- il y a 3 ans
L'actualité vue par les témoins du quotidien dans #LaParoleAuxFrancaisWE
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00:00 Bonjour à tous, bienvenue dans La Parole au français, week-end au programme
00:04 aujourd'hui comment faire payer les émeutiers ? Eh bien le maire de Saint-Gracien
00:08 dans le Val-d'Oise demande à ses administrés de dénoncer ses émeutiers
00:12 pour les faire payer. Que doit-on penser de cette initiative ? On en parlera avec
00:16 mes invités et avec une commerçante sur place. Les vacances pour certains d'entre
00:20 vous c'est déjà le moment des départs et de plus en plus de communes sont
00:24 victimes de ce qu'on appelle le surtourisme. Elles sont donc obligées de
00:28 prendre des dispositions pour ne pas être débordées par les vacanciers. On se
00:32 rendra sur place. Et puis autre sujet qu'on va développer, les Jeux Olympiques
00:36 c'est dans un an. Sommes-nous prêts ? Est-ce que les travaux qui pourrissent la vie
00:40 des parisiens en valent vraiment la peine ? Eh bien je poserai la question à mes
00:43 invités. Christian Proutot bonjour. Bonjour. Fondateur du GIZGN et William They
00:47 bonjour. Bonjour. Politologue et tout de suite c'est le Point sur l'Info avec
00:51 Trina Magdine.
00:56 La chanteuse Izia Ijlin visait par une enquête après avoir évoqué un lynchage
01:01 d'Emmanuel Macron lors d'un concert jeudi. Elle a imaginé le chef de l'état
01:05 je cite "accroché à 20 mètres du sol tel une pignata géante avec des gens
01:09 munis d'énormes battes avec des clous comme dans Orange Mécanique. La brigade
01:13 territoriale de la gendarmerie de Beaulieu-sur-Mer a été saisie par le maire
01:17 de Beaulieu pour provocation publique à commettre un crime ou un délit.
01:21 Volodymyr Zelensky a visité l'île des serpents, symbole de la résistance à la
01:26 Russie. C'est sur cette île de la mer Noire que Kiev avait obtenu une victoire
01:29 de prestige au début de la guerre avec la Russie il y a 500 jours.
01:32 Le président ukrainien a déclaré que cette île ne serait jamais conquise par
01:36 l'occupant tout comme le reste de l'Ukraine, pays du courage.
01:41 Jasper Philipsen a confirmé hier son nouveau statut en triplant la mise dans
01:45 le Tour de France avec une nouvelle démonstration de force à Bordeaux.
01:49 Également vainqueur à Bayonne et à Nogaro, le Belge de 25 ans compte déjà
01:53 trois succès en sept étapes cette année. La huitième étape, longue de 200 km
01:57 répartie de Libourne à 12h30, arrivée à Limoges prévue à 17h19.
02:03 Je vous le disais en titre, depuis les émeutes de la semaine dernière les élus
02:07 s'interrogent désormais sur les réparations. Le gouvernement assure qu'une
02:11 loi d'urgence va permettre de reconstruire plus rapidement.
02:14 Certes, mais qui va payer ? Certains veulent sanctionner les parents,
02:17 d'autres en appellent à la délation. C'est le cas par exemple du maire du
02:21 Val d'Oise de Saint-Gracien où des bâtiments publics ont été incendiés
02:24 pendant les émeutes. Et bien il demande à ses habitants de dénoncer les
02:28 délinquants pour reconstruire les bâtiments détruits. Regardez ce reportage
02:31 il est signé Jules Bedot et Vincent Farandez.
02:35 Voici ce qu'il reste du centre social Camille Claudel à Saint-Gracien.
02:40 Incendié pendant les émeutes la semaine dernière, sa reconstruction et celle de
02:44 tous les bâtiments dégradés se fera uniquement si les habitants du quartier
02:48 Les Raguenets dénoncent les fauteurs de troubles.
02:51 C'est en tout cas ce qu'a demandé le maire de la ville dans un courrier
02:54 adressé aux habitants de ce quartier où se sont concentrés les tensions.
02:59 "Tant que nous ne posséderons pas les noms, aucun travaux de reconstruction ne seront
03:03 engagés. Le seuil de tolérance est largement dépassé et maintenant la
03:07 neutralité est considérée comme de la complicité." Une idée qui provoque
03:11 l'incrédulité de bon nombre d'habitants et commerçants de Saint-Gracien pour qui
03:15 la situation se retourne contre eux. "Ce centre culturel, c'est le centre de tout le
03:19 quartier, leur histoire de dénonciation c'est du n'importe quoi donc même s'il n'y a
03:23 pas de dénonciation, il faut le reconstruire. Je trouve que c'est
03:27 pénalisant pour tout le monde." "Il faut être extrêmement prudent avec ces choses-là.
03:31 Je trouve ce courrier extrêmement gênant d'un point de vue social, humain et
03:36 politique." Il y a néanmoins quelques riverains
03:39 atterrés par les violences de la semaine dernière qui partagent l'opinion du maire
03:43 de la ville. "Je soutiens à fond, oui oui, à fond, parce que si on soutient pas, c'est
03:48 ouvert à tout." L'EDIL a par ailleurs précisé que les finances de la ville ne
03:53 permettaient pas en l'état de reconstruire les bâtiments dégradés.
03:56 On va parler dans un instant des différentes initiatives justement pour
04:00 payer ces dégâts. D'abord sur cette initiative là, William Thay d'avoir un
04:03 maire qui dit "je veux qu'on me dise qui sont ces émeutiers pour qu'ils payent".
04:06 Qu'est ce que vous en pensez ? On a vu dans ce reportage qu'il y avait vraiment
04:09 deux avis assez tranchés. "De toute façon, il faut établir le principe suivant, c'est
04:14 que si par cas des gens ont cassé, ils doivent payer d'une manière ou d'une
04:16 autre. Soit en établissant des peines de prison pour qu'ils payent leur dette à la
04:19 société, soit de manière financière pour qu'ils remboursent les dégâts qui ont
04:22 été causés ou les biens qu'ils ont volés. Maintenant, il y a une difficulté, c'est
04:26 que procéder historiquement en France à des dénonciations, ça rappelle de mauvais
04:29 souvenirs historiques à travers ce qui s'est passé entre 39 et 44."
04:33 Peut-être le risque aussi de dénonciations calomnieuses, vous avez envie d'embêter votre voisin.
04:37 "Également, parce que vous n'avez pas de preuves, c'est tout le système en fait qui ne
04:40 fonctionnerait pas. Est-ce qu'on pourra établir de toute façon le lien entre les
04:44 choses qui ont été commises et ensuite après la culpabilité qui est réelle ? C'est ça
04:48 où on a un problème, c'est le problème de justice en France. C'est-à-dire que des actes ont été
04:51 commis, est-ce qu'il y a des caméras de vidéosurveillance ? Moi, de ce que j'ai
04:53 compris dans une grande partie des villes d'Île-de-France et dans les autres
04:56 villes, la plupart des gens savent à peu près qui ont commis les actes. C'est-à-dire
04:59 qu'on sait à peu près qui les ont commis, notamment au collège ils le savaient,
05:02 au lycée aussi, parce qu'en fait les gens n'étaient pas levés le
05:06 lendemain ou sinon ils étaient fatigués. - Ou parce qu'ils s'en sont vantés sur les réseaux sociaux.
05:09 - Ils se sont vantés aussi, donc les gens savent à peu près dans le quartier qui c'est.
05:12 Mais ce n'est pas parce que vous avez un acte d'accusation, vous avez une preuve de
05:16 culpabilité qui est assez forte ou un souci qui est assez fort que pour
05:18 autant, pour la justice française, vous êtes réellement coupable. Mais malgré
05:22 tout, je pense qu'il faut rester sur ces deux principes qui est la sanction et si
05:25 vous avez cassé, vous devez payer soit en effectuant une peine de prison, soit en
05:29 rempoursant financièrement les dégâts que vous avez causés.
05:31 - Christian Proutot sur l'initiative du maire et sur sa faisabilité aussi, parce
05:36 que comme le disait William T, après pour établir véritablement la
05:38 culpabilité, ce n'est peut-être pas gagné. - D'abord, établir la culpabilité, c'est un
05:42 acte de justice, donc ce n'est pas la dénonciation qui peut le permettre, c'est
05:46 du droit, c'est du droit pur et dur. En plus, il faut savoir que la délation
05:50 c'est interdit et qu'un officier ministériel vienne proposer de la
05:56 délation, c'est au mieux de la com. - Quoiqu'il y ait 120 de moins, le maire est
06:04 moins joignable actuellement sur cette initiative. - Oui, je pense qu'il a compris qu'effectivement
06:08 peut-être il avait franchi une étape. Par contre, pour essayer de le défendre un peu,
06:12 je pense qu'il a voulu créer un effet de choc, dire aux gens, ce sont peut-être
06:18 vos amis, des gens que vous connaissez, qui vous ont privés d'un
06:24 outil indispensable au niveau communautaire. Donc réaliser que c'est
06:29 votre argent et que si on ne les trouve pas, eh bien de toute façon il faudra
06:35 reconstruire et les fonds de la mairie ne sont pas suffisants.
06:38 Quoi qu'il en soit, c'est pas une solution. On ne peut pas porter quelque
06:44 chose qui va à l'encontre du droit. C'est le rôle d'un officier
06:48 ministériel, c'est le rôle de responsable d'aller ne pas se mettre au
06:54 niveau de ceux que l'on attaque. Ça c'est ma perception, mais je pense que tout le
06:59 monde pense la même chose. Cela dit, William rappelait tout à l'heure
07:03 qu'effectivement, quand les gens seront attrapés, ce qui à mon avis ne saurait tarder
07:10 parce que les enquêtes sont en cours, il y a beaucoup d'images et ça se fait pas
07:15 en un jour. Tout le monde le regrette, on aimerait avoir tout de suite les auteurs,
07:19 les responsables, mais il faut laisser le temps, comme disait quelqu'un que j'ai pas
07:24 mal fréquenté, le temps au temps, mais malgré tout c'est indispensable pour
07:29 l'exercice d'une bonne justice. On l'a vu avec des procédures qui étaient
07:33 malfoutraillées et où tout d'un coup les gens qui avaient été interpellés ont
07:37 été libérés. Cela dit, il faudra ensuite mettre en
07:42 place des mesures, mais on le sait très bien, elles ne pourront pas être
07:45 financièrement à la hauteur des dégâts. Parce que d'abord on n'aura pas tous les
07:49 auteurs, donc on pourra pas partager la responsabilité.
07:52 Même si on les a tous, on peut pas partager la facture d'un milliard.
07:55 Ça n'a pas de sens. Par contre, et là je rejoins à nouveau William, il faudra qu'il
08:02 paye au niveau de la société par rapport à une décision de
08:06 justice. Mais ramener les arrestations au fait qu'on pourra reconstruire,
08:11 sincèrement, tout le monde voit que c'est non seulement irréalisable, mais
08:17 ça n'a pas de sens. C'est pas comme ça qu'il faut présenter le problème.
08:20 On va rejoindre justement une commerçante de Saint-Gracien qui tient un commerce de
08:25 presse pour savoir un petit peu ce qu'elle en pense. Bonjour Aissoun Sadik,
08:28 merci beaucoup d'être avec nous. D'abord je voulais savoir, vous êtes sans doute au
08:32 courant de cette initiative vous-même, qu'en pensez-vous ? Est-ce que vous
08:35 comprenez ce qu'a voulu faire le maire de votre commune ?
08:39 Je comprends, mais c'est très compliqué ce qu'il demande. Je comprends
08:47 totalement. Moi en tant que parent, je ne sais pas, là je ne réfléchis pas en tant
08:53 que parent, mais j'essaye de comprendre les parents qui sont dans cette
08:56 situation. J'essaye de me mettre à sa place, c'est pas facile. Mais moi dans la
09:01 situation dont je suis actuellement victime, c'est pas facile non plus du coup.
09:08 Justement vous-même, vous tenez un commerce, est-ce que vous avez subi des
09:13 dégâts ? Est-ce que certains de vos collègues commerçants ont subi des dégâts ?
09:17 Quelle est la situation autour de votre commerce ?
09:20 Effectivement j'ai été vandalisée, cassée, pillée et volée, et autour de moi presque
09:30 je veux dire presque brûlée grâce à une cliente qui était là, qui a évité
09:37 les faits, mais malheureusement le coiffeur qui est juste à côté de moi,
09:41 il y a le centre de l'Amérique qui est juste à côté et il y a le coiffeur
09:48 qui a été complètement brûlé. Et justement on entend le gouvernement dire
09:53 que les assurances vont devoir rembourser rapidement, qu'il y aura une loi d'urgence
09:55 pour reconstruire plus rapidement. Vous en tant que commerçant, est-ce que vous
09:59 commencez à avoir des coups de fil, des aides pour savoir comment vous retourner ?
10:03 Est-ce que vous par exemple, vous avez déjà pu rouvrir votre commerce parce
10:05 qu'on imagine que le coiffeur dont vous nous parliez à l'instant a malheureusement
10:09 peut-être de nombreuses semaines ou mois devant lui sans pouvoir travailler ?
10:13 Alors lui, je crois que oui, c'est même pas des mois, c'est peut-être une année
10:17 complète peut-être, parce que c'est vraiment brûlé, vraiment énormément, que
10:23 moi j'ai des dégâts, mais j'ai tout de suite été réactif. Dès que je suis
10:28 arrivée sur les lieux, de toute manière j'ai appelé l'assurance, j'ai appelé la
10:31 police pour préciser, pour expliquer la situation et tout ça. Du coup, il y a un
10:38 dossier qui a été créé très rapidement, mais malheureusement on n'a pas plus de
10:45 retour. J'ai eu un retour de mon assurance, il y a effectivement une aide
10:51 qui a été faite par mon assurance en attendant que le dossier soit
10:58 vraiment traité, mais ça m'a permis de légèrement de faire des
11:08 choses. Par exemple, j'ai changé ma vitrine qui m'a coûté le montant qui
11:13 m'a été versé, mais pas plus que ça. Je veux dire, j'attends l'expert,
11:19 deux fois de suite les dates ont été poussées, du coup, moi j'ai mes dossiers en
11:25 main, ça y est, j'attends que l'expert passe pour que le nécessaire soit abouti.
11:29 Moi j'ai réussi à ouvrir, mais tous les commerces n'arrivent pas.
11:33 On disait à l'instant que souvent ces émeutiers, on les connaît parce que les
11:38 rumeurs circulent vite. Est-ce que vous avez une idée de qui peuvent être les
11:43 personnes qui s'en sont prises à votre commerce ou au commerce avoisinant ?
11:47 Du tout, je ne sais pas, mais j'ai vu beaucoup de vidéos et c'est tous des
11:51 adolescents, entre 14, 12, 15, 17. Moi je suis arrivée quand les fêtes
12:00 étaient déjà passées, mais les vidéos que j'ai vues montrent que c'était
12:07 des ados, et pas des adultes. Après derrière, est-ce qu'il y avait des
12:12 choses dites, faites, mais je ne pourrais pas vous dire.
12:15 Et que vous disent les clients, les habitants de Saint-Gracien que vous
12:20 croisez depuis cette initiative du maire, est-ce que globalement les gens
12:24 comprennent et pensent que c'est une bonne initiative ou est-ce qu'il y a un
12:27 petit peu de personnes partagées sur cette idée ?
12:30 Alors sincèrement les gens sont très compatissants envers ce qui m'est
12:34 arrivé, mais on n'a pas évoqué ce genre de discours depuis qu'il y a eu le courrier.
12:40 On m'a fait parler rapidement, mais moi malheureusement comme je n'habite pas à
12:45 Saint-Gracien, je ne l'ai pas eu, mais j'ai eu des petits retours rapides par
12:49 quelques clients, mais non je ne sais pas exactement, on n'en a pas parlé.
12:54 Merci beaucoup en tout cas d'avoir été avec nous, évidemment bon courage à vous
12:59 et à tous vos voisins commerçants, parce qu'on sait que malheureusement vous êtes
13:02 encore nombreux à ne pas pouvoir forcément rouvrir d'ailleurs les
13:05 commerces. Merci encore à Soun, Sadik, les mersants, à Saint-Gracien.
13:08 Merci, je sais vraiment que les assurances vont bouger rapidement.
13:11 Et alors ce serait disant, le gouvernement donne des garanties pour que les
13:15 assurances aillent rapidement, mais justement n'hésitez pas à nous
13:17 recontacter à l'avenir si vous avez des difficultés. C'est intéressant aussi de
13:20 voir comment ces commerçants vont réussir à s'en sortir. Ouliamté,
13:24 effectivement il y a quand même cette question depuis le début des émeutes de
13:27 la responsabilité. Beaucoup ont déjà dit "les collectivités n'ont pas à payer, il
13:31 faut que les parents de délinquants payent, il faut couper les allocations
13:33 familiales". C'est ce qu'on disait avec Christian Proutot, on va récupérer un
13:36 milliard en coupant des allocations en les demandant aux parents ?
13:38 Sérieusement ? Si vous brassez très très large et pendant très longtemps c'est peut-être possible.
13:43 Oui, si on reconstruit en 20 ans peut-être.
13:45 Pendant très longtemps, mais de toute façon le problème de la responsabilité c'est que de toute façon vous êtes sur un jeu de sommes nulles.
13:50 C'est-à-dire que si par cas vous demandez aux assurances de payer, de toute façon les
13:52 assurances vous reportez les frais sur quelqu'un d'autre.
13:54 Si vous demandez à la collectivité de payer, ça va être nous qui allons payer.
13:57 Si vous demandez à des parents de payer, la plupart du temps je ne suis pas sûr qu'ils
14:00 soient très solvables. Le seul point qu'ils ont en fait, de ce que je comprends,
14:04 s'ils demandent aux parents de payer, c'est-à-dire qu'il faut couper les aides
14:06 sociales, non pas pendant un mois, mais pendant très longtemps. Parce que pour
14:10 rembourser un tel montant, admettons qu'il y ait 20 000 émeutiers ou jusqu'à 100 000
14:14 comme on le dit, il faut établir un calcul, et c'est à peu près simple, sur
14:17 combien vous devez les faire payer. Ensuite après ça c'est le premier point.
14:19 Le deuxième point c'est que je pense que même si c'est pas financier, ils peuvent
14:22 payer d'une manière ou d'une autre. C'est-à-dire qu'on peut les faire payer
14:25 juste sur le principe pour les obliger à faire quelque chose. Est-ce qu'on peut
14:28 les obliger à reconstruire en participant à des travaux d'intérêt
14:31 généraux ? Est-ce qu'on peut obliger les parents, les enfants qui ont participé à
14:34 ça, à effectuer des aides sociales, à travailler dans les associations, à donner
14:37 à manger aux pauvres, etc. Il y a plein de choses qui sont possibles.
14:40 C'était une idée d'ailleurs d'Eric Dupond-Moretti de dire que pour responsabiliser, il fallait des
14:43 peines très proches de ce qu'on avait fait. Par exemple, on tag, on repeint le mur, etc.
14:46 Moi je pense que c'est un bon point parce que ça vous donne une image de ce que
14:49 vous avez fait comme dégâts qui ont été causés. Un des problèmes, et de ce qu'on a
14:52 vu dans les vidéos des dégâts qui ont été causés, c'est que la distinction pour
14:56 ces jeunes entre le bien et le mal n'est pas la même que la nôtre. Pour eux,
14:59 aller voler, aller piller, c'est pas grave parce qu'ils se disent "on veut la débat
15:02 de tout" et c'est pas grave, ils vont se rembourser entre eux. C'est ça le point qui a été
15:05 énoncé dans les votes et dans les crimes qui ont été commis. Si par cas vous ne
15:09 réinculquez pas le bien ou le mal, de toute façon dans un an, dans deux ans,
15:13 dans trois ans, ils vont recommencer. Ce que vous gagnez, peut-être maintenant,
15:17 vous allez le reperdre dans un an, dans deux ans, quand ils vont se remettre à
15:19 recasser. Je pense que le point essentiel, c'est déjà prévenir le fait qu'ils
15:22 reproduisent les mêmes actes, donc en les condamnant, en les sanctionnant et leur
15:26 montrant une peine exemplaire pour qu'ils se réinculquent dans le bon chemin à
15:29 pouvoir distinguer ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui actuellement n'est pas
15:32 le cas lorsqu'on discute avec ces jeunes.
15:34 Christian Proutot, sur l'importance de responsabiliser et les parents et ces
15:39 adolescents, est-ce que c'est à la fois financier certes, mais aussi comme le
15:42 disait William, la responsabilité parentale de réapprendre les devoirs aux
15:46 parents, c'est important aussi, on a oublié ça ? Non seulement c'est important
15:50 mais c'est essentiel. Mais je voudrais souligner qu'il a été fait une étude par
15:54 le ministère de la Justice, à laquelle tout le monde peut accéder, qui nous
16:03 surprend sur ce qui s'est passé. Parce que 1, contrairement aux idées reçues, il y a
16:08 beaucoup plus de couples, je dirais normaux, donc pas de monoparentaux, que
16:14 l'on imaginait. Donc cette idée selon laquelle la maman seule ne peut pas tenir les
16:20 enfants, avec des parents, sur les antécédents que l'on connaît puisque
16:24 là on a attrapé quelqu'un, on a trouvé ses parents.
16:27 Apparemment les parents ne sont pas défaillants, donc les parents eux-mêmes
16:32 choqués, s'excusant à la place de leurs enfants, de ce que leurs enfants ont fait
16:38 auquel ils ont participé. Et on voit tout le côté pervers des réseaux sociaux, sur
16:43 lequel Dupond-Moritier, le ministre, a porté l'accent, mais qui ici, autour de
16:50 cette table, a de nombreuses reprises, nous avons montré l'effet pervers.
16:55 Notamment sur le harcèlement, au-delà de nos thématiques. Alors effectivement, à travers des choses qui
16:59 peuvent avoir des conséquences, on le sait, sur les enfants fragiles et sur la
17:04 notion de suicide, qui sont terribles. Mais également sur cette notion
17:10 d'entraînement, où tout d'un coup tout le monde voit sur le réseau, "tiens on va
17:14 les casser à tel endroit", et ils s'y retrouvent. Et ces réseaux sociaux sans
17:19 modérateurs, c'est la porte ouverte à n'importe quoi pour nos enfants, puisqu'ils
17:23 ont tous cet outil infernal maintenant, qui est à la fois l'outil le plus
17:28 merveilleux du monde, parce que quand on sait l'utiliser, on a une banque de
17:32 connaissances que la plus belle des bibliothèques qu'on pouvait avoir chez
17:36 nous, ne peut pas être mise en comparaison avec cela.
17:43 Mais si c'est pour juste discuter avec le copain, la copine, pour dire "j'ai fait
17:48 ça, j'ai fait ça, montrez le repas du midi", des choses forcées, disons
17:52 somme toute mineure, mais en plus qui peuvent amener à une action collective,
17:58 parce que, un peu comme les fourmis, avec cette espèce de pensée collective, où
18:03 tout d'un coup on adhère à quelque chose qui est contre la société. Et c'est là-dessus,
18:09 à mon avis, qu'il va falloir travailler. Alors pour en revenir à la question,
18:12 moi je crois qu'effectivement il faudra que les peines au niveau de ces enfants
18:17 soient des peines, à défaut d'être exemplaires, ça veut rien dire, mais
18:22 qu'elles puissent leur permettre de se poser des questions sur l'acte qu'ils
18:27 ont commis. Ce qui semble pas du tout le cas, à travers les témoignages que l'on
18:32 a, parmi vos confrères des radios et des télévisions, qui ont assisté, pas pour
18:39 les mineurs, mais à certains procès, en comparution immédiate, où je me suis
18:46 laissé entraîner, je regrette, j'aurais pas dû être là, j'ai vu les autres, comme
18:51 disait l'autre, j'ai vu la lumière, je suis rentré. Il y a une inconséquence par
18:56 rapport à l'acte qui est grave au niveau de gens qui normalement devraient avoir
19:00 une certaine maturité. Mais par rapport à nos jeunes, il faut les amener à
19:05 prendre conscience, mais d'une manière qui soit éducative.
19:08 Or l'école c'est pas son rôle, donc moi je crois aux emplois où, passer deux trois
19:14 jours à la police, chez les pompiers, dans les services municipaux, mais pas
19:20 forcément comme une punition, mais pour participer, voilà, pour découvrir, pour
19:25 participer avec le côté éducatif qui est à côté. D'abord, pendant ce temps-là, on
19:29 pourrait leur interdire le téléphone, ça sera un moyen de les désintoxiquer, et
19:34 je suis sûr qu'il en ressortirait quelque chose. Voilà, mais c'est mon point de
19:37 vue, je suis un vieux monsieur, donc je sais pas la réponse à tout. Non, mais c'est une
19:42 piste de réponse. Pour terminer cette partie, je voudrais vous livrer cette
19:45 histoire d'une dame de 81 ans qui pourrait être expulsée de chez elle.
19:49 Pourquoi ? Eh bien pour une histoire de muret qui ne plaît pas à sa voisine.
19:53 C'est un conflit de voisinage qui dure depuis plus de 32 ans et qui pousse
19:56 l'octogénaire à devoir rembourser une somme exorbitante dont elle ne dispose
20:00 pas. Regardez les explications et ce reportage signé Vincent Fandese et
20:04 Charles Bagé.
20:06 Voici le mur qui pourrait pousser Josette, 81 ans, à être expulsée de
20:11 chez elle. L'histoire remonte à 1992. La mère de
20:17 Josette entre en conflit avec sa voisine car le mur n'est pas à son goût.
20:21 Des travaux sont faits, mais il se fissure, la voisine s'estime alors en
20:25 danger. D'autres travaux sont faits, mais ça n'est pas suffisant. En 2012, 20 ans
20:31 plus tard, Josette hérite alors de ce terrain.
20:33 En 2012, j'ai fait démolir ce mur et refaire ce mur, reconstruire pour avoir
20:41 la paix en pensant que ça allait tout résoudre.
20:45 Mais il n'en est rien. Josette apprend que la streinte imposée à sa mère court
20:49 toujours. Elle doit payer chaque jour passé sans travaux et la somme est
20:54 exorbitante.
20:55 307 445 euros virgule 38.
20:59 Les autres voisins, touchés par la situation de Josette, aident alors
21:03 l'octogénaire comme ils peuvent car n'ayant pas les fonds nécessaires,
21:07 elle est contrainte de vendre sa maison. Les enchères auront lieu en septembre
21:12 avec un prix de départ de 100 000 euros.
21:15 Si par exemple c'est vendu à 100 000 euros, où est-ce que je trouve l'argent
21:19 pour aller jusqu'à ce que la partie adverse me demande ? Je ne les ai pas et je
21:25 me retrouve à la rue. Une cagnotte va bientôt être mise en ligne par les
21:28 voisins de la retraitée. En attendant, Josette espère tout de même fêter ses
21:33 82 ans chez elle, là où elle a vécu plus d'un demi-siècle.
21:37 - William Therre, c'est une situation ubuesque et très représentative
21:42 d'un certain nombre de carcans de l'administration.
21:44 - On est en plein absurditant français.
21:47 - Mais 307 000 euros quand même ?
21:49 - On arrive à un absurdistant, c'est-à-dire que des décisions de justice
21:53 n'ont aucun rapport avec les peines qui ont été causées et c'est le problème et
21:56 c'est le mal profond de la France. La France est forte contre les faibles et
22:00 faible contre les forts. On va sanctionner Josette mais on ne va pas sanctionner les
22:03 délinquants ou les personnes qui ont pillé, qui ont causé des dégâts pendant
22:06 les émeutes. C'est ça le problème français. Vous causez une astreinte et
22:09 une amende qui est supérieure à la valeur du bien.
22:11 - Largement supérieure.
22:13 - Ça n'a aucun sens. Quand vous mettez des peines, elles doivent être en cohérence avec la peine qui a été causée.
22:19 Je ne pense pas que le trouble causé par Josette vale 307 000 euros avec un petit muret.
22:24 C'est mon avis.
22:25 - Christian Proutot, effectivement. Malheureusement, on a presque envie d'en se faire, parce qu'on se dit que le muret à 300 000 euros, ça fait cher.
22:29 Mais on a quand même une personne de 81 ans qui est dans une situation quasi-désespérée,
22:33 sa maison vendue aux enchères.
22:34 - Non mais ce qui s'est passé, je pense, c'est que l'astreinte qui a été mise en place,
22:41 à partir du moment où elle avait fait les travaux, et ça c'est un problème juridique,
22:45 et quand vous n'êtes pas conseillé, que vous êtes englué dans le désert juridique,
22:53 vous vous retrouvez au milieu et c'est du sable, vous ne comprenez rien.
22:57 Mais elle, elle pense avoir fait ce qu'elle nous l'a expliqué, ce qu'elle devait faire.
23:02 Et effectivement, comme le disait William, si l'astreinte, puisque c'est une astreinte,
23:08 coûte plus cher que la valeur vénale de la maison, on marche sur la tête, il y a un truc qui ne va plus.
23:16 Et le fait qu'il n'y ait pas eu d'interruption d'astreinte au moment où est prise la décision de la mise en vente,
23:21 ça aussi, ça me pose question. Par rapport à ce qui est logique en tout droit,
23:26 le droit doit définir ce qui est juste ou ce qui ne l'est pas. Et là, je suis désolé, c'est pas juste.
23:33 Merci à tous les deux, on se retrouve juste après une courte pause,
23:36 on parlera notamment des vacances et du phénomène de surtourisme. A tout de suite.
23:40 (Générique)
23:43 Dans la parole aux Français Weekend, dans cette partie, on va parler notamment vacances, surtourisme et aussi Jeux Olympiques.
23:50 Mais tout de suite, on fait le point sur l'actualité avec Trina Magdine.
23:53 (Générique)
23:55 Assat-Raoré sera bien présente, place de la République malgré l'interdiction du rassemblement.
24:00 La marche en hommage à son frère Adama se tiendra à 15h et certains députés de la France Insoumise
24:05 seront également sur place, accompagnés de la chef du groupe Mathilde Panot.
24:09 Pour rappel, la préfecture s'était opposée à cette marche en raison des tensions de ces derniers jours liées à la mort du jeune Naël.
24:16 A l'approche du 14 juillet, certaines villes annulent leur feu d'artifice.
24:20 C'est pour l'instant le cas de la ville de Strasbourg qui craint des incendies à cause de la sécheresse.
24:25 De leur côté, les maires de Montargis et de Nîmes craignent des débordements après les récentes émeutes dans le pays.
24:31 Jean Dujardin aux manettes de la cérémonie d'ouverture du Mondial de rugby.
24:36 Elle débutera le 8 septembre à 20h au Stade de France, juste avant le match d'ouverture de la Coupe du Monde France-Nouvelle-Zélande.
24:43 Aux côtés de l'acteur oscarisé se tiendront Philippe Lachaud et le chef Guy Savoie pour célébrer l'art de vivre français,
24:49 son riche héritage et sa passion pour le sport, tout en commémorant le bicentenaire du rugby.
24:55 L'heure des vacances a sonné et pour certaines communes ou lieux touristiques, c'est le début de la galère des petites villes très prisées des touristes
25:03 qui commencent à prendre des mesures pour éviter ce qu'on appelle maintenant le sur-tourisme.
25:08 Trop de vacanciers sur place, des prix qui grimpent en flèche. Comment faire pour réguler cela ?
25:13 Par exemple, dans les Calanques, on voit un nombre maximum de touristes par jour.
25:17 Même chose sur un certain nombre de dîles où on ne peut plus aller à une certaine période de l'année.
25:21 Pour illustrer ce phénomène, nous sommes en ligne avec Lucie Boudon, qui est la référente de la maison du réseau des grands sites de France.
25:28 Bonjour et merci beaucoup d'être avec nous. D'abord une question peut-être un peu générale, mais ce phénomène de sur-tourisme,
25:34 on a l'impression que c'est assez nouveau. C'est quoi ? C'est une prise de conscience qu'il faut éviter ou limiter l'accès à certains sites touristiques ?
25:42 Alors la question du sur-tourisme, c'est une question qui est d'actualité depuis une vingtaine d'années.
25:51 C'est vrai que la stratégie de la communauté commune et de l'office de tourisme intercommunal de la vallée de l'Hérault,
25:58 c'est d'améliorer vraiment l'expérience des visiteurs et la rendre la plus agréable possible.
26:06 Donc c'est vrai que Saint-Guillem-le-Désert, à un moment donné, a été identifié comme une destination à forte attractivité.
26:12 C'est pour cela qu'on a été labellisé en 2009, Grand site de France-Gorge de l'Hérault,
26:18 qui nous aide vraiment à cette gestion de flux touristique et à protéger l'environnement.
26:24 Donc on se sert de Saint-Guillem-le-Désert comme une locomotive pour faire rayonner les visiteurs sur l'ensemble de la vallée de l'Hérault,
26:32 qui recèle des richesses assez exceptionnelles, pas seulement Saint-Guillem-le-Désert.
26:36 Et pour ça, on met en place des navettes, des systèmes de navettes.
26:41 Au Pont-du-Diable, il y a un grand parking qui a été justement aménagé en 2009
26:47 et qui permet de rayonner sur les villages alentours,
26:53 et qui permet également d'aller à Saint-Guillem-le-Désert sans surcharger le parking.
27:02 Il y a également depuis cette année des navettes qui vont jusqu'à Montpérou, des villages de Saint-Gaëlle et de Saint-Agnan,
27:11 qui s'arrêtent également par Argeléum, notre village de Potier.
27:16 Donc on essaie vraiment, grâce à ces navettes, de désengorger Saint-Guillem-le-Désert
27:22 et faire découvrir aux visiteurs d'autres ressources de la vallée de l'Hérault.
27:28 Et est-ce que justement les touristes qui viennent chez vous prennent le pli facilement, s'adaptent ?
27:33 Est-ce qu'il y en a qui rechignent un peu, avoir leurs habitudes à être modifiées ?
27:39 Non, ils comprennent assez bien.
27:42 D'ailleurs, une des questions principales qui est posée à nos conseillers en séjour,
27:47 c'est la question des transports et des navettes pour savoir comment se rendre sur Saint-Guillem-le-Désert
27:54 et qu'est-ce qu'il y a à faire en période de forte affluence sur Saint-Guillem.
27:59 Donc ils sont assez contents puisqu'on a quand même des navettes tous les jours de 11h à 23h le soir,
28:06 tous les quarts d'heure, donc c'est assez plaisant et agréable pour le visiteur.
28:16 La navette s'arrête également à plusieurs points clés,
28:20 le pont du Diable mais également la grotte de Clamouse où il fait assez frais pour l'été, c'est très agréable,
28:29 et Argiléum, notre musée de potier.
28:32 Donc non, ils prennent assez bien le pli et sont très contents de savoir que c'est ça qui a été mis en place.
28:39 Il y a certaines villes communes qui ont dû mettre en place des choses encore plus radicales,
28:44 comme par exemple limiter le nombre de touristes par jour sur un lieu touristique.
28:49 Est-ce que vous, c'est une idée que vous avez en tête ou vous n'en êtes pas encore là ?
28:54 Alors c'est une question à laquelle réfléchit énormément le maire de Saint-Guillem-le-Désert, Robert Ségelle,
29:03 mais pourquoi pas mettre un jour une réservation du parking en amont pour gérer encore mieux ces flux touristiques.
29:17 Pour le moment, les navettes sont assez utilisées et fonctionnent plutôt bien.
29:27 Donc c'est une question qui...
29:30 Alors je crois que nous avons un tout petit problème de réseau,
29:37 mais justement sur ce qu'elle nous disait Christian Proutot, et sur ces communes,
29:41 c'est le cas pour les Calanques, c'est le cas par exemple pour Gordes, un certain nombre de communes,
29:45 il est temps de se dire que l'afflux de touristes, même si économiquement c'est attractif,
29:50 ça crée aussi des problèmes à la fois pour les paysages et aussi pour les habitants qui sont sur place.
29:54 Oui, on est tout à fait d'accord, sauf que dans les cas particuliers comme Saint-Guillem-le-Désert,
29:59 que je connais, Lac-Lamouse, tout ce qui va autour, l'afflux de touristes nuit au tourisme lui-même.
30:06 Parce que vous vous retrouvez, c'est la sortie de métro à 19h.
30:12 À Gordes par exemple, il y a 2000 habitants à l'année, 1 million de visiteurs l'été.
30:15 On imagine ce que ça représente en termes de...
30:17 Oui, mais même sur les lieux que vous voulez voir, si en fait vous faites la queue pour aller voir un point,
30:22 ça devient insupportable. Mais quand vous imaginez ce qui passe sur le Mont-Blanc,
30:27 avec les photos surréalistes que l'on a, le Mont-Blanc, l'Everest, où on voit ce que l'on a vu,
30:33 puisque pour le Mont-Blanc c'est régulier, mais pour l'Everest, on voit des queues continues jusqu'en haut de l'Everest,
30:39 on se dit qu'il y a quelque chose qui ne va plus.
30:41 Mais tout le monde ayant accès à la possibilité d'aller voir des lieux qu'ils ne pourraient pas voir,
30:47 ils ont envie d'y aller. Donc il est indispensable.
30:51 Au niveau de la protection de la nature, je ne pense pas que ça influe,
30:55 comme vous pensez que ça pourrait avoir, aux gens qui ont une économie à côté.
31:01 Parce qu'être asynguien, ce n'est pas la même chose que d'aller voir les gorges ou la grotte de la Clamouse.
31:07 Aller sur les calanques, ce n'est pas la même chose.
31:11 Sur les calanques, vous n'avez pas de petit bistrot, il faut y aller à pied.
31:15 Mais par contre, le piétonnage en particulier, ça vous tue les petites pousses, la fleur et tout.
31:23 Sans parler de ceux qui arrachent des fleurs parce qu'ils veulent avoir la fleur qui est protégée.
31:28 Je crois que malheureusement, on est victime du succès,
31:33 et qu'étant victime du succès, il faut mettre en place des règles pour protéger des sites qui sont exceptionnels
31:40 et qui risqueraient tout d'un coup, un peu comme s'il y avait un assaut de Lemming ou autre chose,
31:47 d'être complètement dévastés par le piétonnage.
31:51 Lucie Boudon, on vous a retrouvé, un dernier mot pour terminer avec vous.
31:55 Comment s'annonce l'été ? Tout est prêt chez vous ? Les premiers vacanciers sont arrivés ?
32:02 Oui, les premiers vacanciers arrivent progressivement avec les vacances de juillet,
32:08 mais en douceur, et nous on est content de voir également que le développement touristique sur les ailes de saison est assez présent.
32:20 Au sein de la Maison du Grand Site, on a beaucoup d'ateliers de dégustation gratuite tous les jours
32:25 parce qu'on est vraiment la vitrine des producteurs du terroir.
32:29 On essaie de communiquer au mieux là-dessus.
32:33 Les touristes arrivent progressivement et on essaie de valoriser toute la richesse autour de Saint-Guillem
32:47 et pas seulement sur Saint-Guillem, pour essayer d'avoir une expérience visiteur la plus agréable possible
32:56 et d'éviter le dérèglement touristique en essayant d'intégrer surtout les habitants locaux.
33:08 C'est ce qu'on essaie de développer également au travers d'événements, etc.
33:11 Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour nous partager votre expérience.
33:17 William Thép pour terminer sur ce thème, c'est vrai qu'aujourd'hui c'est peut-être un bon équilibre.
33:22 On maintient l'accès aux sites touristiques mais on essaie de réguler en termes de personnes,
33:27 soit par exemple, comme elle nous l'expliquait, pour éviter qu'il y ait trop de transports, trop de voitures qui circulent au même endroit.
33:32 Je trouve que ce n'est jamais un problème d'avoir trop de monde.
33:36 Je trouve que c'est une bonne solution parce que de toute façon on a des problèmes d'attractivité,
33:40 on a des problèmes de revenus, on a des soucis économiques.
33:43 Et je trouve qu'aborder le problème d'un certain angle là fait dire qu'en gros on est trop bien,
33:48 donc on se permet un luxe que ne se permettrait pas d'autres pays.
33:50 Je pense que si Parc-Ausse est dans ce type de situation, comme c'est le cas de ses communes,
33:54 vous pouvez vous organiser pour faire en sorte que ce soit une opportunité.
33:57 De toute façon, c'est le marché, c'est le prix qui va pouvoir réguler les personnes qui viendront ou pas.
34:02 Donc est-ce qu'on peut s'organiser ? Oui.
34:04 Est-ce qu'ensuite après on fait en sorte qu'il y ait moins de gens possible ?
34:06 Je ne pense pas que ce soit la bonne idée.
34:08 On peut construire des infrastructures, on peut avoir des nouvelles opportunités.
34:11 L'afflux de touristes, l'afflux de nouvelles recettes peut conduire les différentes villes à avoir plus de recettes fiscales,
34:17 à avoir plus d'opportunités pour construire de nouvelles infrastructures qui soient adaptées à des époques touristiques.
34:22 On peut s'organiser, développer de nouvelles stations, développer de nouvelles opportunités.
34:26 Je pense que c'est plutôt dans ce sens-là qu'on devrait aller, plutôt que d'essayer de dire
34:29 "ne venez pas, il y a trop de monde" et repousser les gens.
34:32 Parce qu'ensuite après, vous aurez le même débat dans deux, trois ans en disant
34:35 "ah bah tiens, ces villas, il n'y a plus personne", donc c'est vraiment problématique.
34:38 Le point essentiel, c'est celui-ci.
34:39 Comment on fait pour être attractif et comment on fait pour s'organiser, prévoir dans les années à venir,
34:42 pour faire en sorte que les touristes viennent et que les habitants et les locaux puissent s'organiser correctement.
34:47 On va continuer un petit peu cette thématique vacances en parlant des campings,
34:50 parce qu'avec l'inflation, un certain nombre de vacanciers essayent de trouver des moyens
34:55 pour partir en vacances sans payer le prix cher.
34:58 Alors regardez ce reportage, il est signé Michael Chahut,
35:00 qui nous a dégoté deux campings municipaux en Vendée, tarifs imbattables.
35:07 Le site est idyllique, en pleine forêt, avec trois accès directs à la plage, situés à moins de 300 mètres.
35:14 Ne cherchez pas les mobilhomes ou la piscine, rien de tout cela dans ce camping municipal deux étoiles de Notre-Dame-de-Monts.
35:21 On a à cœur de conserver ce camping qui s'adresse aux familles,
35:25 en proposant un petit prix pour des familles qui n'ont pas de gros moyens.
35:29 On est vraiment dans les moins chers du littoral et on tient à y rester.
35:33 Premier prix, 17,10 euros par jour pour deux personnes.
35:36 L'emplacement nu, c'est deux fois moins cher qu'un camping privé.
35:39 Un peu plus loin dans les terres, voici le camping municipal de Soulan,
35:42 très certainement le moins cher des 370 campings de Vendée.
35:46 11,34 euros par jour pour un emplacement avec électricité.
35:50 Franck est employé communal dans l'Indre, avec cinq enfants et un budget très serré.
35:55 C'est le seul camping où il pouvait séjourner aussi longtemps.
35:58 Pour un mois, ça va nous faire dans les 700 et quelques euros.
36:02 C'est imbattable.
36:03 Oui, c'est imbattable. Regardez tout le monde qu'il y a là.
36:06 Même chose pour Michel et son mari.
36:08 Avec leur petite retraite, ils ne sont pas là par hasard.
36:11 350 euros pour le mois, avec l'électricité, les douches, tout, tout, tout.
36:18 Même si elles n'ont pas d'objectif de rentabilité,
36:20 les communes doivent se battre pour maintenir ces petits prix dans leur camping municipal.
36:25 Car elles sont, elles aussi, confrontées à l'envolée de leurs charges.
36:30 Et justement, avec nous pour en parler,
36:32 Sabrine Supponza-Jointe de Direction Camping Esterelle Caravanning.
36:36 Alors, on vient d'entendre tous ces Français qui sont de plus en plus pressés d'aller au camping,
36:40 y compris pour des raisons financières.
36:42 Est-ce que vous, cette année, vous voyez arriver des vacanciers qui ne sont pas habitués à venir chez vous ?
36:47 Pour l'instant, non.
36:50 Nous avons nos clients habituellement qui viennent encore cet été.
36:57 Donc, un mélange entre les campings cariffes et les clients qui arrivent en mobil-homme.
37:03 Et est-ce que, effectivement, dans les arguments pour venir chez vous,
37:07 vous entendez aussi des habitués dire que pour des raisons financières,
37:10 c'est peut-être plus simple pour eux d'aller dans un camping
37:13 plutôt que, par exemple, à l'hôtel qui, forcément, est plus onéreux ?
37:16 Tout à fait.
37:20 Donc, nous avons eu aussi des clients qui sont passés de la partie mobil-homme
37:26 qui est certainement plus onéreuse que la partie camping,
37:29 qui ont fait l'acquisition d'un camping-car pour pouvoir maîtriser un peu plus leur budget.
37:36 Et alors, comment se prépare l'été ?
37:39 Est-ce que le camping est déjà rempli ?
37:41 Est-ce qu'il reste encore un petit peu de place ?
37:43 Comment l'été se prépare chez vous ?
37:45 Alors, nous avons une vague qui arrive aujourd'hui.
37:50 Maintenant, nous avons encore de la disponibilité.
37:53 Nous avons un taux de remplissage actuellement de 75%.
37:56 Et puis, ça sera un été qui est un peu moins fort en fréquentation que 2022.
38:04 Et est-ce que vous avez aussi, on l'entend en tout cas dans certains endroits touristiques,
38:09 des touristes étrangers qui ne viennent pas en France,
38:12 notamment après ce qui s'est passé récemment ?
38:14 Tout à fait. Nous avons eu cette semaine 5 annulations des touristes depuis l'étranger
38:22 qui ne veulent pas venir, vu de ce qui se passe actuellement
38:26 et de ce qui est véhiculé sur les réseaux et à la télévision.
38:31 Merci beaucoup en tout cas Sabine Suppens d'avoir été avec nous.
38:35 On espère que le camping se remplira. Il y a encore un petit peu de temps pour réserver.
38:40 Et pour terminer cette partie, je voulais qu'on parle des Jeux Olympiques.
38:44 Ça y est, c'est dans un an, la ville Paris se prépare.
38:48 Alors, on imagine les belles images dans un an.
38:50 Pour l'instant parisien que nous sommes, nous avons surtout les travaux.
38:54 Justement, comment la ville se prépare ?
38:56 Regardez ce reportage signé Sarah Fenzary.
38:58 Des échafaudages, des bâches, des grues à perte de vue.
39:04 Paris se refait une beauté dans le but d'accueillir les JO 2024.
39:08 Les monuments font peau neuve, cachés par de grands panneaux publicitaires,
39:12 au grand désarroi des touristes.
39:14 Je sais que ce bâtiment est fabuleux, est magnifique.
39:18 Mais aujourd'hui, il est couvert par une publicité à cause d'une construction.
39:23 Je suis déçue.
39:25 Lorsque vous êtes un touriste, vous venez ici pour voir tous les sites touristiques,
39:29 les sites célèbres et les sites historiques.
39:31 C'est décevant que celui-ci soit dissimulé par de la publicité
39:34 et qu'on ne puisse pas le voir en entier.
39:36 Plus de 7000 ouvriers sont à l'œuvre pour sortir de terre,
39:39 des logements, des équipements sportifs, des gares et leurs tunnels.
39:42 Des travaux nécessaires à l'accueil de cet événement de grande ampleur
39:46 qui déclenche parfois la colère des Parisiens.
39:49 Je me suis blessé en vélo justement à cause des travaux.
39:54 Depuis 20 ans, j'ai fait le travail de chauffeur de taxi.
39:58 Je n'ai jamais vu cette situation.
40:01 On a par exemple 20 minutes pour faire 2 kilomètres
40:05 et ça va à mon avis s'amplifier de plus en plus.
40:08 Le programme de travaux sera déjà achevé à 89% fin 2023,
40:12 selon la Solideo, société chargée de la livraison des équipements nécessaires
40:16 à l'Organisation des Jeux Olympiques 2024.
40:19 William Tej, je vais vous montrer une carte que vous allez beaucoup apprécier.
40:22 C'est la carte de tous les endroits où il y a des travaux actuellement dans Paris.
40:26 Alors vous voyez, c'est simple, il y en a de partout.
40:29 Ça peut être travaux sur bâtiments, sur le réseau ou initiés par la ville de Paris.
40:33 Évidemment, ça n'est pas tout en cause avec les JO,
40:37 mais quand même, c'est un mal nécessaire.
40:40 On rafraîchit les bâtiments, il y a des énormes pubs partout,
40:43 les travaux aussi de transport, etc.
40:46 Il faut en passer par là pour avoir une super fête dans un an parce qu'on sera prêt ?
40:49 Je pense que faire des travaux pour que ce soit plus beau, c'est une bonne nouvelle.
40:52 Le problème, c'est que la mairie de Paris, avec Annie Dalgo,
40:54 a fait des travaux pour que ce soit plus moche dans certains endroits.
40:57 Elle met tout sur les JO 2024,
41:00 mais de toute façon, le sujet sur les travaux est régulier
41:03 depuis qu'elle est maire de Paris.
41:05 Il y a des travaux continuellement et parfois on ne comprend pas le sens.
41:08 C'est difficile pour les Parisiens, mais à la fin, on aura un résultat.
41:11 Si on fait des travaux pour que les monuments soient restaurés,
41:14 qu'on ait des équipements publics, plus de logements, plus de biens publics,
41:17 c'est une bonne nouvelle.
41:19 Si par cas, la maire de Paris fait des travaux pour faire des voies à sens unique
41:22 ou transformer les pistes cyclables, etc.,
41:25 je trouve que ça ne sert à rien et c'est mauvais.
41:28 C'est pour ça que je différencie deux types de travaux.
41:30 Les travaux qui nous apporteront un bienfait à long terme,
41:32 auquel un petit sacrifice, un petit désagrément est nécessaire,
41:35 et les travaux qui ont transformé la ville la plus belle du monde en ville moche.
41:39 Dans certains endroits, prenez la rue, essayez de te déplacer.
41:42 Il y a un chauffeur qui disait qu'il mettait 20 minutes pour aller à tel endroit,
41:45 mais ce n'est pas à cause des travaux.
41:47 C'est parce qu'Anne Hidalgo a fermé les berges,
41:49 c'est parce qu'elle a transformé certaines rues auxquelles,
41:51 parfois, le plan de circulation n'a parfois aucun sens.
41:53 Parfois, c'est sale aussi à certains endroits dans la ville.
41:56 Avec les émeutes, ça s'est renforcé aussi.
41:58 Moi, je pense que c'est ça le véritable problème.
42:00 Là, par exemple, vous montrez une photo,
42:02 certaines circulations, certaines routes sont incroyablement moches.
42:06 Il n'y a parfois aucun sens.
42:07 Parfois, les routes sont mal travaillées, la voirie n'est pas faite aussi.
42:11 Parfois, il n'y a pas de feu de circulation.
42:13 Parfois, il n'y a aucun sens.
42:14 Si par cas, on arrive à une ville qui est magnifique, qui est belle,
42:17 comme après les JO à Pékin de 2008, comme après Londres en 2012,
42:21 je dis que c'est une bonne nouvelle.
42:22 Si par cas, Anne Hidalgo reprend ses bienvenues habitudes
42:24 et transforme une ville en ville moche,
42:26 là, par contre, je comprends que les Parisiens soient inquiets
42:28 et en colère contre elle.
42:29 On va parler JO avec vous, Christian Proutot,
42:31 parce que vous êtes un spécialiste des JO, en tout cas à l'époque,
42:34 avec Albertville.
42:35 Alors, pas forcément sur la question de travaux à Paris,
42:37 mais un an avant, vous vous dites on est prêt là,
42:41 vous sentez que les autorités sont prêtes,
42:43 vous qui avez vécu aussi cette préparation-là.
42:45 Écoutez, j'ai entendu parler de nomination récente,
42:48 un an avant les Jeux.
42:50 Je suis sincèrement inquiet.
42:53 Enfin, on y arrivera de toute façon.
42:55 Les Anglais ont eu des problèmes également,
42:58 mais quand même, il y a quelque chose qui me paraît bizarre
43:01 dans l'anticipation.
43:04 Moi, j'ai été nommé en tant que préfet délégué à la sécurité des Jeux
43:08 quatre ans avant.
43:09 On a développé un système de gestion de crise
43:11 qui était déjà, à l'époque, avec une application
43:14 d'intelligence artificielle, parce que nous avions
43:16 13 sites olympiques, donc là, c'est pas Paris,
43:19 mais il y avait 13 sites différents.
43:22 C'était les Jeux d'hiver.
43:23 C'est moins important, bien évidemment.
43:25 Ça déplace moins de monde que les Jeux d'été, c'est vrai,
43:30 mais c'était dans une zone qui n'était pas faite pour ça.
43:34 Il a fallu construire des autoroutes,
43:36 donc l'autoroute, maintenant, va pratiquement jusqu'à Moutier,
43:39 pour ceux qui connaissent la Savoie, sur la Tarentaise.
43:42 Donc, il y a eu quatre ans pour faire ça.
43:46 Autre chiffre, un an avant les Jeux,
43:50 j'ai fait une présentation à toutes les équipes principales
43:53 chargées de la sécurité de leurs équipes nationales,
43:56 une présentation du système que nous avions mis en place
43:59 pour protéger les équipes, pour le transport, pour le flux.
44:03 Ça s'est fait un an avant.
44:05 La démonstration s'est faite un an avant.
44:07 Là, vous avez entendu parler de quelque chose ?
44:10 Il y a beaucoup de réunions de préparation, en tout cas,
44:12 à l'Assemblée, mais je ne sais pas si c'est rassurant
44:14 qu'on en soit encore à ce stade-là.
44:15 Mais je trouve que c'est plutôt de l'ordre de la réunion.
44:17 Et pour en revenir à la question que vous posiez à William,
44:21 et j'aimerais bien rebondir là-dessus, je suis d'accord avec lui.
44:24 La transformation, disons, les immeubles construits
44:29 pour les JO n'ont rien à voir avec le bazar actuel.
44:32 Il est sur la chaussée.
44:34 Et moi, je connais au moins deux rues qui ne sont pas loin de chez moi.
44:38 En trois ans, ça fait trois fois qu'on déplace le petit trottoir
44:42 qui a été construit pour les vélos.
44:45 J'aimerais qu'on m'explique.
44:46 On l'a mis, c'est du granit.
44:48 Alors, ceux qui font tous ces trottoirs en granit,
44:50 ils doivent bien gagner leur vie.
44:52 Mais on les a déplacés trois fois en une année, en deux ans.
44:57 Alors, bien évidemment, le temps de les changer,
45:01 alors cela dit, pour ceux qui font de la voirie,
45:03 c'est le métier, ils gagnent leur vie.
45:05 Oui, au moins ça crée de l'emploi.
45:06 Ça crée de l'emploi.
45:07 Ça remet de l'emploi au chômage.
45:08 Mais si c'est pour faire, on disait à une époque, l'été,
45:13 c'était les taupes qui arrivaient parce qu'on voyait des trous partout.
45:17 Et on considérait, ce qui est tout à fait logique,
45:20 qu'entre juillet et août, il y a moins de monde à Paris,
45:23 en particulier août.
45:24 Donc, il était logique de faire des travaux.
45:26 Mais quand c'est pour déplacer quelque chose d'un mètre
45:29 ou de 40 centimètres, comme je l'ai vu,
45:31 soudain, il y a un type qui dit, non, non, on l'a mis là à un mètre,
45:34 il faut le mettre à 1,80 mètre.
45:36 Donc, en créant des couloirs d'étranglement,
45:39 on crée la perturbation dont l'objectif avérait de faire plus beau,
45:45 mais dont l'objectif réel est de créer le bazar
45:48 pour inciter les gens à ne plus venir.
45:50 Sans parler que tous les gens qui sont là,
45:52 sont des gens qui viennent pour travailler,
45:54 pas pour se promener avec leur véhicule de livraison.
45:59 Donc, il y a quand même un problème,
46:01 et ça m'énerve un peu avec cette municipalité.
46:03 On l'entend, et c'était intéressant aussi d'avoir votre expertise
46:07 sur les Jeux olympiques, parce que tout le monde se dit
46:09 qu'on sera prêt dans un an, mais parfois quand même.
46:11 On a quelques doutes.
46:12 Allez, on marque une dernière pause dans la parole aux Français,
46:15 et on revient dans un instant.
46:16 On parlera notamment de la cueillette de cerises.
46:19 Vous allez voir que les agriculteurs sont très en colère.
46:21 Dernière partie de la parole aux Français week-end.
46:26 Dans un instant, on va parler de la colère des producteurs de cerises
46:29 qui ne peuvent pas utiliser un insecticide
46:31 pour lutter contre une mouche ravageuse.
46:33 On verra ensemble d'ailleurs les conséquences là-dessus,
46:35 mais tout de suite, le point sur l'actualité avec Trina Magdine.
46:40 Premier week-end de chasse et croisée sur les routes,
46:42 et un pic de 968 km de bouchons a déjà été relevé par bison futé.
46:47 Ce samedi est classé orange au niveau national pour les départs,
46:51 et rouge pour le Grand Ouest et le Nord.
46:53 La journée de dimanche devrait être fluide dans les deux sens.
46:56 La France cesse les rapatriements collectifs
46:59 de femmes et d'enfants de djihadistes détenus en Syrie.
47:02 Mardi dernier, 10 femmes et 25 enfants ont été rapatriées
47:05 lors d'une quatrième opération.
47:06 Faute de volontaires, une source diplomatique a confirmé
47:09 qu'il n'y aurait désormais plus d'opérations de ce type.
47:12 C'est un conflit de voisinage qui dure depuis plus de 30 ans.
47:16 Josette, 81 ans, pourrait être expulsée de chez elle
47:19 à cause d'un muret qui déplait à sa voisine.
47:22 L'octogénaire de Lessonne est condamné à rembourser
47:24 une somme exorbitante de plus de 307 000 euros.
47:27 Des habitants ont mis en place une cagnotte pour lui venir en aide.
47:30 Je vous en parlais à l'instant, la colère des producteurs de cerises.
47:35 Jeudi, ils ont déchargé une tonne de fruits devant la sous-préfecture
47:38 pour alerter le gouvernement.
47:40 Après l'interdiction d'un insecticide, le Fosmet,
47:43 leurs récoltes sont ravagées par des mouches ravageuses.
47:46 Ils demandent au gouvernement des solutions.
47:49 Ils demandent notamment des indemnisations,
47:51 mais surtout une solution sur le long terme
47:53 qui soit digne et efficace et qui leur permette
47:55 de vivre de leur production.
47:57 Parce qu'eux ne trouvent pas pour l'instant de solutions alternatives
48:00 et sont quelque peu découragés.
48:02 Et on est avec l'un d'entre eux, avec Aurélien Souberrand.
48:05 Vous êtes producteur de cerises et président des producteurs
48:07 de fruits de l'Ardèche.
48:09 Alors expliquez-nous comment se passe la récolte cette année
48:12 et qu'est-ce qui a changé le fait de ne pas pouvoir utiliser cet insecticide ?
48:15 Bonjour, merci de nous recevoir déjà en tant que producteur de cerises
48:21 sur cette situation qui est quand même assez problématique pour nous
48:24 sur l'ensemble du territoire national.
48:26 Il s'avère qu'aujourd'hui, depuis l'arrêt du dit Fosmet
48:30 que vous venez d'évoquer, on se retrouve dans une impasse
48:34 où est-ce qu'on est obligé de jongler, déjà il ne nous reste plus
48:38 qu'une seule matière active qui n'est pas efficace
48:41 contre la Drosophila suzuki.
48:43 Nous essayons aussi d'autres techniques qui sont les extraits d'ail
48:46 et d'autres choses naturelles pour essayer de lutter
48:48 contre la Drosophila suzuki.
48:50 Mais aujourd'hui, cet insecte se reproduisant à une vitesse très rapide,
48:54 on n'arrive pas à pouvoir éradiquer, si je puis dire,
48:58 ou donner l'impossibilité à cet insecte de piquer nos fruits.
49:02 Donc on se retrouve aujourd'hui avec une situation nationale
49:05 où on a beaucoup de départements qui ont perdu énormément de fruits,
49:08 ça va de l'ordre de 50 à 100% de perte de récolte dans les vergers.
49:12 Nous aujourd'hui, sur notre partie nord-ardèche,
49:15 on essaye de finir la récolte tant bien que mal,
49:18 malgré un climat quelque peu aléatoire,
49:20 mais les choses sont très très compliquées,
49:23 on va devoir écourter notre saison d'environ 7 à 10 jours
49:26 par rapport à une année normale habituelle.
49:29 Et justement, le but aussi de la manifestation de jeudi,
49:32 c'était d'alerter les pouvoirs publics.
49:34 Est-ce que vous avez des contacts avec le gouvernement,
49:37 avec la Commission européenne ?
49:39 Parce que ce que vous dénoncez aussi, c'est finalement l'absence de solution.
49:42 On vous a supprimé cet insecticide, mais maintenant, quelle est la suite ?
49:45 Aujourd'hui, effectivement, on nous a supprimé cette matière active,
49:50 on nous laisse dans une impasse.
49:52 Notre ministre de l'Agriculture, M. Faineau,
49:54 avait évoqué une indemnité suite à des potentielles pertes,
49:59 dont nous avions déjà évoqué depuis 6 voire 10 mois même,
50:03 le risque de perte de fruits suite à l'arrêt du Fosmeth.
50:07 Aujourd'hui, nous sommes au-devant des faits,
50:09 nous constatons des pertes sur tout le territoire national,
50:12 à toutes les altitudes, tous les niveaux de production.
50:15 Nous sommes en discussion avec le ministère,
50:17 mais aujourd'hui nous n'avons pas de réponse de la part de M. Faineau,
50:19 à tel point que la Fédération nationale des producteurs de fruits
50:22 et l'AOP Cerise de France ont fait un courrier à M. le Président Emmanuel Macron
50:28 pour avoir une réponse sur de potentielles indemnités,
50:31 parce qu'aujourd'hui, la décision a été prise sans concertation,
50:35 sans étude d'impact sur la filière,
50:38 et on se retrouve avec des pertes assez colossales pour certaines exploitations.
50:42 Et au-delà de ça, c'est certains territoires qui sont quand même démunis de saisonniers,
50:47 et donc d'économies aussi de territoires,
50:49 et bien sûr une production qui est remise en question pour l'année prochaine,
50:53 parce que du fait de non-solution,
50:55 on ne sait pas si certains producteurs vont réitérer la culture de la cerise l'année prochaine.
50:59 Oui, parce que justement, ce que j'allais vous dire,
51:00 c'est qu'au-delà même de l'indemnisation évidemment pour cette récolte de cette année,
51:04 j'imagine que pour vous ou certains de vos collègues,
51:06 se pose la question de la "reconversion",
51:09 de se dire "il ne faut pas que chaque année le même problème ait lieu".
51:12 Est-ce que vous savez si vous avez des possibilités d'être accompagnés,
51:15 si par exemple vous changez de culture ?
51:19 Alors, pour certains secteurs en France,
51:21 une reconversion sera potentiellement possible.
51:24 Pour des secteurs qui sont situés dans des coteaux,
51:27 comme c'est le cas sur l'Ardèche, une partie du Vaucluse et des Monts-du-Lyon,
51:30 la reconversion n'est pas possible.
51:32 C'est des territoires et des sols qui ne peuvent que recevoir la culture de la cerise aujourd'hui,
51:37 et même si on a une reconversion ou des aides à l'investissement
51:41 sur des potentiels filets ou autre chose,
51:43 la mise en place de ces techniques n'est pas toujours faisable, tout simplement.
51:47 L'investissement est colossal,
51:49 surtout quand vous avez perdu des fruits cette année,
51:52 vous n'aurez pas forcément la trésorerie pour pouvoir investir dans ces filets.
51:56 Et on voit aussi, au-delà de la question des insecticides,
51:59 cette question de plus en plus souvent des intempéries,
52:02 suivant les régions de France, ou de la sécheresse.
52:04 Est-ce qu'aujourd'hui, devenir producteur de fruits, de légumes,
52:08 c'est devenu beaucoup plus compliqué,
52:10 et peut-être un peu malheureusement décourageant pour certains ?
52:13 Alors, compliqué, oui,
52:16 parce que cela demande beaucoup de capitaux d'investissement.
52:18 Dès le départ, quand on plante un arbre,
52:20 il faut savoir qu'il faut attendre entre 4 et 5 ans avant d'avoir la première récolte.
52:23 Donc nous ne vivons pas d'amour et d'eau fraîche,
52:25 nous avons besoin de trésorerie pour mener à bien cette production.
52:28 Après, il y aura chacun une réaction assez courte.
52:30 Aujourd'hui, nous avons quelques jeunes qui souhaitent s'installer
52:34 sur l'ensemble du territoire national,
52:35 et qui effectivement remettent leurs installations en question,
52:39 parce que les investissements sont assez importants,
52:42 et qu'au-delà de l'investissement, il y a la faisabilité humaine,
52:45 qui est que quand vous mettez par exemple des filets en place sur des vergers,
52:48 ce qui ne peut pas se faire partout d'ailleurs dans le territoire,
52:51 il y a la question de la rémunération,
52:53 et derrière d'être sûr de pouvoir gagner sa vie, de son métier.
52:56 Et aujourd'hui, on a des jeunes qui souhaitent s'installer
52:59 et continuer ce métier d'arboriculteur, qui est très noble,
53:01 et qui ont produit en plus des fruits de bonne qualité dans notre pays.
53:04 Pour des consommateurs qui sont en attente de produits français,
53:08 il y a un vrai besoin, mais la remise en question est importante,
53:12 et nous espérons, je dis bien nous espérons,
53:15 que d'ici quelques années, il y ait encore de la production de fruits en France,
53:19 parce qu'aujourd'hui, la volonté politique, en apparence,
53:24 est de vouloir installer et aider les arboriculteurs,
53:27 mais malheureusement, dans les faits, on se rend compte que ce n'est pas le cas,
53:30 et on a un peu des inquiétudes pour l'avenir de la production française.
53:34 On est dans le cadre aujourd'hui du plan de souveraineté alimentaire,
53:37 nous espérons pouvoir entrer dans les clous,
53:39 mais étant donné les conjonctures des aléas climatiques actuellement,
53:43 nous ne sommes pas certains de pouvoir aller dans la souveraineté totale sur notre filière.
53:49 Merci beaucoup, et on espère surtout que vos revendications seront entendues,
53:53 notamment par le ministre de l'Agriculture.
53:55 En un mot, chacun, il nous reste assez peu de temps.
53:57 William They, c'est vrai que ces questions à répétition de l'interdiction des pesticides,
54:01 sans avoir pour autant d'alternatives,
54:03 c'est l'un des enjeux aussi pour l'agriculture dans les prochaines années.
54:06 Je pense que le sujet essentiel c'est ce que vous voulez faire de l'agriculture.
54:09 On sait que maintenant l'agriculture est devenue une arme géopolitique,
54:12 comme l'a dit Vladimir Poutine en Ukraine, pour faire pression sur des pays africains.
54:15 Donc on a besoin de nourrir notre population,
54:17 et d'avoir une agriculture qui soit indépendante,
54:20 qui nous permette de nourrir à la fois la France et toute l'Europe.
54:22 Le point essentiel, c'est comment faire en sorte que des décisions n'impactent pas cet objectif-là.
54:26 Si ça impacte, je pense qu'il faut revenir dessus,
54:28 ou à minima préparer les gens à entamer une reconversion vers d'autres produits.
54:33 Pour terminer cette partie, je voulais vous proposer l'un des épisodes de notre série depuis le 5 juillet.
54:38 On vous propose des reportages autour des préparations du 14 juillet.
54:42 Regardez ce reportage de Thibault Marcheton, on vous emmène à l'Olympia avec la Légion étrangère.
54:47 Dans les coulisses de l'Olympia, ces légionnaires s'apprêtent comme des rockstars à monter sur scène.
54:55 À la tête de cet orchestre composé de 63 hommes,
55:00 le chef de musique doit composer avec les 17 nationalités différentes.
55:04 Dans la pédagogie, il faut aller doucement, il faut bien réexpliquer, et puis ça se passe très bien.
55:08 L'avantage, c'est que la musique est un langage universel.
55:11 Les musiciens lisent la partition.
55:14 Après, il faut faire l'osmose, il faut faire un travail de chef d'orchestre.
55:17 Quelques minutes avant d'être sous les projecteurs,
55:19 ces hommes de l'ombre, parfois confrontés au théâtre de guerre les plus sensibles,
55:23 n'échappent pas à la nervosité, propres aux artistes.
55:29 Un petit peu de stress, mais ça va.
55:32 Ça fait toujours du stress.
55:34 Je suis très content et je suis très fier d'être à l'Olympia,
55:38 parce que c'est un endroit sacré pour les artistes.
55:41 Et puis le grand saut. Pendant deux heures, les prestations s'enchaînent.
55:45 Avec, évidemment, des chants militaires,
55:49 mais aussi des solos ou encore de la variété française.
55:57 À l'entracte, le public était déjà conquis.
56:00 C'est fabuleux. Moi, je suis sidérée.
56:02 Je ne sais pas pourquoi je suis venue là, déjà.
56:05 Et je ne pensais pas que ça serait aussi bien.
56:07 C'est prenant, c'est beau, il y a les poils.
56:10 Donc, c'est très intéressant.
56:12 Avec plus de 3500 spectateurs,
56:14 la totalité des recettes de ces deux représentations
56:17 ont été redistribuées aux œuvres sociales de la Légion étrangère.
56:21 (Musique)
56:37 Merci Christian Proutot, merci William Tait.
56:40 Tout de suite, la suite des programmes avec 90 Minutes Info et Lionel Rousseau.
56:44 ♪ ♪ ♪
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