00:00 Les femmes qui ont leurs règles font mourir les abeilles.
00:02 Dans la conception d'un enfant, les femmes ne sont qu'un réceptacle.
00:05 Voici les choses les plus incroyables et les plus terribles
00:07 qu'on ait dit sur les femmes à travers les âges.
00:09 On commence par l'Antiquité.
00:11 Un auteur, Pline l'Ancien, un Romain,
00:13 il disait que les femmes qui avaient leurs règles
00:15 faisaient mourir les abeilles, ternirent les miroirs
00:18 ou rendaient les graines stériles.
00:19 Donc bien évidemment, c'est sans fondement.
00:21 En fait, c'est surtout fait pour limiter les femmes
00:23 et pour insinuer dans leur esprit qu'elles ont des faiblesses et des manques.
00:27 Les philosophes également s'en sont mêlés.
00:29 Aristote, un philosophe grec, expliquait que la femme
00:32 est un embryon masculin non fini
00:35 ou bien qu'elle n'est qu'un réceptacle
00:37 dans lequel l'homme met sa semence.
00:39 La femme est une sorte de pot où il met son petit trésor.
00:42 Et du coup, il faut bien surveiller son réceptacle.
00:45 Il faut que je surveille cette femme et éventuellement que je la contrôle.
00:48 D'où l'espace public qui a été réservé aux hommes
00:51 et on a plutôt attribué aux femmes l'espace domestique.
00:54 Donc on avance dans le temps et au Moyen Âge,
00:57 il y a des nouvelles lois, notamment la loi qui fait du mariage un acte sacré.
01:02 On ne peut pas le rompre, seulement s'il n'y a pas eu de consommation du mariage
01:06 ou si les liens parentaux sont trop proches.
01:08 C'est particulièrement difficile pour les femmes qui sont battues,
01:11 puisque dans certaines régions, il y a des droits régionaux
01:14 qui autorisent le droit de correction,
01:16 qui autorisait le mari à corriger sa femme
01:19 à condition de ne pas la tuer et de ne pas l'estropier.
01:22 Ça allait très loin puisque le mari avait cette liberté,
01:25 mais des fois, il avait même cette obligation.
01:27 Si par exemple la femme était bavarde ou médisante,
01:31 les voisins pouvaient aller voir le mari en lui demandant de corriger sa femme.
01:35 Donc ces femmes qui allaient en justice pour dire qu'elles avaient subi
01:38 un lourd préjudice de leur mari qui l'avait battue,
01:41 avaient des fois le droit de ne plus cohabiter,
01:44 mais elles devaient rester quand même mariées.
01:45 Et ce qui l'empêchait de refaire sa vie.
01:47 À la Renaissance, va exploser la chasse aux sorcières.
01:50 Cette pensée de l'Antiquité a perduré et elle revient à la Renaissance.
01:54 Galien, lui, explique que la femme est froide et humide.
01:59 Et donc il en déduit qu'elle est molle.
02:00 Et de là, il en déduit que c'est le sexe faible.
02:03 Dans la religion, on va se dire que comme son esprit est faible,
02:06 elle est très facile à duper par le diable.
02:08 Au XVe siècle, deux moines inquisiteurs ont publié "Le Marteau des sorcières",
02:12 un livre dans lequel ils expliquent comment repérer les sorcières et les éliminer.
02:16 Ils piquaient la victime et si ça ne saignait pas,
02:20 ils disaient que c'était diabolique.
02:21 Ou ils cherchaient une tâche.
02:22 Pour la personne qui était incriminée, c'était impossible de s'en sortir.
02:25 Si elle n'avouait pas, elle était torturée.
02:28 Et si elle avouait, elle était brûlée.
02:29 Arrive donc la période napoléonienne.
02:31 Napoléon est un homme plutôt misogyne.
02:33 Par exemple, une de ses phrases célèbres, c'est "La femme appartient à l'homme
02:37 comme l'arbre fruitier au jardinier".
02:40 Il va immédiatement mettre en musique ses idées dans le Code civil,
02:43 publié en 1804.
02:45 L'un des articles les plus célèbres dit que la femme doit obéir au mari.
02:48 Et un autre article dit que la femme doit suivre le mari
02:51 là où il veut habiter.
02:53 Le Code civil dit que le père seul exerce l'autorité parentale.
02:57 Et la femme ne peut agir en justice seule sans l'autorisation de son mari.
03:01 Pourquoi ne restait-elle pas célibataire ?
03:03 Être célibataire était vraiment vue comme une tare, une anomalie.
03:06 Elles étaient mal vues et traitées souvent de filles faciles et de nymphomanes.
03:10 Les seules qui échappaient un petit peu à ça, c'était les religieuses
03:13 qui restaient célibataires, mais bien sûr, on disait qu'elles étaient mariées avec Jésus.
03:17 Finalement, aussi horrible que cela puisse paraître,
03:20 une des solutions pour une femme d'être libre, c'était d'être veuve.
03:24 C'était une bonne façon de reprendre leur vie en main pour les plus riches,
03:27 parce que pour les plus pauvres, ça les mettait aussi dans un désespoir
03:30 et des fois même dans l'obligation de se remarier à tout prix.
03:33 Mais pour les plus riches, elles pouvaient gérer le patrimoine de la famille,
03:36 de leurs enfants et avoir une certaine autonomie.
03:39 [Générique]
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