
04:36 - Alors, moi, j'ai demandé... - Il y a des agents ?
04:39 - J'ai demandé est-ce qu'il y a des contrôles de la PMI ?
04:41 La protection maternelle infantile qui dépend du département.
04:44 Donc, ce sont effectivement des agents qui viennent, alors inopinément,
04:49 ou le plus souvent, effectivement, en marquant dans un calendrier la date de visite.
04:56 Ça, ce sont des éléments qui existent aujourd'hui.
04:58 Et derrière, quand il y a des alertes, et il peut y avoir des alertes,
05:01 moi, j'ai eu une alerte à un moment, la PMI est intervenue,
05:04 et derrière, les services préfectos interviennent pour vérifier le niveau
05:09 et demandent à ce qu'il y ait une rectification à la fois de la gestion,
05:13 la gestion quotidienne, mais aussi sur des questions de travaux.
05:16 Vous savez, j'ai eu 70 cm d'humidité sur un mur à un moment,
05:20 ça fait un et mois, puis vous savez, on a toujours une opposition qui s'exprime.
05:23 Eh bien, écoutez, on gère le dossier, on l'a géré.
05:26 Aujourd'hui, on a une crèche qui va bien, elle a été complètement refaite pendant l'été,
05:30 et ça va, quoi. Et les trois structures, pour l'instant, fonctionnent bien.
05:35 Mais tous les jours, tous les jours, on vérifie au niveau municipal
05:38 si l'encadrement est là et si l'encadrement est de qualité.
05:41 Et la ministre l'a dit tout à l'heure, elle souhaite aller dans les crèches privées,
05:45 dans les grandes entreprises pour vérifier les diplômes.
05:48 Ce que nous faisons, c'est qu'à chaque fois qu'un personnel change,
05:51 on a l'information et j'ai la vérification des diplômes,
05:55 évidemment, pour les encadrants des enfants, pas pour les gens qui nettoient
05:58 et qui assurent la propreté du bâtiment.
06:00 Ça, c'est un élément, évidemment, permanent d'engagement.
06:04 - Et grâce à vous, on voit... - Ça se travaille.
06:06 - Ça fonctionne parce qu'il y a du travail derrière. Merci beaucoup.
06:09 - Je pense qu'il faut rassurer, je rassure. - Oui, c'est aussi pour ça que vous voulez vous voir.
06:12 - Il faut rajouter aussi tous les parents, parce qu'évidemment, la sortie des livres,
06:15 les livres disent la vérité.
06:17 Et vous, en tant que journaliste, évidemment, vous relayez tous ces éléments,
06:21 mais les centaines de milliers de parents qui s'inquiètent aujourd'hui,
06:24 il faut absolument les rassurer. - Ça peut se passer très bien, on le voit.
06:27 - Le gouvernement fait des choses. Et puis, sur le plan local,
06:29 je pense que tous les maires sont raisonnables, quelle que soit l'étiquette,
06:31 évidemment, dans l'intérêt des enfants et dans l'intérêt des parents.
06:34 Merci beaucoup d'être venue partager votre expérience.
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