- il y a 3 heures
Au bruit de sifflets et sous des fumigènes, des manifestations de soutien à la police nationale se sont déroulées samedi 31 janvier dans une vingtaine de villes de France, dont Paris, à l'appel du syndicat policier Alliance, qui dénonce un manque de moyens. À Paris, "15.000 à 20.000" personnes, selon les organisateurs, étaient présentes, dont plusieurs personnalités politiques d'extrême droite, comme les candidats à l'hôtel de ville Sarah Knafo et Thierry Mariani ainsi que l'eurodéputée Marion Maréchal.
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00:00Je vous le disais il y a quelques instants, on s'arrête à présent dans BFM Direct sur la colère des policiers avec le syndicat Alliance
00:05qui appelle aujourd'hui à de grandes mobilisations citoyennes.
00:09On va voir ce que ça veut dire partout en France pour, je cite, dire stop à l'abandon des forces de l'ordre.
00:14On est sur le terrain avec notre envoyé spécial Nicolas Dumas qui est à Paris.
00:21Nicolas, cette mobilisation qui commence donc derrière vous.
00:25Oui c'est le rassemblement pour le moment ici au niveau de la place de la Bastille du syndicat Alliance Police Nationale.
00:35Un rassemblement qui devrait prendre son départ aux alentours de 11h45 midi en destination de la place de la Nation.
00:43Et ici pour le moment il y a déjà plusieurs centaines de personnes qui sont venues,
00:48notamment on peut voir beaucoup de personnes âgées qui sont venues soutenir justement ces policiers ici
00:54qui dénoncent le manque de moyens de la part de l'État.
00:59Il y a plusieurs personnalités politiques qui sont également annoncées.
01:03Pour le moment on ne les a pas encore croisés nous ici sur le terrain.
01:09Ce qui dénonce c'est notamment le manque de moyens dans les commissariats.
01:13Le ministre de l'Intérieur lui a rappelé que dans le budget 2026 le ministère avait obtenu 100 millions d'euros en plus
01:21et que depuis 2017 il y avait quand même eu 12 500 embauches dans la police nationale.
01:27Merci beaucoup Nicolas avec Tanguy Tricouard donc dans ce cortège à Paris.
01:31On continue d'en parler en plateau avec vous.
01:33Méhanie Bertrand, bonjour.
01:34Bonjour.
01:34Journaliste police justice à BFM TV et Jean-Marie Godard, merci d'être avec nous en studio.
01:40Journaliste spécialiste des questions de sécurité et co-auteur également de Sécurité,
01:45notre bien commun aux éditions de l'Aube.
01:48D'abord Mélanie, très factuellement, que réclament ces policiers qui sont en colère
01:54et qui ont appelé à une large mobilisation ?
01:57Oui, ils appellent à une mobilisation dans une vingtaine de villes en France,
02:00dont à Paris, on le voyait il y a quelques instants, pour protester contre leurs conditions de travail insalubres,
02:05du mobilier dégradé, des conditions de travail indignes, un manque de moyens et d'effectifs.
02:10Ils ont cette phrase un petit peu choc, ils disent, tandis que la criminalité s'organise, l'État lui recule
02:16et c'est vrai que ça fait des semaines qu'ils postent, par exemple sur leurs réseaux sociaux,
02:20je ne sais pas si on peut voir quelques images, des photos de leur commissariat où ils travaillent tous les jours.
02:25On voit par exemple dans le 18ème, au commissariat, du mobilier très dégradé, des trous dans le plafond.
02:30Dans le 11ème, c'est un urinoir qui est cassé, des WC hors d'usage.
02:34À Lille, ce sont des lavabos qui se décrochent, des chaises de bureaux indignes.
02:38Tout ça, c'est pour montrer finalement un état des lieux de leurs conditions de travail qui sont effectivement totalement indignes,
02:44même s'il faut rappeler qu'il y a des nouveaux commissariats qui sont construits ces dernières années.
02:49Et la nouveauté de cette mobilisation, parce qu'il y a déjà eu dans le passé plusieurs mobilisations, notamment d'Allianz,
02:54c'est qu'ils appellent les citoyens à se manifester.
02:57Et ce qui serait intéressant, c'est de voir effectivement si dans les cortèges, on est sur 95% de nos policiers,
03:02ou si les gens sont sensibles à leur appel à l'aide,
03:07parce qu'eux disent que c'est toutes les couches de la population qui doivent être mobilisées.
03:13Il faut juste rappeler aussi qu'on est à quelques mois des élections syndicales professionnelles.
03:18Et évidemment qu'Allianz, qui est le principal syndicat gardien de la paix, qui est classé à droite,
03:22veut occuper le terrain et veut sensibiliser leurs troupes.
03:26Et on est aussi à quelques semaines des municipales.
03:28Donc il y a un contexte évidemment à avoir en tête.
03:31Il n'empêche que leurs conditions de travail sur le terrain sont très difficiles.
03:34– Voilà, image en direct donc à gauche de votre écran à Paris.
03:37À droite, nous sommes du côté de Marseille.
03:40À Nice également, on le verra tout à l'heure, il y a une mobilisation.
03:43Jean-Marie Godard, pour rebondir sur ce que disait Mélanie il y a quelques instants,
03:47là c'est un seul syndicat qui appelle à cette mobilisation.
03:51Est-ce qu'au-delà de ce syndicat, la colère est bien plus globale,
03:55pour prendre vraiment l'ampleur de la situation ?
03:58– Alors il y a une colère globale qui ne date pas d'aujourd'hui,
04:01qui date d'il y a plusieurs années.
04:04Moi je côtoie beaucoup de policiers sur le terrain.
04:08Quand on parle des conditions de travail, c'est vrai.
04:09Alors il y a eu des améliorations de conditions de travail,
04:11il y a eu le renouvellement du parc automobile qui est en cours,
04:14qui a été lancé en 2020-2021 avec les Peugeot 5008 Break.
04:20Mais il y a une colère, mais il y a une lassitude aussi.
04:25Quand on parle des conditions de travail, vous citiez quelques cas.
04:28Moi je me rappelle avoir vu à Marseille, de nuit,
04:32un rat qui se promène dans un distributeur de friandises et de boissons,
04:38dans le service.
04:40– Dans un commissariat.
04:41– Dans un commissariat.
04:41Colère a, pour plusieurs raisons, d'abord un sentiment de plus en plus
04:49qu'il y a une remise en cause, ne serait-ce que de l'action même des forces de l'ordre.
04:53C'est-à-dire que l'usage de la force légitime dans un certain discours militant
04:56qui semble prendre dans une certaine partie de la population,
05:02il y a un discours anti-flic qui fait qu'on remet en cause l'usage même
05:06de la force légitime, au point que moi je connais des policiers, par exemple,
05:10qui ont une certaine ancienneté.
05:13Je pense notamment à l'un d'entre eux qui, après des années de bac de nuit,
05:19est passé, est officier de police judiciaire, est passé dans un service enquête
05:22et qui fait aujourd'hui des enquêtes.
05:25Et une fois je lui ai dit, mais ça ne te manque pas le terrain, la rue.
05:28Il m'a dit, mais jamais j'y retourne parce que je trouve que les jeunes collègues
05:31prennent beaucoup trop de risques et moi je n'ai pas envie de finir tué, blessé ou en prison.
05:38Voilà.
05:39Alors priorité au terrain bien évidemment, vous voyez juste en bas de notre écran
05:43Ève Jouonneau qui est avec ce représentant syndical du côté de Nice.
05:49Ève, là aussi on voit qu'il y a pas mal de monde déjà derrière vous à 11h09 à présent.
05:54Oui, oui, ils sont un peu plus de 200 sur la place Masséna au cœur de Nice
06:01et je suis avec Jean-Luc Bragateau, le délégué départemental du syndicat Alliance Police Nationale 06.
06:09On est avec vous ce matin, quelles sont concrètement vos revendications ?
06:12C'est vrai qu'on n'a pas l'habitude de vous voir manifester sur la place publique.
06:16C'est vrai, c'est une première, en 30 ans de police, c'est la première fois que je vois ça.
06:19En fait, la situation sécuritaire est tellement grave et la situation,
06:22les conditions de travail de nos collègues policiers est tellement dégradée
06:25que l'Alliance prend ses responsabilités et on a appelé à ce rassemblement citoyen,
06:31on a appelé non seulement les policiers mais les citoyens, les associations, les élus
06:34à venir nous soutenir et à dénoncer cette situation sécuritaire.
06:38Il faut vraiment que les choses changent, on est à un point où pour avoir les policiers dans la rue,
06:43c'est que vraiment, vraiment la situation est dégradée.
06:46C'est un rassemblement citoyen, vous nous l'avez dit, concrètement vous appelez tout le monde
06:51à venir vous soutenir aujourd'hui ?
06:52On appelle tout le monde à venir, on a aujourd'hui, vous le voyez,
06:55on a des associations de commerçants, on a des associations de victimes aussi,
06:58parce que voilà, nous, Alliance le dit, on recentre, il faut penser aux victimes.
07:03Les associations de victimes sont là aujourd'hui, ça nous fait plaisir
07:05et on a la population qui est là, qui nous soutient aussi.
07:09On n'en doutait pas, on sait que la population est derrière nous,
07:12mais il fallait le montrer et voilà, Alliance a pris un risque,
07:15mais on prend nos responsabilités.
07:16Concrètement, sur le terrain, quels impacts ont au quotidien les choses,
07:21le budget par exemple ?
07:23Oui, il y a des questions de budget, il y a des questions d'effectifs,
07:27il y a des difficultés de matériel, de conditions de travail.
07:31Nos collègues sur Nice, on va voir un nouveau commissariat sur Nice,
07:35mais il y a d'autres circonscriptions sur le département où les collègues travaillent avec,
07:40vous verrez, le mobilier qu'ils ont, le matériel informatique qui est complètement obsolète.
07:44Et en fait, après, nos collègues interpellent, on fait notre travail,
07:49mais on réinterpelle toujours les mêmes.
07:51Donc à un moment donné aussi, il faut donner des moyens à la justice
07:54et il faut que la justice aussi prenne ses responsabilités.
07:57On ne peut pas toujours interpeller les mêmes personnes.
08:00Merci Jean-Luc Bragato.
08:01En tout cas, vous avez entendu les revendications du syndicat Police Alliance Nationale 06.
08:08Une marche va débuter vers 11h15 et puis beaucoup de personnalités politiques sont attendues.
08:14Ici à Nice, notamment Christian Estrosi, le maire de Nice et Éric Ciotti, candidat au municipal également à Nice.
08:21Merci Ève Jounot avec Méli Laveau derrière la caméra.
08:24C'est vrai qu'on a entendu également cette demande adressée à Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur.
08:30On va parler dans un instant, Mélanie, de sa présence ou non justement dans ces cortèges.
08:34Le temps de revoir une archive.
08:35C'est l'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, qui lui était sur le terrain aux côtés de ce syndicat Alliance.
08:43On le voit ici à l'écran, c'était devant l'Assemblée Nationale le 4 février 2025.
08:47Et Laurent Nunez alors aujourd'hui en 2026.
08:49Et encore, si on remonte un petit peu encore avant, il y avait Gérald Darmanin en 2021 devant l'Assemblée Nationale
08:54qui était aux côtés d'Allianz quand le secrétaire général avait eu cette phrase qui avait fait tant polémique
08:58« Le problème de la police, c'est la justice ».
09:00Aujourd'hui, non, Laurent Nunez ne sera pas sur le terrain.
09:03Il était à la radio hier, le ministre de l'Intérieur.
09:05Il a expliqué que dans ce contexte d'élection syndicale dont je vous parlais,
09:08il était astreint à une forme de neutralité, même s'il avait rajouté le mouvement des policiers aujourd'hui
09:13« A tout mon soutien et toute ma compréhension ».
09:16Le syndicat Alliance regrettait qu'il ne vienne pas à minima les saluer.
09:20On verra s'il y a une petite inflexion du côté du ministère de l'Intérieur.
09:23Mais en tout cas, hier soir, la position, c'était de ne pas y aller.
09:26Même si, on rappelle dans l'entourage du ministre de l'Intérieur, effectivement,
09:30que des choses ont été faites.
09:31Vous parliez du parc automobile.
09:33Son entourage nous rappelait hier qu'en 2025, plus de 3 000 nouveaux véhicules avaient été acquis,
09:38qu'il y avait eu 5 millions d'euros débloqués pour des équipements nouveaux.
09:42Et puis, notre reporter le disait, pour le budget 2026,
09:46plus de 100 millions d'euros supplémentaires qui seront octroyés au monde à la police.
09:53Encore faut-il que ce budget soit définitivement adopté.
09:57Donc, il y a eu des choses qui sont faites, mais pour les policiers, ce n'est pas assez.
10:00Alors ensuite, il faudrait les interroger sur ces choses concrètes
10:04qui leur sont destinées pour savoir si ça peut les aider dans les prochaines semaines.
10:09Alors, réaction à l'instant sur les réseaux sociaux.
10:12Du président du Rassemblement national, Jordan Bardella, je cite,
10:17face à l'explosion de la criminalité que le gouvernement a toujours minimisé,
10:21nos policiers sont en première ligne.
10:23Ils doivent composer, je cite toujours, avec une justice trop laxiste
10:26qui entretient le sentiment d'impunité, notamment chez les mineurs.
10:29Ils manquent d'effectifs et de moyens.
10:31Ils exercent leur métier, poursuit-ils, dans des conditions indignes.
10:34Et au lieu d'être soutenus, ils sont trop souvent pris pour cible
10:37par une gauche toujours plus virulente.
10:40Ils concluent, Jordan Bardella, total soutien, etc.
10:43On voit là que la question, elle est évidemment éminemment politique.
10:46On parlait d'un contexte d'élection syndicale et municipale.
10:49Il y a bien évidemment aussi, M. Godard, un contexte d'élection présidentielle.
10:53Tout le monde a en tête cette échéance et ça précipite également certaines réactions.
10:57Il y a le contexte d'élection présidentielle et évidemment que la question...
11:00Alors, il y a la question de la police, il y a la question plus largement
11:03de la sécurité qui sera au cœur des débats de la présidentielle.
11:06Et évidemment que tous les politiques, tous les partis qui présentent des candidats
11:11vont se positionner sur la question des revendications des policiers.
11:16On voit l'image, je vous coupe, on parlait de politique à l'instant.
11:19La preuve par l'image puisqu'on voit M. Estrosi et Eric Ciotti,
11:24Christian Estrosi et Eric Ciotti, côte à côte.
11:26Ce n'est pas une image évidemment qui manque de sens politique
11:29puisque je vous rappelle que ces deux hommes s'affrontent
11:31dans le cadre de l'élection municipale de Nice.
11:34On entend d'ailleurs quelques journalistes tenter de les interpeller.
11:37On verra si tout à l'heure une réponse nous parvient.
11:42Pour rebondir sur cette présence ou non, on le disait, du ministre de l'Intérieur,
11:45c'est un élément capital pour les policiers de voir si, oui ou non,
11:48un représentant comme celui de la place Beauvau est ou pas
11:52dans une mobilisation comme celle-ci.
11:54Alors en fait, les policiers n'attendent pas forcément que le ministre vienne sur le terrain.
11:59Enfin, peut-être Alliance attend que le ministre vienne sur le terrain,
12:02mais je pense surtout qu'ils attendent des actes en fait.
12:04Ils attendent des budgets, ils attendent des réponses à toutes les questions qu'ils posent.
12:08Et ils attendent des déclarations de soutien,
12:10mais pas forcément une présence sur le rassemblement,
12:15au milieu d'autres politiques,
12:17parce qu'effectivement il y a ce contexte électoral qui vient en plein milieu.
12:21Et toutes les parties, y compris les personnalités issues de la majorité,
12:26sont en campagne par rapport à 2027.
12:29Alors vous le voyez désormais sur la gauche de votre écran.
12:32On ne vous mentait pas quand on vous le disait que vous étiez politique.
12:35Sarah Knafo, avec ce manteau jaune, candidate reconquête à la mairie de Paris.
12:40Marion Maréchal, qui est elle à gauche, on la voit là au centre de l'image.
12:46Nicolas Dupont-Aignan également sur la droite de Marion Maréchal.
12:50Et Thierry Mariani, candidat au Rassemblement National également à la mairie de Paris.
12:56Il s'agit en fait, si je résume, pour ces candidats de droite ou de droite radicale
13:02qui crantent sur des sujets sécurité, qui sont très hauts dans leur programme,
13:07d'être présents dans ces moments-là pour se faire voir,
13:11apporter leur soutien sur des problématiques qu'ils considèrent évidemment comme très importantes.
13:16C'est une image qui a beaucoup de sens.
13:18C'est intéressant de voir, par exemple, à Paris, s'il y a d'autres candidats au municipal
13:23qui sont présents dans les cortèges.
13:25On va penser à Rachida Dati pour l'air, Thierry Bournazel pour Horizon,
13:30Emmanuel Grégoire pour la gauche.
13:32Et au-delà du soutien aux policiers, justement, de toutes ces personnalités politiques qui viennent,
13:37ça veut dire que, certes, les policiers sont un électorat,
13:43mais au-delà de ça, au travers des images et de la communication que ça peut donner aujourd'hui,
13:48c'est aussi se positionner pour chacune des organisations qui vont être présentes
13:52et chacun des partis qui vont être présents aux côtés des policiers,
13:55c'est se positionner sur la question de la sécurité, très clairement.
13:58Et ça, c'est par rapport à la population.
14:00– Il y a quand même une question qui me vient à l'esprit à chaque fois que je vois ces images
14:03et qu'on est amené d'ailleurs à couvrir ce type d'actualité,
14:06des mobilisations, des manifestations auxquelles ça rime des hommes et des femmes politiques.
14:11C'est évidemment la récupération de ces thèmes.
14:14Comment c'est perçu par les policiers aujourd'hui ?
14:16– En fait, très franchement, les policiers, moi que je connais,
14:23n'ont pas trop confiance aux politiques et regardent ça un peu de loin.
14:26Après, à partir du moment où vous êtes une organisation syndicale,
14:31quelle meilleure période qu'une période électorale pour faire valoir des revendications
14:35et réussir à les faire aboutir ?
14:37Donc chacun joue un peu sa partition aussi.
14:39– Oui, hier sur Twitter, sur X, on voyait Franck Alizio,
14:43qui est candidat RN à Marseille,
14:45qui apportait son soutien et qui disait qu'il serait présent
14:48et c'était salué par l'un des cadres haut placés d'Alliance.
14:51Je pense que toute forme de soutien leur sera importante.
14:57Pour l'instant, on voit uniquement des personnalités de droite
14:59ou d'extrême droite qui sont présentes dans leur cortège.
15:01On verra si ça s'ouvre à l'autre bord de l'échiquier.
15:04– Jean-Marie Godin ?
15:05– Oui, mais les policiers, en tout cas sur le terrain,
15:07ils disent « Ok, c'est sympa, mais c'est de l'affichage ».
15:10– Bien sûr, bien sûr.
15:11– Et nous, c'est « wait and see ».
15:13On verra, il y a les paroles et derrière, il y a les actes.
15:16– Bien sûr.
15:16– Avec donc, je vous le rappelle, si vous nous rejoignez sur BFM TV,
15:20ces images de mobilisation à l'appel du syndicat de police Alliance.
15:25Un peu partout en France, alors ça commence au moment où on se parle,
15:28sur la gauche de votre écran, cette mobilisation dans le centre de Paris.
15:32À droite, nous sommes à Nice notamment.
15:36On notait il y a quelques instants ces différentes images politiques qui avaient du sens,
15:40notamment à Nice, ces deux adversaires qui s'affrontent très durement.
15:44Et on sait que les tensions d'ailleurs sont particulièrement fortes
15:46entre Christian Estrosi et Éric Ciotti.
15:50Refaisons peut-être un point également, Mélanie, sur ce contexte également,
15:54les agressions de policiers qui sont en hausse
15:59et qui peut-être sont à prendre en compte aussi dans cette mobilisation.
16:02– Oui, ça participe à leur sentiment de ras-le-bol,
16:05d'être en première ligne face à des problématiques tous les jours très difficiles
16:09et d'avoir finalement pas le reste qui suit en termes de conditions de travail
16:13indignes de commissariens salubres dont je parlais tout à l'heure.
16:17On a les chiffres pour 2024, on ne les a pas encore pour 2025,
16:20mais pour 2024, c'est 6213 policiers agressés par un tiers.
16:25Ça ne veut pas dire qu'ils soient blessés en opération,
16:27ça veut dire vraiment agressés par quelqu'un quand ils sont sur le terrain.
16:316200, ça veut dire 17 policiers chaque jour qui sont pris à partie, qui sont blessés.
16:36Alors ça peut aller d'un simple, je mets des guillemets, crachat
16:38à une agression physique, à des coups, à des blessures, à des hospitalisations.
16:42Mais toujours est-il que ce chiffre, il est quand même très significatif
16:45et c'est plus que l'année précédente, en 2023.
16:48C'est une hausse de 13% sur 2024, ce qui veut dire que leurs conditions de travail du quotidien,
16:53quand ils franchissent le pas de leur commissariat pour se rendre sur le terrain,
16:56oui, il y a des conditions difficiles.
16:58Moi, j'ai pu suivre en immersion des policiers, tout simplement de police secours,
17:02qui sont vraiment les urgentistes de la police,
17:04qui se déplacent dans chaque situation compliquée.
17:07Ça peut être des violences intrafamiliales, ça peut être des fugues de mineurs,
17:11ça peut être des personnes alcoolisées, des rixes, tout ça la nuit.
17:14Et bien, c'est vraiment un travail d'urgentiste, vraiment,
17:18à la fois de psychologues, de policiers, de soutien médical par moment.
17:22Et à chaque moment, la situation peut dégénérer.
17:25Ce chiffre, je trouve qu'il est important, 17 policiers chaque jour.
17:29Et ça participe aussi de la raison pour laquelle ils sont dans la rue aujourd'hui,
17:33parce qu'il y a cette violence qui augmente envers la police.
17:36Alors, bien sûr qu'on traite ici très souvent des cas où les policiers eux-mêmes sont mis en cause,
17:41mais leurs conditions de travail intrinsèques sont difficiles.
17:45Je voulais acquiescer ce que disait Mélanie Bertrand.
17:47Oui, tout à fait, mais c'est très intéressant sur police secours, ce que vous dites,
17:50parce que c'est vraiment ça, c'est la comparaison avec les urgentistes,
17:53elle est très bonne, parce que c'est le service de police de première ligne, en fait.
17:58C'est celui qu'on voit tous les jours.
17:59Et c'est une police qui fait du social, en fait, aussi.
18:05Et à laquelle, justement, on demande peut-être un peu trop aussi de régler tous les problèmes de la société,
18:11ce qui est impossible.
18:12Laurent Nunez le disait il y a quelques semaines,
18:15la police ne pourra pas régler tous les problèmes de la société,
18:18et notamment police secours qui est vraiment en première ligne.
18:20Et c'est ça qui est compliqué, c'est aussi peut-être que l'ensemble de la société
18:27se positionne sur quelle place pour la police, quelle place pour la sécurité.
18:32Un mot qui est très important, enfin, moi qui m'a frappé tout à l'heure quand vous en parliez,
18:35c'est le mot de lassitude.
18:37C'est-à-dire qu'en fait, ces images que l'on voit ici à l'écran,
18:40tout à l'heure on a vu cette archive avec Bruno Rotaillot devant l'Assemblée nationale,
18:43mais Mélanie évoquait aussi Gérald Darmanin en 2021,
18:46on a quand même l'impression de mobilisations qui se répètent,
18:50qui sont un peu toujours les mêmes, avec des demandes,
18:53et puis elles semblent insatisfaites en quelque sorte ces réponses.
18:55Et d'ailleurs il y a quelque chose qui est très intéressant dans cette mobilisation,
18:59c'est que moi quand j'ai vu arriver les revendications,
19:01j'ai eu l'impression d'entendre des revendications qu'on entend toujours,
19:04depuis des années et des années et des années, c'est toujours les mêmes en fait.
19:08Et on a l'impression qu'il n'y a jamais de solution en fait.
19:12C'est moi ce qui m'intéresserait dans la mobilisation d'aujourd'hui,
19:16alors après c'est Alliance, donc c'est assez marqué,
19:19mais c'est le positionnement de la gauche aussi, sur la police et sur la sécurité.
19:26Pourquoi, juste une question assez générale peut-être Mélanie,
19:28les autres syndicats ne se sont pas greffés à cette mobilisation,
19:32est-ce qu'on a des explications ?
19:34C'est rare d'avoir une manifestation inter-syndicale dans la police,
19:39ce sont deux syndicats, unité, alors j'allais dire anciennement SGP, police,
19:45unité et Alliance, qui sont en conflit, le mot est faible,
19:50qui ne sont pas d'accord sur certains points,
19:52qui travaillent ensemble, quand il le faut évidemment dans un commissariat,
19:54mais sur le plan des syndicats, c'est vraiment Alliance est devant,
19:58il y a quelques années c'était unité à quelques centaines ou milliers de voix près,
20:02mais c'est vraiment deux syndicats qui ne sont pas d'accord sur la conception,
20:05enfin sur la conception du métier si, mais sur les revendications syndicales,
20:09ce serait, enfin je suppose, assez inédit de les voir défiler côte à côte.
20:14D'autant plus que la dernière fois qu'ils ont fait,
20:16que les syndicats de police ont fait quelque chose en commun,
20:19qui était en 2021 justement devant l'Assemblée nationale,
20:23je peux vous dire que dans d'autres syndicats,
20:25la phrase du secrétaire général de Alliance,
20:29le problème de la police et la justice, ça a laissé des traces.
20:32Il y a plusieurs autres responsables syndicaux qui ce jour-là étaient furieux
20:35et qui ont eu l'impression de s'être fait piéger par Alliance lors de cette manifestation.
20:39Même derrière des enjeux assez communs, en quelque sorte,
20:44je me mets à la place des gens qui nous écoutent ce matin dans BFM Direct,
20:48une sorte de consensus quand même, on en parlait tout à l'heure,
20:50qui semble être là sur le manque de moyens, sur des conditions de travail difficiles,
20:55malgré ça, ça ne permet pas de converger, d'avoir des cortèges communs entre syndicats policiers ?
21:00En fait, il y a certains syndicats qui reprochent justement à Alliance de faire de la politique
21:05et les autres organisations disent, nous, on ne veut pas faire de la politique.
21:09Mais c'est vrai que si on regarde, en tout cas, les thématiques de revendications,
21:14elles sont communes à toutes les organisations.
21:16Voilà, je vous rappelle donc que nous sommes en direct de Paris
21:20et cette image, évidemment, a beaucoup de sens désormais à quelques semaines maintenant
21:25des élections municipales.
21:27Vous voyez Sarah Knafo, la candidate reconquête.
21:28Et juste à côté, c'est Fabien Vanemelry qui était sur notre plateau hier
21:31avec le blouson noir qui est le secrétaire général du syndicat Alliance.
21:35Et on distingue Frédéric Pêchenard, si je ne me trompe pas, juste derrière lui
21:40et Sarah Knafo à sa droite.
21:41Voilà, avec ce manteau jaune.
21:42Et sur la droite, on va dézoomer, vous allez voir Thierry Mariani également,
21:46qui est candidat, lui, alors il n'est pas là, mais il était là tout à l'heure,
21:49on l'a vu, RN à la mairie de Paris, Nicolas Dupont-Aignan, Marion Maréchal,
21:54qui sera d'ailleurs l'invité de BFM Politique demain à midi, l'invité de Guillaume Darais.
21:59Et on va partir du côté de Nice pour retrouver Ève Jounot,
22:03puisque, Ève, vous suivez sur le terrain pour notre antenne, cette mobilisation,
22:07et vous êtes aux côtés, justement, des manifestants.
22:09Oui, oui, à Nice, ils sont un petit peu plus de 200.
22:14Là, ça y est, le cortège est parti de la place Masséna, du centre-ville de Nice,
22:19et va faire un petit tour.
22:21Là, je suis avec Hugo, il est policier adjoint à l'aéroport de Nice.
22:26Aujourd'hui, Hugo, pourquoi vous êtes là, pourquoi vous prenez part à la manifestation ?
22:30Alors aujourd'hui, je prends part à la manifestation,
22:32parce que je trouve ça important de se mobiliser face à l'insécurité en France,
22:37le manque d'effectifs partout.
22:41Et je trouve que c'est très important d'être là, de représenter la police nationale.
22:48Justement, quelles sont vos revendications ? Pourquoi vous êtes dans la rue aujourd'hui ?
22:52Revendications, c'est manque d'effectifs partout en France, manque de moyens.
22:59Au quotidien, vous le ressentez, ça ?
23:01Oui, au quotidien, on le ressente.
23:02Comment ? Des exemples ?
23:03Nous, à l'aéroport de Nice, par exemple, on est très peu,
23:06pour énormément de passagers de plus en plus,
23:09et on travaille dans des conditions où des fois,
23:13on est deux pour faire contrôler quatre vols qui arrivent
23:18avec des centaines et des centaines de passagers.
23:20Là, c'est un rassemblement citoyen, on voit qu'il y a quand même du monde ici à Nice.
23:25Ça vous fait plaisir que les citoyens vous soutiennent ?
23:27Oui, c'est bien de se mobiliser.
23:29Aujourd'hui, on est très peu soutenus en France.
23:33Et là, aujourd'hui, on voit qu'il y a du monde quand même qui se mobilise.
23:37Merci, Hugo.
23:38En tout cas, voilà, vous l'avez entendu, ici à Nice, il y a du monde,
23:42il y a des citoyens et il y a également des personnalités politiques.
23:45On a vu notamment Christian Estrosi, le maire de Nice et Éric Ciotti,
23:50un candidat au municipal pour la mairie de Nice.
23:54Merci beaucoup, Ève.
23:55On va revenir évidemment dans quelques instants en direct, plus que jamais sur le terrain,
24:00pour suivre évidemment ces mobilisations un peu partout en France.
24:03Nous voilà de retour à Paris avec cette image que l'on vous montrait,
24:07différents candidats aux élections municipales de la capitale,
24:12mais aussi des personnalités politiques que l'on vient de voir.
24:15On me faisait remarquer évidemment, il y a quelques instants, Jean-Marie Godard,
24:19avec Mélanie Bertrand, surtout des personnalités de droite ou d'extrême droite.
24:23Vous qui suivez ces mobilisations, c'est rare d'avoir des personnalités de gauche,
24:28du centre, dans ce type d'action ?
24:32Je pense que là, ça va être compliqué du fait que ce soit Alliance,
24:36parce que c'est quand même assez marqué.
24:39D'ailleurs, les personnalités qui ont pris le haut du pavé, on va dire, aujourd'hui,
24:45il suffit de regarder les gens qui sont autour d'eux, ça va être compliqué.
24:49Après, la gauche, elle est sur la sécurité, elle a quand même fait des choses.
24:56Quand vous voyez depuis 1981, la première loi JOX qui a modernisé la police,
25:02la gauche a fait avancer aussi les polices municipales,
25:06enfin au niveau législatif, a développé le renseignement.
25:08Donc, ils ne sont pas complètement absents non plus sur la question de la sécurité.
25:15Là où il y a peut-être un discours qui manque,
25:17c'est sur justement la problématique des policiers au quotidien,
25:19je pense qu'il y a des revendications qui sont posées.
25:21Priorité au terrain, évidemment, toujours sur BFM.
25:27Nicolas Dumas, vous suivez donc cette mobilisation que l'on voit ici toujours à Paris.
25:31Elle s'était lancée il y a maintenant une petite demi-heure.
25:35Combien de personnes ? On est sur des centaines de personnes derrière vous ?
25:39Oui, plusieurs centaines de personnes qui sont présentes ici.
25:45Encore place de la Bastille, puisque le cortège avance vraiment,
25:49il a avancé de 5 mètres au maximum pour le moment.
25:51C'est surtout les personnalités politiques qui sont à l'avant du cortège.
25:56Comme vous le disiez en plateau, des personnalités politiques plutôt de la droite et de l'extrême droite qui sont présents.
26:02Là, moi, je me trouve dans le cortège avec notamment tous ces drapeaux Alliance Police Nationale qui sont levés.
26:09Et on se trouve avec Christelle.
26:10Christelle, vous, vous êtes venue soutenir les policiers.
26:15Pourquoi vous êtes venue les soutenir ?
26:16Alors, c'est très simple. J'habite une place dans le 12e, qui est juste la gare de Lyon, qui est très problématique.
26:22On a toutes sortes de personnages qui, toute la journée et toute la nuit, nous empêchent de vivre correctement.
26:28On appelle la police. Elle vient. Elle nous libère de toutes ces personnes.
26:33Et elle vient constamment. Elle nous reçoit au commissariat.
26:37Et on peut leur expliquer nos soucis. Et ils nous soutiennent tout le temps.
26:40Là, parmi leurs revendications, c'est notamment la vétusté dans les commissariats.
26:45Vous me dites que vous y allez de temps en temps avec eux.
26:48Ça, vous l'avez constaté, vous, au quotidien ?
26:49Je confirme. Les locaux sont vraiment... Personne n'aurait envie d'y travailler.
26:54Franchement, c'est dégradé. Ils ont des conditions de travail et de vie.
26:59Franchement, je ne les envie pas du tout.
27:01Et justement, parmi leurs revendications, ils appellent à avoir plus de moyens humains.
27:07Ça, vous comprenez aussi cette revendication ?
27:10Alors oui, je le comprends. Parce que parfois, quand on les appelle, il n'y a pas de véhicule de disponible.
27:14Parce que malheureusement, il y a des problèmes partout dans le 12e.
27:17Pas seulement chez moi.
27:19Et quand on appelle, on est obligé d'attendre qu'une voiture soit disponible pour qu'il vienne sur la place.
27:24Merci beaucoup, Christelle, d'avoir témoigné à notre micro.
27:28Et effectivement, là, il y a un petit départ de manifestation.
27:32Le camion de tête a pris la route.
27:35Et vous voyez, c'est plusieurs centaines de manifestants avec beaucoup de gens qui sont venus les soutenir.
27:42Soutenir les policiers qui sont présents ici, place de la Bastille.
27:45Merci Nicolas Dumas avec Tanguy Tricouard en direct de ce cortège parisien.
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