00:00Des maisons détruites.
00:01Nous, au Porges, on a tout perdu.
00:02Une forêt décimée et une polémique qui enfle.
00:05On nous a un peu abandonnés pour le ferret.
00:08Il faut des réponses et les gens ont besoin de réponses.
00:11Bienvenue au Porges, village le plus touché par les incendies
00:13qui ont déjà ravagé 42 000 hectares en Gironde.
00:16On garde le moral parce qu'il faut absolument que le Porges se relève
00:19et le Porges va se relever.
00:24Le long de cette route, plusieurs dizaines de maisons complètement détruites.
00:42Tristement rebaptisé, avenue de la désolation,
00:44l'avenue du bassin d'Arcachon est particulièrement sinistrée.
00:47Le Porges, c'est un petit village de 3500 habitants situé au sud de Somos,
00:51là où l'incendie a commencé mercredi 22 juillet.
00:53Et ce petit village, il a connu l'enfer
00:54quand il a été presque encerclé par les flammes dans la nuit du 23 au 24 juillet.
00:58Il a attaqué le village par la partie est.
01:01Il a contourné en remontant par le nord.
01:04Il est descendu sur le sud où il a fait une saute de la départementale
01:07et qui s'est engouffré dans la brèche des forêts direction Lège,
01:12Caféry.
01:13Et il est remonté ici.
01:16Il a mangé, comme disent les pompiers.
01:17Il a mangé, il a mangé, il est revenu.
01:19Alors, très certainement, avec les vents qui tournent,
01:21aussi bien le matin, les après-midi ou les nuits,
01:26il est arrivé ici.
01:27Ici, plus de 180 maisons sont parties en fumée.
01:30C'est plus de 75% des 240 habitations détruites par les flammes
01:33sur l'ensemble du département.
01:34Et donc, les habitants aussi, entre dépit et colère.
01:37On nous a un peu abandonnés pour le ferret.
01:41Hier, il n'y avait plus de pompiers, il n'y avait plus personne.
01:43Ils sont tous partis sur le cap ferret
01:45parce que peut-être qu'on a un peu moins d'argent
01:47et qu'on est un peu moins classés qu'eux.
01:51Nous, au Porges, on a tout perdu.
01:52À un moment donné, il y a quand même eu ce sentiment d'abandon
01:56puisque les pompiers ont dû partir, sur ordre,
01:59sur le ferret pour protéger cette bande-là.
02:01Donc là, on a eu un sentiment d'abandon.
02:03Et ça, c'est tout le monde.
02:04Les bénévoles, les pompiers, tout le monde.
02:05Tout le monde, tout le monde.
02:06C'est vrai que nous, quand on a vu que la place s'est vidée le matin,
02:09qu'à 7h, il n'y avait plus personne,
02:11on s'est dit, qu'est-ce qu'il se passe ?
02:15On voit le résultat, quand même.
02:16On est la commune la plus sinistrée.
02:20Ce constat d'abandon, il revient dans la bouche de nombreux habitants.
02:23Des propos tenus le plus souvent hors micro
02:24pour ne pas alimenter les tensions et les polémiques
02:26dans un climat de catastrophe générale.
02:28Il faut des réponses et les gens ont besoin de réponses.
02:31Et concernant les habitants qui sont un peu plus en colère,
02:34est-ce que vous avez une pensée pour eux ?
02:36Leur colère est légitime.
02:39Mais cet abandon, les autorités le nient formellement.
02:41Mais le temps de la polémique n'est pas venu.
02:44Le temps des comptes, ce n'est pas le moment.
02:47Le feu n'est pas fixé.
02:49C'est un feu extrêmement dangereux.
02:52Alors, en quête de réponse,
02:53un collectif d'habitants du village regroupant plus de 800 personnes
02:56s'est constitué et envisage de déposer une plainte pénale.
02:59Parce qu'on veut que la lumière soit faite
03:02sur la problématique de l'incendie.
03:04Et depuis le départ,
03:06parce que certes, il y a un sentiment d'abandon
03:10et ce sentiment d'abandon, il est général.
03:12Mais depuis le départ, il faut qu'il y ait une véritable enquête
03:16sur le départ de la prise en charge de ce feu
03:19qui était sur Somos
03:21et pourquoi il a pris autant d'ampleur.
03:23En attendant, la priorité est à l'incendie.
03:26Alors, les habitants s'organisent pour surveiller
03:28et empêcher toute reprise du feu.
03:29On a monté, comme ça se fait dans tout le village,
03:32on a monté une équipe avec les voisins.
03:35On a fait une gestion de personnel, si on peut dire.
03:40On tourne deux heures.
03:41Ils sont à deux pendant deux heures.
03:43Et on tourne sans arrêt.
03:45On commence à les astreindre le soir à 20, 21 heures
03:47jusqu'au matin 6 heures, 7 heures.
03:49Et toute la nuit, ils tournent.
03:51Une fois le feu fixé,
03:52le collectif demandera donc des comptes aux autorités.
03:54Il attend surtout des réponses sur les choix
03:56qui ont été faits autour de ce drame.
03:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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