00:00 Concernant la dépénalisation du cannabis, il y a deux choses à prendre en compte.
00:04 La première, ça va être le bénéfice-risque, puisque dépénaliser le cannabis,
00:08 mon collègue parle de recettes, donc il voudrait en fait enterrer l'économie souterraine
00:14 en faisant des recettes pour l'État.
00:16 Sauf que derrière, il y aurait des recettes supplémentaires aussi au niveau de la santé,
00:20 puisqu'il y a de nombreux rapports qui ont démontré par A+B qu'aujourd'hui,
00:24 le cannabis est vecteur de nombreuses pathologies, dont psychiatrique,
00:28 et que la consommation de cannabis réduit aussi les effets de tous les médicaments psychotropes.
00:33 Dans un deuxième temps, on pourrait prendre l'exemple du Canada,
00:36 qui a dépénalisé, qui a légalisé le cannabis en 2018.
00:40 Ça a été un échec total.
00:41 Ça a été un échec total parce que le marché illégal s'adapte rapidement,
00:45 proposant une offre de THC beaucoup plus élevée, à moindre coût,
00:48 que les produits qui ont été lancés sur le marché légal.
00:51 Ce qui n'a pas enrayé la machine du trafic,
00:54 et ce qui a, je dirais, aggravé les problématiques de santé.
00:59 Il est utopique de penser qu'aujourd'hui, en asséchant l'économie du cannabis,
01:07 les trafiquants vont devenir des marchands de pommes et d'oranges.
01:12 On le sait très bien, ça va être la course effrénée à d'autres substances.
01:15 Éventuellement, ça va être une montée en gamme,
01:17 ça va être la construction aussi de par l'État, puisque je vois très bien où on veut en venir,
01:21 de salles de shoot, etc., consommées propres, et voilà.
01:24 Mais le problème, c'est que ce marché, il existe depuis toujours.
01:28 Il existe depuis toujours, et la seule manière de réagir, c'est la fermeté.
01:33 On dit que la politique pénale française est la plus répressive en termes de stupéfiants,
01:38 c'est totalement faux.
01:39 Avec l'amende fourcrétaire délictuelle, c'est 200 euros d'amende pour un consommateur.
01:44 On est loin du délit, en tout cas réprimé par le Code de santé publique,
01:48 qui est un an de prison, et 3 750 euros d'amende.
01:50 Aujourd'hui, on voit bien qu'il y a cette tendance à vouloir s'engager vers une dépénalisation,
01:57 mais elle est très dangereuse, parce qu'aujourd'hui,
02:01 c'est quelque chose qui va apporter le rapport entre délinquance et trafic de stupéfiants et accablants.
02:08 On le voit partout.
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