00:00 - 8h13, votre invité politique ce matin, Alexandre Arnaud-Robinet, maire horizon de Reims et président de la Fédération hospitalière de France.
00:07 - Bonjour Arnaud-Robinet. - Bonjour. - Vous êtes l'un des soutiens d'Edouard Philippe qui en a reçu un autre depuis la Nouvelle-Calédonie.
00:14 Emmanuel Macron estime que son ancien Premier ministre pourrait prendre son relais à l'Elysée en 2027. Comment il faut prendre ça ?
00:20 Edouard Philippe a pris ses distances avec Emmanuel Macron. - Vous vous en doutez, je ne peux être que d'accord avec le président de la République,
00:27 mais je dis
00:29 attention, même si Edouard Philippe, et je le souhaite pour la France, peut être le futur Premier ministre de la République,
00:35 Edouard Philippe n'est pas Emmanuel Macron, ils ne sont pas interchangeables.
00:38 Edouard Philippe a son expérience propre, c'est un élu local,
00:43 un homme d'état.
00:46 Aujourd'hui il reste encore quatre ans, de l'eau va couler sous les ponts, il faut travailler, il faut construire un programme, répondre à tant de défenses.
00:52 Donc
00:55 travaillons, et d'ailleurs nous sommes à l'attache, comme on dit, nous travaillons, l'équipe d'Horizon travaille aux côtés et autour d'Edouard Philippe.
01:00 - Alors c'est un ami, dit Emmanuel Macron d'Edouard Philippe, lorsque le président se dit soucieux justement qu'il y ait vraiment une suite à sa propre action,
01:07 Edouard Philippe président en 2027, lui donnerait-il raison sur ce point ? Certainement pas.
01:13 - Lorsque j'ai commencé la politique, je pensais que l'amitié était une notion très forte en politique.
01:23 L'expérience qu'il amène aujourd'hui me profite pour prendre aussi des distances et de la hauteur, je rappelle que
01:28 on a tous connu des amis de 30 ans il y a quelques années, on a vu comment ça s'est terminé.
01:33 - Edouard Belladur, Jacques Chirac.
01:34 - Voilà, Edouard Philippe a une ambition, il faut qu'il trace son sillon, nous sommes à ses côtés
01:39 et nous allons bâtir un programme qui doit répondre aux attentes des français et sans tabou, c'est-à-dire il faut prendre à bras le corps tous les sujets,
01:47 que ce soit la sécurité, l'ordre, et je rappelle que d'ailleurs Edouard Philippe, dès octobre
01:51 2019 lors de la création d'Horizon, a eu cette phrase "remettre de l'ordre dans les comptes mais remettre de l'ordre dans la rue".
01:58 - L'école également, Edouard Philippe prépare un livre sur l'éducation à la rentrée.
02:02 L'école, il le dit, c'est le sujet le plus important
02:05 et le plus urgent, là aussi sans doute pour se démarquer de la politique actuellement menée, Arnaud Robinet.
02:10 - L'éducation c'est la mer des batailles et on le voit depuis
02:12 les différentes crises que nous avons traversées, on voit que l'école est en souffrance, l'éducation est en crise,
02:21 et que si nous voulons préparer une société de demain, il faut agir dès le début, donc ça passe par l'éducation.
02:25 Alors je ne sais pas si l'éducation est un sujet
02:27 marquant par rapport à
02:30 Emmanuel Macron, mais en tout cas c'est une des priorités d'Edouard Philippe, c'est un sujet qui le passionne et qui nous passionne tous.
02:36 Je rappelle d'ailleurs que un des premiers déplacements d'Edouard Philippe au moment de la création d'Horizon était à Reims sur l'éducation,
02:41 pour justement un peu
02:44 jauger et juger
02:45 les mesures qu'il avait prises en tant que Premier ministre, en ce moment le dévouement des classes, etc.
02:48 En tout cas il a toujours été très attaché à l'éducation, c'est un sujet qu'il passionne.
02:53 - Edouard Philippe, l'un des hommes politiques
02:54 préférés des français, l'un des plus populaires.
02:57 On a senti le dégassement chez lui, la question de savoir s'il serait oui ou non candidat en
03:01 2027, il la prépare sa candidature Arnaud Robinet.
03:04 - On connaît tous Edouard Philippe, il a un timing, lui seul sait quand est-ce qu'il sortira du bois.
03:09 - Je vois sourire.
03:09 - Mais oui, parce qu'à un moment, voilà, c'est l'homme politique
03:12 préféré des français, du moins qui a une popularité la plus importante,
03:16 mais vous savez, il ne faut pas tomber dans le syndrome Juppé non plus, donc
03:19 il faut qu'Edouard Philippe soit aussi présent, qu'il prenne la parole à des moments bien précis,
03:24 qu'il prenne de la hauteur bien évidemment, ne pas rentrer dans ce
03:28 j'irais dans cette bouillabaisse de poétique politicienne telle qu'on peut la voir et l'entendre
03:33 aujourd'hui, mais vraiment il faut travailler, il faut se préparer,
03:37 il y a un travail de fond qui doit être mené et je vous le dis, nous sommes à ses côtés, nous travaillons
03:43 avec lui, autour de lui pour
03:45 préparer un programme.
03:47 - Bien. Le patron de la police nationale, Frédéric Vaud, estime qu'avant un éventuel procès, un policier n'a pas sa place en prison,
03:53 soutient donc au policier de la BAC de Marseille, placé en détention provisoire pour des soupçons de violence.
03:58 Est-ce que vous partagez ses propos du patron de la police ?
04:01 - Peut-être qu'il l'a mal dit, mais vous savez, moi je suis chef d'une administration et donc aussi d'une police municipale, et quand on est chef
04:07 d'une administration, on soutient ses hommes.
04:09 Il y a un mal-être et un malaise au sein de la police nationale, je dirais d'une manière générale, au sein des forces de l'ordre,
04:15 depuis 2015, depuis les attentats, les cris se sont
04:18 succédés, et moi en tout cas on me trouvera toujours derrière nos forces de l'ordre et je soutiens notre police.
04:25 - Nul en République n'est au-dessus de la loi, dit Emmanuel Macron, depuis la Nouvelle Calédonie,
04:29 ça fait du bien de l'entendre, mais la question c'est effectivement, oui ou non, un policier
04:33 doit-il aller en détention provisoire avant son procès ? - Les forces de l'ordre ont besoin
04:38 du soutien de leur chef, du PAN de la République, du ministre de l'Intérieur et de l'ensemble des élus.
04:43 Bien évidemment, certains s'amusent à opposer la police à la société française, telles que les
04:49 pseudopolitiques de la NUPES.
04:52 Emmanuel Macron
04:54 a raison en tant que chef de l'État de dire que nul n'est au-dessus de la loi, mais personne ne doit être en dessous
04:59 de la loi, et donc il faut faire extrêmement attention à ça. Mais je le dis, les forces de l'ordre doivent avoir notre soutien.
05:06 Depuis 2015, ils sont sur le terrain, ils nous protègent,
05:10 ils font un métier qui n'est vraiment pas facile. Moi, pour être à leur côté, à Reims,
05:14 auprès de la police municipale, mais également côté de la police nationale,
05:17 moi je ne peux que leur rendre hommage, donc soutien à nos forces de l'ordre.
05:21 - Vous attendez que Gérald Darmanin s'exprime ? Il garde le silence jusqu'ici ?
05:24 - Je pense que le ministre de l'Intérieur s'exprimera le moment venu, vous savez, je crois que Gérald Darmanin
05:28 a fait une bonne séquence au moment des émeutes, présent sur le terrain, à l'écoute de ces hommes et des femmes des forces de l'ordre.
05:35 Il prendra la parole le moment venu, quand il considérera que ce sera le bon moment, mais je ne doute pas
05:40 et personne ne doute du soutien du ministre de l'Intérieur à ces hommes et à ces femmes.
05:43 - Présent sur le terrain, il est venu vous rendre visite, Gérald Darmanin, le 3 juillet dernier, au début du mois, à Reims.
05:49 Reims est l'une des villes qui ont été particulièrement touchées par ces émeutes urbaines.
05:53 Arnaud Robinet, est-ce que vous partagez les enseignements que tire Emmanuel Macron
05:57 de ces émeutes ? Remettre de l'autorité, du régalien à tous les étages, école, police, parents ?
06:03 - Bien évidemment, vous savez, il y a un discours que je ne peux plus entendre, c'est le discours de victimisation, les quartiers sont abandonnés.
06:10 Si je prends Reims, 45% de logements sociaux,
06:12 7 quartiers privataires de la ville, les plans en rue ont représenté un milliard d'euros d'investissement dans notre ville.
06:19 Derrière, c'est aussi des politiques de droit commun, des subventions, de l'accompagnement, des équipements culturels, sportifs, etc.
06:25 Aujourd'hui, c'est une minorité et qui fout le bord de l'expression. Donc oui, il faut être ferme, il faut remettre de l'ordre
06:31 et à Reims, j'ai pris une décision, j'ai signé une convention avec le procureur, avec le préfet, avec les bailleurs sociaux,
06:38 c'est-à-dire que toute famille qui gêne ou qui pourrit la vie de ses concitoyens dans un quartier, dans un immeuble,
06:44 avec des mineurs qui participent à des trafics de drogue, qui squattent des hauts-de-l'immeuble, on peut résilier les beaux,
06:50 ceux qui doivent partir, ce ne sont pas ceux qui vivent, je dirais, de façon la plus
06:54 la plus noble possible, c'est ceux qui doivent partir, ce sont ceux qui emmerdent les autres.
06:59 - Donc, ce que vous enseignez, quant à vous, les émeutes dans votre ville de Reims, Arnaud Robinet, c'est qu'il faut mettre de l'ordre et que de l'ordre.
07:05 C'est la bonne réponse, c'est la seule réponse ?
07:07 - Alors, vous savez, on doit marcher sur nos deux jambes.
07:09 Moi, je considère que la jambe qui correspond à la prévention, elle est extrêmement développée, du moins à Reims.
07:15 Et donc, il y a un moment, il faut qu'il y ait de l'ordre, il faut qu'il y ait du respect, l'ordre doit être rétabli.
07:21 - Vous partagez l'analyse d'Eric Ciotti, des Républicains, qui établissent un lien entre émeutes et immigration, Arnaud Robinet ?
07:28 - Je crois qu'il ne faut pas mettre la poussière sous le tapis, vous savez, il y a beaucoup de
07:32 de pervers politiques qui, depuis des années, ont voulu dissocier l'immigration à l'insécurité.
07:38 Force est de constater, même si je ne veux pas faire une généralité,
07:41 qu'il y a un lien, moi je l'assume, je le dis, et qu'il y a un problème peut-être
07:46 d'intégration dans notre pays. Il faut être beaucoup plus ferme sur l'immigration,
07:49 comme sur la sécurité et sur l'ordre.
07:52 - Arnaud Robinet, vous êtes aussi le président de la Fédération hospitalière de France. Le manque de moyens, criant cet été encore
07:59 dans les hôpitaux. Vous avez pu échanger déjà sur ces sujets avec le nouveau ministre de la Santé, Aurélien Rousseau ?
08:03 - Oui, j'ai échangé avec lui hier après-midi, et nous, que nous rencontrons
08:07 fin août pour faire un point sur l'ensemble des sujets,
08:09 le vrai sujet à la mer des batailles, c'est l'attractivité et la fidélisation dans l'établissement de santé.
08:14 Aujourd'hui, si des lits se font fermer, s'il y a un problème dans les urgences, c'est par un manque de personnel, par un manque de médecins,
08:19 d'infirmières et d'aides-soignantes. Il manque 20 000 personnes à l'hôpital public.
08:23 - On ferme des lits également, Arnaud Robinet ?
08:25 - Oui, mais c'est aussi un sujet qui est abordé par manque de personnel, c'est ça le sujet. Il manque 20 000 infirmières et aides-soignantes dans nos hôpitaux publics.
08:31 Je parle également des EHPAD, des établissements médicaux sociaux.
08:34 Donc c'est la mer des batailles, l'attractivité, et la Fédération de Pierre de France a fait un nombre de propositions à François Braune,
08:40 et que nous allons continuer à travailler avec le ministre Rousseau, bien évidemment, sur l'ensemble de ces sujets.
08:45 - Et là, on a une situation vraiment d'urgence, elle qu'il faut dire, qui se répète cet été.
08:49 Certaines zones touristiques, le patron du SAMU le dit, au bord de l'explosion. Il cite Marc Noiset, le cas très préoccupant de Saint-Tropez, par exemple,
08:57 mais il y en a beaucoup d'autres.
08:58 À Grenoble, on peut citer l'exemple des urgences de Grenoble, deux médecins pour 70 à 80 patients la nuit.
09:05 À Bordeaux, les urgences du CHU n'acceptent plus désormais les patients qui se présentent spontanément.
09:11 - Sur les urgences... - On est au bord de la rupture !
09:14 Vous savez, à chaque fois, l'hôpital public a su surmonter les crises, et on l'a vu depuis la crise de la Covid.
09:19 Et moi, le message que je veux faire passer aux Français, c'est dire qu'il n'y a aucune personne, aucun patient qui ne sera mis sur le côté,
09:26 et tout le monde sera pris en charge à l'hôpital public.
09:28 Mais le force du concept, c'est qu'il y a un manque de personnel, encore une fois, et le message que l'on peut faire passer,
09:33 c'est appeler le 15 pour être réorienté.
09:35 Aujourd'hui, il y a 20 à 30 % de patients sous urgences qui n'ont rien à y faire.
09:39 - Oui. - Appelez le 15. - On appelle le 15 d'abord.
09:41 - Appelez le 15 d'abord, ça facilitera la vie aussi bien des soignants, mais également des vrais patients qui ont besoin d'être pris en urgence.
09:48 - Vous vous alarmez vous-même, je crois, Arnaud Robinet, de la crise que traverse la psychiatrie en France.
09:53 Le besoin de prise en charge des troubles mentaux a explosé depuis le Covid, et les moyens ne suivent pas.
09:58 - La psychiatrie a toujours été le parent pauvre de la médecine en France.
10:02 Alors, plusieurs commissions de travaux ont été mises en place, bien évidemment.
10:07 Mais oui, c'est un cri d'alarme sur la psychiatrie. Encore une fois, manque de personnel, de médecins, d'infirmières, manque de moyens financiers,
10:14 manque de moyens également dans la modernisation de nos établissements.
10:18 Il faut avoir de fonds en comble, et moi j'appelle une politique interministérielle autour de la psychiatrie.
10:22 Ça concerne la santé, mais ça concerne aussi l'éducation, ça concerne également la sécurité, donc le ministère de l'Intérieur.
10:28 Donc oui, il faut un plan d'urgence concernant la psychiatrie.
10:31 - Merci Arnaud Robinet, maire d'Horizon de Reims, président de la Fédération Hospitalière de France.
10:36 et soutien d'Edouard Philippe. Merci à vous.
Commentaires