00:00 handicapé, ça passe son temps à se relever.
00:02 Ça ne fait pas les choses comme les autres.
00:03 Ça les fait différemment, mais c'est horrible.
00:05 On y arrive.
00:05 La preuve, regardez, on les épargne à chaque vapeur.
00:08 Allez.
00:09 Allez.
00:09 [musique]
00:16 [musique]
00:23 -Je vais essayer de le mettre dans le bon.
00:43 C'est l'avantage des mecs qui voient.
00:44 -Là, je te fais tes yeux.
00:45 [rires]
00:47 -Sortir du vieux port, c'est toujours un peu chaud
00:50 parce que c'est un bateau de course qui est stable,
00:52 mais comme une bicyclette, comme un vélo,
00:54 c'est stable quand ça marche, quand ça avance.
00:56 Dès qu'on est arrêté, c'est une sablonnette sur l'eau.
00:59 C'est exigeant et c'est passionnant.
01:01 Puis, c'est possible.
01:04 Moi, je suis miro, mais avec de l'entraînement, bien sûr.
01:06 Je ne sais pas venir comme ça.
01:07 Je travaille différemment.
01:09 J'y arrive, mais j'y arrive pour donner un peu d'idée.
01:11 Je vois deux dixièmes avec correction à gauche et zéro à droite.
01:15 Vous vous dites, "C'est pas possible, il triche."
01:17 J'ai la chance de déjà un peu voir les bateaux qui arrivent.
01:20 Je les vois, mais je ne suis pas capable de vous dire
01:22 quelles couleurs ils sont.
01:23 Je battrais sur du sens, mais je vois suffisamment
01:25 pour piloter un bateau.
01:26 Moi, ça ne me pose pas de problème.
01:27 Je suis un garçon, je ne suis pas inconscient.
01:29 Si je le fais, c'est que je peux le faire.
01:31 Exemple, je sais que je ne peux pas conduire.
01:32 Ce serait une connerie.
01:33 Je n'ai pas le droit de conduire.
01:35 En plus, je sais que je ne peux pas le faire.
01:36 Ça va trop vite.
01:37 Alors que là, ça va être de 8 à l'heure pour l'instant.
01:40 En fait, c'est plus facile de piloter un bateau
01:42 que de marcher dans la rue pour moi.
01:43 Marcher dans la rue, parfois, je me tape sur les gens.
01:45 Là, piloter un bateau, il faut bosser.
01:47 Rentrer dans la place du port,
01:49 je vais travailler, on recommence, on se retraîne, on recommence.
01:52 Puis à chaque fois, c'est différent, on se retraîne.
01:53 C'est important de démontrer que c'est possible avec un handicap.
01:56 C'est vraiment important parce qu'il y a un vrai gâchis en France
01:59 sur le traitement du handicap.
02:01 Il faut dire à des gens pour qu'ils restent chez eux à ne pas bosser
02:02 alors qu'ils pourraient y bosser.
02:03 L'idée qu'on a, c'est de dire que notre bateau,
02:05 c'est un vrai laboratoire social.
02:07 Ce qui se passe dans le bateau,
02:08 c'est transférable à terre à l'entreprise.
02:10 Malgré mon handicap, j'ai quand même eu beaucoup de chance
02:19 parce que je suis autonome.
02:20 Et ce droit de rêver, je veux le dire à d'autres,
02:22 ouais, c'est possible.
02:24 En fait, on a tous des difficultés dans la vie.
02:25 Moi, c'est physique.
02:27 D'autres, c'est social, financier, etc.
02:29 Moi, j'ai un problème physique.
02:30 Et ce problème-là, même si je m'en suis pas passé,
02:34 ça m'a permis d'avancer autrement
02:36 et d'être un peu plus résilient que la moyenne des gens.
02:40 Un handicapé, en général, c'est une machine à résilience.
02:44 L'exemple que je donne, c'est Olivier,
02:45 mon équipier aveugle.
02:46 Pour aller d'un point A à un point B,
02:48 c'est un vrai baston pour lui.
02:49 Mais à chaque fois, il se relève.
02:50 Moi, je suis un employeur, je rêverais d'embaucher un homme comme ça,
02:53 qui passe son temps à se relever.
02:54 C'est ça, en fait.
02:55 Un handicapé, ça passe son temps à se relever.
02:57 Ça fait pas les choses comme les autres.
02:59 Ça les fait différemment, mais ça arrive.
03:00 On y arrive. La preuve, regardez.
03:02 On les épargne à chaque vapeur.
03:03 Trop loin ?
03:09 Ouais, super.
03:10 Tu l'accroches bien ?
03:12 [Bruit de voiture qui s'arrête]
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